Alan Stivell : un Bro Gozh légèrement modifié
Dépêche de Philippe Argouarch

Publié le 4/10/22 18:12 -- mis à jour le 11/10/22 19:32
Alan Stivell - Bro Gozh [extrait Live] : Extrait de l’Hymne national breton (avec un nouveau couplet) Version du BRO GOZH qu'Alan Stivell a interprété avec 70 musiciennes, musiciens, chanteurs, chanteuses, techniciens, dont le central Orchestre National de Bretagne, en avril 2022, à Rennes-Liberté et Paris-Pleyel.
Réalisation : Alan Stivell team
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Durant ses concerts récents à Rennes-Liberté et Paris-Pleyel, le célèbre chanteur et compositeur, musicien et musicologue, Alan Stivell à légèrement modifié l'hymne national breton : le Bro gozh ma zadoù.

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Le Bro gozh ma zadoù (Vieux pays de mes pères) est un chant en langue bretonne, adopté en 2021 par la région Bretagne comme hymne officiel de la Bretagne. Ce chant reprend l'air de l'hymne national du pays de Galles, Hen Wlad Fy Nhadau (Vieille terre de mes pères). On trouve un équivalent en cornique, la langue celtique apparentée au breton parlée dans les Cornouailles britanniques, sous le titre Bro Goth agan Tasow (Vieille terre de nos pères), qui reprend aussi l'air de l'hymne gallois. En breton, les paroles sont celles de l'adaptation qu'en a faite François Jaffrennou en 1898.

Le refrain du Bro gozh breton est questionné par certains depuis longtemps. Le vers Tra ma vo mor 'vel mur 'n he zro soit « Tant que sera la mer comme un rempart autour d'elle », n'aurait plus beaucoup de sens aujourd'hui. Une modification avait été proposée par Albert Boché, nous dit le linguiste Tugdual Calvez. Boché proposait: Tra ma 'vo mor 'vel mur tro-dro. soit « tant que la mer sera aux alentours ».

Alan Stivell va plus loin et chante Tra ma vo ar mor digor dro-dro soit « tant que la mer sera ouverte aux alentours ». Oui, le sens a changé, mais la mer n'est-elle pas redevenue un moyen de communication plus qu'un rempart ? Beaucoup le pensent.

Il a aussi rajouté un couplet : An Naoned ha Roazhon ‘tal harzoù dizor / D’avelioù ar reter, d'an amezeg gall/Ha Brest (a) sell gant enor ouzh enezeg Keltia / Breur ha c’hoar gant holl bobloù all.

« Nantes et Rennes près des frontières sans porte / Aux vents de l'Est, au voisin Français / Et Brest qui regarde avec honneur l'archipel de la Celtie / Frère et soeur avec tous les autres peuples. »

Alan Stivell se produira en concert à Pontivy ce vendredi 7 octobre avec son nouveau spectacle intitulé Célébration/Lid, une vie pour la Bretagne et la musique.

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Philippe Argouarch est un reporter multi-média ABP pour la Cornouaille. Il a lancé ABP en octobre 2003. Auparavant, il a été le webmaster de l'International Herald Tribune à Paris et avant ça, un des trois webmasters de la Wells Fargo Bank à San Francisco. Il a aussi travaillé dans des start-up et dans un laboratoire de recherche de l'université de Stanford.
Vos 13 commentaires
  Alter Écho & Ego machin
  le Mardi 4 octobre 2022 20:51
...sur un coin de pupitre? Seuls? Ça me rappellerait quelque chose, pas vous ?
Un hymne national chante et glorifie LE PAYS, pas des villes ! On n'y touche pas comme cela sans y être autorisé, habilité par les Bretons.; et surtout pas quand ça vous...chantera! Encore!
D'ailleurs ces deux cités aux identités plus que diluées et à la fibre bretonne évanescente, méritent-elles d'être chantées, et en "vertu" de quoi? Je ressens un certain malaise à cette idée.
Que Stivell fasse une chansonnette encourageantes rien que pour elles, ces mignonnes, c'est son problème, mais pas touche, de french touch, au Bro Gozh ! En plus en petit comité? Même pas de fantaisie sur l'air!
Dans la même veine conservatrice et personnelle, mon pavillon/drapeau "premier" est et sera toujours le ,Kroazh Du! Le Gwenn ha Du c'est pour les stades de foot de la ligue professionnelle française, pour les routes du Tour de France, etc.!
Je trouve absolument ridicule de chanter la Marseillaise dans les stades et pour n’importe quoi et petits événements ridicules, et je ne crois pas que les supporters britanniques chantent le God Save the Queen/King dans les stade de foot pour encourager leur équipe, dans n'importe quel endroit" et indignes... C'est réduire à peu de chose un hymne national !
Mais la Marseillaise a le peuple, qu’elle n’a plus !
Tâchons de faire mieux. En tout si possible.
(4) 
  Kristen
  le Mardi 4 octobre 2022 21:28
Excellente initiative, qui devrait faire l'unanimité des Bretons d'origine ou de cœur.
Une suggestion toutefois tant qu'à bien faire.
"Ha Brest (a) sell gant enor ouzh enezeg Keltia" / Et Brest qui regarde avec honneur l'archipel de la Celtie /
 
