Rencontre avec Lionel Divard , Président du Parti Breton .
interview de Jacques-Yves Le Touze

Publié le 18/03/04 14:07 -- mis à jour le 00/00/00 00:00

Rencontre avec Lionel Divard , Président du Parti Breton .

Agence Bretagne Presse : Un an après son Congrès fondateur, quel bilan faites-vous sur l'évolution du Parti Breton ?

Lionel Divard : En matière de bilan d'évolution, je peux dire que le Parti Breton se porte plutôt bien, nous avons depuis notre Congrès du 23 Mars 2003, des structures sur l'ensemble de la Bretagne et sur l'Extérieur, ce qui bien entendu se traduit en terme d'adhésions. Plusieurs conférences, séminaires de formation et journées de réflexion ont marqué notre année de travail. Parallèlement, notre communication externe s'est affirmée et dans ce domaine la notoriété de notre formation politique est croissante, tant sur le plan de la presse, que de la radio et plus récemment de la télévision. Par ailleurs, nos relations au plan international se sont développées et laissent entrevoir de fructueuses perspectives. En bref, notre développement évolue tout à fait comme nous l’avions imaginé et programmé. Il reste encore bien évidemment beaucoup à faire avant d'atteindre le niveau d'ambition que nous sommes fixés, mais c'est aussi l'intérêt de cette belle entreprise qu'est le Parti Breton, offrir à la Bretagne une formation politique crédible dans le rapport de force face aux partis français et réellement représentative du Peuple breton.

ABP : le premier tour des élections régionales aura lieu dimanche prochain : le Parti Breton ne se présente ni en Bretagne administrative, ni en Loire-Atlantique .... N'est-ce pas un aveu de faiblesse et quelle est votre position ?

Lionel Divard : S’agissant des élections régionales, notre absence résulte de plusieurs facteurs. Le premier évidemment est notre arrivée trop récente sur la scène politique pour être à nous seuls qualifiés dans cette compétition électorale, seule une participation à une alliance aurait pu nous permettre d'être présents. Nous avons donc examiné attentivement les hypothèses possibles, aucune en l'état ne répondait à nos exigences politiques et nous avons préféré ne pas nous engager dans des voies où les intérêts du peuple breton était à notre avis absent. Que ceci puisse être traduit comme un aveu de faiblesse ou non n'est pas notre préoccupation, participer à tous prix à une compétition rendue déjà délicate par les conditions anti-démocratiques électorales et où de surcroît les enjeux essentiels et fondamentaux pour la Bretagne sont absents, ne nous pas semblé devoir distraire plus avant notre énergie, plus utilement engagée et fructifiée ailleurs.

Quant au problème de la Loire-Atlantique, notre réponse est sans appel, nous contestons la validité même d'un scrutin se déroulant dans le cadre de la pseudo région dite des "Pays de la Loire" que nous récusons parce que totalement illégitime en Loire-Atlantique, et nous avons donc décidé de nous prononcer pour le boycott de cette élection.

ABP : Vous présentez deux candidats aux élections cantonales : est-ce un test pour vous ou une démarche à long terme ?

Lionel Divard : Bien sûr, une élection a toujours d'une certaine façon valeur de test, mais en la circonstance, c'est plutôt dans le cadre de la seconde partie de votre question qu'il convient d’interpréter notre participation. Nos candidats aux élections cantonales se présentent à l'évidence avec une perspective d'investissement à long terme, cela fait partie de notre méthode, nous développons notre implantation simultanément sur différents plans, l'électoral en étant l'un des volets. Cependant, il ne s'agissait pas pour nous de présenter sans préparation suffisante des candidats ici où là pour faire nombre, l'important est d'avoir toujours un projet d'avance dans nos engagements. Il est aisé de voir qu'ici l'objectif prochain est celui des futures élections municipales.

