-- La réunification --

Patrick Mareschal : Comment peut-on être Breton ? Et surtout pourquoi l'être ?

Patrick Mareschal, nouvel Herminé en 2015, parlant de réunification.
Patrick Mareschal, nouvel Herminé en 2015, parlant de réunification.

Ancien président du Conseil général de Loire-Atlantique, père du gwenn ha du sur le fronton de cet Hôtel du Département, Patrick Mareschal, a été Herminé par l'Institut Culturel de Bretagne : (voir le site) .

Farouche défenseur de la réunification de la Bretagne, il s'est amusé, dans son discours de remerciements, à ressortir un discours fait en 2001 devant les élus de la municipalité nantaise. Toujours d'actualité.

Très touché de cette haute distinction pour l'ensemble de son action en faveur de la Bretagne (voir notre article), Patrick Mareschal rappelle d'entrée de jeu «[m]on combat ininterrompu de plus de quarante ans pour la Bretagne et en particulier pour son intégrité territoriale ». Afin de nous « expliquer le sens profond de cet engagement, et [mes] propositions pour sortir de l'inacceptable situation actuelle », il nous lit les principaux extraits d'un texte communiqué devant les élus municipaux de Nantes en 2001 (vidéo prochainement en ligne).

L'oeil du statisticien

Dans le reportage préliminaire, Patrick Mareschal a séduit l'auditoire, en disant que le centralisme parisien avait appauvri la France. En tant que statisticien, il a pu mesurer combien les cinq départements bretons avaient un destin commun, que la Loire-Atlantique était plus proche des quatre autres, alors qu'elle est bien éloignée des autres départements des Pays de Loire. C'est toutefois le livre de Morvan Lebesque, « qui a réveillé des choses en moi. L'interrogation “Comment peut-on être Breton”, bien sûr, mais aussi son sous-titre “Essai sur la démocratie française”. Le musée Dobrée, dont l'inscription sur la Tour des Irlandais a contribué aussi à ma réflexion : “Ann dianaf a rog ac'hanoun” (“L'inconnu me dévore”) ». (voir notre article) mais aussi (voir notre article).

Une carte des régions redessinée dans des conditions déplorables

« La Bretagne doit avoir une marge de décision plus importante. Se positionner, ce n'est pas par rapport à Paris, mais par rapport au monde ». Les choses sont dites, la région Bretagne doit avoir une autonomie plus importante. Mais aussi, et ce n'est pas une surprise : « la carte des régions a été redessinée dans des conditions déplorables. La déception est grande ; il faut continuer à se battre. Grande est la capacité d'imagination des Bretons en Bretagne ».

La Bretagne historique : une cohérence (la mer), une identité culturelle, et une visibilité internationale

« En effet, parmi les trois hypothèses envisageables, maintien d'un statu quo, mais peu de voix se lèvent pour défendre la pertinence des Pays de la Loire (c'est peut-être un peu moins aujourd'hui qu'en 2001), une région Grand ouest mais les instances patronales ou consulaires n'y croient guère, ou une Bretagne historique avec coopérations interrégionales organisées. Cette option va dans le sens des aspirations profondes des groupes humains et de la diversité face au mouvement de la mondialisation. Elle porte en elle les avantages d'une forte cohérence géographique (la mer), d'une vraie identité culturelle, et d'une visibilité internationale ».

Patrick Mareschal a ensuite répondu à quelques-unes de nos questions.

Les élus municipaux des grandes villes dans une logique de solidarité de parti

ABP - Patrick Mareschal, vous insistiez dans votre discours de 2001 sur des initiatives cohérentes, dans des territoires bien identifiés, en prenant pour exemple l'association Produit en Bretagne (voir le site) . Outre ce dynamisme culturel et économique, que faut-il d'autre pour obtenir la réunification de la Bretagne ?

Patrick Mareschal – Ce dynamisme n'est pas que culturel. Il est associé à un territoire bien identifié. C'est important. Les acteurs sont motivés, par conviction et parce qu'il existe un fort tissu associatif. Notre problème vient de la classe politique parisienne. C'est une caste (les énarques) qui se reproduit elle-même, et qui a une ignorance totale de ce qui se passe. En France, elle a pénétré les élus. En Loire-Atlantique, il faut noter que chez les députés et les sénateurs, ce n'est pas le cas.

ABP – Et chez les élus municipaux des grandes villes bretonnes ?

PM – Les élus municipaux ne sont pas atteints non plus, mais ils sont dans une logique de solidarité de parti.

