Le premier ministre gallois s’intéresse au breton
Dépêche de Eurolang

Publié le 21/01/04 16:49 -- mis à jour le 00/00/00 00:00

by Yann Rivallain

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Lors d’un déplacement officiel de deux jours en Bretagne, Rhodri Morgan, le premier ministre du pays de Galles a rendu visite à l’Office de la langue bretonne, à Rennes.

La venue du ministre gallois fait suite au voyage officiel du Président de la région Bretagne, Josselin de Rohan, au pays de Galles, en 2003. A Rennes, les deux hommes ont signé une convention de coopération entre les deux pays qui porte sur plusieurs domaines, parmi lesquels l’économie, le tourisme, l’enseignement, les échanges de jeunes et les télécommunications. La coopération en matière de langue et de culture figure aussi au menu du programme de coopération.

Lors de la visite de son « homologue » gallois, M. De Rohan a expliqué que le pays de Galles était un exemple à suivre pour la Bretagne, y compris sur le plan de la langue. Guidé par le président breton, Rhodri Morgan a été reçu au bureau de Rennes de l’Office de la langue bretonne.

« Le fait que nous figurions sur le programme officiel de visite est un élément très important pour nous, estime Olier ar Mogn, directeur d’Ofis ar brezhoneg. Cela renforce le statut de l’office et montre surtout que le langue bretonne fait désormais partie des questions importantes. Nous ne pouvons que nous en réjouir.»

Rhodri Morgan, ministre travailliste, est le premier responsable étranger à visiter l’office de manière officielle depuis sa création, il y a cinq ans. Lors de son entretien de quarante-cinq minutes avec l’équipe de Rennes, il a pris connaissance de la situation du breton et des activités d’Ofis ar brezhoneg. Lena Louarn, sa présidente a expliqué au représentant du peuple gallois que le nombre de locuteurs de breton continuait à décliner fortement et que la langue connaissait de sérieuses difficultés dans plusieurs domaines, parmi lesquels l’enseignement.

« Nous avons expliqué que notre objectif principal était d’enrayer le déclin du nombre de bretonnants » témoigne Olier ar Mogn. Il a également saisi cette opportunité pour faire part du souhait de l’office de participer au réseau européen des agences de planification linguistique récemment mis en place par le Welsh language board, son équivalent gallois. « Après cinq ans d’existence, l’Office est désormais prête à se tourner vers l’extérieur et jouer dans la cour des grands en matière de coopération internationale sur la question des langues minoritaires.»

Parmi les propositions concrètes faites aux responsables bretons et gallois, l’Office a émis le souhait de tenir un stand sur la langue bretonne au prochain Eisteddfod, le rassemblement annuel de la culture galloise. « Nous avons aussi exprimé au premier ministre notre intérêt pour le travail du Welsh language board en matière de communication et de promotion de la langue et du bilinguisme. Jusqu’ici, nous n’avons fait qu’échanger des informations, nous devons aller plus loin. Nous comptons par exemple travailler étroitement avec les Gallois en matière de recherche terminologique et publier des ouvrages en quatre langues, gallois, breton, anglais et français ». Au cours de la visite, Josselin de Rohan a également déclaré que les moyens financiers limités d’Ofis ar brezhoneg ne lui permettaient pas de remplir toutes ses missions.

Pour certains, bien que chargée de sens, la visite de l’Office de la langue bretonne était aussi un moyen d’éviter de croiser le chemin des défenseurs de la langue qui dénoncent les difficultés rencontrées dans l’enseignement et la place très réduite du breton dans les médias. Une délégation du Conseil culturel de Bretagne n’a pas été en mesure de rencontrer le premier ministre gallois.

Un détail qui n’en est pas un n’aura en tout cas pas échappé au public assistant à la signature de la convention de coopération : les deux élus ont apposé leurs noms sur trois exemplaires du texte, l’un en gallois, l’autre en anglais et le dernier en français. Questionné sur le fait qu’un texte évoquant la coopération linguistique ne soit pas aussi présenté en breton, le président de région, embarrassé, a répondu que « cela aurait été illégal selon la loi française ».

Une indication supplémentaire des efforts qui restent à fournir pour combler le fossé qui sépare le breton et le gallois, deux langues sœurs aux statuts bien éloignés.


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