Les positions bougent autour du transfert de l'aéroport de Nantes-Atlantique

-- Economie --

Dépêche
Par Christian Rogel

Publié le 2/07/13 16:54 -- mis à jour le 00/00/00 00:00

Après une certaine accalmie, car, au cours de l'hiver et du printemps, le temps a été rude pour les opposants illégaux du terrain à Notre-Dame-des-Landes, malgré le succès de fréquentation au festival du 11 mai et la grande chaîne humaine sur un anneau de 20 km, les choses bougent à nouveau autour du projet, très contesté, de transfert de l'aéroport de Nantes.

Le 6 juin, le Conseil général de Loire-Atlantique a voté une rallonge de crédits pour les campagnes de communication du Syndicat mixte chargé de réaliser l'aéroport.

Le 15 juin, le Collectif des élus doutant de la pertinence de l'aéroport (CEDPA) a décidé de quitter la commission du dialogue mise en place à la Préfecture de Loire-Atlantique.

Pour empêcher certains automobilistes de s'y égarer (et d'être importunés par les occupants, disent les gendarmes), le Conseil général de Loire-Atlantique avait voulu barrer physiquement la route départementale 281 (de la Pâquelais à Fay-de-Bretagne) qui est officiellement fermée depuis novembre dernier. Bloquée le 20 juin par des gros blocs de rocher et par des barres de béton de grande taille, elle a été rouverte par les «zadistes», deux jours plus tard, avec l'aide d'engins lourds .

Le 21 juin, le syndicat mixte de réalisation de l'aéroport a décidé d'engager les études sur une branche à construire du tramway qui reliera Nantes à Châteaubriant en février 2014. Cela vise à répondre à une critique sur le fait qu'aucune liaison fixe n'est prévue vers le futur aéroport, mais, il n'y a aucune perspective de financement et, en particulier, aucune de l'État. Bernadette Malgorn, chef de file de l'opposition au Conseil régional de Bretagne, voit dans le marque d'engagement financier de celui-ci pour les lignes à grandes vitesse intérieures à la Bretagne, un parti pris non dit pour une liaison TGV Nantes-Rennes, via le futur aéroport.

Changement de pied du côté des supporters de l'aéroport, dont l'action a toujours été plus discrète, car, appuyée par des couches sociales très différentes de celles qui se mobilisent contre le projet.

L'Association citoyenne pour la réalisation de l'aéroport de Nantes (ACIPRAN), créée en 2003, tombée en sommeil, après la déclaration d'utilité publique de 2008, et ranimée en novembre 2012 pour répondre à la manifestation géante de ce même mois a décidé de changer de nom et de stratégie de communication.

Elle s'appelle maintenant : «Des ailes ouvertes pour l'Ouest». Un logo circulaire bleu avec liseré blanc a été dévoilé et sera diffusé pour être affiché partout où c'est possible en réponse au logo jaune cerclé de rouge de l'Association citoyenne. Il porte un grand Oui et reprend les couleurs des panneaux routiers ayant valeur d'obligation de passer. L'association, nouvelle manière, revendique toujours 2 000 adhérents.

Ouest-France, daté du 2 juillet, répercute les positions favorables à l'aéroport de plusieurs entreprises bretonnes importantes : Verlingue (assurances, Quimper), CERP (distribution de médicaments, Saint-Brieuc), Groupe Beaumanoir (confection, Saint-Malo), La Brioche dorée (Rennes), Ubisoft (jeux vidéo, Carentoir), Jacques Royer (négoce de chaussures en gros, Fougères), Samsic (services aux entreprises, Rennes).

Le président du Club des Trente, influente organisation patronale, Roland Beaumanoir, demande : «Où est la démocratie, quand … des élus de droite et de gauche ont confirmé le projet». Mais, peut-être que moins de gens croient en la démocratie représentative. Les patrons interrogés insistent sur le fait qu'il est pénalisant pour eux de passer par Paris pour aller à l'international et qu'à l'inverse, faire venir des visiteurs étrangers à Rennes est problématique.

L'État, aussi, se remet à communiquer. Le préfet de Loire-Atlantique indique que les études complémentaires sur 12 points soulevés par la commission du dialogue seront remises avant le 14 juillet, mais, plus important, le ministre des transports, Frédéric Cuvillier, annonce par une lettre du 28 juin que l'étude d'un éventuel réaménagement de l'aéroport de Nantes-Atlantique par un nouveau groupe de travail, sur la base de 5, 7 et 9 millions de passagers prévus. Il est précisé qu'il faudra étudier les zones d'exposition au bruit.

Vinci ayant déposé le permis de construire en avril dernier, le préfet avait évoqué, un moment, la possibilité d'un début des travaux après la Toussaint, en commençant par les dessertes routières, mais, ne parle plus maintenant de calendrier.

Anecdotes significatives : un maraîcher boulanger de Pornic a déposé plainte le 24 juin, car il aurait reçu une visite d'intimidation de la part de quelques collègues agriculteurs bio. Par ailleurs, tous les équipements installés pour faire des forages qui permettront d'analyser la zone humides ont été enlevés ou abîmés par les occupants.

La France devra fournir des réponses au Parlement européen concernant les précautions écologiques, mais, la limite vient d'être reportée au mois de septembre.

L'ACIPA (association citoyenne intercommunale des populations concernées par le projet d'aéroport de Notre-Dame-des-Landes) avait cru avoir repéré qu'un partisan de l'aéroport envoie des twits depuis un commissariat de police, place Patissou à Nantes. Renseignements pris : la photo extraite de Google Streetview était ancienne et le commissariat a déménagé depuis quelque temps.

L'ACIPA se consacre à la médiatisation de la grande fête du 3 et 4 août que , les «zadistes» occupants, dont le nombre est estimé à 400 par le préfet, préparent sur place, à Notre-Dame-des-Landes, les 3 et 4 août prochain sur le thème: «Enterrons définitivement le projet».

Christian Rogel

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