-- Histoire de Bretagne --

Les Bretons et le concept de « Nation » au Moyen Âge

Chronique de GENDRY Mickael (porteparole Mickael Gendry) publié le 16/03/17 10:26

Pierre de Caen gravée de la fin du XIIIe siècle, probablement à l'origine du sceau de l'abbaye de Beauport. Elle représente deux personnages de l'Eglise dans une embarcation : un archevêque coiffé d'une mitre, tenant une croix, un second, l'abbé tenant la crosse abbatiale. Habituellement identifiés à saint Maudez et saint Rion, alors que Maudez n'a jamais pu prétendre à un tel titre, ils désignent plus vraisemblablement un archevêque de Dol accompagné d'un abbé sous son autorité. Ce thème iconographique est comparable à celui de la grande verrière de la cathédrale de Dol, contemporain.
Pierre de Caen gravée de la fin du XIIIe siècle, probablement à l'origine du sceau de l'abbaye de Beauport. Elle représente deux personnages de l'Eglise dans une embarcation : un archevêque coiffé d'une mitre, tenant une croix, un second, l'abbé tenant la crosse abbatiale. Habituellement identifiés à saint Maudez et saint Rion, alors que Maudez n'a jamais pu prétendre à un tel titre, ils désignent plus vraisemblablement un archevêque de Dol accompagné d'un abbé sous son autorité. Ce thème iconographique est comparable à celui de la grande verrière de la cathédrale de Dol, contemporain.

A partir du VIe siècle, les termes de «Bretagne» et «Bretons» sont fréquemment utilisés dans les sources continentales pour désigner les peuples originaires du pays de Galles et de Cornouailles venus s'installer dans la péninsule armoricaine. L'identité des Bretons comme groupe ethnique spécifique lié aux royaumes brittoniques apparaît au moment du démantèlement de l'empire romain. L'idée d'identité est proche de celle de «Nation» définie par les auteurs grecs et latin de l'Antiquité avec la limite cependant qu'elle n'est pas mentionnée explicitement dans les textes de l'époque appliquée aux Bretons, ce qui peut constituer un anachronisme. Dans le traité de Gildas ( «De la chute et la conquête de la Bretagne») composé au VIe siècle, l'identité des Bretons est rendue à travers la notion de « patrie » (patria). Quand l'idée de « Nation » transparaît dans les sources au XIIe siècle, elle conserve l'idée d' identité qu'elle pouvait avoir à la fin de l'Antiquité, celle de peuples partageant la même origine avec un sentiment d'adhésion. Le concept de «Nation bretonne» appliqué à la péninsule armoricaine au sens moderne d'Etat apparaît tardivement dans les sources aux XIVe et XVe siècles sous la forme de «Nation de Bretaigne», associé aux institutions du duché de Bretagne.

Le concept de Nation n'a pas le même sens dans l'Antiquité qu'au XIXe siècle. Dans l'Antiquité les auteurs latins utilisent le terme de « natio », conjointement à ceux de « peuple » et « tribu » , déjà utilisés par les Grecs, par référence à Rome. Cicéron définit la « natio » comme une « peuplade », un « peuple » ou une « partie d'un peuple », de la même origine et partageant un sentiment d'appartenance (1). Quand Tacite et Pline utilisent aussi les termes de « Nation », « peuple » ou « tribus », ils jugent la capacité d'assimilation des différentes populations à la société romaine. Au Moyen Âge, il en conserve le sens et s'applique aussi à toutes sortes de groupements, les associations entre maître et élèves dans le cadre de l'université en particulier. Depuis le XIXe siècle, le concept de Nation s'applique à un État organisé. C'est au XIXe siècle en effet que se posent les questions des nationalités et que se constituent des États comme l'Allemagne ou l'Italie.

