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- Dépêche -
Procés des militants bretons : un dossier vide.
La salle d'audience correctionnelle du Tribunal de Grande Instance de Guingamp était remplie ce lundi pour la comparution des deux militants bretons. Guillaume Bricaud, 31 ans et Christian GOINDIN, 38 ans sont tous les deux accusés de violences sans interruption de travail sur dépositaires de l'autorité publique.
pour ABP le 4/09/06 19:26

La salle d'audience correctionnelle du Tribunal de Grande Instance de Guingamp était remplie ce lundi pour la comparution des deux militants bretons. Guillaume Bricaud, 31 ans et Christian GOINDIN, 38 ans sont tous les deux accusés de violences sans interruption de travail sur dépositaires de l'autorité publique.

Les faits se seraient produit pendant l'une des nombreuses manifestations anti CPE du printemps dernier. Le 7 avril 2006, alors que dans la matinée un lycéen avait été interpellé, un cortège d'une soixantaine de personnes a parcouru les rues de Guingamp dans le courant de l'après-midi. Après un passage devant la gendarmerie, en soutient au lycéen interpellé, le défilé avait rejoint les locaux d'une agence d'intérim proche de l'ANPE. Les manifestants avaient alors tenté de murer symboliquement l'agence d'intérim.

A l'audience de ce lundi, la suite des évènements est plus floue. Deux gendarmes ont en effet porté plainte pour violences. D'après la version des militaires, qui avaient alors pour mission de prendre des photographies des manifestants, les prévenus les auraient bousculés violemment afin de les empêcher de remplir leur mission. Les deux gendarmes auraient alors eu à se servir de leur bâton de défense afin de se libérer des manifestants.

Les prévenus, quant à eux, ont nié en bloc cette version et ont indiqué au tribunal avoir été "molestés" et avoir reçu des "coups de matraques" de la part des deux militaires, qui selon eux, voulaient "forcer la manifestation". Des témoins sont venus appuyer cette thèse, indiquant qu' "à aucun moment ils n'ont porté de coups sur les gendarmes". Des témoins qui s'indignaient d'ailleurs à l'audience de n'avoir pas été entendu pendant l'enquête.

Le procureur de la république a, quant à lui, rejeté les déclarations des prévenus et des témoins de la défense, soulignant des contradictions dans le déroulement des faits : Il s'étonne en effet de l'absence de plainte déposée par les manifestants qui estiment avoir été violentés, et de l'absence de certificats médicaux. De plus, le procureur de la république s'appuie également sur des photographies versées au dossier et montrant les prévenus discutant avec les gendarmes. M. le Procureur a achevé sa plaidoirie en requérant une peine de prison de 3 mois avec sursis et 300 euros d'amende pour chacun des prévenus.

Me Christian Bergot, avocat de la défense, s'est lui attaché à montrer la faiblesse du dossier présenté par l'accusation. Il s'est étonné du peu de crédit accordé notamment aux témoins de la défense. Il a également été très surpris par l'absence de certificats médicaux justifiant la violence dont les deux militaires ont été victime, comme de l'absence de témoignage des autres gendarmes présents sur le site au moment des faits. Me Bergot n'a pas manqué non plus de relever les imprécisions dans les déclarations des deux gendarmes, parlant de "un ou deux agresseurs", et l'état d'esprit dans lequel le PV d'audition des victimes a été fait : l'OPJ chargé de prendre cette audition a écrit dans son rapport : "nous ressentons encore le stress des deux militaires". En conclusion, Me Bergot a estimé que l'on ne pouvait tirer aucune conclusion des éléments apportés par l'accusation. En effet, aucune preuve réelle et sérieuse de la culpabilité de ses deux clients n'a été apportée à l'audience. Il a demandé la relaxe pour ses clients.

Le tribunal rendra sa décision dans ce dossier le 18 septembre prochain. Pendant toute la durée de l'audience, une trentaine de militants bretons est venue apporter son soutien aux deux prévenus dans la salle d'audience et devant les portes du palais de justice. Les deux prévenus, qui s'étaient présentés libres au tribunal, sont repartis libres à l'issue de l'audience.

A noter : au cours de l'audience, l'un des prévenus a estimé qu'il était convoqué devant la justice, non pas pour des violences, mais plutôt à cause de son appartenance au mouvement breton. La réponse du Procureur de la République de Guingamp peut surprendre : il a en effet parlé de "l'impartialité de la justice de leur pays, ou du moins de leur région".

JPT / ABP

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