Des langues de Bretagne

-- Histoire de Bretagne --

Chronique de FM
Porte-parole: Frédéric MORVAN

Publié le 31/10/15 11:51 -- mis à jour le 00/00/00 00:00

Des langues de Bretagne. A la différence de certains politiciens qui pensent encore vouloir imposer de nos jours une langue unique, et cela à l'ère de l'Union européenne, de la mondialisation, de l'Internet et des jeux vidéo qui obligent à comprendre au moins deux ou trois langues, la Bretagne et les Bretons aiment et ont aimé la diversité linguistique. Quatre langues ont coexisté durablement et sans problème en Bretagne : le français, le latin, le gallo (ou britto-roman) et le breton, les deux premières étant réservées à l'administration, à la vie publique, et les deux dernières à la vie quotidienne.

Jusqu'au milieu du XIIIe siècle, l'écrasante majorité des documents officiels en Bretagne était écrite en latin. Normal lorsque l'on sait que l'administration était détenue par les religieux. Et progressivement le français s'est imposé. Oh pas un français bien réglementé comme aujourd'hui, mais un français aimant la phonétique. Par exemple, j'ai trouvé un au par aven pour auparavant. Il m'a fallu bien deux minutes pour comprendre. On écrivait donc comme on entendait. Pourquoi le français s'est-il imposé ? Les ducs de Bretagne le parlaient comme les autres membres de l'élite. Le dernier duc de Bretagne à parler breton fut Alain IV Fergent (mort en 1119, de la maison de Cornouaille). A partir du milieu du XIIe siècle, les ducs étaient soit des princes angevins (ou plantagenêts) ou français (ou capétiens). Il faut rappeler que la célèbre Anne de Bretagne était une princesse capétienne. Lorsqu'il réforma son administration en la laïcisant, le duc Jean Ier (de la maison de Dreux et donc de la dynastie capétienne, duc de 1237 à 1286) recruta des agents venant de Picardie ou de Champagne (régions où il avait des domaines). Ces agents ne parlant pas le breton, ils transcrivaient les noms de personnes et de lieux comme ils les entendaient. Le Livre des Ostz de 1294, un des documents les plus importants de l'histoire de la Bretagne (il recense les devoirs militaires et financiers des vassaux du duc) et d'Europe, en contient de nombreux d'exemples.

Pour ma part, je n'ai rencontré aucun document écrit en breton au cours de mes recherches sur les XIIIe et XIVe siècles bretons. Et pourtant, j'en ai compulsés plusieurs dizaines de milliers. Il semblerait que Jean Kerhervé, l'historien breton spécialiste du XVe siècle breton, ait fait le même constat. Lorsque le roi de France, François Ier, usufruitier (son épouse, la duchesse Claude de Bretagne, lui avait fait donation de ses biens) de Bretagne et administrateur des biens de ses fils (les héritiers de Claude, morte en 1524) promulgua l'édit de Villers-Cotterêts (1539) imposant le français comme langue commune administrative, pour la Bretagne, ce n'était pas un problème puisque le français était déjà la langue utilisée par l'administration bretonne. Et puis on peut se demander si le roi aurait été obéi s'il n'y en avait pas été autrement en Bretagne ; la Bretagne jouissant depuis l'édit du Plessis-Macé (1532) de droits et de libertés particulières et faisait presque ce qu'elle voulait. La Bretagne n'était pas la seule à utiliser une langue qui n'était pas parlée par la population. Jusqu'à Elisabeth Ier d'Angleterre (morte en 1603), les textes officiels anglais étaient écrits soit en latin soit en français. Et dans le royaume de France, on ne parlait pas, très loin de là, le français qui resta longtemps la langue de la cour, de l'élite, et encore…

