Les Bretons sont bien une minorité nationale : dépôt d'une plainte auprès de la Commission européenne par le mouvement culturel breton

-- La réunification --

Le mouvement culturel breton demande à la Commission européenne de faire reconnaître les droits du peuple breton conformément aux droits fondamentaux de l'Union Européenne.

Le dossier de la Plainte a été envoyé au président de la Commission européenne, ainsi qu'à la vice-présidente le 18 juin. Jean-Pierre Levesque, Tangi Louarn, Angèle Jacq, Paul Loret et Mathieu Guihard, sont présents à la conférence de presse de ce midi afin de présenter et d'expliquer aux médias la démarche et le contenu de la Plainte.

Tangi Louarn (1) pour Kevre Breizh – la Coordination associative Culturelle de Bretagne – Jean-Pierre Levesque (2) pour l'Institut Culturel de Bretagne, Angèle Jacq (3) pour le Collectif Breton pour la Démocratie et les Droits de l'Homme, Paul Loret (4) pour Bretagne Réunie, Mathieu Guihard pour l'Institut Culturel de Bretagne, sont venus de Kemper de Vannes, de Nantes ou des environs pour présenter La Plainte des Bretons qu'ils viennent d'envoyer au président de la Commission Européenne.

Le document papier fait 104 pages. Il a été accompagné des annexes en disque compact. Le texte de la Plainte, le dossier de presse et la lettre accompagnant le document sont en PDF ci-dessous.

Ce qu'ils ont dit

Jean-Pierre Levesque : « Le non-droit d'exister et la substitution identitaire »

« La France ne reconnaît pas l'existence des minorités nationales. Elle considère que sa Constitution est contraire à l'application de leurs droits. L’État pratique une politique inverse de substitution identitaire. Ce recours, nous avons travaillé dessus depuis des années – certains d'entre nous ont une formation de juriste – en suivant l'évolution du droit au cours des années. »

Il cite ceux qui ont aussi travaillé avec eux, dont : Alain Fenet – spécialiste reconnu du droit international et du droit communautaire, professeur émérite de droit public à l'université de Nantes – et Yvon Ollivier, membre de Bretagne Réunie et juriste.

Le premier chapitre : Le particularisme français

La définition des minorités nationales est celle qui figure dans la Recommandation 1201 adoptée le 1er février 1993 par l'Assemblée parlementaire du Conseil de l'Europe. Elle comprend 5 points et concerne un groupe de personnes dans un État qui :

1 — résident sur le territoire de cet État et en sont citoyens ;

2 — entretiennent des liens anciens, solides et durables avec cet État ;

3 — présentent des caractéristiques ethniques, culturelles, religieuses ou linguistiques spécifiques ;

4 — sont suffisamment représentatives, tout en étant moins nombreuses que le reste de la population de cet État ou d'une région de cet État ;

5 — sont animées de la volonté de préserver ensemble ce qui fait leur identité commune, notamment leur culture, leurs traditions, leur religion ou leur langue.

« La Bretagne entre dans ces cinq points, donc elle est une minorité nationale. Nous sommes confortés dans nos convictions.

Un autre chapitre démontre que les Bretons sont des Européens convaincus en rappelant le vote de Maastricht. »


Angèle Jacq : « Le trait de crayon inacceptable »

La communication est un volet important : « Nous avons reçu des députés européens et leur avons fait faire un tour de Bretagne, nous sommes passés par Nantes... ».

Elle fait le constat sur quelques avancées, dans le domaine des médias. Si elle mentionne les nombreuses radios bretonnes associatives dans la zone bretonnante, et une page en breton dans Le Télégramme chaque jeudi, elle ajoute très vite un bémol : « Il est dommage que la télévision ait reculé. Et aujourd'hui la situation est même pire que ce qui figure dans ce rapport et qui a été rédigé il y a quelque temps. Nous demandons une télévision publique régionale et des radios publiques régionales pour que vive cette culture. Après un regard sur ce qui est proposé en matière d'aménagement du territoire, je dis que le trait de crayon des fonctionnaires est inacceptable, c'est bien plus, c'est un coup de hachoir. Si on revenait enfin dessus, beaucoup de choses iraient mieux en Bretagne ».


