Réunification de la Bretagne, la manifestation a été annulée

-- la réunification --

Chronique
Par Philippe Argouarch

Publié le 27/09/17 10:50 -- mis à jour le 00/00/00 00:00

Ce qui devait arriver est finalement arrivé : la manifestation annuelle pour la réunification administrative de la Bretagne a été annulée suite aux menaces principalement de Breizhistance, un groupe de militants figés dans des idéologies du 19e siècle et mené par Gael Roblin, un ancien d'Emgann et de l'ARB. Gael Roblin est un excité qui voit des fascistes partout y compris à l'ABP dans la personne de son directeur. Menaces venant aussi de Jonathan Guillaume de 44=Breizh aussi à la direction de Breizhistance. Dans un communiqué, 44=Breizh s'en prend à Bretagne-Réunie (voir le site) accusant l'association d'être dépolitisée, voire sympathisante de l'extrême droite, alors même que le caractère apolitique est dans les statuts de l'association et que le succès de la manifestation est lié intrinsèquement à son caractère unitaire et transversal comme d'ailleurs toute revendication politique, comme l'a bien expliqué le député corse François Alfonsi, récemment de passage à Vannes (voir notre article).

Un groupe rassemblant Breizhistance-Gauche Indépendantiste Bretonne, 44=Breizh, Action Antifasciste Nantes, le nouveau parti anticapitaliste (NPA), Action Antifasciste Saint-Nazaire, Nantes en Résistances, annonçait sur sa page facebook vouloir défiler sous une bannière anti-capitaliste en ignorant volontairement et cyniquement les consignes des organisateurs de la manifestation demandant à s'en tenir à la revendication unitaire : la réunification administrative. Mais pour qui travaillent réellement les extrêmes ? On peut se poser cette question quand les résultats de leurs actions sont généralement le discrédit sur l'ensemble des revendications bretonnes.

La présence l'année dernière d'un groupe très vocal rassemblant l'extrême droite bretonne, et même française, sous une bannière et des slogans spécifiques, aussi contraires aux règles établies par Bretagne Réunie, était aussi à craindre cette année. L'année dernière, l'Union Démocratique Bretonne (UDB) avait même quitté la manifestation dès le début du défilé, en guise de protestation. Les bagarres et le détournement médiatique de cet évènement, prévu le 30 septembre, étaient donc devenus presque inévitables. La décision d'annuler paraît sage pour beaucoup d'observateurs de la scène politique bretonne.

La Stratégie de Bretagne Réunie remise en cause

De toutes façons, vu le nombre de manifestations qu'il y a eu depuis 50 ans sur ce thème on est bien obligé de remettre en cause leur utilité. Sans aller jusqu'à ce qu'écrit Gael Briand de l'UDB sur facebook «Pour moi, cette manifestation annuelle ressemble plus à une procession, voire même à un pardon, qu'à un réel combat politique tant la stratégie de l'association organisatrice, Bretagne Réunie, est inexistante» on peut se poser des questions, à la suite surtout de l'immense opportunité manquée lors de la réforme territoriale de 2014 mise en application en 2015. Si Jean-François Le Bihan, alors président de Bretagne Réunie, avait été écossais, ou même anglais, il nous aurait fait l'honneur de démissionner illico.

Quoiqu'il en soit, ce qu'affirmait alors Breizh-Europa dans un communiqué suite justement aux débordements durant la manifestation de 2016 semble encore plus d'actualité aujourd'hui : « ...la seule manière de faire vivre cette Bretagne à cinq départements est d'agir comme si ce découpage inique n'existait pas. Le seul moyen intelligent de procéder est bien celui du passage par la société civile et du contournement des textes officiels, à la manière de Produit en Bretagne, des écoles Diwan, ou encore du comité du tourisme de Bretagne qui tous ont pris pied sur tout ou partie de la Loire-Atlantique.» On ne peut que souscrire. Mais rien n'empêche par contre de signer la pétition pour le droit d'option du 44 : (voir le site)

Le communiqué de Bretagne Réunie

Réunification de la Bretagne, manifestation à Nantes annulée

La coprésidence de Bretagne Réunie est contrainte d'annuler la manifestation prévue samedi 30 septembre.

Cette décision est prise d'une part, suite aux divers échanges écrits violents qui ont eu lieu entre des groupuscules extrêmes. Les menaces qu'ils ont aussi proférées à notre encontre ne nous permettent pas de garantir, samedi prochain, la sécurité des personnes et des biens, sécurité qui nous incombe en tant que coprésidents de notre association.

D'autre part, ces groupuscules extrêmes ont décidé avec détermination d'exploiter notre rendez-vous annuel à des fins partisanes et ont la vive intention de scander des slogans n'ayant rien à voir avec la réunification de la Bretagne.

Ils entendent récupérer et instrumentaliser notre manifestation festive pour la placer dans le contexte des mouvements sociaux en germination.

Ces comportements sont inacceptables et ces extrêmes n'entraîneront pas Bretagne Réunie vers une autre destinée que celle de la réunification.

C'est avec beaucoup de tristesse que la coprésidence a pris cette décision.

Nous comprenons celle de tous les supporters de la réunification.

Nous comprenons aussi le désarroi des militantes et des militants qui avec joie et conviction se sont investis corps et âme pour que ce rendez-vous soit une fête…

Dès aujourd'hui nous réfléchissons à créer un nouvel événement dans lequel nous pourrions nous retrouver en toute sérénité.

À bientôt

Les co-présidents

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