Skol ar Sell ou encore un coup d'épée dans l'eau

-- Politique --

Chronique
Par Philippe Argouarch

Publié le 10/06/20 21:26 -- mis à jour le 11/06/20 09:27

Nous avons appris dans la PQR la création de Skol B5, skol ar Sell, un diplôme de formation à Rennes d'une durée de 9 mois pour les futurs cadres bretons venant des 5 départements bretons.

Outre que l'Institut de Locarn offre déjà depuis plusieurs années des formations de ce genre pour allier territoire, entrepreneuriat et leadership, cette initiative est un coup d'épée dans l'eau pour la simple raison que la Bretagne n'a pas besoin de former des leaders de l'industrie... elle en a plein, y compris parmi les jeunes startupeurs qui feront les Brioches dorées de demain.

De quel genre de leaders la Bretagne a t-elle besoin ? Aujourd'hui, la Bretagne a besoin, et c'est urgent, de leaders politiques. Elle a besoin de leaders capables de réveiller Bretonnes et Bretons, capables d'unifier tous les partis et groupuscules se revendiquant de la Bretagne afin de constituer un front commun, un front breton. il s'agit de faire l'unité autour de nos principales revendications : réunification administrative des 5 départements bretons, officialisation de la langue bretonne et une dévolution vers un vrai pouvoir régional. Les élections régionales sont l'année prochaine !

Nous avons besoin de leaders déterminés, intègres, rebelles, rassembleurs, charismatiques, de la trempe des Nicola Sturgeon, des Mary Lou McDonald ou Carl Puigdemont. La Bretagne politique est un nain comparée à d'autres régions nationales européennes. A part quelques rares exceptions comme Paul Molac, il n'y a pas de femmes ou d'hommes politiques courageux en Bretagne. Personne chez nous n'arrive à la cheville de ces Catalans qui ont préféré la prison au déshonneur et au reniement des engagements pris avec leurs électeurs.

Depuis 2015, les régionalistes ne sont même plus représentés au Conseil régional de Rennes. Une honte. Le Rassemblement National, le parti ultra-nationaliste français, y compte 10 députés. C'est triste mais c'est la réalité : en Bretagne, les ultra-nationalistes français sont beaucoup plus forts politiquement que les nationalistes bretons.

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