Tangi Louarn : « C'est sur la volonté des peuples que s'exprime la démocratie »

En démocratie ce ne sont pas les États qui imposent... Les fondements de cette Europe des Peuples sont dans le traité de Lisbonne. La Charte des droits fondamentaux établit le respect des diversités culturelles et linguistiques. À travers les diverses fédérations culturelles bretonnes nous apportons la volonté de développer nos cultures dans la modernité. Nous lançons cet appel à l'Union européenne pour qu'elle exerce un rôle envers la France qui n'a toujours pas ratifié la charte des langues minoritaires, par exemple. En mai 2008 le Conseil de l'Europe a demandé à la France de modifier sa Constitution pour y introduire la notion de langue régionale. C'est fait. Ce sont des députés bretons qui ont fait ensuite une proposition de loi. Le gouvernement maintenant a abandonné le projet de loi. Nous continuons à exercer une pression permanente pour faire reconnaître ce à quoi nous avons droit...


Paul Loret : « La Bretagne sera le phare ancré à l'Ouest »

Nous voulons retrouver notre appartenance, une cohésion territoriale. Derrière cette plainte il y a le projet d'acquérir une dimension européenne, renforcer notre économie, conquérir des marchés. Cela ne peut passer que par la Réunification. Nous comptons beaucoup sur les réponses des collectivités territoriales. C'est aujourd'hui qu'il faut nous re-former. La France est en crise, les régions françaises ont des atouts. C'est notre fierté d'être Bretons. Il n'y aura pas de murs montés aux frontières économiques. La Bretagne sera le phare ancré à l'Ouest du continent européen. Nous devons être forts, être une région forte pour ne pas être des oubliés de l'économie.


Mathieu Guihard : « Des contacts au Forum »

« L'ICB va présenter la Plainte aux députés européens, à l'ONU, à l'Unesco et, pendant le Forum des Droits de l'Homme, à différents organismes qui se montreront intéressés ».


Jean-Pierre Levesque : « La suite ? »

Elle dépend de l'ouverture ou non du dossier... La Commission européenne joue le rôle de Procureur de la République. Nous souhaitons qu'elle entame un dialogue avec la France. Si le dialogue s'avère impossible, elle peut saisir la Cour de justice. « Oui l'amputation [de la Loire-Atlantique du reste de la Bretagne] entraîne une discrimination, naturellement » répond-il à une question de la presse.

La genèse de cette plainte

Cette unité des Bretons, qui se côtoient souvent dans des manifestations de revendications ou culturelles auxquelles ils participent avec grande assiduité, force et passion et qu'il leur arrive de co-organiser (la Festimanif du 20 septembre 2008 à Nantes, par exemple) leur permet de travailler ensemble sur des projets d'envergure comme celui-ci, en chantier depuis 2004. Cela s'était déjà produit en mars 2008 – avec la Coordination des Juristes de Bretagne – pour demander au président de la République de respecter la Bretagne historique lors du remaniement de la Carte judiciaire (voir notre article).

Bretagne Réunie a déjà diffusé un dossier « Discriminations », mis à jour en permanence. Elle possédait donc des éléments de base de cette plainte. Aidée par des juristes membres de l'Institut Culturel de Bretagne et les associations nommées plus haut elle a mené à bien le projet par l'envoi du 18 juin.

Yves Lainé, président de l'Association des Écrivains bretons, de l'association Les Transbordés à Nantes, présent à la conférence de presse, raconte à ABP : « En 2004 – j'étais alors président de la section Droit et Institutions à l'Institut Culturel de Bretagne – j'ai lancé, avec notre regretté Yvonig Gicquel – alors président de l'ICB – et Patrick Malrieu, président de l'ancien Conseil Culturel de Bretagne, l'idée de cette action auprès des instances européennes. Rapidement Angèle Jacq nous a rejoints, puis Jean-Yves Bourriau – alors président de Bretagne Réunie – a demandé à faire partie de notre groupe de réflexion. Les personnes ont changé (sauf Angèle) mais l'idée a continué son chemin ». Il cite aussi quelques autres sympathisants à “la cause“, au cours des années, notamment : Alain Fenet, Jean Ollivro, Didier Berthault, Michel Denis, Bernard Gestin, Émile Granville (voir leurs qualités en PDF).

