Yvon Ollivier : Réapproprions-nous la démocratie

Yvon Ollivier
Yvon Ollivier
Yvon Ollivier, l'auteur de l'ouvrage remarqué La désunion française a animé un débat samedi dernier à Vannes lors du colloque de BREIZH IMPACTE sur le thème "Quel avenir pour la Bretagne dans le système France ? "

Lors de son intervention, il a fait quelques rappels réalistes accompagnés de mises en garde pour les "naïfs" : "si tout le monde est régionaliste, personne n'est régionaliste" ..ou "notre vote justifie les atteintes à nos droits".

"La France est une démocratie frauduleuse car elle ne part pas du bas".__Yvon Ollivier

Les élus bretons, y compris ceux de la nouvelle majorité, en prennent pour leur grade : "nos élus socialistes bretons se sont couchés à l'Assemblée nationale, ils ont apporté leur caution démocratique à la réforme territoriale de 2014" car d'une façon générale "nos élus apportent la légitimité au système" a déclaré le magistrat

Quelles solutions ? Attendre que le système craque ? Non pas du tout. Pour Yvon Ollivier, c'est à la société civile de réagir et de s'organiser avec "l'esprit du CELIB". "Commençons par le bas. Travaillons à fond sur les communes pour se réapproprier la démocratie. On n'a pas d'autres choix", a conclu le le militant de la cause bretonne et écrivain.

©agence bretagne presse

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Auteur de l'article :

Philippe Argouarch

Philippe Argouarch est un reporter multi-média ABP pour la Cornouaille. Il a lancé ABP en octobre 2003

Vos commentaires :

Lucien Le Mahre
Samedi 16 septembre 2017

J'aime bien cette phrase d'Yvon Ollivier qui me parait résumer l'esprit de notre résistance pacifique contre l'impérialisme arrogant qui, à l'intérieur même de la République, s'efforce au fond de nous réduire peu à peu en attendant de nous phagocyter en tant que nation historique, au demeurent plus ancienne que la France.

Pour appartenir à l'Union Européenne, demande-t-on à la France de se dépersonnaliser, notamment par l'abandon de l'essentiel de sa souveraineté et de sa langue ? Non, car malgré les accommodements (critiqués par ses nationalistes) son existence politique n'est pas niée. Aux Régions non "franciennes" telles la Corse, l'Alsace, la Bretagne etc... : si !

Il ne s'agit donc pas chez nous d'un combat d'arrière-garde comme on le croit encore trop souvent, mais bien au contraire de remettre la Démocratie sur rails en récupérant nos Droits Universels à l'intégrité de notre territoire millénaire et à un "home-rule" - une autogestion minimum - nous autorisant une prise directe sur notre économie et notre culture, comme c'est le cas dans la plupart des démocraties comparables. Démocraties qui ne se parent pas forcément du titre fanfaron et pas toujours vérifié de "Patrie des Droits de l'Homme".

Ceci pourrait être contagieux dans toute les régions de France, d'ailleurs il y a des précédents de tels statuts outre-mer.

Et pour cela, il faut non seulement penser au "dégagisme" de ceux qui - généralement Bretons eux-mêmes - engrangent les voix bretonnes afin de se faire élire, pour ensuite obéir aux injonctions des partis jacobins hexagonaux, à l'intérieur desquels nous resterons de toutes façons d'éternels minoritaires sans influence, mais prévoir une "génération politique de remplacement" (et quelque part salvatrice à condition bien sûr qu'elle en ait les qualités), plus consciente de ses responsabilités démocratiques envers ses électeurs et son pays d'origine.

Beaucoup fonctionnent en effet comme des élus "hors-sol" indifférents aux spécificités pourtant flagrantes de la terre historique qu'ils ont sous les pieds. On se souvient de l'épisode du musée de Pont Aven oubliant la langue bretonne dans sa présentation et ce n'est qu'un épisode mineur.

C'est cette génération qui pourrait être mise en place par la constitution d'une force politique "bretonniste" comme on dit "catalaniste", et non plus globalement jacobine, constituée sur un accord des petits partis bretons compatibles actuels et s'intéressant au concret de la vie des gens pour que l'électeur y trouve peu à peu ce qu'il va chercher dans les partis hexagonaux (lesquels ne sont pas forcément, on le sait, des modèles indépassables).

On en est là : à espérer dépasser le conditionnel politique, comme par exemple les Corses l'ont fait.

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