Cette situation ne posa pas de réels problèmes jusqu'à la création de la République française (1792). Pour sauver la jeune République régicide menacée de toute part, il fallait qu'elle soit une et indivisible. Pour cela, elle se devait d'être une seule nation et avoir une seule langue. Il est vrai que pour donner des ordres aux troupes qui commençaient à massacrer les populations, l'utilisation d'une seule langue se révélait plus pratique. Et peu importe que ce furent les troupes bretonnes (avec les Marseillais) qui avaient mis fin à la Monarchie en prenant les Tuileries le 10 août 1792. C'est du moins ce que pensaient les députés de la Convention (l'Assemblée nationale de la Première république, celle qui mit en place la Terreur). L'Abbé Grégoire, député, s'exprima ainsi au comité de l'instruction publique, en septembre 1793 : « Ainsi disparaîtront insensiblement les jargons locaux, les patois de six millions de Français qui ne parlent pas la langue nationale car, je ne puis trop le répéter : il est plus important qu'on ne pense en politique d'extirper cette diversité d'idiomes grossiers qui prolongent l'enfance de la raison et la vieillesse des préjugés ». Bertrand Barrière, autre député, en 1794 : « Le fédéralisme (les Girondins, députés de la Convention qui avaient été déclarés ennemis de la Patrie après le coup d'Etat des Montagnards) et la superstition parlent bas-breton ; l'émigration (composée des nobles qui avaient fui) et la haine de la République parlent Allemand ; la contre-révolution parle italien et le fanatisme parle basque ». Cependant la Convention n'eut pas le temps d'agir contre les autres langues parlées. Elle ne dura que peu de temps. Et puis elle avait tant à faire avec ses guerres qui coûtèrent la vie à des dizaines de milliers de personnes qui n'avaient rien demandé.

Ce ne fut que lorsque certains Républicains qui puisaient leurs idées dans les paroles et les actes de cette Convention montagnarde (1793-1794) se retrouvèrent au pouvoir à l'extrême fin du XIXe siècle que les choses changèrent. Force est de constater qu'au début du XXe siècle, les lois Ferry (1882-1884) ne jouissaient pas d'un franc succès en Bretagne. Avec ces lois, le français devint l'unique langue qui devait être parlée dans toutes les écoles de la République. Beaucoup de parents, de responsables politiques et religieux en Bretagne approuvèrent car la bonne connaissance du français permettait, le croyaient-ils, d'entrer dans l'Administration, dans la Marine nationale, dans l'Armée. Bref, cela servait. Toutefois, le breton et le gallo restaient prépondérants dans la vie courante. Selon une enquête réalisée à la demande de l'évêque du Finistère en novembre 1902, 256 paroisses sur 310 parlaient exclusivement le breton. Nombre d'enfants, lorsqu'ils arrivaient à l'école, ne savaient pas un mot de français, ou très peu… L'adaptation, à une époque où les méthodes pédagogiques sont particulièrement dures, ne fut guère aisée. Mais les enfants y arrivaient et finirent par jouer les traducteurs pour leurs parents. Emile Combes voulut aller plus loin. En 1902, il interdit dans une circulaire le breton et le gallo à l'Eglise. Le catéchisme et les sermons devaient dorénavant être dits en français. 127 prêtres refusèrent car ils savaient que leurs fidèles étaient incapables de suivre en français et perdirent alors leurs traitements (les prêtres étaient alors payés par l'Etat).

« Les prêtres bretons veulent tenir leurs ouailles dans l'ignorance en s'opposant à la diffusion de l'enseignement et en n'utilisant que la langue bretonne dans les instructions religieuses et le catéchisme. Les Bretons ne seront républicains que lorsqu'ils parleront le français ».Émile Combes, président du Conseil, 23 Septembre 1902.

"Ce sont des Français qu'il faut pour franciser les Bretons, ils ne se franciseront pas tout seuls. Il y a un intérêt de premier ordre à ce que les Bretons comprennent et parlent la langue nationale. Ils ne seront vraiment français qu'à cette condition."__ Irénée Carré, Inspecteur général de l'Instruction publique, 1905