En 2004 en effet avait lieu à Nantes le premier Forum des Droits de l'Homme. Un appel avait été lancé pour réunir un maximum de Bretons qui ont défilé en ville pour la langue bretonne, en parallèle au Forum. C'était le samedi 15 mai, manifestation «Printemps des Langues et des Cultures» : 6.000 participants. ((voir notre article) : la dernière photo). Les associations bretonnes avaient posé leurs stands sur la place du Bouffay, sous le terme “Forum bis”. Depuis, il y a eu des avancées puisqu'elles ont obtenu un stand dans le hall du Forum dès celui de 2008.

Le site de l'Institut Culturel de Bretagne, qui se souvient, annonce (page Colloques – puis “Autres manifestations” puis “Forum des Droits de l'Homme à Nantes” et page “Premier Forum mondial Unesco des droits de l'homme à Nantes”) :

« A l'initiative d'Yves Lainé (président de la section Droit et Institutions), la Bretagne sera présente et active tout au long du Forum Mondial des droits de l'Homme rassemblé (une première) par l'Unesco et la Ville de Nantes associés les 16, 17, 18 et 19 mai prochains. » (voir notre article) de Yves Lainé « Bilan du Premier forum mondial Unesco des Droits de l'Homme à Nantes » et (voir notre article) pour un reportage.

C'est donc à la suite de ces quelques journées de 2004 que l'impulsion de La Plainte a été donnée, pour aboutir 6 ans plus tard. Obstinés les Bretons ! Et nous nous retrouvons dans un café non loin de la Cité des Congrès pour la conférence de presse.

La France et la négation des droits culturels humains fondamentaux

Rédigé, puis revu et corrigé en 2009, par le Comité français du Bureau Européen pour les Langues Moins Répandues (EBLUL-France), ce rapport, édité par l'ancien Conseil Culturel de Bretagne, « La France et la négation des droits culturels humains fondamentaux » est une très importante annexe à la Plainte. Disponible en PDF, il a été signalé à ABP par Tangi Louarn.


Sur le site de Bretagne Réunie (voir le site) la lettre adressée au Président de la Commission et pour la plainte (voir le site)

Notes

(1) – Tangi Louarn : président de Kevre Breizh, la Coordination des associations culturelles de Bretagne, mise en place dans le cadre de la création du nouveau Conseil Culturel de Bretagne, regroupe les principales associations, fédérations et groupements culturels bretons et représente plus de 50.000 adhérents sur les 5 départements bretons. (voir le site)

(2) – Jean-Pierre Levesque : président de la section Droit et Institutions de l'Institut Culturel de Bretagne. (voir le site)

(3) – Angèle Jacq : présidente de l'association Collectif Breton pour la Démocratie et les Droits de l'Homme, association constitutée le 12 mars 2000 à Carhaix et initialement connue sous le nom d'Appel de Carhaix / Galv Karaes. (voir le site)

(4) – Paul Loret : président de Bretagne Réuniedepuis novembre 2009, il succède à ce poste à de nombreuses autres personnalités de Loire-Atlantique. (voir le site)

(5) – Mathieu Guihard : ancien permanent de l'Agence Culturelle Bretonne de Nantes, est maintenant coordinateur de l'Institut Culturel de Bretagne à Vannes. (voir le site)

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Dossier de presse : Plainte auprès de la Commission européenne

Le 18 juin 2010, les quatre organisations :

– Kevre Breizh, Coordination associative Culturelle de Bretagne ;

– l'Institut culturel de Bretagne,

toutes deux issues de la Charte Culturelle de Bretagne signée en 1978 entre l'État, la Région de Bretagne et les cinq départements bretons des Côtes-d'Armor, du Finistère, d'Ille-et-Vilaine, de Loire-Atlantique et du Morbihan ;

