Avec les Couleurs de la Vie, Lorraine Fouchet, la plus Groisillonne des Parisiennes a encore frappé
Présentation de livre de Didier Lefebvre

Publié le 2/04/17 20:20 -- mis à jour le 00/00/00 00:00

Lire un roman qui se passe majoritairement à Antibes, quel intérêt, pour un vieux correspondant presse breton comme moi ?

Ici, l’action se passe principalement à Antibes, mais Kim, l’héroïne, comme on dit dans les romans, est une Groisillonne divroet (expatriée) volontaire mais provisoirement.

Les Couleurs de la Vie (1) commence effectivement à Groix, et elle la retrouvera, son île, à la fin. Rassurez-vous.

D’ailleurs Lorraine, elle non plus, elle ne peut s’en passer, de Groix (voir plus loin).

Toutes nos newsletters et tous nos agrégateurs sont gratuits ! Abonnez-vous ! (voir le site)

Un mois sans Tchumpôt

Ici, Kim décide de quitter son île, suite au départ vers le monde de l’Au-delà de sa grand-mère. Départ préparé, mais éminemment douloureux pour Kim. Elle se sépare alors de son chat Gwenadu, dont étonnamment description n’est pas faite de sa couleur. Elle se passera de Tchumpôt durant au moins un mois. Et va vers la Riviera française. Là, un nouvel univers s'ouvre, et le roman commence, d’une plume tellement légère, aérienne, goélanesque (voir plus bas la page 4 de couverture pour l’intrigue). Mais il nous enveloppe. C’est un roman du soir, à lire sous la couette.

Le côté séduisant de ce roman, c’est la plume de Lorraine. Légère, elle l’est assurément, avec des bons mots en permanence. Ces bons mots vous font sourire, mais peuvent aussi vous faire rire. Mais cette légèreté, ce détachement ne sont qu’apparents.

Une description tendre et indirecte de la solitude

Ce que j’aime, dans les romans de Lorraine Fouchet, particulièrement celui-ci, c’est la puissance des liens familiaux et de l’amitié qu’elle développe. La description de la souffrance de la solitude, du rejet des parents ou des enfants, la description de la nécessité de paraître digne, être quand on a été, ou plutôt paraître quand on fut (et qu’on n'est plus ?), la description de l’amitié discrète, mais sincère.

Qui est ce fils attentionné pour sa mère ? Est-ce son fils ? Est-ce sa mère ? Quelle complicité les unit ? Si complicité il y a. Qui est ce petit Champenois, rejeté par sa mère, à cause de sa rousseur, celle de son père, alors qu’il fait tout pour créer des liens d’amour avec sa mère ?

Nous craquons à l’apparition de cette merveilleuse chanson de Reggiani, sûrement ma préférée de cet artiste, chanteur mais aussi peintre (heureux les quelques détenteurs de ces toiles), L’Absence.

Que de sentiments forts parcourent les pages de ce livre, qui, rassurez-vous, est optimiste. Dans un tout est bien qui finit bien, les Azuréens couleront des fins de jours heureux, et les amoureux de Groix vivront auront leur nid d’amour, écoutant Gilles Servat (3).

Groix, une île toujours présente

Ce n’est pas par hasard que j’ai lu Les Couleurs de la Vie. Lorraine Fouchet ne m’est pas une inconnue, ni à vous, lecteurs assidus d’ABP. Dans Entre Ciel et Lou (4), Lorraine nous décrivait l’Île de Groix avec amour et une profonde chaleur, dans un roman déjà tendre mais déroutant ( voir l'article ).

Plus tôt, en 2012, dans Couleur Champagne (5), elle réalisa un hymne grandiose à son aïeul Eugène Mercier, créateur de la maison de champagne éponyme. Elle y réussit l’exploit de faire intervenir un fier marin groisillon. Quand je dis fier, je devrais dire, breton. Tout court. Droit. Au destin cruel qui fut en fait le déclencheur de l’intrigue dans cette biographie romancée et pétillante.

L'auteur

Lorraine Fouchet (voir le site) est fille du gaulliste Christian Fouchet, ministre de l'Intérieur sous Pompidou d'avril 1967 au 31 mai 1968 (durant donc les événements de mai 1968). Elle est ancienne médecin urgentiste au SAMU et à SOS médecins.

Elle est également arrière-arrière petite-fille de Eugène Mercier, fondateur de la maison de champagne éponyme. Elle fait d'ailleurs référence d'une façon très prononcée au champagne de son trisaïeul.

Elle vit entre les Yvelines et l’Île de Groix.

Page 4 de couverture des Couleurs de la Vie :

Une jeune femme tient la Maison de la presse de Groix. Une femme à l’automne de sa vie danse le madison à Antibes. Un homme tire sur sa femme à Épernay. Un enfant se baigne en Corse. Du champagne. Des irish-coffees. Des bergamotes. Des chiens. Des chats. Des mouettes et des goélands. Des cigales et des grillons. Du violon et du piano. Barbara et Reggiani. Nina Simone et Edith Piaf. Harold et Maud. Chopin et Bach. Gilles Servat et Les Amis de Georges. Est-ce que la vie vaut son pesant de c... ?

Une palette arc-en-ciel pour peindre Les Couleurs de la Vie

Résolument optimiste, ce roman déploie toute la magie de Lorraine Fouchet : des vagues de tendresse, une pincée de suspenses et de l’humour à foison…

Un merveilleux hymne à la vie en technicolor !

Notes :

(1) - Lorraine FOUCHET, Entre Les Couleurs de la Vie. Paris, éd. Héloise d'Ormesson, 2017, 396 p. ISBN 97-2-35087-399-2

(2) - Serge Reggiani : L’Absence (voir le site)

(3) - Gilles Servat : Retrouver Groix (voir le site)

(4) - Lorraine FOUCHET, Entre ciel et Lou. Paris, éd. Héloise d'Ormesson, 2016, 426 p. ISBN 978-2-35087-348-O

(5) - Lorraine FOUCHET, Couleur Champagne. Paris, éd. R. Laffont, 2012. Collection. Best-sellers, 428 p. ISSN : 0768-0953

Voir aussi :

mailbox
imprimer
logo
Didier Lefebvre est correspondant ABP pour la Loire-Atlantique.
Vos 1 commentaires
  Lorraine Fouchet
  le Lundi 3 avril 2017 12:11
" la plus Groisillonne des Parisiennes", c'est une jolie phrase, c'est un honneur, c'est un état d'esprit, une humilité, devant cette terre où je ne suis pas née mais que j'ose aimer infiniment.
" Lorraine Fouchet a encore frappé", oui la Bretagne et Groix m'ont frappée au coeur, je ne m'en suis pas remise, mais je m'en suis éprise.
(0) 
ANTI-SPAM : Combien font 0 multiplié par 1 ?
Cet espace est un lieu de débat. Les attaques personnelles ne sont pas autorisées. Le trolling est interdit. Les lois contre le racisme, le sexisme, et la diffamation doivent être respectées. Les pseudos sont tolérés mais ne sont pas encouragés.
MERCI DE RESPECTER LA LANGUE DE L'AUTEUR de l'article et donc des lecteurs. Les articles écrits en français doivent être commentés en français, les articles écrits en breton doivent être commentés en breton. Cacophonie ? Merci de ne pas mélanger les langues dans le même commentaire, sauf pour la traduction intégrale du commentaire.