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- Communiqué de presse -
Pays basque: Josu Jon IMAZ, président national d'EAJ-PNB interpelle sans détour Batasuna.

EAJ-PNB tient avant tout à condamner une nouvelle fois le grave attentat commis par ETA, samedi dernier à l'aéroport de Madrid et se solidarise avec toutes les victimes, les deux personnes disparues et leurs familles.

Benat 0teiza pour EAJ - PNB le 7/01/07 18:01

EAJ-PNB tient avant tout à condamner une nouvelle fois le grave attentat commis par ETA, samedi dernier à l'aéroport de Madrid et se solidarise avec toutes les victimes, les deux personnes disparues et leurs familles.

Je souhaite évaluer une situation qui m'affecte profondément, mais n'atteint pas ma sérénité. En pareille circonstance, nous devons plus que jamais être sereins et revendiquer la confiance en la démocratie et en la politique en réaffirmant notre engagement en faveur des valeurs éthiques dans le discours et la pratique politique, rendus crédibles par 112 ans de constance en la matière.

La rupture de la trêve et le moment que nous vivons n'ont qu'un responsable : celui qui a décidé d'exercer la violence et de tuer : ETA. Les analyses que nous autres avons pu faire sont nécessaires. Mais nous ne devons pas perdre de vue un principe démocratique de base : la responsabilité unique de l'attentat revient à ETA.

La situation née du grave attentat réalisé par ETA samedi dernier exige une analyse plus approfondie que celle conjoncturelle ou de court terme. N'oublions pas la décision d'ETA d'utiliser le terrorisme à des fins politiques dans un contexte démocratique depuis trois décennies. Trois décennies durant lesquelles nous avons connu l'espoir de processus de paix puis la désillusion de la rupture. Tout au long de cette période, dans des circonstances différentes, mais souvent dans des situations de souffrance et de tragédie, cette société a toujours tenté d'accomplir les pas en avant pour obtenir définitivement la paix. Pour que rien ne puisse rompre cette espérance.

La position actuelle d'EAJ-PNB est évidemment liée à la situation crée par l'attentat du samedi précédent, mais elle répond à des questions de fond et dépasse l'agenda établie par ETA.

ETA est une organisation terroriste qui au nom d'une représentation supposée populaire que personne ne lui a conféré, prétend à des objectifs politiques par la pratique de la violence. En 1977, EAJ-PNB a déjà communiqué à ETA le refus permanent de toute imposition militaire. EAJ-PNB a toujours maintenu cette position et la maintiendra. Dans le passé, maintenant et toujours. Nous n'accepterons jamais l'imposition totalitaire d'ETA qui prétend imposer des objectifs politiques par la violence et la menace. Nous hausserons toujours le ton face à ceux qui tuent, ceux qui assassinent pour s'imposer au reste de la société.

Nous pensons que le débat sémantique sur la rupture ou la suspension de la trêve n' a pas beaucoup d'intérêt. Nous le laissons aux politologues. Ce qui est évident c'est que les bases sur lesquelles reposaient ce processus né en 2004 et renforcé par la trêve du 22 mars sont aujourd'hui inexistantes. Il est évident que la société, dans cette délicate situation exige que nous poursuivions la route pour en finir avec la violence et construire la paix.

Notre position face à la fin dialoguée de la violence et la normalisation politique est très éloignée de l'agenda d'ETA. EAJ-PNB approuvait son Document sur la paix et la normalisation politique à l'unanimité le 10 octobre 2005, cinq mois avant l'annonce du cessez-le-feu par ETA. Notre document d'octobre 2005 est toujours en vigueur dans tous ses effets.

Notre position étant la même, il est évident que notre espérance a décru. Nous ne serions pas humains si un attentat d'une telle gravité n'affectait profondément notre sensibilité et notre espérance. Nous sommes dans une certaine mesure dans une situation pire qu'avant la Déclaration d'Anoeta, (la frustration de l'opportunité perdue nous renvoie à des positions pires qu'avant).

ETA a prétendu s'ériger une fois de plus en juge de la vie des personnes, et avec elle de la vie politique et sociale basque. ETA a décidé de tuer parce que la façon dont les partis politiques conduisent les débats ne lui convient pas, parce qu'il a décidé de refuser le réseau de relations qu'ont tissé les forces politiques basques tout au long des 9 derniers mois.

ETA a rompu le cessez-le-feu permanent avec cet attentat. La paix s'éloigne. Parce que la paix n'est pas quelque chose qui dépend exclusivement de notre volonté ; ce n'est pas une variable indépendante d'ETA, mais le contraire : l'arrêt de la violence peut signifier le début d'un processus de paix, même si cela ne suppose pas en soi son couronnement. Nous le disions dans notre document d'octobre 2005. L'arrêt de la violence est la clé d'un processus.

De plus, la résolution de mai 2005 du Congrès des Députés le dit textuellement : “si les conditions adéquates se produisent pour une fin dialoguée de la violence, basée sur une volonté claire d'y mettre un terme et dans des attitudes inéquivoques qui puissent conduire à cette conviction, nous appuyons les processus de dialogue entre les pouvoirs compétents de l'Etat et ceux qui décident d'abandonner la violence en respectant à tout moment le principe démocratique qui ne souffre aucune concession : les questions politiques doivent être résolues uniquement au travers des représentants légitimes de la volonté populaire”.

