Pont Aven, du breton au musée ? " On n'y avait pas pensé "

Laetitia Gaudin ha Benoît Belec
Laetitia Gaudin ha Benoît Belec

Entretien surprenant avec des responsables du musée de Pont-Aven ce matin, qui s'est conclu par l'engagement du directeur général des services de Concarneau Cornouaille Aglo que des flyers en breton, une signalétique et des audioguides seraient mis en place "courant 2016".

Ils étaient venus avec les enfants, les élèves des cours de breton, les personnes des cours de breton, pour dire simplement leur étonnement de ne voir dans la signalétique du beau musée flambant neuf de Pont Aven aucune présence de la langue bretonne. Dans la ville de Théodore Botrel où la frontière est souvent ténue entre identité et folklore, les concepteurs de ce bel outil de diffusion culturelle ont tout simplement zappé, qu'en plus de la traduction en anglais, on pouvait ajouter une ligne en breton, langue parlée par tous les sujets de Gauguin ou des artistes de l'école de Pont Aven et par 200 000 personnes aujourd'hui en Bretagne, qui sont pour la plupart, très conscients de leurs droits culturels et linguistiques.

Donc acte, et engagement des parties concernées. Pour la signature de la charte il faudra attendre la réunion des 45 élus de la communauté d'agglomération, ce qui va sûrement prendre du temps, d'autant plus qu'à ce jour, trois communes seulement ont signé la charte Ya d'ar brezhoneg.

La réunion, puis le point presse : Laetita Baudin, élue chargée de la culture à Concarneau et à la Communauté d'agglo, et Benoît Belec, se sont engagés devant caméra et journalistes de radio. Dans l'année, des flyers et des audioguides en breton seront mis à disposition des visiteurs. La signalétique devrait suivre. Les deux responsables étaient étonnés de voir que les "militants" et les journalistes parlaient breton entre eux. Et par contre, ils ont tout de suite approuvé quand ces derniers ont dit "nous reviendrons vous voir, pour continuer à travailler avec vous...". "On peut rattraper les choses",ont-ils dit. Alors, rattrapons vite...

©agence bretagne presse

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Auteur de l'article :

Fanny Chauffin

Docteure en Breton-Celtique à l'Université de Rennes 2 et au groupe Ermine-CRBC, enseignante au lycée Diwan. Autres sites : Tv bro Kemperle et Tvlise Diwan Karaez. Contributrice à l'ABP depuis 2005 : des centaines d'articles, des centaines de vidéos en français, comme en breton.

Vos commentaires :

Lucien Le Mahre
Mercredi 27 avril 2016

Vous voyez : il suffit de demander gentiment !

Espérons que pour rattraper un deuxième oubli, la responsable culturelle de Concarneau fasse revoir la grande carte bretagnoïde apposée sur l'église de la Ville Close, en y faisant ajouter le département nécessaire pour figurer la Bretagne.

Je n'ai pas besoin de préciser lequel.

bernez jestin
Mercredi 27 avril 2016

Pour tous ces chantiers, agissons EN AMONT ! Il ne sert à rien de se plaindre une fois que le mal est fait. Ecrivons, téléphonons aux élus, responsables, EN AMONT.

Naon-e-dad
Jeudi 28 avril 2016

La langue bretonne a ceci de commun avec la peinture qu'elle offre une autre et belle façon de voir le monde.

Brezhoneg ha livadur a zo c'hoar ha breur dreist-holl e bro bPontaven.

Jacques
Jeudi 28 avril 2016

Faut pas se tromper.

Dans la République, la langue bretonne a vocation à disparaître au nom de l'unité nationale (une nation inexistante et décrétée par l'Etat selon ses critères).

Faire croire que cela n'est pas le cas, ou que cela peut changer, n'engage que ceux qui y croient!

(La non ratification de la Charte, et surtout le fait que cette improbable ratification ne concerne que 1/3 des articles, est suffisamment parlant!)

Quand vous êtes employé de l'Etat, d'une ville, un élu, etc... les "valeurs de la République" font qu'il est de bon ton de se conformer et de déconsidérer la langue bretonne mais aussi la Bretagne...!

Combien de Maires britophones aimant sincèrement parler breton ne font strictement rien dans leur ville...!

On en connait tous...!

Ce n'est pas que nos élus où responsables de musée soient des fanatiques de la République, c'est juste qu'ils savent que bannir la Bretagne est le meilleur moyen de ne pas se faire réprimander...!

Et la présence de la langue bretonne et la carte B5 (surtout avec la frontière de l'est dessinée correctement) fait parti des choses à éviter à tout prix, sauf consigne contraire venant d'en haut!

S'ils agissent autrement, ils sont immédiatement étiquetés comme "communautariste" ou "anti-républicain"... Pour sa carrière ou pour être financé quand on est membre d'un parti politique jacobin, il y a mieux comme qualificatif à avoir dans son dossier...!.

Si ces même personnes travaillaient en Suède en territoire lapon, ils auraient la même spontanéité "à ne pas oublier" de mettre la langue laponne et à dessiner le territoire lapon de manière correcte!

Mais, le mouvement breton est lui aussi fautif.

De telles pratiques sont une violation grave des droits de l'homme et de l'enfant, or l'Emsav ne le présente jamais ainsi...!

Nos sommes particulièrement flexible vis à vis des droits de l'enfant quand cet enfant est un breton!

(Suffit de voir combien de militants bretons ont leur carte au Parti Socialiste... c'est édifiant!)

Par contre, là aussi, ces mêmes personnes (militants bretons cette fois) invoqueraient immédiatement la violation des Droits de l'homme et de l'enfant, s'il s’agissait de populations autres que bretonne (laponne, berbère, indien d'Amériques, kurde, basque, corse, etc...)

Le but n'est pas de stigmatiser nos responsables de musée ou nos élus, mais bien de mettre le "mot exact" (prévu par l'ONU) pour décrire ces actes vis à vis de la Bretagne et des Bretons!

Mais avant que l'Emsav assume le fait d’appeler un chat un chat, l'eau va encore couler sous les ponts, et les oublis "raisonnables" et "compréhensibles" seront toujours la norme dans les années à venir!

Paul Chérel
Jeudi 28 avril 2016

@jacques. Très bien vu. Et que le fantômatique EMSAV en prenne de la graine ! Quant à "l'oubli" du musée, il prouve l'obédience de tous ces élus, de tous ces présidents d'organisations en quête perpétuelle de subventions, de tous ces "machins" plus ou moins administratifs, à l'égard d'un pouvoir qui les méprise sauf de leur "refiler " des responsabilités sans leur donner les moyens de les assumer. Paul Chérel

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