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- Communiqué de presse -
Europe : le temps des paradoxes
Ce 3 octobre doivent débuter officiellement les négociations en vue de l’entrée de la Turquie dans l’Union Européenne. Le Président de la République Française a plusieurs fois rappelé son attachement au respect de ce calendrier, ainsi d’ailleurs que son souhait de voir la Turquie intégrer l’Union. Dans
Gérard Olliéric pour Parti breton le 3/10/05 10:44

Ce 3 octobre doivent débuter officiellement les négociations en vue de l’entrée de la Turquie dans l’Union Européenne. Le Président de la République Française a plusieurs fois rappelé son attachement au respect de ce calendrier, ainsi d’ailleurs que son souhait de voir la Turquie intégrer l’Union. Dans le même temps, l’Union Européenne envisage de différer d’un an l’entrée de la Roumanie et de la Bulgarie. Certains engagements auraient-ils plus de valeurs que d’autres ? Moins de six mois après le séisme du référendum sur la Constitution Européenne, ces paradoxes ont de quoi nous inquiéter.

Car après le naufrage de la Constitution, ce n’est ni de rafistolage ni de continuité dans l’erreur dont le projet européen a besoin. C’est d’être refondé, à partir de trois idées forces :

l’Europe doit définir ses frontières. Les projets humains ont besoin de connaître les limites de leur territoire d’application. Refuser de définir l’Europe en termes de territoire, vouloir en faire un “assemblage à frontière floues” sur la simple base de valeurs et d’idéaux démocratiques serait la condamner à n’être qu’une “mini-Société des Nations (SDN)”. Or, s’il est évident que la Roumanie ou la Bulgarie, comme d’ailleurs les Balkans, se situent à l'intérieur de ces frontières, le moins que l’on puisse dire est que le cas de la Turquie est plus incertain, d’un triple point de vue géographique, historique et culturel. Comment alors s’en tenir à un calendrier de négociation alors que la population européenne n’a même pas été consultée sur l’opportunité de telles négociations ? Après le camouflet infligé aux dirigeants actuel de l’Union Européenne sur la Constitution, la règle élémentaire de la Démocratie serait d’organiser un référendum européen non à l’issue des négociations, mais dès maintenant pour savoir dans quel esprit les mener : perspective d’adhésion ou plutôt contrat de partenariat privilégié ? Une Europe aux limites indéterminées et insaisissables, ou une Europe installée dans son cadre historique et géographique, établissant des rapports harmonieux avec ses voisins ?

L’Europe doit se doter des instruments de la Démocratie. Au-delà de la peur savamment orchestrée par certains, c’est l’urgence de démocratie qui est exprimée par le résultat du référendum du printemps. Y répondre suppose d’instaurer un équilibre d’une part entre un exécutif et un législatif réels, d’autre part entre une représentation directe des citoyens en tant qu’individus et une représentation des structures collectives — Nations et Régions — qu’ils se sont donnés. Toutes les démocraties modernes reposent sur un “bicamérisme” de ce type. Ce n’est pas aujourd’hui le cas de l’Union Européenne. Il est nécessaire de s’y atteler.

L’Europe doit maintenant s’élargir vers l’intérieur plus que vers l’extérieur. Une fois ses frontières extérieures définies et lisibles, l’Union Européenne doit regarder comment réparer les séquelles des marchandages et des guerres du passé. Ce que les Pays Baltes ont fait en recouvrant leur indépendance tout en intégrant l’Union, la Bretagne, la Corse, la Catalogne, l'Écosse, le Pays de Galles, le Pays Basque … doivent pouvoir le faire dans les années à venir. Si les critères exigés pour l’adhésion des derniers membres de l’Union avaient été appliqués à ses membres fondateurs, en particulier en termes de respects des cultures minoritaires présentes sur leurs états, la France aurait été recalée ! C’est là encore un paradoxe auquel il faut mettre fin.

Il est urgent à nos yeux que les Bretonnes et les Bretons se posent la question suivante : allons-nous continuer à faire confiance à un tiers ayant perdu toute crédibilité pour nous représenter dans le chantier de l’Europe ? Si les Bretonnes et les Bretons veulent être des acteurs de la construction de l’Europe et non ses victimes, ils n’ont d’autre choix que celui d’agir simultanément pour doter la Bretagne de vraies institutions démocratiques qui prendront toute leur part dans le débat et pour approfondir le projet européen sur des bases géographiques et institutionnelles claires et lisibles.

pour le Parti Breton,

le président exécutif,

Jakez Arnol-Stéphan

Le Parti Breton a pour but de rassembler, d'unir et d'organiser tous les bretons et amis de la Bretagne décidés à réveiller la conscience nationale du Peuple Breton afin que celui-ci se dote enfin des structures politiques, économiques, sociales et culturelles lui permettant d'assurer en tant qu'entité internationalement reconnue, son avenir et son épanouissement dans le cadre d'une Europe des Peuples et de la Solidarité
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