La comparaison du territoire « des Gaules » et de la « Bretagne » (la Bretagne insulaire) dans l'Antiquité est riche d'enseignements (2). La Gaule, « Gallia » en latin relevait à l'origine des catégories mentales des Romains. Les Gaulois (« galli ») ont d'abord été peuples qui menaçaient directement les Romains au nord de la péninsule italique au IVe siècle avant JC, devenant à la suite des conquêtes romaines les provinces de Gaule cisalpine («Gallia cisalpina») en Italie et Gaule transalpine («Gallia transalpina»), de l'autre côté des Alpes. Quand César se lance dans « La Guerre des Gaules » en 58 avant JC, il a été nommé l'année précédente gouverneur des provinces romaines de la Gaule cisalpine et de la Gaule narbonnaise. La Gaule que décrit César au Ier siècle avant J.C. n'est pas unifiée. Elle est en fait constituée de peuples très différents, souvent rivaux et s'applique à un espace géographique mal défini, en aucun cas «une Nation». César lui-même ne l'entendait d'ailleurs pas autrement : « La Gaule, dans son ensemble, est divisée en trois parties, dont l'une est habitée par les Belges, l'autre par les Aquitains, la troisième par ceux qui dans leur propre langue, se nomment Celtes, et, dans la nôtre, Gaulois. Tous ces peuples diffèrent entre eux par la langue, les coutumes, les lois», (César, «La Guerre des Gaules»). Un des seuls moments en définitive où aurait pu exister un sentiment d'appartenance est la bataille d'Alésia en 52 avant J.-C. mais il faut tenir compte également des défections de certains peuples gaulois et des renforts tardifs apportés lors de cette bataille. De la même façon la «Bretagne» de l'Antiquité est d'abord un territoire nommé par des auteurs grecs et latins. Dans un ouvrage “traitant de l’Océan” (“Περί του Ωκεανού”), Pythéas, un explorateur de Massalia (Marseille) désigne au milieu du IVe siècle avant J.C. par « îles britanniques » (“νῆσος Πρεττανική” : *Pretanis en grec) l’ensemble des îles du Nord qu’il découvre. La Bretagne insulaire devient ensuite un territoire de l'administration romaine, une province romaine de l'empire : « Britannia » en latin (la Grande-Bretagne actuelle à l'exclusion de l'Écosse, soit le territoire au sud du mur d'Hadrien) et les «Bretons»/ *Brittons (3) les habitants relevant de cette province militaire. La désignation des « Bretons», comme peuple spécifique avec un sentiment d'adhésion apparaît tardivement à la fin de l'empire romain.

Les troupes romaines «bretonnes» qui sont passées en Armorique dans l'Antiquité au Bas Empire étaient des troupes régulières romaines qui pouvaient être d'origines ethniques très différentes et pas forcément d'origine insulaire. Les troupes de Maxime par exemple sont passées sur le continent mais il n'est nullement avéré qu'elles soient passées par la péninsule armoricaine (4). La recherche récente sur le Tractus Armoricanus souligne qu'il n'est plus possible de démontrer avec certitude la présence de troupes bretonnes dans la péninsule armoricaine à la fin du Bas Empire romain (5) au point que Patrick Galliou, – qui avait été pourtant initialement un ardent défenseur d'une première vague de « migration militaire » à la suite de Léon Fleuriot – la relègue désormais au rang «mythe» historiographique (6). Il ne reste plus dès lors, qu'une migration, celle de peuplement attestée au VIe siècle dans les sources, et peut-être avant, à replacer dans l'ensemble des mouvements de population qui touchent l'Occident à la fin de l'Antiquité.