Une parenthèse sur ''a'' serait à éviter pour l'esthétique. Le moyen serait de supprimer ''Ha'' en début de phrase, très peu utile pour le sens : Brest a sell gant enor ouzh enezeg Keltia / Brest qui regarde avec honneur l'archipel de la Celtie / 
(0) 
  Kristen
  le Mardi 4 octobre 2022 22:02
Excellente initiative, qui devrait faire l'unanimité des Bretons d'origine ou de cœur.
Une suggestion toutefois tant qu'à bien faire.
"Ha Brest (a) sell gant enor ouzh enezeg Keltia" / Et Brest qui regarde avec honneur l'archipel de la Celtie /
 
Une parenthèse sur ''a'' serait à éviter pour l'esthétique. Le moyen serait de supprimer ''Ha'' en début de phrase, très peu utile pour le sens : Brest a sell gant enor ouzh enezeg Keltia / Brest qui regarde avec honneur l'archipel de la Celtie /
"Tra ma vo ar mor digor dro-dro" doit probablement être : Tra ma vo ar mor digor tro-dro
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  Jorj Treger
  le Mercredi 5 octobre 2022 10:14
Les bretons de l'argoat vont subir les frontières sans portes.
Je m'en tiendrai aux paroles historiques.
(2) 
  Alter Écho & Ego machin
  le Mercredi 5 octobre 2022 11:18
« Nantes et Rennes près des frontières sans porte / Aux vents de l'Est, au voisin Français / Et Brest qui regarde avec honneur l'archipel de la Celtie / Frère et soeur avec tous les autres peuples. »
Ce n’est pas un chant, un hymne pour des villes qui n’ont quasiment plus qu’une « bretonnité géographique », mais pour un peuple qui, pourrait encore renaître de l’Histoire, et malgré l’Histoire ! Et se battrait, se protègerait pour cela !
Alan Stivell va plus loin et chanterait Tra ma vo ar mor « digo »r dro-dro soit « tant que la mer sera ouverte aux alentours ». La traduction française de certains éléments proposés, comme « digor » est, à mon avis nocive, dans les temps d’aujourd’hui
L’imprégnation des esprits bretons, de conditionnement français, wok, cancel, immigrationniste est telle, le sens des mots tant pervertis que remplacer la notion de « protection » supprimée pour celle « d’ouverture « à tous vents, n’en fait qu’un texte de propagande hexagonale ! Qui viendrait encore la renforcer, et la faire passer en le chantant en breton, est très malin, mais en français ça sent mauvais ! (je n’ai pas de moustaches).
Stivell ne m’inspire aucune confiance dans ce domaine ou la mièvrerie, et le désintérêt pour les peuples que l’on contraint est de plus en plus la règle mise en place vicieusement en tout, et partout !
Ce chant n’est pas que pour quelques uns ! Si l’on avait avancé la notion de « mer nourricière, », d’ « espace naturel de travail depuis toujours et d’avenir », et/ou encore de « grande plaine » de la découverte au service de développement breton, des Bretons cela pouvait peut-être se tenir. Mais de cela elle l’est de moins en moins, quelle que soit l’activité possible pour les marins Bretons dépouillés et privés des outils, et accords d’exploitation de décennies en décennies depuis fort longtemps.
Où est le débat nécessaire, aussi houleux soit-il, la BRETAGNE ni les Bretons ne doivent jamais craindre les houles longues ou rudes du grand large, des routes hauturière !
« Les houles, en roulant des images des cieux »
« Mêlaient d’une façon solennelle et mystique »
« Les tout-puissants accords de leur riche musique »
« Aux couleurs du couchant reflétées par mes yeux. »
De Baudelaire – Une vie antérieure.
Mer ouverte pour la « Callac Créolisation » ? Mer ouverte pour les marchands d’énergie ? Mer ouverte pour toute les industries et déchetteries que les Bretons n’auront, n’ont pas/plus aucun moyen, plus jamais, de contrôler ?
Et si l’on porte attention à l’info du matin pour une mer ouverte, pour une « Callac Crackolisation » là et maintenant, par les fermetures parisiennes et métropolitaines fainéantes, des camp de crackeurs (coke en stock) , dont les épaves humaines pour parties seraient « soignées » , et d’autres dispatchées en Province aussi !?