La situation devint explosive. La Séparation de l'Eglise et de l'Etat (1905) se passa mal en Bretagne. Le Nantais Waldeck-Rousseau parvint à trouver des compromis. Heureusement pour le régime, la Grande guerre (1914) arriva. Les Bretons partirent sous les drapeaux ensemble, mais leurs régiments se firent massacrés dès les premiers mois. Et au cours des mois suivants, des années suivantes, les régiments furent recomposés : les régiments « bretons » se retrouvèrent remplis à plus de 50 % de non-bretons et on trouva des Bretons dans tous autres les régiments. Evidemment les Bretons parlaient le français avec les autres, d'autant plus qu'ils l'avaient appris à l'école. Il l'avait appris bien sûr à l'école, mais aussi avec les touristes, et surtout avec les émigrés bretons qui revenaient de temps à autre aux pays. Des dizaines de milliers de Bretons et de Bretonnes à partir de 1880 partirent vers Paris et durent y parler le français. Le français était la langue de l'administration, de l'armée et de la marine, la langue officielle, publique, la langue de l'ascension sociale, du moins on le croyait ; le breton et le gallo restèrent les langues du domaine privé. Et progressivement, avec les exodes ruraux des après-guerres (14-18 et 1950-60) qui ravagèrent les campagnes bretonnes, le breton et le gallo s'effacèrent, et ce ne fut pas l'Etat et l'Ecole de la République qui allèrent s'en plaindre, bien au contraire.

Aujourd'hui il ne reste que 172 000 locuteurs actifs de Breton. Pour le gallo, entre 40 000 et 200 000 locuteurs.

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Vos commentaires :

SPERED DIEUB
Samedi 31 octobre 2015

Oui l'anglais a été dans une situation pire que le breton à l'heure actuelle ,dialecte saxon bâtard ,sur une base d'extension populaire ,il a profité de concours de circonstances favorables ,devenant progressivement une langue internationale ,alors que la langue officielle de l'ile était le franco normand .Le français a été très long à s'imposer ,et s'il a réussi c'est grâce à la loi du plus fort volonté d'une monarchie expansionniste édit de Villers -Côtterês comme vous l'avez cité A partir des années vingt les acteurs du renouveau linguistique breton aurait mieux fait de s'inspirer de l'exemple anglais plutôt que français ,il y a fort à parier que le potentiel de locuteurs de notre langue aurait été bien plus important aujourd'hui

En ce qui concerne la révolution française , c'est paradoxal et pas si simple D'une part il faut rappeler que le 4 aout 1789 quand les libertés bretonnes ont été abolies on est toujours sous le régime de la monarchie ,il y a avait des jacobins monarchistes tel La Fayette

C'est sans doute une des raison pour laquelle le régime qui a suivi et que l'on subit encore aujourd'hui est une monarchie républicaine ,fondamental du centralisme et de l'impérialisme francilien

En ce qui concerne les langues des minorités nationales ,il avait été question de la mettre en valeur au début de la révolution C'est à partir de cette période que le concept de celtisme s'est diffusé .C'est discutable mais c'est un peu par opposition au germanisme de la noblesse et latinisme du clergé Bien entendu les jacobins ont très vite normalisé !! (Grégoire)Cependant on doit à cette démarche la démocratisation de la matière celtique durant le dix neuvième ,parfois de manière farfelue au point de falsifier l'histoire Mais ce n'est pas certain qu'on aurait le barzaz Breizh ,l'histoire de Bretagne de Aurélien de Courson ,les débuts de la codification du breton sans les précurseurs révolutionnaires

(voir le site)

Yann Maneguen
Dimanche 1 novembre 2015

Article intéressant mais qui tombe toujours dans le même travers en mettant le breton au même niveau que les soit-disant "gallo", terme encore inconnu sous son acception actuelle il y a 50 ans.

Alors un peu de philo :

de même que dans l'absolu il n'y a pas de race, la sagesse populaire a toujours fait la différence entre un"blanc" et un "noir", hé bien de même que l'ensemble des parlers dits "gallos" forme une sous famille issue du latin et en soi en linguistique (et en linguisitque seulement) on peut parler de langue, le peuple dans sa sagesse sait bien que ce n'en est pas une, qu'elle n'en a pas l'unité, pas de littérature véritable, aucune oeuvre majeure telle que le Barzhaz Breizh, pas même de prières etc, sa langue littéraire et écrite est naturellement le français, c n'est donc pas une lague au sens commun, mais un ramassis de parlers locaux que plus personne ne parle même si quelques milliers en ont encore des bribes sans aucune utilisation sociale, mis à part quelques mots passés en français tel "pochon".

en breton, la langue a une vocation nationalitaire évidente pour tout le monde et premièrement pas les étrangers à la Bretagne semble t il tant beaucoup de bretons militants ont perdu ce bon sens.

