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Les instituts, académies, offices ... : des instruments de la gestion de l'agonie des langues minoritaires ?

Communiqué de presse de Taol Kurun (porte parole Fanny Chauffin) publié le 6/08/13 20:28

Les instituts, académies, offices ... : des instruments de la gestion de l'agonie des langues minoritaires ?
vallée de la Soule
Les instituts, académies, offices ... : des instruments de la gestion de l'agonie des langues minoritaires ?

Le constat est dur, mais lucide. Les acteurs de la culture basque font le point.

Offices, instituts de la langue, académies ... les nouvelles institutions qui gèrent les cultures basque, bretonne, corse, ... foisonnent. Et les langues ?

Mixel Etxekopar ne mâche pas ses mots. Musicien, enseignant, poète à ses heures, acteur infatigable depuis longtemps du renouveau de la culture basque, il fait un constat sévère et réaliste à la fois : «l'institut de la langue basque (ndlr : il existe en pays basque deux organismes, l'office de la langue basque qui s'occupe de la langue, et l'institut culturel basque qui gère les actions culturelles, met en réseau les acteurs, ...), c'est un mal nécessaire, mais malgré tout un outil de gestion de l'agonie de la culture basque. C'est dur de dire ça, mais c'est un outil qui a été créé par une demande de la base, une revendication forte. Mais en fait, ceux qui gèrent ces instituts se retrouvent le cul entre deux chaises. Et la minorité hyperactive qui a créé cet institut se retrouve otage du machin pour demander trois ou quatre sous ...»

Comment inverser la tendance ? Par des créations de qualité, à l'image de la Pastorale de dimanche à Chéraute en Soule, petit village de 700 âmes accueillant deux dimanches de suite quelques 4000 spectateurs ...? La pastorale est une pièce de théâtre populaire qui vient du XVIIe siècle et qui était jouée partout en Europe. Elle dure trois heures et demie, sans entr'acte, et sans un mot de français.

Mais la situation de la langue basque pourtant transmise de façon familiale beaucoup plus qu'en Bretagne n'est pas forcément brillante partout : les Ikastolas augmentent leurs effectifs, et les classes bilingues publiques aussi, mais en famille, et chez les jeunes de 14/18 ans, la baisse de pratique est sensible.

Mixel parle beaucoup de l'importance du chant. Et en vallée de Soule, il y a plus de chanteurs que d'habitants. Car il faut compter, les brebis et leurs cloches aux multiples tonalités, les vaches dans la montagne...

Dominique, 26 ans qui tenait le rôle principal de la Pastorale est un chanteur d'exception... comme plusieurs centaines d'une vallée qui compte 13 000 habitants. Démonstration sans commentaires d'une culture bien vivante, malgré tout. Un peuple qui chante ne peut pas mourir.

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Vos commentaires :

Alan Meur
Mercredi 7 août 2013

L'argent donné par les collectivités locales et demandé par les associations a peut-être en fin de compte corrompu l'envie et le dynamisme du mouvement breton. Il suffit d'assister à une réunion sur le breton et l'on rencontre de plus en plus de salariés du breton et de moins en moins de militants bénévoles. Le breton s'est institutionnalisé, c'est très bien mais au détriment d'une certaine dynamique locale. Pensons local, organisons de petits événements dans notre commune, une promenade en breton, un cours du soir, une conférence, une visite de chapelle, c'est aussi important que des débats sur la co-officialité, le bilinguisme précoce...

iffig cochevelou
Mercredi 7 août 2013

Il est bien évident , et on le voit bien en Bretagne, lorsqu'on est salarié d'un organisme dépendant d'un pouvoir, lui même dépendant d'un système dont tout le monde sait que son objectif est la destruction des langues et cultures minoritaires (vocabulaire qui n'existe pas dans la langue de la "république") on ne fait pas d'excès de zèle !

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