Bretagne Réunie et l'initiative du Conseil de l’Europe : le premier Forum mondial pour la Démocratie, en France à Strasbourg

-- Politique --

Communiqué de presse de Bretagne Réunie
Porte-parole: Le Bihan Jean-François

Publié le 9/10/12 7:35 -- mis à jour le 00/00/00 00:00

Communiqué de presse du 1er octobre 2012

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L'État français accueille le premier Forum mondial pour la Démocratie : le World Forum for Democracy Strasbourg 2012 (voir le site)

Cette initiative du Conseil de l'Europe, sous les auspices de la Présidence de la République française, ne peut qu'être encouragée par tous ceux qui sont victimes d'un déficit de démocratie.

Les Bretonnes et les Bretons en France, espèrent vivement que ce forum aboutira à une prise de conscience et à des engagements des États participants, en faveur de la démocratie.  

L'État français, qui accueille sur son territoire ce premier Forum mondial, n'est pas non plus un modèle de démocratie et peut certainement s'amender et évoluer vers un peu plus d'écoute et de compréhension des demandes des populations.

Le cas de la Bretagne est sans doute exemplaire de l'absence totale d'écoute et de dialogue qui devraient exister entre un État et les populations qui vivent sur son territoire.

Première victime des conceptions nationalistes des grands élus de la République rrançaise, la Bretagne s'est vu amputée d'un département : la Loire-Atlantique pendant la deuxième guerre mondiale. Sans aucune consultation populaire, le régime collaborationniste de Vichy pour punir la résistance bretonne, a inventé par un décret n° 2727 du 30 juin 1941 une région dite « Loire » et actuellement « Pays de la Loire », en y incluant le département de la Loire-Atlantique.

Le pouvoir central français, refusant toujours de reconnaître l'existence de minorités nationales sur son propre territoire, s'oppose donc à la réunification administrative de la Bretagne et pratique une politique de substitution identitaire envers la population de la Loire-Atlantique et plus particulièrement, sur ses enfants.

Ladite nouvelle région des Pays de Loire, en quête de visibilité et de légitimité, a donc augmenté de 160 % son budget de communication entre 2004 et 2009 – 9,5 millions d'euros en 2004 contre 25 millions d'euros en 2009 – (selon l'opposition régionale des Pays de Loire) dans des propagandes ayant pour but de gommer l'identité bretonne de la Loire-Atlantique pour imposer « l'homme nouveau » qu'elle appelle « ligérien ».

Les Bretonnes et les Bretons ne sont pas restés sans réagir, notamment par la voie de leurs élus

Rappel de la chronologie

— Le Conseil régional de Bretagne, par un vote du 30 juin 1997, a demandé la réunification administrative de la Bretagne. Le pouvoir central n’a même pas pris acte de la demande.

— Le Conseil général de la Loire Atlantique a voté un vœu pour organiser un débat public pour la réunification administrative de la Bretagne le 22 juin 2001. Le pouvoir central n’a même pas pris la peine de répondre.

— Le Conseil régional de Bretagne a voté un 2e vœu pour la réunification administrative de la Bretagne le 2 juillet 2001. Le pouvoir central a affiché le même mépris. 

— Le Conseil régional de Bretagne a voté un 3e vœu pour la réunification administrative de Bretagne le 30 juin 2003, sans aucune réaction du pouvoir central.

— Le Conseil régional de Bretagne a voté une résolution demandant la réunification administrative de la Bretagne le 8 octobre 2004. Le pouvoir central n’a rien entendu.

— Le Conseil régional de Bretagne a voté une motion le 24 octobre 2004 demandant dans le cadre de la réforme territoriale en France, la prise en compte du dossier de la réunification de la Bretagne. L’actuel Premier ministre, Jean-Marc Ayrault, est intervenu personnellement auprès du gouvernement de l’époque pour empêcher l’évocation de la question.

— Le Conseil régional de Bretagne a voté le 15 décembre 2008 une nouvelle motion invitant le gouvernement à lancer un projet de loi relatif à l’organisation d’une consultation populaire, sur toute la Bretagne. L’État français n’a pas entendu, ni répondu.  

— Le Conseil général du Morbihan le 7 décembre 2011 a également voté un vœu pour la  réunification administrative de la Bretagne, sans aucune réaction non plus du pouvoir central français.

Tous ces vœux et motions votés parfois à l’unanimité par les assemblées d’élus n’ont jamais recueilli le moindre écho de l’État qui se vante pourtant d’être une démocratie moderne et ce, au mépris de la dizaine de sondages favorables à la réunification faite auprès de la population. Le dernier en date de mars 2009, réalisé à la demande du gouvernement lui-même, confirme que 68 % de la population directement concernée est favorable au retour de la Loire-Atlantique dans la région administrative « Bretagne ».

Les députés bretons à l’Assemblée nationale ont également réussi à faire voter un amendement le 21 décembre 2011 permettant l’organisation d’un référendum sur les cinq départements bretons, lors du débat sur les référendums d’initiative populaire. Le texte de loi n’a toujours pas été voté au Sénat, et semble désormais enterré par le nouveau gouvernement.

Ces dernières années :

— Plus de quatre mille élus des cinq départements bretons ont signé la « Charte pour la réunification » afin d’engager le processus de réunification administrative de la Bretagne, sans faire réagir l’État central.

— Des centaines de Conseillers municipaux ont voté, après débat, des vœux en faveur de la réunification.

Luis Maria de Puig, lors de sa présidence au Conseil de l’Europe, a déclaré légitime la réunification et la soutenait.

L’Unesco a dû à plusieurs reprises intervenir auprès du gouvernement français pour que le Val de Loire, classé au Patrimoine Mondial, ne soit plus utilisé à des fins politiques pour annexer dans son périmètre la Loire-Atlantique, département breton.

Madame Viviane Reding, vice-présidente de la Commission Européenne, a déclaré, suite au dépôt d’une plainte par les Bretonnes et Bretons auprès de la Commission qu’elle co-préside, ne pas avoir les outils nécessaires pour faire respecter les manquements de l’État français à l’égard des Bretons tout en reconnaissant l’existence d’une minorité bretonne en France.

En conclusion

Malgré la très forte volonté populaire bretonne et les nombreux soutiens politiques locaux affirmés depuis des décennies, la « réunification » de la Bretagne n'aboutit pas du fait que quelques élus nationaux bloquent le dossier.

Pour Bretagne Réunie cette situation est anti-démocratique, d'autant plus que la France s'affiche comme la patrie des Droits de l'Homme.

Bretagne Réunie soumet donc ce « cas d'école » aux participants des tables rondes du Forum Mondial dans l'espoir que ceux-ci éclaircissent la définition du mot démocratie afin que l'ensemble des citoyens de notre planète puissent vivre mieux demain.

Mesdames et Messieurs, merci de votre attention.


Jean-François Le Bihan, président de Bretagne Réunie, Jean-Pierre Levesque, délégué aux relations européennes et membre de l'Institut Culturel de Bretagne, et Paul Loret, précédent président, délégué à la Plateforme de l'Agence des Droits Fondamentaux de l'Union Européenne.


Bretagne Réunie – BP 49032, 44090 Nantes Cedex 1 FRANCE

Contacts : contact [at] bretagne-reunie.org et Tél : 06 82 67 19 46

www.bretagne-reunie.org

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Document PDF communiquefr.pdf Contribution de Bretagne Réunie au Forum Mondial de la démocratie à Strasbourg octobre 2012. Communiqué de presse Format PDF. Source : Bretagne Réunie
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