– Bretagne Réunie association œuvrant pour la réunification des cinq départements bretons au sein de la même région administrative ;

le Collectif breton pour la démocratie et les droits de l'homme créé en 2000 pour la satisfaction des droits fondamentaux du peuple breton, à savoir, respect et enseignement de ses langues bretonnes et gallèse, de ses cultures et de son histoire. La réintégration politique et administrative de la Loire-Atlantique au sein de la Bretagne, Un pouvoir régional véritable avec les moyens financiers à bonne mesure afin de respecter l’équilibre humain et celui de l’environnement.

ont adressé une plainte à la Commission européenne pour lui demander de mettre en œuvre à l'encontre de la France les procédures prévues pour violation par la France des principes fondamentaux de l'Union européenne dans le domaine des droits de l'homme (article 7 du traité de l'Union et article 258 du traité sur le fonctionnement). 

Aujourd'hui, tout nouveau pays adhérent à l'Union européenne doit respecter les « critères de Copenhague » fondés sur la démocratie, les droits de l'homme et donc entre autres fondamentaux, le droit à son territoire. Pourquoi un membre fondateur en serait-il dispensé ? 

Seule des 27 pays de l'Union Européenne, la France continue à ignorer officiellement la Convention-cadre du Conseil de l'Europe sur le droit des minorités nationales qu’elle n‘a ni signée ni ratifiée.

Pas plus qu’elle n’a ratifié la Charte européenne des langues régionales ou minoritaires, pourtant signée le 7 mai 1999 sous le Gouvernement de M. Lionel Jospin.

Et cela, en totale contradiction avec les valeurs qu'elle prône et avec celles de l'Union européenne affirmées désormais dans les articles 2 et 3 du traité de Lisbonne. 

Article 2 : L'Union est fondée sur les valeurs de respect de la dignité humaine, de liberté, de démocratie, d'égalité, de l'État de droit, ainsi que de respect des droits de l'homme, y compris des droits des personnes appartenant à des minorités.  

Article 3 : ...Elle respecte la richesse de sa diversité culturelle et linguistique et veille à la sauvegarde et au respect du patrimoine culturel européen . 

Non seulement, la France ne respecte pas ces principes qui sont aussi proclamés dans la Charte des droits fondamentaux de l'Union, mais on assiste aujourd'hui, à travers la réforme des collectivités territoriales, à une véritable recentralisation du pouvoir et à un retour en arrière sur les progrès d'une décentralisation pourtant très insuffisante, contraire à toutes les évolutions démocratiques des grands pays démocratiques de l'Union : Royaume Uni, Espagne, Italie, Allemagne, Pologne... 

C'est pourquoi, les organisations signataires de la plainte – représentantes officiellement reconnues du mouvement associatif breton sur le territoire des cinq départements bretons – ont engagé cette procédure, pour que l'Union européenne amène la France à reconnaître les droits du peuple breton, à l'instar des autres peuples comme ceux du Pays de Galles, de la Catalogne, de la Galice, du  Pays Basque, de l'Écosse, du Val d'Aoste.... et pour que la Commission considère que les principales revendications des Bretons constamment demandées sont conformes aux valeurs promues par l’Union européenne, et doivent être mises en application par l’État français sans délai.

Ces principales revendications sont : 

La reconnaissance du peuple breton sur le territoire des cinq départements bretons et l’accord d’un statut régional tenant compte de ses spécificités ;

Un statut de co-officialité pour la langue bretonne et la promotion de la langue gallèse ;

La réunification administrative de la Bretagne dans ses cinq départements ;

Le soutien public à la culture populaire bretonne, dans ses différentes formes d’expression notamment dans la politique culturelle, la formation, la diffusion ;

La création de médias audiovisuels de radios et de télévisions autonomes pour l’ensemble des cinq départements bretons ;

L’enseignement de l’histoire de la Bretagne dans les programmes officiels, en lien avec l’histoire européenne, fondée sur les valeurs de l’Union européenne et débarrassée des visions nationalistes et coloniales qui ont trop souvent prévalu sur le droit et l’universalité des droits de l’homme.