ABP – Un de vos gestes forts, en tant que président du Conseil général de Loire-Atlantique, fut de pavoiser le gwenn ha du devant le Conseil général. Johanna Rolland (maire de Nantes) devrait-elle faire de même, elle qui s'y était engagée par écrit (voir notre article) ?

PM – Le pavoisement du gwenn ha du ne doit pas être un alibi. Jean-Marc Ayrault, à l'époque, en avait fait mettre un place du Cirque (au pied de la tour Bretagne), à la suite de celui du Conseil général. Il est surprenant et par ailleurs intéressant de noter la place de Nantes dans la région administrative. Le maire de Nantes a un positionnement politique fort, bien plus fort que celui du président du Conseil régional. C'était la vision de Jean-Marc Ayrault. Une ville et une agglomération fortes. En revanche, en Bretagne administrative, c'est l'inverse. C'est le président de l'exécutif régional qui a un poids plus important que les deux principaux élus municipaux.

ABP – En Loire-Atlantique, une seule liste pro-réunification est en cours de constitution. Sa tête de liste est Gilles Denigot ; elle est soutenue par Breizhistance, le Mouvement Bretagne et Progrès, le Parti Breton et l'UDB. Pourriez-vous voter pour elle ?

PM - Je pourrais vous répondre qu'il existe le secret de l'isoloir (rires). Je pense qu'il ne faut pas oublier qu'il y a une gauche et qu'il y a une droite. Dans cette liste, on trouve les deux. Il faut savoir se positionner.

ABP – En Bretagne administrative, l'union ne s'est pas faite, et plusieurs listes pro-bretonnes vont concourir. Que cela vous inspire-t-il ?

PM – C'est le jeu démocratique. Ensuite, il faudra savoir qui s'allie avec qui. Je doute toutefois de leur capacité lourde d'influencer ensuite la ligne d'une liste majoritaire.

ABP – Des pronostics sur ces élections régionales dans les deux régions administratives ?

PM – Pas de commentaires(rires).

ABP – Patrick Mareschal, porterez-vous votre collier de l'Hermine lorsque vous rencontrerez la prochaine fois Johanna Rolland ?

PM – Je suis très fier de porter ce collier. Toutefois, je ne suis pas un fétichiste.

Notes :

Patrick Mareschal, ancien de la DATAR, fut directeur de l'Observatoire Economique de l'Ouest (service de l'INSEE). Membre du PS, il est élu conseiller général à Nantes de 1985 à 2011, président du Conseil général de 2004 à 2011. Il est créateur et premier président du CUAB (Comité pour l'Union Administrative de la Bretagne, aujourd'hui Bretagne Réunie (voir le site) ). Il est aujourd'hui président du Conseil de développement de Loire-Atlantique.

Document PDF discours_mareschal_hermines_19_09_2015.pdf . Source : Patrick Mareschal
Voir aussi :
©agence bretagne presse

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Vos commentaires :

Luigi Barsagli
Lundi 21 septembre 2015

J'ai lu les propos de M. Mareschal, et à la sortie, il n'en sort strictement rien.

Monsieur Mareschal avait proposé un voeu pour une réunification "élargie aux départements voisins qui le souhaiteraient" en 2001, voeu adopté par le Conseil Général 44 (majorité de droite à l'époque) à une quasi unanimité.

Une fois la majorité du département à gauche, 0 vote, rien. Le président du CG44 a lancé une pétition pour la fusion PdlL/B4 uniquement lorsqu'une grande Région Val de Loire ou une fusion avec Poitou-Charentes avait été évoqué, pétition sans consultation des élus départementaux, et cela s'est arrêté là. Aucun débat, rien.

La réunification, la Bretagne en 44 n'est ressortie du chapeau que quand les socialistes sont en difficulté. Ils n'ont pas la moindre envie de la réaliser, et tous les actes institutionnels le montre. Le Gwenn-ha-du peut être démonté lui du jour au lendemain.

Yann le Bleiz
Lundi 21 septembre 2015

Exact, on pourrait attendre un peu plus de conviction de la part d'une personne recevant le collier de l'Hermine. (erreur de casting?)

"Il y a une gauche, il y a une droite..." le monde selon Saint-Socialiste! Où le verset du "Diviser pour exister"!

M. Mareschal n'est pas fétichiste pour porter le "Collier de l'Hermine"...

A bon? Et n'est-ce pas une "Légion d'honneur" que l'on voit sur sa veste?

