Pour une Bretagne enfin indépendante !

-- Politique --

Chronique de Le Coadic
Porte-parole: Yves-François Le Coadic

Publié le 6/03/19 10:49 -- mis à jour le 06/03/19 10:49

L’association AR FALZ constatant récemment que les fondements structurels de la Bretagne étaient menacés lançait une plateforme revendicative intitulée “Pour une Bretagne enfin majeure!” (voir le site) Pourquoi “majeure”? ( Serait-ce qu’elle est toujours mineure ou sous tutelle?.?

Rappelons qu’une personne majeure est une personne qui a atteint l'âge de la majorité légale qui peut donc prendre son indépendance par rapport à ses parents ou ses tuteurs, pour ses études ou sa vie affective, son logement et c’est une personne qui a le droit de voter. Elle passera sous tutelle, mesure de protection destinée à protéger une personne majeure et/ou son patrimoine, lorsqu’elle ne sera plus capable de garantir elle-même la protection de ses intérêts.

À propos d'un peuple, on dira qu’il est majeur lorsqu’il est capable de se diriger lui-même parce qu'il est parvenu à un degré d'évolution suffisant c’est-à dire lorsqu’il est devenu indépendant . Le peuple breton est-il capable de se diriger lui-même? Force est de constater qu’aujourd’hui, c’est un peuple mineur. Il est loin d’être indépendant étant sous la tutelle d’un autre peuple, le peuple français.

De ce fait, c’est un peuple menacé de disparaître. Comme le souligne la plateforme, c’est “à terme la disparition de la Bretagne, d’une société singulière, d’un peuple original, d’une construction humaine et politique de plus d’un millénaire et demi”. Et il y a urgence à ce qu’elle affirme son identité, qu’elle se dote des moyens propres à élaborer son destin, à construire son projet de vie. En un mot qu’elle redevienne indépendante!

Vous n’y pensez pas! Le mot indépendance est un mot tabou. Il n'apparaît à aucun moment dans cette plateforme, même pas comme un concept comme un autre, à côté d’autonomie, d’auto-détermination. Serait-ce un délit comme le proclame aujourd’hui les Catalans, ce qui vaut à leurs représentants d’être incarcérés depuis plus d’un an et de risquer des années de prison?

Ce serait en France assurément un délit (chez OUEST-FRANCE aussi) (voir le site) . Ce qui conduit les auteurs de cette plateforme a de frileuses propositions, non pas pour la Bretagne mais pour la Région(avec un R majuscule): proposition d’une “nouvelle organisation politique revendiquée”, proposition d’un “statut différencié”.

N’est-ce pas contribuer de la sorte à tuer définitivement la Bretagne? Et peut-on encore parler de peuple breton? Alors qu'en Catalogne, il y a plus de Catalans que d'Espagnols, qu’en Corse, il y a plus de Corses que de Français, qu'en Écosse, il y a presqu'autant d'Écossais que d'Anglais et qu'au Québec presqu'autant de Québécois que de Canadiens, en Bretagne, il y plus de Français (93%) que de Bretons (7%)! Mesuré à l'aune des votations politiques, c'est effectivement les partis nationaux français qui sont les seuls représentants de la minorité bretonne au parlement français. “Ces aventuriers gaulois, ces bâtards étrangers qui ne sont pas plus bretons que n'est colombe la vipère éclose au nid de la colombe” comme les décrivait, déjà en 1847, Théodore Hersart de la Villemarqué. Ce n'est guère mieux au niveau du Conseil de la Région Bretagne. Seuls 3 conseillers sur 83 (4%), se réclament de l'idéologie régionaliste, particulièrement mortifère, qui les cantonne souvent au secteur linguistique.

Hors l'indépendance, point de salut!

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