Le film "Un Français", une manipulation anti-bretonne au plus haut niveau

-- Politique --

Point de vue
Par Philippe Argouarch

Publié le 6/06/15 16:41 -- mis à jour le 00/00/00 00:00

ABP a déjà dénoncé les navets anti-bretons subventionnés par vos impôts y compris par la Région Bretagne comme Crawl (voir le site) , mais avec Un Français, qui sort mercredi prochain, on tombe dans la propagande grossière du même niveau que le cinéma nazi ou de La Pravda.

Le film porte sur le cheminement d'un jeune Français du genre skinhead. Dans la bande-annonce, on le voit dans un de ces bars, repaires de jeunes d'extrême droite. Comme chacun sait, le drapeau de ces gens est le drapeau tricolore, c'est celui dont ils se réclament, mais le drapeau affiché au mur par le réalisateur Patrick Asté, est le drapeau des nations celtiques ! Avec bien en évidence un gwenn ha du que tout le monde distinguera, subliminalement ou pas.

Le tour est joué : le gwenn ha du n'est plus le drapeau de tous les Bretons mais le drapeau des extrémistes fachos de tout poil, surtout les très courts. Pire, si vous décidez de ne pas voir le film, vous le verrez quand même. La séquence où l'on voit le drapeau des nations celtiques fait partie de la bande-annonce. Bien sûr, ce n'est pas un hasard : la bande-annonce est diffusée par tous les journaux télévisés comme ce midi sur TF1 et le JT touche des millions de citoyens. Elle est aussi diffusée sur les versions numériques de magazines comme l'Express.

Le producteur, Philippe Lioret, s'était déjà fait remarquer avec L'Équipier, qui, dans la version originale avait cette phrase raciste «Breton, ça rime avec con». Dans le film L'Équipier, le gardien de phare est un plouc et le héros est un jeune Tourangeau (Parisien aurait été trop typé), pacifiste (il s'est révolté contre la torture en Algérie), beau et intelligent. Le Tourangeau “baisera” la femme du plouc, le tout dans un décor majestueux face à la mer d'Iroise.

L'hebdomadaire Le Nouvel Observateur a peur que les salles où le film Un Français sera projeté soient saccagées par des extrémistes de droite. Elles risquent aussi d'être saccagées par des Bretons pas contents que leur drapeau soit associé aux skinheads. La presse parisienne mettra tout le monde dans le même sac. D'une pierre deux coups. Seuls Pathé-Gaumont à Rennes et le cinéma Arvor aussi à Rennes, semblent l'avoir programmé pour le moment en Bretagne. Le film sortirait le 10 dans 75 salles en France.

Nous rappelons ici encore une fois que Marine Le Pen est championne du centralisme républicain. Elle veut même le renforcer. Elle est contre le bilinguisme en Bretagne et veut garder les départements, voire supprimer les régions. Elle s'est opposée à la fusion des deux départements alsaciens lors du référendum de 2013. Pour Marine Le Pen, il n'y a qu'une seule identité, l'identité française, qu'une seule nation : la nation française, qu'une seule religion : la République, et qu'un seul drapeau : le drapeau tricolore.

Les skins, les identitaires français et le Front National ne se sont jamais réclamés du drapeau celtique et encore moins du gwenn ha du. L'appropriation de la croix celtique par certains de ces groupes, depuis le mouvement Ordre Nouveau dans les années soixante, qui en avait même fait son emblème, jusqu'aux néo-fascistes italiens, est dénoncée régulièrement par le mouvement breton.

Le drapeau des nations celtiques a été dessiné par Polig Monjarret et Jacques-Yves Le Touze et dans une version légèrement différente par la Ligue celtique. Le représentant de la Ligue celtique en Bretagne, Guy Kerveillant, plus connu sous le pseudonyme de Gi Keltik n'a pas voulu répondre à ABP. Contactée directement, la Ligue a déclaré préparer un courrier destiné au ministre de la Culture.

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Philippe Argouarch est un reporter multi-média ABP pour la Cornouaille. Il a lancé ABP en octobre 2003. Auparavant il a été le webmaster de l'International Herald Tribune à Paris et avant ça, un des trois webmasters de la Wells Fargo Bank à San Francisco. Il a aussi travaillé dans des start-up et dans un laboratoire de recherche de l'université de Stanford.
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