Pourquoi n'y-a-t-il pas de porte Internet en Bretagne?

-- Economie --

Enquete
Par Christian Rogel

Publié le 18/03/13 16:55 -- mis à jour le 00/00/00 00:00

Une porte Internet, qu'on appelle un GIX (Global Internet eXchange point) est une salle d'ordinateurs où se fait le trafic Internet entre zones au sens large (de l'État à la région).

L'intérêt d'un GIX est de faciliter un trafic grandissant qui supporte de moins en moins des relais intermédiaires et les allez-retours qui le ralentissent.

La présence d'un GIX dépend de la vigueur des échanges et donc de l'activité économique.

Après une période pendant laquelle, il n'y avait qu'un GIX à Paris, pour toute la France métropolitaine, il en existe de plus en plus : 9 à Paris, 1 à Lyon (Lyonix), 1 à Marseille (MA-IX), 1 à Toulouse (TouIX), 1 à Nancy (Lothix), 1 à Strasbourg (EuroGIX), 1 à Grenoble (GrenoblIX).

La Région Rhône-Alpes est la mieux lotie, car, autour de LyonIX (2 portes d'entrée et 70 interconnexions), il y a 4 GIX moins importants : Roannix, SaintéIX, ADN-IX (entre Valence et Romans) et GrenoblIX.

Un projet pour Bordeaux, GirondIX, est en voie de finalisation. (voir le site)

Lyonix a été inauguré en 2001 par une association (Rézopole) qui a su convaincre les collectivités locales de contribuer à la création et la Région Rhône-Alpes y a consacré 1 million d'euros sur 5 ans (380 000 euros en 2012).

C'est, sans doute, grâce à cela que Wibox et Lasotel sont des opérateurs Internet complets (Wi-Fi, Wimax, fibre) ont pu se développer dans cette région.

En 2011, il n'y avait que Lyon comme GIX en région et le mouvement s'est emballé en 2012.

Or, la Bretagne reste lamentablement à la traîne et c'est la faute de nos élus.

Pour s'en convaincre, on peut se reporter à cette carte. (voir le site)

En Bretagne et Pays-de-Loire, c'est Mégalis qui est la structure qui aurait du porter l'ouverture d'un GIX à Nantes ou à Rennes. Or, les deux Régions qui financent Mégalis refusent de s'impliquer dans «les usages».

C''est un prétexte et une politique à courte vue, car, la création d'un GIX est le complément obligé de la construction d'un réseau de fibres optiques. (voir notre article)

En effet, si vous voulez créer un opérateur Internet nouveau, éventuellement associatif et alternatif aux grands opérateurs nationaux, vous devrez payer un péage sur le lien informatique vers Paris, ce qui, dans le Finistère vous coûtera plusieurs milliers d'euros par mois.

La création d'un GIX à Nantes ou à Rennes ou entre les deux, diminuerait considérablement les coûts pour les usagers de ces nouveaux services.

Ces nouveaux services pourraient garantir leur neutralité, vis-à-vis du Net et empêcher l'intrusion dans votre vie privée.La logique serait d'être proches des plus gros «data centers» privés déjà existants.

Il serait intéressant de connaître les arguments des responsables bretons, y compris les Nantais, pour justifier une telle inertie.

Ce n'est pas parce que l'infrastructure informatique se voit moins que les tranchées dans les rues, que, les élus sont dispensés de clairvoyance pour faciliter les structures neutres entre les grands opérateurs.

Par l'Agence Bretagne Presse,ils savent, pourtant, que, non seulement, la Bretagne est une terre d'ingénieurs des TIC (voir notre article), et que les Bretons sont parmi les plus grands utilisateurs du Net, la totalité des jeunes générations étant connectée. (voir notre article)

L'association des internautes territoriaux a donné ici des pistes pour les collectivités territoriales qui veulent favoriser l'implantation d'un GIX. (voir le site)

Qu'attend-on pour commencer?

Christian Rogel

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