D'où un "Emsav" qui a unifié la langue écrite, créé une littérature de niveau contemporain, l'Eglise a produit au moins 1826 livres de religion en breton (avant 2000), un réseau d'école, de centres bretonnants, un hebdomadaire, une quinzaine de revues etc etc. Rien à voir avec ce "gallo" qui pour le coup est complètement idéologique , une illusion datable d'ailleurs : 1978. Un idéal pour idiots utiles qui est objectivement une machine de guerre pour refuser au breton sa vocation : unir les breton et remplacer le français comme langue commune en Bretagne dans une Bretagne autonome.

C'est quand même incroyable l'énergie qu'il faut dépenser pour rétablir ces vérités devant une idélogie que s'étend de plus en plus, sans fondement solide et clairement promue par les politique notemment depuis la résolution du Conseil Régional B4 de 2004.

Michel de la Thibouvais
Dimanche 1 novembre 2015

Monsieur,

Pour avoir écrit :

"Il faut rappeler que la célèbre Anne de Bretagne était une princesse capétienne."

Les généalogies descendantes d'Hugues Capet et de Nominoë étant nombreuses et accessibles par exemple : (voir le site)

Je vous propose d'arrêter d'écrire des articles truffés d'erreurs, d'approximations, de raccourcis hasardeux, sur l'Histoire de la Bretagne.

Je pense que l'ABP doit aussi faire relire et vérifier les articles avant de les diffuser...

Anne de Bretagne est une princesse bretonne. Elle descend directement, par les hommes ou les femmes, des rois de Bretagne à l'époque où les Capétiens n'étaient que de simples "duc des Francs".

Effectivement, elle a dans sa généalogie des capétiens, comme des Plantagenets, des racines normandes, etc... etc... Si encore elle s'était faite appeler Anne de Dreux... Même pas !

Elle ne s'est jamais intitulée, non plus, Anne "Capet" ou "de France", même en étant reine de ce pays. Elle a de plus favorisé, par tous les moyens, la continuité distincte de son pays : la Bretagne.

Enfin les "Dreux" ont pris dés le début des distances avec les "Capétiens" quand ils ont été alliés avec la couronne de Bretagne. Les hommages liges de cette branche devaient être la contrepartie a payer pour cet ascenseur "féodal".

Votre assertion ridicule est une insulte :

1/ A la mémoire d'Anne de Bretagne, assiégée à Rennes (couvent des Jacobins) et contrainte de force à son premier mariage, à 14 ans, avec un premier roi de France.

2/ A l'Histoire de la Bretagne et à la lignée de ses princes et princesses, rois, ducs et duchesses.

3/ A tous les généalogistes et historiens bretons.

4/ A toutes les bretonnes et les bretons qui, aujourd'hui encore, défendent la culture, le territoire et les langues de ce pays, dont je croyais que vous faisiez partie...

Christine Viard
Dimanche 1 novembre 2015

Je lis : "En 1902, il interdit dans une circulaire le breton et le gallo à l'Eglise.

Pourquoi associer le gallo à la langue bretonne ?

E. Combes a déclaré : "Les prônes faits en breton échappent au contrôle des autorités, et prêtent des arguties commodes qui consistent à soutenir que le témoin a mal compris ou mal traduit".

Il n'a jamais parlé du gallo qui sans doute pour lui faisait partie de l'ensemble français. C'est quoi ce politiquement correct ?

yanneutch
Dimanche 1 novembre 2015

Oublier l'utilisation du breton dans les chartes (équivalents d'actes notariés de l'époque), c'est quand même un peu dur ! Nous avons un précieux trésor, quasi oublié, avec les nombreux termes juridiques (kevrod, enepuuerth, ran,...) ou scientifiques (duguonimeridicaith, alcam, amestid...) des chartes ou des gloses, (même si certains sont dûs immanquablement à un certain snobisme des scribes), démontre une certaine capacité à l'abstraction, à l'époque dite de l'ancien-breton.

Quant aux noms de lieux, il serait intéressant de savoir précisément de quelle manière ils étaient retranscrits.