Il faudrait qu’en Breton cocu et vaincu, il se prosterne, devant cette propagande rampante in filtrée dans l’Hymne National? Volontairement, en conscience ? Dans ce cas il vaut mieux que les Bretons n’apprennent plus le sens des mots qu’ils chanteraient, et qu’ils les prononcent donc en breton répété, en décérébrés !
Non ! je n’adhère pas ainsi faits à ces changements ; et qui me paraissent artistiquement, un peu « lourdingues » d’ailleurs !!!
(1) 
  Naon-e-dad
  le Mercredi 5 octobre 2022 13:54
On peut voir la mer comme un rempart - les Britanniques l'ont expérimenté pas plus tard qu'en 1940 - et également comme un moyen de circulation et donc d'échanges - les migrations bretonnes du IV° au VI° siècle, puis la période des "Grandes-Découvertes" au départ de l'Europe (1492 et ultérieur), sont là pour le rappeler-.
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Protection ou communication, tel est le rôle de l’océan dans l’histoire des sociétés humaines. Frein ou facilitateur. Les deux points de vue sont vrais. Partout et toujours. Les autres péninsules ailleurs sur la planète n’échappent pas à ce constat.
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Vouloir proposer une variation - dans un hymne bien établi et enraciné dans la mémoire collective, aux paroles tout à fait honorables– sous prétexte de lecture culturelle et contemporaine de la géographie (mais hier ? mais demain ?), me semble hasardeux et pour tout dire inopportun.
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Il ne s’agit pas de réticence personnelle. Entre Alan Stivell et Albert Boché, j’ai connu et croisé l’un et l’autre.
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Mais sur, ce point, je trouve que Taldir Jaffrennou -il avait effectué un voyage dans le nord du Pays de Galles - a très bien adapté le texte de l’hymne gallois « Hen Wlad Fy Nhadau », dont il est resté étonnamment proche (« Tra môr yn fur i'r bur hoff bau» / Tandis que la mer est un mur à la terre …/… (voir le site) ères.html).
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En breton moderne, le terme « mur, ar vur », est peu usité et désigne plus spécifiquement un rempart (cf Menimur, quartier de Vannes), le terme classique « moger, ar voger », désigne un mur d’habitation ou parfois une muraille, les dictionnaires semblent un peu flottants à ce propos. Les deux mots sont féminins)
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Donc, comme d’autres, moi aussi je m’en tiendrai aux paroles historiques, que je trouve plus fortes et plus fières. Plus rassurantes aussi, rapportées à la Bretagne. Surtout en ces temps de grandes fragilités et incertitudes où les menaces sourdent de toute part sur la planète….
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Et puis, quel bel exemple de mutation consonantique, derrière le possessif féminin « he » ! Donc :
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« Tra ma vo ar mor 'vel mur 'n he zro »
(1) 
  Rhys
  le Mercredi 5 octobre 2022 14:44
Boché proposait: Tra ma 'vo mor 'vel mur tro-dro soit « tant que la mer sera aux alentours ».
Vous êtes sûr de la traduction ? Aux alentours ? Et le mur de la phrase, on en fait quoi ? Submergé par la bien-pensance ?
(0) 
  Alter Écho & Ego machin
  le Mercredi 5 octobre 2022 17:28
Rhys vous touchez un point important concernant certaines difficultés de traduire une langue dans une autre, qui souvent ne rend pas, ne peut pas rendre très souvent la sensation/compréhension ressentie par les locuteurs d’une langue qu’un, deux ou trois mots ne peuvent traduire, mais qui reste totalement à la perception mentale insatisfaisante pour les locuteurs en questions.