Rédaction, interviews et videos Maryvonne Cadiou

Document PDF 18877_4.pdf Plainte bretonne auprès de la Commission européenne pour non-respect du droit communautaire. Juin 2010Texte. 109 pages - 1.83 Mo.. Source : Associations culturelles bretonnes
Document PDF 18877_3.pdf Plainte des Associations culturelles bretonnes auprès de la Commission européenne. Lettre d'accompagnement en français.. Source : Associations culturelles bretonnes
Document PDF 18877_5.pdf Plainte des Associations culturelles bretonnes auprès de la Commission européenne. Lettre d'accompagnement en anglais.. Source : Associations culturelles bretonnes
Document PDF 18877_2.doc Plainte des Associations culturelles bretonnes auprès de la Commission européenne. Dossier de presse 29 juin 2010. Format Word.. Source : Associations culturelles bretonnes
Document PDF 18877_6.pdf La France et la négation des droits culturels humains fondamentaux. Fascicule EBLUL-France. 2e éd. sept. 2009. 36 p. et 1.5 Mo.. Source : EBLUL-France / Tangi Louarn
Document PDF 18877_7.doc Plainte bretonne auprès de la Commission européenne pour non-respect du droit communautaire. Juin 2010. Liste partielle membres du Groupe de Travail. Format Word.. Source : Yves Lainé
Voir aussi :

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Vos commentaires :

Emilie Le Berre
Mardi 31 août 2010

Une plainte, une pétition puis une plainte et encore une pétition. Le jour où le "mouvement culturel breton" aura compris que les problèmes pour lesquels il porte plainte sont politiques, ce jour là je mets un cierge à Sainte Anne d'Auray, je fais le Tro Breizh, je me frotte à un menhir. Sans un rapport de force politique il n'y aura jamais d'avancée pour la Bretagne. A quand une synergie des compétences, une union, une fédération appelez là comme il vous plaira mais par pitié arrêtez vos gamineries.

iffig cochevelou
Mardi 31 août 2010

Ce que vous n'avez pas compris , Emilie Le Berre, c'est que pour que les Bretons évoluent politiquement , il faut que nous obtenions le minimum des droits fondamentaux pour notre Peuple et sa reconnaissance, après des années de lavage de cerveau; et c'est bien justement ce que réclame cette plainte et cela nous l'obtiendrons peut-être un jour grace à l'Europe et à la Communauté internationale ! En attendant il faut continuer ....

Pierre CAMARET
Mardi 31 août 2010

Tres bien ???? mais que va faire la Commission Europenne???? approcher les instances francaises qui lui dira :melez vous de ce qui vous regarde, et comme c'est "une petite affaire " la Commission Europeenne emmetra une recommandation qui sera oubliee?? et l'affaire classee. Le Mouvement Culturel Breton aura fait une action sans obligation de resultat. Piqure de moustique?? Je vois que la France passe outre la recommandation de la Federation de FootBall , et la politque arrive maintenant aux Sports enfin les moeurs se sont adoucis et le President de la FFF et R.DOMENECH ne seront pas guillotines a la sortie de l'Assemblee Nationale .C'est ( presque =humour) dommage. Emilie Le Berre ,je suis d'accord avec vous .J'ai un gout amer.

Jean-Christophe C
Mardi 31 août 2010

C'est une très bonne initiative, mais ne faudrait-il pas également agir vers l'ONU? Pour mémoire, l'Etat Français a mis une réserve sur l'Article 27 du "Pacte International Relatif aux Droits Civils & Politique" de l'ONU qui stipule : « Dans les États où il existe des minorités ethniques, religieuses ou linguistiques, les personnes appartenant à ces minorités ne peuvent être privées du droit d'avoir, en commun avec les autres membres de leur groupe, leur propre vie culturelle, de professer et de pratiquer leur propre religion, ou d'employer leur propre langue. » L'Etat Français n'est donc pas lié à ce texte et c'est donc très légalement qu'il s'estime le droit de violer le droit des Bretons, un peuple qui n'existe pas officiellement pour lui...même si toute la planète le connait!!!