Il convient de le rappeler parce qu'il s'agit d'une résolution dont les concepts de base ont une valeur qui va bien au-delà du contexte ponctuel d'un processus de paix déterminé. Il convient de rappeler que le Pacte d'Ajuria Enea, 17 ans auparavant, contenait dans son 10ème point pratiquement la même affirmation. Le débat n'est pas tant sur le contenu de cette résolution et son entrée en vigueur, ni sur la sémantique de la rupture ou de la suspension du processus. Il faut malheureusement constater que les conditions de base à la fin dialoguée ne sont pas présentes, parce qu'il est évident qu'il n'y a pas de volonté claire d'abandonner la violence, au contraire.

De plus, nous devons tous faire l'effort d'éviter ce débat, parce que comme nous le disions dans notre document sur la paix et la normalisation politique d'octobre 2005 “les temps nouveaux exigent de partager les critères et les évaluations sur la validité de l'abandon de la violence. Nous considérons comme nécessaire une définition pactée entre les partis politiques à propos de l'abandon de la violence et une vérification partagée de son authenticité”. Actuellement, personne ne peut défendre honnêtement que les conditions soient requises.

De plus, face à la gravité extrême de l'attentat perpétré par ETA à l'aéroport de Madrid, les citoyens n'ont pu constater le moindre mouvement de Batasuna face à un tel attentat, un geste cohérent avec la Déclaration d'Anoeta (sortir le conflit de la rue, pari sur les voies exclusivement politiques et démocratiques,...) Tous les partis politiques ont couvert la Déclaration d'Anoeta. Parce que Batasuna a défendu la Déclaration d'Anoeta, au nom de toute la gauche abertzale. En le faisant, elle défendait la voie politique en Euskadi. Batasuna, par son silence a brisé l'espérance d'Anoeta. Batasuna a démontré son manque d'autonomie politique. Sa fierté apparente à certains moments se convertit en docilité et soumission face aux intolérants qui ont assassiné deux immigrants équatoriens qui dormaient dans la voiture d'un parking.

La société exige de Batasuna une réponse qui aille bien au-delà de la rhétorique sans contenu. Nous aurons trouvé les conditions d'un dialogue uniquement lorsque Batasuna sera capable de mener, de façon civique, un projet politique. Nous aurons trouvé alors les conditions à un dialogue qui permette de chercher des espaces de négociation, des accords pour le vivre-ensemble et la normalisation. J'espère que cela arrivera le plus tôt possible. Pour le bien de tous les Basques. Batasuna joue dans cet engagement ou dans son absence, la survie de son projet politique.

Malgré tout, EAJ-PNB continuera à défendre, comme il l'a toujours fait, les droits de l'Homme en y dénonçant leur violation. Nous continuerons aussi à revendiquer le fait qu'il revient à Batasuna de désarmer ETA. C'est sa principale valeur ajoutée, celle qui lui est reconnue au-delà de sa représentation électorale, comme il revient au PSE ou au PSN de représenter actuellement le parti au pouvoir ou comme il revient à EAJ-PNB l'articulation de majorités politiques en Euskadi par sa centralité.

Et maintenant ?

EAJ-PNB a pour priorité et pour horizon la paix pour notre peuple. La construction d'une Euskadi solidaire et intégrée est seulement possible dans la paix et la liberté. Face à la gravité de la situation, il me semble nécessaire d'apporter les précisions suivantes :

1- consolider, restaurer et renforcer les facteurs favorables à la paix, en particulier, l'engagement de la société basque pour la paix et son rejet vital de la violence. En ce sens, je souhaite réitérer notre décision : continuer le travail pour développer des résolutions relatives à la paix et au vivre ensemble approuvés au Parlement basque par la Commission des Droits de l'Homme en 2004, impulser les Foros Municipaux de participation citoyenne annoncés par le lehendakari et nous engager activement dans les programmes et les actions pour la paix et le vivre ensemble.

2- nous engager en faveur de l'autogouvernement basque, avec ce que cela suppose de consolidation et de renforcement institutionnel de l'identité nationale basque et de délégitimation éthique et politique de l'exercice de la violence.

3- pratiquer la défense de la parole, du débat civilisé, sans violence et en liberté, en tout temps et tout lieu, comme instrument irremplaçable de l'action politique. Revendiquer la parole et la politique face à la violence. La pacification sera complète lorsque le schéma intellectuel d'imposition qui nourrit la justification des armes cessera également. Nous n'accepterons jamais et ETA doit le savoir, un débat et un accord sur l'avenir d'Euskadi sous sa tutelle. Nous travaillerons pour la défense des idées et des projets politiques, sans admettre qu'aucun projet politique ne puisse être présenté comme condition pour la paix.

EAJ-PNB continuera à travailler honnêtement et avec sincérité pour que le problème de la violence demeure finalement en dehors du jeu partisan. ETA a dynamité le parking de T-4 de Barajas. Mais nous ne permettrons pas qu'il dynamite la confiance et le dialogue qui dans cet esprit cherche à en finir avec la violence et construire un avenir en paix et en liberté.

Nous lançons en ce sens un appel à toutes les opinions politiques pour que, sans renoncer à la défense de leur propre idéal, la lutte contre le terrorisme ne soit en aucun moment un motif de division et soit utilisé encore moins comme arme électorale.

Sabin Etxea, le 03 janvier 2007

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