ABP : Les récentes élections espagnoles ont confirmé l'importance des mouvements nationaliste qu'ils soient basques, catalans ou galiciens ; en Grande-Bretagne, les partis nationalistes gallois et écossais sont les secondes forces politiques dans leur pays respectif .... La Bretagne est à des années lumière de ces situations politiques ...Comment l'expliquez-vous ?

Lionel Divard : C’est une question vaste et complexe qui mériterait un très long développement, car les causes en sont nombreuses. Il y a tous les faits historiques, le cadre politique particulier de l'Etat français, les éléments sociaux et culturels propres à la Bretagne, mais aujourd'hui il me semble que ce problème est d'abord celui des hommes. L'inconsistance politique bretonne tient me semble-t-il essentiellement à un problème comportemental face au fait politique. Je dirais que le tempérament des Bretons est plus "manifestant" que militant, l'approche politique plus affective que rationnelle

L'enthousiasme et les convictions existent, mais ils sont le plus souvent contrebattus par un prolongement actif décousu de type anarchique. L'analyse rigoureuse et sans concession des faits, la définition réfléchie et pesée d'une stratégie à long terme, la pratique d'une tactique et d'une action pragmatiques sont ignorées au profit d'un engagement spontanéiste et enflammé où l'impatience le dispute à l'indiscipline. De plus, après une période de quasi indigence idéologique, on a assisté depuis une trentaine d'années à la prééminence de doctrines voire de dogmes avec leurs excès et conséquemment leurs décalages par rapport à la société bretonne. Ces débordements doctrinaires font souvent d'ailleurs office de compensation morale à la frustration résultant de la difficulté à mobiliser la population bretonne. Il est en sorte ainsi extrêmement difficile de bâtir une vraie force politique à l'instar de celles qui existent dans les Pays que vous citez et qui paradoxalement font souvent l'admiration jusqu'à parfois la dévotion de nombre de ceux que l'on désigne sous l'appellation globale de "militants bretons".

Pour autant, je ne crois pas qu'il existe en Bretagne une fatalité de l'échec, il s'agit plus de rationaliser nos comportements en faisant prévaloir la démarche collective sur l'engagement individualiste feu follet, et de donner confiance à nos compatriotes par la démonstration calme et sereine que nous aussi nous savons construire avec méthode et efficacité et que notre détermination est sans faille.

J'ai en cela une profonde conviction, celle de voir dans les temps qui viennent, nombre de femmes et d'hommes convaincus et décidés, rejoindrent nos rangs pour relever ce défi et participer pleinement à cette grande ambition. J'adresse ce message à chacune et à chacun de ceux qui croient sérieusement que la Bretagne a un avenir dans la communauté des Peuples d'Europe, il est temps aujourd'hui de cesser d'admirer ce que réalisent les autres pour devenir à notre tour les acteurs de notre propre changement!

ABP : Quelle sera l'actualité du Parti Breton dans les mois à venir ?

Lionel Divard : L’actualité pour le reste de l'année se présente comme intense avec déjà trois échéances importantes, une rencontre internationale au mois de Mai dans le Finistère à l'occasion du Centenaire de notre hymne national, une rencontre entre élus des 5 départements et en Septembre, la 1ère Université d’Eté du Parti Breton dans le Morbihan. En marge de tout ceci bien sûr et sans que ceci ne soit exhaustif, la poursuite des actions en cours, la réalisation de nos objectifs organisationnels, le développement de notre communication vers la population bretonne, le déroulement des séminaires de formation et un nouveau cycle de conférences.

ABP : Merci !

Jacques-Yves Le Touze


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Démocrate, Lorientais, Breton, Européen, curieux du monde, de ses cultures, engagé pour la démocratie , la construction d'une Europe fédérale, l'émancipation de la Bretagne pour lui redonner toute sa place au sein des nations européennes..... Voilà, n'hésitez pas à commenter, à critiquer, à applaudir, à suggérer ! Voir aussi mon blog (voir le site)
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