L'enseignement de l'historiographie des peuples «barbares» (7) enseigne aussi que ces peuples n'ont pas pu se constituer en tant que peuple spécifique avec un sentiment d'appartenance avant le démantèlement de l'empire, soit avec ou en opposition de la civilisation romaine : « On doit appliquer aux Bretons les remarques faites à propos de l'ethnogénèse des peuples continentaux : C'est bien à partir des Ve et VIe siècle que se constitua progressivement une identité bretonne aux origines tout à la fois romaines, insulaires et continentales ; et celle-ci cristallisa surtout lorsqu'elle fut confrontée, à partir du VIe siècle, aux ambitions hégémoniques des Francs » (8). Le traité nommé «De Excidio et Conquestu Britanniae» («De la chute et la conquête de la Bretagne») composé par le moine Gildas au VIe siècle restitue par le terme de « patrie » [patria] le sentiment d'identité des peuples bretons au moment du démantèlement de l'empire romain. Même s'il convient toujours de se méfier des «jérémiades» de Gildas, force est de constater que les Bretons insulaires partageaient déjà là une communauté de destin…. Dans le paragraphe XII, Gildas précise que « l'île portait un nom romain sans en observer ni les mœurs, ni les lois » (9). Au paragraphe XVIII, « Les Romains avertirent notre patrie [patriae] de ce qu'ils ne pouvaient plus être si souvent dérangés pour des expéditions aussi pénibles » (10). Un peu plus loin (paragraphe XX), il ajoute « les barbares nous repoussent vers la mer, la mer nous repousse vers les barbares » (11). Elle serait pour lui une des causes - ce n'est pas la seule (12) - de leur migration (paragraphe XXV) : « Les quelques malheureux qui avaient survécu dans les montagnes, surpris, furent massacrés en masse. Certains, minés par la faim, allaient tendre leurs mains aux ennemis ; ils étaient destinés à devenir esclaves, à moins qu'ils ne fussent égorgés sur le champ, ce qui était presque pour eux un avantage. D'autres émigraient de l'autre côté de l'Océan, avec beaucoup de tristesse (...) D'autres enfin, persistaient toujours en alerte, à rester dans la patrie [patriae] » (13). Une bataille comme celle du Mont Badon en 495 a pu cristalliser un sentiment d'appartenance parmi les populations de langue d'origine brittonique.

Les peuples de Bretagne insulaire, de Cornouailles et du Pays de Galles qui ont débarqué en Armorique à la fin de l'Antiquité partageaient la même origine géographique. Cette migration de peuplement étaient une migration interne à l'empire romain. Les Bretons n'étaient pas des «barbares» et appartenaient à la sphère gréco-romaine. Ils étaient christianisés. La langue des Bretons était d'origine brittonique. Les élites religieuses parlaient latin. Le sentiment d'appartenance des peuples passés sur le continent valait probablement autant aussi pour les clans auxquels ils appartenaient en Bretagne insulaire (ceux du Pays de Galles actuels ou de Cornouailles/Cornwall : les «Damnonii» et les «Cornovii»). L'idée de constituer une identité bretonne à part entière - dans le sens de la même origine -, en filiation avec les royaumes brittoniques a continué ensuite à se renforcer tout au long du haut Moyen Âge en lien avec la constitution des royaumes francs et du fait que ces communautés étaient allogènes, d'ailleurs. Bretons insulaires et Bretons de la péninsule se réclamaient de la même parenté. Les recherches sur la langue bretonne soulignent désormais une différenciation tardive au sein des langues d'origine brittonique, peut-être au IXe siècle pour la langue bretonne (14). L'Histoire commune des Bretons a été souvent réécrite a posteriori, avec des historiens comme Geoffroy de Monmouth au XIIe siècle. C'est le cas de Conan Mériadec rapporté à l'Histoire de Bretagne très tardivement (15).

