Le Journal du Pays Basque Euskal Herriko Kazeta disparaît après 12 ans...

-- Economie --

Enquete de OMEB
Porte-parole: Gilles Delahaye

Publié le 23/12/13 18:58 -- mis à jour le 00/00/00 00:00
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Dernier n° du Journal du Pays Basque le samedi 21 décembre 2013. Extrait du PDF.

Le Journal du Pays Basque Euskal Herriko Kazeta, publié à Urrugne (1) en Pays Basque français, dans les Pyrénées Atlantiques, disparaît après 12 ans et deux mois d'existence...

Douze ans d'une presse libre au Pays Basque

Le premier numéro, le n° zéro, était sorti le 16 octobre 2001, (en fac-simile dans le PDF 1 ci-dessous et en ill. 2).

Le dernier numéro, le nº 3128, est sorti le samedi 21 décembre 2013. C'est un spécial donné en PDF libre de 24 pages, sur le site (voir le site) . Il reprend l'essentiel des articles et remercie ses fidèles lecteurs ainsi que les journalistes (voir le site)

Extraits de l'éditorial par Antton Etxeberri, directeur de la publication

" Depuis le 16 octobre 2001, date de son lancement, le JPB s'est attaché à informer de l'actualité du Pays Basque, en permettant à chacun de s'exprimer. En maintenant son indépendance éditoriale vis-à-vis de toutes les élites politiques et économiques existant au Pays Basque, le JPB a ouvert une voie que vous êtes des milliers à avoir accompagnée et suivie ".

" Impossible également de déterminer ce que serait aujourd'hui le Pays Basque si le JPB n'avait pas été là durant ces treize dernières années, pour informer, interroger, analyser, commenter, rendre publiques des informations et enquêter... ".

" ...le modèle économique permettant la publication d’un quotidien de presse écrite en français, à l’échelle d’un territoire de 3 millions d’habitants sur tout le Pays Basque (dont une petite minorité comprend le français), nécessite des moyens financiers très importants, qui vont bien au-delà de la capacité d’un territoire comme le nôtre à le financer. Surtout en tenant compte de la crise économique générale qui est encore plus accentuée dans le domaine de la presse écrite ". En entier en PDF2.

Mais l'espoir demeure de reprendre un jour...

Suite des extraits de l'éditorial : " C'est tous ensemble que nous parviendrons à rebondir à l'arrêt du JPB, en nous servant de cette expérience accumulée, afin de proposer à l'ensemble des citoyens du Pays Basque des outils d'informations en phase avec leurs habitudes de lecture, et qui leur permettront de se les approprier ".

" Le site internet kazeta.info, (voir le site) créé par le biais du JPB pour répondre à la nécessité d’informer en euskara (2), poursuivra le travail entrepris ces dernières années ".

Subventions inexistantes et boycott publicitaire

Les difficultés de faire entendre sa voix quand on est proche du courant nationaliste ne sont pas nouvelles.

Le 7 décembre, le directeur avait évoqué des " difficultés nombreuses et implacables ", dont les difficultés économiques de partenaires, des subventions publiques " quasi-inexistantes ". Il devra supprimer seize emplois (voir le site)

Le système français de subventions à la presse fait que, comme tous les journaux qui remettent en cause les institutions de la République, le JPB ne touchait aucune subvention du ministère de la Culture.

Il manquait de publicités payantes.

Il a dû de pouvoir subsister par l'appui de Gara (2), quotidien nationaliste qui édite en espagnol et basque des deux côtés de la frontière. (voir le site)

Une plainte déstabilisante en 2012

(voir le site) de cotebasque.net qui rapporte, peu après le 5 octobre 2012 sous le titre Le Journal du Pays Basque menacé ! la menace d'un procès sur une plainte déposée par Bruno Béziat, chef de service du journal Sud-Ouest de Bordeaux.

" Nous voyons dans cette plainte une tentative de museler l'expression publique, mais aussi de déstabiliser le travail sérieux que mène l'ensemble de l'équipe du Journal du Pays Basque depuis maintenant onze années ".

(voir le site) de hendaye-jac2 pour un Entretien avec Antton Etxeberri, directeur de publication du Journal du Pays Basque du 4 octobre 2012.