Je rapprocherais personnellement la traduction de la phrase citée par Naon e dad : « Tra ma vo ar mor 'vel mur 'n he zro », la partie "« …mur ‘n (en) he zro »" proche de celle de la traduction par : "... war he zro", (auprès d’elle, dans son tour, son pourtour), avec le sens ressenti qui imagine, qui sent la mer autour de la BRETAGNE, autour d’elle comme un mur, protecteur dans l’esprit du chant, car permettant d’organiser ses défenses d’ennemis lorsque les guetteurs ou les gens, travailleurs, marins sur les côtes les voyaient venir de loin, contrairement de ceux qui viennent de la terre et sortent des bois, à cheval en surprenant les villageois, sans crier gare ! Un mur relatif mais bien réel tout de même. Comme l’a démontré ne serait-ce que la dernière guerre, mais pas contre Guillaume le Conquérant. Et sans doute beaucoup moins avec les missiles, balistiques ou moins.
C’est ainsi que je l’ai toujours ressentie moi, qui suis né au bord d’Elle; et qui ai beaucoup voyagé et travaillé dessus, vécu par elle! Ar mor-se !...
(0) 
  Naon-e-dad
  le Mercredi 5 octobre 2022 18:12
rectificatif/complément
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adresse du site (voir le site) ères.html
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La phrase de Boché citée est-elle complète?
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« Tra ma vo mor 'vel mur tro-dro »
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On attendrait plutôt:
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« Tra ma vo mor evel mur tro-dro dezhi » (le « dezhi » faisant référence au « bro » ou « Breizh », tous les deux féminins)
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Pour ceux qui ne sont pas familiers du breton, voici les phrases décompactées, ou à vitesse ralentie si l’on veut :
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« Tra ma vo mor evel mur tro-dro dezhi »
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« Tra ma vo mor evel mur en he zro »
. phrase originale de Taldir. Les articles ont été supprimés pour la prosodie, j’imagine, quoi que énoncer « ar mor » plutôt que « mor » est plus facile à glisser dans la mélodie, à mon sens. « He » déclenche une mutation par spirantisation T/Z, d’où l’intérêt pédagogique de garder la phrase originale de Taldir (la phonologie par le Bro-Gozh, en quelque sorte !). Les deux phrases ci-dessus sont très exactement équivalentes.
(0) 
  TY JEAN
  le Vendredi 7 octobre 2022 15:32
Depuis les temps anciens les bretons ne considèrent pas la mer comme une frontière ou un rempart
mais comme la route maritime pour échanger, faire commerce, avec la Grande-Bretagne et ses peuples celtiques.
Une petite anecdote : lors d'un voyage au Pays de Galles,un monsieur très ägé,dans un coin isolé ,du nord cymru
nous demandait "d'ou nous venions ? "
- we come from brittany
alors avec un grand sourire sa réponse fut:
" vous venez du pays frère qui est de l'autre côté de la mer "
(1) 
  Kristen
  le Samedi 8 octobre 2022 12:07
@Ty Jean : « vous venez du pays frère qui est de l'autre côté de la mer ».
C'est tout l'intérêt du dernier couplet proposé par Alan Stivell, que de MAINTENIR l'horizon breton, vers la mer, et singulièrement celle(s) du Nord-Ouest (Gwalarn).
(1) 
  Yann Vallerie
  le Dimanche 9 octobre 2022 15:03
De plus en plus niais, c'est dommage. « Frère et soeur avec tous les autres peuples ». Quand on est le frère de tout le monde, on finit par n'être le frère de plus personne.
(1) 
  Goldored
  le Lundi 10 octobre 2022 07:56
« Frère et soeur avec tous les autres peuples ».
Voilà l'âme bretonne dans toute sa dignité ! Peuple ouvert sur le monde, peuple présent sur tous les continents, dans tous les pays, peuple nourri de doctrine pélagianiste, peuple rabaissé par le maître français, le peuple breton ignore la haine de l'autre !
(1) 
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