Sinon, je suis d'accord avec Madame Le Berre. Pourquoi, le mouvement culturel ne s'associe pas aux politiques? Seul le résultat compte et les partis politiques ne l'oubliont pas sont le premier signe d'une démocratie (avec un budget par habitant pratiquement 20 fois inférieur à celui l'Ecosse ou du Pays de Galles difficile de dire que les Bretons disposent d'une forme de démocratie, c'est pourtant un droit de l'homme premier).

Pierre CAMARET
Mardi 31 août 2010

Nous evoluons vers une Societe a l'Anglo Saxonne .Le mouvement breton devrait avoir avec lui un Cabinet d'avocats ,International qui pourrait dans ces cas, agir avec competence . Cela coute tres cher ........... et les Partis Bretons le veulent -ils ??? . On prefere se faire photographier derriere un drapeau breton , cela ne coute rien , mais impressionne ( pas moi )

Jean-Loup LE CUFF
Mardi 31 août 2010

Une pierre de plus sur l'édifice de nos combats... Pierre après pierre, le muret se fait muraille, muraille de convictions et d'évidences... si cela ne suffit pas, viendra alors simplement le temps de l'implosion jacobine, corrompue et mensongère dans ses fondamentaux... L'empire romain à vaincu les peuples celtes gaulois et brittaniques, et pourtant nos langues et cultures celtiques sont toujours vivantes, alors que l'empire a disparu depuis 1 500 ans et que le latin est aujourd'hui langue morte... Il en sera de même avec l'usurpation jacobine mafieuse et artificielle seulement bi-séculaire, face à notre nation bretonne enracinée dans l'antiquité prés romaine, à l'identité vivace et porteuse d'avenir! N'eo ket echu, evel just!

Pierre CAMARET
Mardi 31 août 2010

Un petit point d'histoire quand meme : Le latin est devenu une langue morte,soit , mais il reste ses enfants , bien vivants : Le Francais , l'Italien , l'Espagnol, le Portugais et aussi le Roumain.

Gilbert Josse
Mardi 31 août 2010

En ce qui concerne la santé des enfants du latin, seuls l'espagnol et et le portugais sont vraiment en pleine forme ;-) Le français va nettement moins bien depuis quelques années. A Émilie, préparez vos chaussures. Dans le monde actuel les initiatives des acteurs culturels et économiques sont biens plus efficaces que celles, quand elles existent, des "politiques". Pour être assez présent dans le second, je peux vous assurez que le travail est bien avancé. Les réseaux fonctionnent et les graines sont plantées. Je sais que ce chemin n'est pas très noble pour certains mais s'il conduit au but... Et puis qu'ont attendu ces politiques pour faire ce travail et déposer plainte ? Les élus, de tous bords, sont-ils frileux ou bien les "échéances" sont-elles un frein si puissant à l'action ?

PIERRE DANIEL
Mardi 31 août 2010

Cette plainte sera un témoignage de l'ignominie de la france et des acteurs politiques locaux. L'ethnocide pratique par la france a l'encontre de la culture bretonne avec la complicite de quelques barons jacobins,est un crime qui ne sera pas pardonné a la france,le monde bouge et juge la france comme un pays peu frequentable. Et je suis d'accord emilie pourra bientot faire son pélerinage a saint anne. Lorsque je suis arrive dans le departement ou je reside je ne me suis pas demande mais que fait la bretagne pour moi ,mais plutot que puis-je faire pour elle. E t aujourd'hui il y as dans ce departement qui n'est pas un des cinqs,un bagad,un festival de musique traditionnelle ou la bretagne est tres presente,une asso qui donne des cours de langue bretonne,danse,et musique pour la langue tous les mardis 12 personnes se reunissent pour apprendre le breton ou parfaire sa connaissance,et a la rentrée il y aura deux niveaux en langue,et nous travaillons sur la creation de la saint yves que nous installerons de facon perenne. Allons ne baissez pas les bras battez vous créez pour la bretagne sachant que ce que vous plantez aujiurd'hui vous n'en verrez pas les fruits,mais que la lutte est belle. N'oubliez pas que les jacobins sont grands parce que vous etes a genoux redressez vous et parlez leurs d'egal a egal,je puis vous garantir que ca les surprend je le sais pour le pratiquer. Aujourd'hui je passe pour quelqu'un avec un sale caractere mais je suis respecte ,et aussi fuit mais laissons les imbeciles sur le bord de la route.