Les premières allusions aux « Bretons » sur le continent apparaissent dans les sources à partir du VIe siècle. Ils sont désignés en tant que tels par des personnes extérieures. Le mot « Bretagne » est employé conjointement pour désigner le territoire où vivent les Bretons (16). L'idée de «Nation» en revanche n'est pas mentionnée dans les sources pour cette époque même si, on vient de le voir, il pouvait exister une communauté de destin parmi les peuples de langue brittonnique, - une sorte de communauté de peuples de langues d'origine brittonique transmanche -. A cela peut-être le fait que cette communauté exogène de la péninsule armoricaine comme les Bretons insulaires avaient recours à l'oral. Grégoire de Tours, évêque de Tours († 595) est le premier à désigner la Bretagne («Brittania») comme entité territoriale à part entière dans ses «Dix livres d'histoires» (ou «Histoire des Francs»), composés dans le dernier tiers du VIe siècle. Le cadre géographique qu'il décrit était réduit aux seules marches orientales de la péninsule, celles que Frédégaire décrit comme les marches bretonnes («Brittanorum limes») autour de la Vilaine et de l'Oust, vers 600. La Bretagne était, pour lui, un territoire étranger qui échappait à son autorité de métropolitain ou chef religieux, à la tête de sa circonscription religieuse. Il donnait à voir le territoire de la Bretagne en négatif, composé des royaumes de Domnonée, Cornouaille et Broërec ou Bro Waroch dans le Vannetais, de formation récente (vers 577). L'historien byzantin Procope de Césarée, au milieu du VIe siècle, en fait un territoire correspondant aux littoraux des cités des Coriosolites et des Osismes, bordier de la Manche et de l'océan Atlantique, en lien étroit avec les migrations insulaires. Il ne nomme pas cet espace mais précise qu'il est en face de l'île de «Brittia» [la Bretagne insulaire]. À la même époque, le poète Venance Fortunat († 600) et le chroniqueur Marius d'Avenches († 593) appellent «Brittani» (Britones), les Bretons, les migrants qui se sont installé des communautés de peuplement d'origine bretonne, le long du littoral armoricain. La Cosmographie de Ravennate, compilation en latin du IXe siècle, donne « la Bretagne des marais », « près de la Gaule Belgique », par opposition à « la Bretagne qui est une île dans l'Océan ». Les annales de Saint-Bertin vers 884 introduisent la notion de Britannia minor ou « petite Bretagne ». La terminologie de la vie de Samson d'époque carolingienne, opposant « Bretons » et « Romains », reprend, quant à elle, la définition ancienne de la colonisation légale de l'Armorique par les Bretons.

Toujours dans la Vie de Samson, l'idée de «patrie de Bretagne» («Brittonum patria») est utilisée pour s'appliquer à des événements se rapportant au milieu du VIe siècle (17). Elle continue avoir le sens qu'elle pouvait avoir dans le traité de Gildas.

Au XIIe siècle, quand l'idée de «Nation» transparaît dans le livre de Llandaf, - une source insulaire compilée vers 1120/1129 avec des éléments du VIe au XIe siècle - , elle conserve la même idée que dans l'Antiquité, celle d'une projection ethno-culturelle, de communautés partageant la même origine avec un sentiment d'appartenance. Dans le passage en question, Guidnerth (ou Guednerth) est un prince gallois du IXe siècle qui aurait accompli une pénitence à Dol : « Guidnerth lui-même et les Bretons et l'archevêque de cette terre étaient de la même langue et de la même nation [unius linguae et unius nationis], bien qu'ils fussent séparés par la distance » (18).

L'idée de Nation, au sens d'institutions centrales et unifiées est-elle dès lors applicable à la Bretagne ? Oui, si on ne l'envisage pas forcément sous les traits d'une Nation jacobine.

Le terme de « Nation bretonne » pour désigner « désigner le duché de Bretagne et son peuple » (19) apparaît dans les sources historiques aux XIVe et XVe siècles, sous la forme «nation de Bretaigne». Cela ne veut pas dire qu'elle n'existait pas avant, on l'a vu. La Chronique de Bertrand Duguesclin, à la fin du XIVe siècle débute ainsi «Ici commence le roman a Bertrand Duguesclin jadis connétable et né de la nation de Bretaigne» . À la fin du XVe siècle, la duchesse Anne de Bretagne commande à Pierre Le Baud de rédiger un texte « pour exalter toute la nation de Bretaigne » pour une nouvelle édition de l'Histoire de Bretagne. La duchesse enfin, emblématique de l'Histoire de Bretagne en deviendra rapidement un symbole, non une allégorie. La genèse d'une « Nation bretonne » sur le continent en définitive est à rechercher dans la constitution de l'identité bretonne au sein des royaumes brittonique lors du démantèlement de l'empire romain. La Nation se construit ensuite tout au long du Moyen Age.

Notes

(1) « Il disait souvent que ce qui faisait la supériorité du gouvernement de Rome sur celui des autres nations, c'est que celles-ci n'avaient reçu pour la plupart leurs institutions et leurs lois », Cicéron, Traité de la République, Livre second, I. Plus largement, dans le monde gréco-romain, le terme de « nations » désignent des peuplades barbares ou païennes puis judéo-chrétiennes (nationes, ethnê), extérieures au monde gréco-romain puis judéo-chrétien, soit une opposition entre « nations » et « cités-État » gréco-romaines.