Sur sa page de wikipédia, on note que : " Le Journal du Pays Basque a été créé pour offrir aux lecteurs une alternative au quotidien régional Sud Ouest, qui jouissait jusqu'en 2001 d'une situation de monopole ".

Y aurait-il un rapport ? Certainement, Antton Etxeberri, énumérant le 7 décembre les raisons de la fermeture prochaine du JPB, note " la présence d’un quotidien d’informations régionales qui ne nous a pas épargnés ".

Notes

(1) De Bayonne il migra à Urrugne - Urruña en basque - qui se situe aux portes de l'Espagne, à 20 km de Biarritz, entre Saint-Jean-de-Luz et Hendaye, non loin de Ciboure, Ascain, Sare et Biriatou (voir le site)

(2) Gara, successeur d’Egin. Pour les lecteurs bretons qui veulent avoir des nouvelles du Pays basque, mais ne connaissent pas l’espagnol, c’est peut-être l’occasion de se mettre à l’étude du basque (même si cette langue est traduite - difficilement - sur Google traduction : (voir le site) ) puisque kazeta-info est, lui aussi, publié en basque.

Document PDF jpbedizioa21122013.pdf Dernier n° du Journal du Pays Basque le samedi 21 décembre 2013. 24 pages.. Source : Journal du Pays Basque
Document PDF editojpb21122013.pdf Journal du Pays Basque. Édito du directeur Antton Etxeberri, 21 décembre 2013. Source : Journal du Pays Basque
Document PDF jpbedito7122013.pdf Journal du Pays Basque. Édito d'Antton Etxeberri, 7 décembre 2013. Source : Journal du Pays Basque
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L'Observatoire des Médias en Bretagne est basé à Rennes. Il est composé d'un collectif de plusieurs journalistes.
Vos 4 commentaires
François Le Guellec
Jeudi 26 décembre 2013

Triste.
Et pour Mémoire un extrait du discours de Victor Hugo à l'Assemblée Nationale le 11 Octobre 1848: (voir le site)
..........
"Il n'est pas permis de vous faire remarquer qu'au moment où le peuple attend des solutions, vous lui donnez des contradictions ! Savez-vous ce que c'est que des contradictions en politique? Les contradictions sont la source des malentendus, et les malentendus sont la source des catastrophes."
..........
"Prenons garde aux exemples que nous donnons ! les exemples que nous donnons sont inévitablement plus tard nos ennemis ou nos auxiliaires ; au jour du danger, ils se lèvent et ils combattent pour nous ou contre nous".....
A méditer.
Ikus Arte!

Caroline Le Douarin
Jeudi 26 décembre 2013

Je ne peux m'empêcher de penser à Amadou Hampâté Bâ (voir wikipédia) qui a écrit, dans son premier livre de mémoires, Amkoullel l’enfant peul, "En Afrique quand un vieillard meurt, c'est une bibliothèque qui brûle", citation connue.
Ne pourrait-on adapter ceci en "Partout où un journal meurt, c'est un pan de liberté qui s'en va" ?

Michel Prigent
Vendredi 27 décembre 2013

Euskal Herriko, journal anti système centraliste (comme les publications disparues: Breizh Info, Bretagne Hebdo créés par Charlie Grall si je m'en souviens) et donc dissident au sens de la terminologie soviétique ne "risque" pas de bénéficier des "aides à la presse pour préserver le pluralisme" (1 Md¤) comme les 4 M¤ qui viennent d'être "offerts par le contribuable" pour le journal "l'Humanité", lourdement endetté (43 500 lecteurs quotidiens en 2012) au point de faire appel à des actionnaires privés comme Lagardère, le fond souverain du Qatar...dont la sensibilité de gauche est bien connue.

Léon-Paul Creton
Vendredi 27 décembre 2013

Puisque que l'on adhère au encore PC, à ses thèse et pratiques depuis le pacte germano-soviétique, il ne serait donc pas aujourd'hui plus illogique, plus révoltant ou contradictoire pour cette secte et ses ouilles, de se servir du "pognon" du Katar!...Et tout autant utiliser des subsides puisés dans les impôts du pauvre peuple.
Par contre je ne sais si "le Pc est allé à Lagardére, mais Lagardère se fera un plaisir d'aller à lui"

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