Je suis persuade de la victoire pour la bretagne le probleme a ce moment sera de trouver des hommes capables de faire de cette liberté retrouvée une construction pour les générations futures.Ce que nous faisons humblement dans l'ombre,en nous battant pour la culture bretonne.

a galon,n'eo ket échu

Tangi Louarn
Mardi 31 août 2010

Précision suite au commentaire de Jean-Christophe C. Le document "La France et la négation des droits culturels humains fondamentaux" (pdf en ligne)montre les actions menées auprès de l'ONU par le Conseil Culturel Associatif, devenu KEVRE BREIZH, depuis 2001, dans le cadre d'EBLUL-France dont elle assure le secrétariat. C'est après une nouvelle remontrance du Comité des droits économiques sociaux et culturels des Nations Unies en mai 2008(et non du Conseil de l'Europe)que la Constitution a intégré "les langues régionales" par l'article 75-1 "au patrimoine de la France". VOIR aussi

(voir le site)

Léon-Paul Creton
Mardi 31 août 2010

Moi qui n'ai jamais pu « communiquer », si ce n'est quelques mots dispersés de français tentés parfois, avec ma grand-mère maternelle car elle ne parlait que le breton et moi qui ne « jactait » que le dialecte des coupeurs de langues…Eh bien pour moi ! Il n'est pas concevable d'accepter dans les conditions actuelles et au regard de l'Histoire entre la Bretagne et la France que la langue de mes pères et mères, appartienne « au patrimoine de la France ».

C'est une insulte et une provocation sans vergogne de la part de cette France qui a fait tant de grand-mères et de leurs petits fils et petites filles, des infirmes, muets l'un en face de l'autre !

Sans créer, par obligations, les conditions de la renaissance et de la reconnaissance de la langue bretonne et plus largement de la Bretagne par l'état français, l'ONU, l'UNESCO ou tout autre organisme de ce type, montrent et ont montré ici et de part le monde leurs limites, qu'elles ne peuvent…ou ne veulent dépasser !

Dans ces conditions, inscrire dans la constitution que les langues régionales « appartiennent au patrimoine de la France » c'est enfermer « le petit poucet » dans les cuisines de l'ogre…

C'est de continuer d'appliquer « son » droit, comme bon lui semble, à ce bon Louis XI, celui de jeter « ses prisonniers dans ses cages de fer jusqu'à que mort s'en suive ! L'air de rien pour ne pas réveiller « les MACHINS… »

Mais les Bretons eux-mêmes peuvent-ils changer la donne ? En sont-ils seulement capables en dehors de « gueuler » ? Et plutôt que d'aller à la soupe ou présenter éternellement leurs vœux pieux dans tous les « temples ».À chacun le sien! À chacun "ses dieux pénates" ?

Très révélateur des intérêts, des conditionnements, et des soumissions.

LE GOARNIG KOZH
Mardi 31 août 2010

Quand on est réduits au rang de sous-hommes, il ne faut pas craindre d'en faire le constat et d'en tirer les conclusions. C'est l'objectif de la plainte-recours en manquements, document remarquable, malgré toutes ses vicissitudes et les auto-censures de dernières mains. Son intérêt est également d'inspirer des questions essentielles qu'il serait bon de méditer.