(2) Bruneaux, Jean-Louis, « Nos ancêtres les gaulois… », L'Histoire,‎ décembre 2007 (lire en ligne).

(3) Les auteurs latins César (Ier siècle avant JC) et Tacite (Ier siècle) désignent par « Britanni » les peuples celtes qui habitent l'île de Bretagne. C’est aussi le terme de Britanni que l’on retrouve sous la plume Grégoire de Tours au VIe siècle dans ses Dix livres d’Histoire ou Histoire des Francs mais cette fois pour appliqué aux Bretons continentaux. En fait les auteurs de l’Antiquité et au Moyen Age utilisaient la même terminologie sur l’île et le continent, ce qui ne rend pas facile la traduction. Certains historiens préfèrent utiliser le terme de « Brittons », pour les Bretons insulaires - de l’Antiquité au début du Moyen Age par opposition aux « Bretons » installés sur le continent après. Cette définition est en fait celle de linguistes, par référence à la langue que ces peuples partageaient... Dans cet article, j’emploierai le terme de « Bretons » utilisé communément dans les traductions.

(4) « Il est exact que Maxime est passé en 383 de Grande-Bretagne sur le continent avec des troupes venues de l'île pour provoquer puis renverser l'empereur Gratien. Il n'a probablement pas débarqué dans la péninsule », p. 32, Tourault, Jean-Louis, Les rois de Bretagne IVe-Xe siècles, éd. Perrin, Paris, 2005, p. 32.

(5) Les différents corps de troupes stationnés à la fin de l'Antiquité dans la péninsule armoricaine sont renseignés dans un document de l'administration romaine « La Notice des Dignités » du début du Ve siècle. J-Y Eveillard en précise l'origine et les noms dans son ouvrage consacré à « L'Armorique romaine » : « Les Mauri stationnés chez les Venètes et chez les Osismes seraient d'anciens limitanei, c'est-à-dire des soldats maures recrutés pour la défense du limes d'Afrique transférés ensuite en Armorique. Louis Pape suggère que le nom de l'ethnique qui leur est accolé s'expliquerait par un recrutement devenu local, ce qui pourrait confirmer la forme gauloise en -acum (Osismiaci). Le parcours des Martenses est mieux connu : ils sont issus de la division en 368-369 de la légion pseudocomitatensis des Martenses, l'autre partie de cette unité occupant le fort d'Altrip (Alta Ripa), entre Mannheim et Spire sur le Rhin. (…). Les Superuentores Iuniores de Mannatias-Nantes venaient vraisemblablement de la partie orientale de l'Empire, consécutivement à la restructuration de l'armée en 364. Il faut ajouter à tous les Lètes francs stationnés chez les Redonnes à Rennes », EVEILLARD, Jean-Yves, L'Armorique romaine, Aremorica Antiqua, éd. Skol Vreizh, 2013, Morlaix, «La Notice des Dignités», texte 17, p.110.

(6) Galliou Patrick, Simon Jean-Michel, Le castellum de Brest et la défense de la péninsule armoricaine au cours de l'Antiquité tardive, dans Archéologie et Culture, PUR, Rennes, 2015, 224 p. ; « l'installation, dans l'Ouest de la Gaule, des soldats de Maxime (...) relève (...) du pur récit mythique. De façon générale, rien en permet donc aujourd'hui de prouver l'arrivée des Bretons dans l'Ouest de la Gaule avant la fin du Ve siècle». ; p. 63 ; idem « l'existence d'une première migration [militaire] bretonne qu'il faut désormais classer au rang des mythes» p. 186. Se reporter aussi aux pages 162-169 où est posée la question de la présence de groupes allogènes dans la péninsule aux regard des dernières données de l'archéologie. J-Y Eveillard interroge aussi l'origine et les noms des différents corps de troupes qui stationnaient dans le «Tractus Armoricanus» (la ligne de défense militaire littorale de la péninsule armoricaine, liée à un système transmanche de défense) : aucun corps n'était originaire de Bretagne insulaire «, EVEILLARD, Jean-Yves, L'Armorique romaine, Aremorica Antiqua, éd. Skol Vreizh, 2013, Morlaix, »La Notice des Dignités«, texte 17, p.104/110. »Le plus ancien témoignage écrit sur ces apports de population d'outre-Manche date des environ de 511 [texte n°27 : Lettre des évêques Licinius, Melanius et Eustochius aux prêtres Lovocatus et Catihernus] (...) «, id., p.157.

