La maire socialiste de Strasbourg, Catherine Trautmann, a mis en garde contre « un facteur d’instabilité et d’incertitude » qu’entraînerait une sortie de l’Alsace du Grand Est, estimant qu’elle pourrait nuire au rayonnement européen de la ville.

À la suite du vote récent à l’Assemblée nationale d'une loi recréant la région Alsace, les opposants se font entendre surtout à gauche. Dans un message adressé aux Dernières Nouvelles d’Alsace (DNA), la maire socialiste de Strasbourg, Catherine Trautmann, a mis en garde contre « un facteur d’instabilité et d’incertitude » qu’entraînerait une sortie de l’Alsace du Grand Est, estimant qu’elle pourrait nuire au rayonnement européen de la ville.

Catherine Trautmann (photo wikipedia de Claude_Truong-Ngoc). Membre du Parti socialiste (PS) depuis 1977, elle est élue députée du Bas-Rhin en 1986, avant d'être nommée deux ans plus tard secrétaire d'État aux Personnes âgées et aux Handicapés.

Elle est une première fois maire de Strasbourg de 1989 à son entrée dans le gouvernement Jospin en 1997, lorsqu'elle devient porte-parole du gouvernement et ministre de la Culture et de la Communication. Elle est également députée européenne à plusieurs reprises entre 1989 et 2014.

En 2000, elle retrouve la mairie de sa ville natale avant de s'incliner face à Fabienne Keller aux élections de l'année suivante. À nouveau tête de liste PS aux élections municipales de 2020, sa liste est devancée. Elle brigue une nouvelle fois la mairie en 2026, où elle s’impose face à la maire sortante écologiste Jeanne Barseghian.Catherine Trautmann (photo wikipedia de Claude_Truong-Ngoc). Membre du Parti socialiste (PS) depuis 1977, elle est élue députée du Bas-Rhin en 1986, avant d'être nommée deux ans plus tard secrétaire d'État aux Personnes âgées et aux Handicapés. Elle est une première fois maire de Strasbourg de 1989 à son entrée dans le gouvernement Jospin en 1997, lorsqu'elle devient porte-parole du gouvernement et ministre de la Culture et de la Communication. Elle est également députée européenne à plusieurs reprises entre 1989 et 2014. En 2000, elle retrouve la mairie de sa ville natale avant de s'incliner face à Fabienne Keller aux élections de l'année suivante. À nouveau tête de liste PS aux élections municipales de 2020, sa liste est devancée. Elle brigue une nouvelle fois la mairie en 2026, où elle s’impose face à la maire sortante écologiste Jeanne Barseghian.

Une analyse vivement contestée par Pierre Klein, président de l’Initiative Citoyenne Alsacienne (ICA), qui a adressé une réponse argumentée.

Selon lui, la création de la région Grand Est a au contraire affaibli Strasbourg. Il rappelle qu’un document publié en 2018 par l’ICA mettait en évidence la perte de nombreuses institutions, administrations et sièges au profit d’autres villes de la région élargie.

Le constat est détaillé dans une étude fournie en pièce jointe, qui recense le déplacement ou la localisation hors de Strasbourg de multiples structures régionales. Cette dispersion administrative concerne aussi bien des directions de l’État que des organismes professionnels, sportifs ou culturels, souvent implantés à Nancy, Metz ou Reims.

Une « capitale régionale de façade » ?

Pour Pierre Klein, cette situation a transformé Strasbourg en « capitale régionale de façade », affaiblissant paradoxalement sa crédibilité en tant que capitale européenne.

« Comment ambitionner durablement d’être capitale européenne si l’on n’est pas même une vraie capitale régionale ? », interroge-t-il.

À rebours des propos de Catherine Trautmann, il estime que le retour d’une région Alsace autonome renforcerait au contraire Strasbourg. La ville retrouverait, selon lui, des fonctions administratives et institutionnelles aujourd’hui dispersées, ce qui bénéficierait à l’ensemble du territoire alsacien.

Un débat qui dépasse l’Alsace

Ce nouvel échange illustre la persistance du malaise créé par la réforme territoriale de François Hollande en 2015. Pour rappel cette réforme majeure n'avait pas été annoncée lors de sa campagne présidentielle. Elle est passée en catimini sans aucune consultation des citoyens concernés. La cohérence entre organisation administrative, identité territoriale et rayonnement politique reste une épine dans le pied de cette 5e République. Une majorité des Bretons y compris en Loire-Atlantique veulent une région administrative qui comprend les cinq départements. Lors de la réforme de 2015 ce sont surtout les maires PS des grandes villes bretonnes qui s'y sont opposés.

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