Ma réponse -courte- à Fañch Broudic

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Chronique
Par Yvon Ollivier

Publié le 27/04/20 21:13 -- mis à jour le 28/04/20 11:08

Je m’aperçois que Fañch Broudic a commenté mon récent article sur son blog, de manière déloyale ce qui me pousse à rappeler quelques évidences.

50391_1.jpgcouverture du livre "lettre à ceux qui ont renoncé à la Bretagne"

L’article de son blog porte un titre particulièrement déplacé à mon goût : « La citation équivoque d’un auteur breton juriste ». Il est vrai que j’ai cité, en prenant les précautions d’usage, le juriste allemand bien connu -que l’on étudie dans toutes les université- Karl Schmitt pour montrer combien un Pouvoir, démocratique ou non, se définit surtout en situation exceptionnelle. C’est l’apport bien connu de cet auteur à la pensée politique. Le fait qu’il se soit compromis avec le nazisme n’enlève rien à sa théorie de la souveraineté toujours enseignée dans les Universités. J’ai d’ailleurs mis en garde le lecteur sur la compromission de cet auteur.

Mais là où je ne suis pas d’accord, c’est que Fañch Broudic emploie le syllogisme détestable, méthode bien connue : Yvon Ollivier emploie une citation de Karl Schmitt « est souverain qui décide de la situation exceptionnelle » ; Karl Schmitt était un odieux nazi ; donc Yvon ollivier est un autocrate.

La ficelle est trop grosse pour ceux qui me connaissent et mes ouvrages plaident en ma faveur. Pour employer des procédés pareils, il faut avoir envie de nuire pour des raisons qui ne m’intéressent pas.

J’invite Fañch Broudic à ne pas confondre souveraineté et démocratie, ce sont là deux choses différentes. Un pouvoir démocratique peut être plus ou moins souverain, il suffit juste de vouloir. Et c’est sur ce terrain-là que je me situe. La souveraineté est un effort de tous les jours. Et si le pouvoir régional n’ose pas poser des questions à l’administration en situation de crise sanitaire, comme l’invitait à le faire Marc Le fur, c’est que nous ne sommes pas sur le chemin de l’émancipation démocratique.

L’important pour moi est de mettre les mots sur la situation tragique dans laquelle nous nous trouvons, notamment sur le terrain des langues mais pas seulement. Nous sommes en passe de sortir de l’Histoire, pour une raison bien simple, le manque de souveraineté. C’est là le sens de mon engagement au service d’une souveraineté partagée pour la Bretagne et selon le mode le plus démocratique. Je souhaite que les Bretons décident des choses qui les concernent au premier chef. C’est selon moi une bonne définition de la démocratie.

Si certains ne le comprennent pas, alors que le Pouvoir centralisé vient de témoigner une fois de plus de son inefficacité, c’est qu’il n’y a plus grand-chose à faire. L’homme s’habitue à tout. Il arrive même qu’il intériorise des formes de domination et qu’il se résigne à son sort. Je crois que nous sommes un peuple résigné. Or il n’est rien de pire que la résignation.

Yvon Ollivier

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