(7) Le renouvellement de l'historiographie sur la genèse des peuples barbares peut ainsi mieux aider à comprendre la migration des Bretons en Armorique à la même époque, en particulier la notion d'» ethnogénèse «. L'administration impériale exigeait de distinguer des groupes - qu'elle nommait » peuples « (» gentes «)- et de disposer d'interlocuteurs - qu'elle désignait comme rois (» reges «). Rome doit donc être tenue pour la grande responsable de la formation des peuples et des royautés barbares (…). C'est un phénomène que les historiens, à la suite des travaux de l'Ecole dite de Vienne conduite par Herwing Wolfram et Walter Pohl, nomment désormais » ethnogénèse «, BUHRER-THIERRY, Geneviève, MERIAUX, Charles, La France avant la France (481-888), éd. Belin, 2010, p.43.

(8) BUHRER-THIERRY, Geneviève, MERIAUX, Charles, La France avant la France (481-888), éd. Belin, 2010, p.6-7.

(9) Traduction française dans Chiristiane. M.J. KERBOUL-VILHON, »Gildas Le Sage«, Vies et oeuvres, éd. du Pontic, 1997, p.29.

(10) idem, p.32.

(11) id. p.33.

(12) » Les mouvements de populations bretonnes peuvent tout aussi bien être expliqués par les ambitions des peuples du Nord, les Scots - Irlandais et Ecossais «, BUHRER-THIERRY, Geneviève, MERIAUX, Charles, La France avant la France (481-888), éd. Belin, 2010, p.6.

(13) id. p.38.

(14) Comme l'a relevé M. Coumert, l'apparition des dialectes au sein de la langue brittonique s'opère à partir du IXe siècle – Cf. » Tableau 2 : L'histoire des langues brittoniques selon les données récentes ; vieux breton : IXe siècle «, Coumert Magali, » Des lois bretonnes du haut Moyen Âge ? Les Extraits des livres des Romains et des Francs «, dans Britannia Monastica, n° 17, p. 113.

(15) La famille des Rohan prétendait par exemple descendre de Conan Mériadec, cela justifiait » une lignée royale bretonne antérieure à celle des Mérovingiens, des Carolingiens et, à plus forte raison, des Capétiens «, Tourault, Jean-Louis, Les rois de Bretagne IVe-Xe siècles, éd. Perrin, Paris, 2005, p. 27.

(16) Une argumentation plus fine est précisée dans la première partie de l'ouvrage : Gendry, Mickael, De l'Armorique à la Bretagne. Les Bretons et l'Armorique au haut Moyen Âge, Paris, 2016, 410 p.; Article AGP présentation de l'essai historique : AGP : (voir le site) ; Site auteur WordPress De l'Armorique à la Bretagne : (voir le site)

(17) Édition de la Vita secunda : Dom François Plaine (éd.), » Vita antiqua sancti Samsonis «, Analecta Bollandiana 6, 1887, p. 124.

(18) Liber Landavensis, folio 81 v° dans Evans Gwenogvryn J., The Text of the Book of Llan Dâv, reproduced from the Gwysaney Manuscript, Oxford, 1893, p. 181 ; traduction dans Fleuriot Léon, Dictionnaire des gloses en vieux breton, Librairie Klincksieck, 1964, p. 131

(19) » On parlait déjà de nation bretonne 400 ans avant la Révolution ", enquête par Philippe Argouarch (Agence Bretagne Presse), 2 oct. 2014 (voir (voir ABP 35280)).

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