Les Etats-Unis garderont le contrôle d'ICANN et donc de l'Internet
enquete de Philippe Argouarch

Publié le 2/07/05 10:42 -- mis à jour le 00/00/00 00:00

[ABP] En 2006, la société ICANN devait passer sous contrôle international. L'administration Bush en a décidé autrement jeudi dernier. Elle gardera le droit de véto sur les modifications du DNS (Domain name server).

ICANN est la société qui gère et contrôle les 13 serveurs roots de l'Internet. Ces 13 serveurs sont essentiels (les racines donc) puisqu’ils gèrent les numéros IP et les domaines et en particulier des types de domaines comme les .com les .org ou les .info. Tous les pays du globe aussi se sont vus attribuer par ICANN un code de deux lettres comme FR ou UK.

Les serveurs roots couplent constamment les numéros IP (l'équivalent de votre numéro de téléphone mais pour votre site Internet) avec des noms de domaines comme monblog.fr. Ils lisent simplement un énorme fichier appelé le root zone file

Les raisons invoquées par le gouvernement américain sont la sécurité et la stabilité d'un système qui fonctionne bien pour le moment. La fameuse loi de Murphy dit: if it is not broken, don't break it (si c'est pas cassé, ne le casse pas), connu aussi sous la forme If anything can go wrong, it will.

En ce qui concerne la sécurité, il est évident que les serveurs roots ne peuvent être localisés que dans des pays stables. Seulement 3 se trouvent à l'extérieur des Etats-Unis. Il est bon de rappeler que la destruction de seulement quelques-uns des 13 serveurs mettrait simplement fin au système.Un système conçu pour survivre une guerre atomique mais pas forcément des attaques terroristes bien ciblées, ni même des révolutions ou des coups d'états.

D'autres verront derrière la décision américaine, des raisons purement stratégiques vue l'importance extraordinaire qu'a pris au fil des ans le projet ARPA (à l'origine de l'Internet). ARPA lui-même fut financé par le gouvernement américain via le Défense Départment. Les USA ont joué un rôle historique indéniable dans la création de l'Internet et ont donc l'intention de continuer ce rôle moteur.

Cette décision ne plait pas à tout le monde. Le journal International Herald Tribune du 2/7/06 révèle même que des internets altenatifs seraient une conséquence lointaine mais possible. Il suffirait qu'un pays crée son propre fichier root. De quoi s'alarmer en effet.

La décision du Commerce department est postée officiellement dans un document publié sur le site Internet du NTIA (National Telecommunications and Information Administration), (voir le site) 302005.htm

Philippe Argouarch

Philippe Argouarch


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Philippe Argouarch est un reporter multi-média ABP pour la Cornouaille. Il a lancé ABP en octobre 2003. Auparavant, il a été le webmaster de l'International Herald Tribune à Paris et avant ça, un des trois webmasters de la Wells Fargo Bank à San Francisco. Il a aussi travaillé dans des start-up et dans un laboratoire de recherche de l'université de Stanford.
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