Jérôme Kerviel : le procès du Breton le plus célèbre au monde
Dépêche de Ronan Le Flécher

Publié le 8/06/10 7:35 -- mis à jour le 00/00/00 00:00

Le procès de l'ancien trader Jérôme Kerviel s'est ouvert le 8 juin au tribunal correctionnel de Paris. Accusé d'avoir fait perdre près de 5 milliards d'euros à la Société Générale, le Breton risque cinq ans de prison et d'énormes dommages et intérêts. Itinéraire d'un gars de Pont l'Abbé désormais connu comme le loup blanc.

C'est à Pont l'Abbé que commence d'ailleurs le livre témoignage de Jérôme Kerviel (L'engrenage : mémoires d'un trader, éd. Flammarion). Un Noël et une fin de l'année en famille, auprès de sa mère, avec son frère Olivier mais sans son père disparu un an et demi plus tôt à l'âge de 71 ans. " À ma formidable maman si forte et si aimante, à mon père dont la mémoire ne me quitte jamais ", conclut Jérôme Kerviel dans les remerciements de son ouvrage.

Toutes nos newsletters et tous nos agrégateurs sont gratuits ! Abonnez-vous ! (voir le site)

Ce fils d'un enseignant et d'une patronne d'un salon de coiffure naît et grandit en Pays Bigouden. À l'issue de son Bac ES au lycée Laënnec, il étudie à Quimper puis à l'IUP de Nantes d'où il sort avec une maîtrise en finances. En 1999, il quitte la Bretagne pour suivre un 3e cycle à l'Université de Lyon. Ce diplôme en poche, il rejoint la Société Générale durant l'été 2000 et devient cinq ans plus tard trader junior. Début 2007, il intègre une nouvelle salle de marchés dans l'une des deux tours du siège de La Défense. Même rythme frénétique. Il prend ses premières grosses positions à la vente. D'abord les gains, les positions spéculatives énormes et le début de la fin.

Ce 24 décembre 2007, le trader a pris le train pour se rendre en Bretagne. Loin de la salle des marchés de la SoGé et du " plaisir de rapporter toujours plus à la banque ". "Bravo, tu as été une bonne gagneuse aujourd'hui ", lui adressent à l'occasion ses chefs reconnaissance. Son existence est entièrement construite autour de son métier et de la Société Générale : " Comme tous les autres traders, j'étais devenu un être privé d'identité propre, un numéro parmi d'autres au milieu de la foule qui grouillait dans le quartier de La Défense comme dans les couloirs de la Société Générale ".

Dans " L'Engrenage ", Jérome Kerviel livre sa part de vérité : " Je ne suis qu'un homme qui a commis des erreurs au sein d'une banque qui les a longtemps admises, parce qu'elle en tirait profit ".

Voir aussi :

mailbox
imprimer
Cet article a fait l'objet de 1686 lectures.
Vos 1 commentaires
  Gilbert Josse
  le Mardi 31 août 2010 23:27
Que l'on se rassure. La Société Générale a rapidement récupéré "son" argent. Le bal continue... Souhaitons que ce procès étale au grand jour le grand casino qu'est le système bancaire d'aujourd'hui...
(0) 
ANTI-SPAM : Combien font 8 multiplié par 3 ?
Cet espace est un lieu de débat. Les attaques personnelles ne sont pas autorisées. Le trolling est interdit. Les lois contre le racisme, le sexisme, et la diffamation doivent être respectées. Les pseudos sont tolérés mais ne sont pas encouragés.
MERCI DE RESPECTER LA LANGUE DE L'AUTEUR de l'article et donc des lecteurs. Les articles écrits en français doivent être commentés en français, les articles écrits en breton doivent être commentés en breton. Cacophonie ? Merci de ne pas mélanger les langues dans le même commentaire, sauf pour la traduction intégrale du commentaire.