Cela nous ramène début 1975 à la création de la Charte culturelle et à la nomination du premier Médiateur de la République, décidées au lendemain de mon voyage à La Haye et à Strasbourg où ont été déclarés mes douze enfants : « Citoyens Européens de Nationalité Bretonne ». En conséquence, l'objectif de la charte n'était pas d'accorder quoi que ce soit aux Bretons mais de reprendre la main sur le plan international. Le trio Giscard d'Estaing, Chirac et Papon, tous directement impliqués dans l'affaire des prénoms bretons (je rappelle qu'avant 1960 on avait pas le droit de donner un prénom breton à son enfant) . Suite à ma décision de passer outre cette interdiction, mes enfants se sont retrouvés sans état civil ni droits sociaux (AF ; AL, S S, droits qui n'ont toujours pas été versés.

Lorsque la section « Droit et Institutions » a été créée, notre ami Yvonig Gicquel, Président de l'Institut Culturel de Bretagne, m'a demandé de ne pas aborder par l'Association des Etats de Bretagne, ce sujet qui pouvait fâcher. J'ai accepté pour ne pas retarder les avancées que nous pouvions attendre dans les autres domaines, notamment de la langue et de Nantes en Bretagne. Pourtant, six ans après, je constate et regrette que, malgré cette précaution, ce mémorandum a encaissé plus de trois ans de retards successifs de toutes natures et que le 4ème forum des Droits de l'Homme n'a pas autorisé que la Conférence de présentation à la pesse de cette plainte ait lieu dans son enceinte, programmation qui de toute évidence s'imposait ! Et ceci par la volonté des descendants du Collabo Pétain qui a séparé la capitale historique de la Bretagne de son territoire, crime unique au monde qui devait trouver ici l'occasion de sa dénonciation. Je pense que si ces problèmes avaient été posés clairement, ils n'auraient pas pu être ainsi écartés.

Car nous sommes bien dans une guerre d'identité et de racisme.

La question est de savoir pourquoi la Bretagne est condamnée, d'autocensures en autocensures, à vivre en catimini ? Pourquoi ne pas appeler un chat un chat et stigmatiser un racisme d'Etat arrogant qu'il faut connaître pour s'en défendre efficacement ?

Le pragmatisme comme les bâtons peut et doit avoir deux bouts.

Le Goarnig Kozh

padrig MONTAUZIER
Mardi 31 août 2010

Avec un tel langage, de tels propos d'une autre époque... dans 3000 ans nous en serons toujours à quémander des miettes ! NON, les Bretons ne sont pas une minorité nationale mais un PEUPLE messieurs!!! Keit a ma vo Brezhoned en o sav.... Breizh a vevo tudoù.

Renée Mazé
Mardi 31 août 2010

Ce PEUPLE, monsieur Montauzier, est aussi en France, une minorité nationale telle qu'elles sont définies dans la Recommandation 1201 adoptée le 1er février 1993 par l'Assemblée parlementaire du Conseil de l'Europe. C'est écrit en toutes lettres dans l'article. C'est en s'appuyant sur des définitions officielles que le mouvement breton peu s'affirmer, pas en provocant... Un commentaire sur le bien-fondé de l'action de ces associations, en tenant compte de la définition donnée de minorité nationale et non en la discutant et en noyant le sujet principal de l'article, aurait été judicieux...

Jean-Christophe C
Mardi 31 août 2010

Réponse à Monsieur Tangi Louarn.

Monsieur, merci pour votre précision. Je vais lire votre document et écouter votre interview. Mais, à ma remarque, vous comprennez bien qu'il existe un problème de communication. Les non-ratifications par la France de textes élémentaires en matière de droits de l'homme sont à des lieux d'être connues par les citoyens bretons, qui certainement pour la plus part doivent même se sentir fier d'être dans "Le" pays des droits de l'homme. Vos initiatives et actions sont vraiment très importantes, mais sans une information auprès de la population (toute la population, pas seulement le microcosme militant), je doute qu'il n'y ait jamais de résultats tangibles. Informer la population est donc aussi important que les actions auprès des instances internationales et européennes. Certes, plus facile à dire qu'à faire du fait du contrôle étatique des médias et de l'importance de l'auto-censure chez les Bretons. Bonne continuation dans vos actions.

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