Monsieur Mareschal nous donne l'image d'une personne "faute de mieux" et les "faute de mieux" ce n'est certainement pas ce que la Bretagne ni la nation bretonne attendent pour voir la Démocratie s'installer chez nous!

On aurait fait mieux de donner, ce Collier à Christian Guillemot qui a créé 3000 emplois en Bretagne et 15000 dans le monde, et qui visiblement aimerait en créer plus dans son pays si la Bretagne n'avait pas la difficulté de vivre sous la gouvernance administrative française!

iffig cochevelou
Mardi 22 septembre 2015

Pour un herminé : très langue de bois, Patrick Maréchal

c'est difficile de sortir de sa carapace PS !

Luigi Barsagli
Mardi 22 septembre 2015

Plus j'y pense, plus je trouve qu'il fallait vraiment oser cette remise dans le contexte actuel !! Le PS a maintenu une Bretagne divisée alors qu'il a les plein pouvoirs et qu'il a fait passer le nombre de régions de 21 à 12.

Les Régionales approchent, enfumage à l'horizon. On a compris pour qui roule ceux qui décernent ce collier de nouilles.

Lucien Le mahre
Mercredi 23 septembre 2015

Certes Patrick Maréchal s'est toujours prononcé pour la Réunification.

Mais en tant que créateur et premier Président du " Comité pour l'Union Administrative de la Bretagne", ancêtre de "Bretagne Réunie" on aurait aimé savoir ce qu'il pense des suites données à ce projet une fois son Parti au pouvoir. C'est-à-dire ni plus ni moins qu'un sabordage en règle, sans excuse alors qu'on possède tous les pouvoirs et que, circonstance aggravante, il y a plus de ministres bretons au gouvernement qu'il n'y en a jamais eu...

Quand on ajoute à cela qu'outre la quasi totalité des députés PS, les maires des grandes villes PS bretonnes : Rennes, Nantes, Brest et les autres - normalement élus pour gérer leur cité et non comme Moïse pour guider leurs mandants hors d'Egypte - sont montés aux créneaux contre la Réunification, on est en droit d'en nourrir quelque amertume et d'en tirer quelques métaphores adaptées.

"Opération Titanic", c'est assez parlant, concernant cette édifiante entreprise ?

Et pourtant, il semblerait que les nécessités poussent certains à passer l'éponge sur ces malencontreuses mais somme toute négligeables opérations à peine inamicales.

En fait c'est plus de "home-rule" ou plus d'assimilation. Au choix du candidat.

Et s'il faut bien entendu souligner la brillante stratégie des détenteurs actuels du pouvoir, on n'oubliera pas que leurs challengers Républicains n'ont rien fait précédemment de bien remarquable, à part inscrire - enfin ! - le droit universel élémentaire de chacun à sa langue originelle en 75è place je crois dans la Constitution Française. Et en gros on en est resté là...

- Bravo quand même pour la diligence ! Si, si, on insiste !...

- Euh, ne nous remerciez pas : toujours sec sur la balle en ce qui nous concerne ! Du reste, les Droits de l'Homme et du Citoyen : une spécialité chez nous, c'est bien connu !

Et sur le plan régional, le paradoxe croquignolet de présenter comme tête de liste une ex-préfète dont la carrière fut par définition vouée tout entière au centralisme jacobin ! C'est dire si en matière de "dévolution" les esprits sont à maturité et la relève aux avant-postes pour nous forger un bel avenir !

PIERRE CAMARET
Mercredi 23 septembre 2015

iffig cochevelou. Tres , tres bien , je partage votre esprit.

Jesus aurait dit ( je suis protestant ) il y a plusieurs demeures dans la maison de mon Pere .

Il y a plusieurs Bretagne , a chacun la sienne .

La mienne est apolitique : C'est la Bretagne depuis Fougeres a Clisson ; C'est Anne de Bretagne , c'est Nominoe , c'est le Combat des Trente , plus recemment c'est Conlie etc...

Bretagne : il y a une Droite , il y a une Gauche ?????? Kesequese??? moi , pas comprendre.Il y a une Bretagne , terre de mes ancetres avec ses cotes positifs , ses cotes negatifs .. mais c'est ma Bretagne .

PIERRE CAMARET
Vendredi 25 septembre 2015

Mr Patrick MARESCHAL est un "has been "mot cruel et plein de sens. Il raisonne a l'ancienne . Nous lui devons un certain respect ....... c'est tout .

C'est un homme de Gauche , pas un Breton 2015 .

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