Lucien Le Mahre
Lundi 2 novembre 2015

Passionnant condensé objectif de ce qu'il est nécessaire de savoir sur la diversité et la place des langues en Bretagne au cours de dernier millénaire.

A lire et à relire.

Konan Lasceau
Lundi 2 novembre 2015

d'Emile Combes, l'Ethnocidaire des Bretons : « le breton se prête moins que le français à exprimer des idées nouvelles, ces vilaines et détestables idées républicaines dont la langue française est l'admirable messagère » (de l'être suprême)...« Les prônes faits en breton échappent au contrôle des autorités, et prêtent des arguties commodes qui consistent à soutenir que le témoin a mal compris ou mal traduit »

Cependant, les maires du canton de Plabennec, dans le Finistère, écrivent au président du Conseil : « Très nombreux sont nos concitoyens (Bretons)qui ne comprennent pas le français » dix ans avant la guerre de 1914, il semble peu probable que ceux-ci aient appris la langue entre temps, ils ont servis à la boucherie des races supérieures franco-germanique.

il ne faut pas confondre les élites ou les officiers qui parlaient effectivement le françois puis le français et le peuple cela c'est vu de tout temps depuis les romains.

Yann le Bleiz
Mardi 3 novembre 2015

Texte très intéressant et très bien présenté, sur un sujet ou l'ignorance est de taille.

Je regrette seulement un point : "La Bretagne n'était pas la seule à utiliser une langue qui n'était pas parlée par la population. Jusqu'à Elisabeth Ier d'Angleterre (morte en 1603), les textes officiels anglais étaient écrits soit en latin soit en français. Et dans le royaume de France, on ne parlait pas, très loin de là, le français qui resta longtemps la langue de la cour, de l'élite, et encore… "

Ce point est bien trop peu développé alors qu'il mériterait à lui seul une étude complète.

Pourquoi cette remarque?

Pour la simple raison qu'on utilise souvent le fait que le Français étant langue administrative en Bretagne pour prétendre un régionalisme de fait là où il y avait un pays indépendant et pour prétendre français ce qui est une nation différente.

Or des pays ou l'administration et l'élite parlaient une langue différente du peuple était une chose relativement courante en Europe jusqu'au 19ème siècle.

Date où le fanatisme de l'Etat-nation s'est développé en réaction à l'agressivité belliqueuse de la République Française.

Quelques exemples : L'Angleterre avec le Français (déjà cité), l'Ecosse avec le Français et l'Anglais, le Danemark avec l'Allemand, la Russie avec le Français, voir même de la France selon l'exemple évoqué. Sachant que dans de nombreux pays, l'utilisation du Français était très courant chez les nobles : Prusse, Russie, Autriche, etc.

N'oublions pas qu'au milieu du 19ème siècle, la Prusse considérait le Danemark comme un pays allemand au titre que l'Administration, le Roi, l'armée parlaient allemand. Ce en quoi l'élite danoise n'y voyait pas d'incohérence. Ce ne fut qu'une prise de conscience insufflé in extremis par quelques penseurs sur la réalité de l'identité danoise qui fit que ce pays résista lors des conflits de 1851 & 1864 face aux peuples allemands qui étaient sur le chemin de l'unification.

Un penseur danois, ayant d'ailleurs dit cela : Si l'Allemagne fait l'erreur (d'unifier le Danemark en tant que pays Allemand), pour cacher "le crime" (faire disparaitra une nation) tout ce qui est bon et admirable dans l'identité allemande disparaîtra...

Un parallèle qui serait bon à faire avec la France!

Un parallèle aussi sur le déclin actuel français et le malaise de ces derniers vis à vis de leur identité!

(En effet on le constate, La République est bien plus préoccupée à "cacher le crime" par sa réforme territoriale, notamment à l'encontre de la Bretagne et de l'Alsace, qu'à mettre en place les réformes économiques et démocratiques).

Pôtr ar skluj
Mercredi 4 novembre 2015

"il interdit dans une circulaire le breton et le gallo à l'Eglise"

Je ne crois pas que l'Eglise ait jamais utilisé le gallo. Les prêches et le catéchisme se faisait en français en Haute-Bretagne. Il ne faut pas croire que le gallo et le breton jouissaient de statuts symétriques.

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