L’EMSAV doit aussi défendre bec et ongles la langue gallèse

-- Langues de Bretagne --

Chronique de Association de Lutte Contre les Violences Faites aux Bretons
Porte-parole: Erwan LE GARLANTEZEC

Publié le 14/05/20 12:10 -- mis à jour le 14/05/20 16:19

La Bretagne est une nation avec un peuple, deux langues, un territoire, une culture, une histoire et des valeurs. Le breton et le gallo sont des langues vivantes à part entière et non des patois. Elles font partie intégrante du patrimoine immatériel de l’Humanité et de l’identité bretonne.

Il convient de marteler qu’il ne doit pas exister de hiérarchie entre les langues bretonne et gallèse. Souvent atteint du syndrome de Stockholm, parfois l’EMSAV se comporte comme si, trop heureux de tenter de sauver une de ses deux langues, il se résolvait à abandonner l’autre à son triste sort.

Je souhaite la reconnaissance du breton et du gallo comme langues officielles. L’EMSAV doit soutenir les possibilités, pour nos enfants et les adultes, d'apprendre le breton et le gallo. Il doit faire imposer l’utilisation d’une signalétique tri-lingue dans l’espace public. Enfin, il est nécessaire de créer de vrais médias bretons.

Les premières traces écrites du gallo datent du XIIe siècle. Le gallo est une langue romane, son lexique et sa grammaire venant en très grande partie du latin.

Il est majoritairement parlé en Ille-et-Vilaine, en Loire-Atlantique, et dans l'est du Morbihan et des Côtes d’Armor, derrière une frontière linguistique allant de Plouha à Guérande.

8 % des habitants de la Bretagne historique disent comprendre très bien ou assez bien le gallo. Ce chiffre est très proche du pourcentage de locuteurs du breton.

Le gallo est aujourd’hui classé, par l’UNESCO, parmi les langues sérieusement en danger.

Le Conseil régional de Bretagne a officiellement reconnu, à l’unanimité, le breton et le gallo comme « langues de la Bretagne, au côté de la langue française », en 2004. Le Conseil général d’Ille et Vilaine soutient lui aussi publiquement le gallo. En revanche, en Loire Atlantique, il n'existe hélas aucune prise de position officielle à propos du gallo, les élus du Conseil régional des pays de la Loire étant idéologiquement contre toute trace du passé millénaire breton de ce département.

Au niveau national, le gallo ne possède aucun caractère officiel, la France ne reconnaissant que le français comme langue. Cependant, l’article 75-1 de la Constitution, voté en 2008, a entrouvert une porte, en affirmant que les langues régionales appartiennent au patrimoine de la France. A ce jour, le gallo est également reconnue en tant que « langue régionale » par le ministère de l’Education nationale.

La Charte culturelle bretonne, signée en 1977 par l'État et les collectivités territoriales bretonnes, a marqué un changement dans la perception des langues de Bretagne. En effet, la charte stipule, par exemple, qu'il faut assurer aux langues gallèse et bretonne, les moyens nécessaires à leur développement, y compris dans l'enseignement et à la radio-télévision.

Un enseignement de langue et de culture gallèses est ainsi proposé dans certaines écoles primaires d’Ille et Vilaine. L'association Dihun Breizh a aussi mis en place un système similaire dans des établissements primaires catholiques du Morbihan.

Dans l'enseignement secondaire, l’académie de Rennes propose le gallo en option facultative aux baccalauréats généraux et technologiques depuis 1984.

Enfin, depuis 2008, l'université de Rennes 2 offre une option de gallo de trois heures par semaine étalée sur trois années.

En Loire-Atlantique, département pourtant signataire de la Charte culturelle Bretonne, l'enseignement du gallo n'y est hélas proposé dans aucun établissement scolaire.

Le gallo reste néanmoins l'une des langues régionales françaises les moins enseignées, moins que le Breton et l’Alsacien par exemple.

Des associations mènent un travail de collecte du patrimoine de la langue, dans toute l'aire d’existence gallèse, et constituent des bases de données, comme « Bertègn Galèzz », fondée en 1976.

D’autres associations se sont spécialisées, comme « Maézoe » dans la toponymie ou « l'Epille » dans la chanson traditionnelle.

Certaines associations éditent des revues écrites en gallo. « Bertègn Galèzz » publie ainsi « Le Liaun», une revue éditée depuis 1978, avec de nombreux articles en gallo. En 2014, a été créé un web-hebdomadaire intitulé « Runje », qui est intégralement en gallo. Enfin, depuis 2005, des articles écrits en gallo paraissent dans la revue en Breton « Ya ! » éditée par l'association « Keit vimp Bev ».

Le gallo est hélas très peu visible dans les médias régionaux traditionnels.

Sur internet, le site Agence Bretagne Presse diffuse des articles en gallo. Le site d'informations « 7seizh.info » publie aussi régulièrement des articles en gallo sur l'actualité internationale et le sport.

Depuis 1996, on peut entendre des chroniques en gallo sur les ondes de « France Bleu Armorique ». « Plum'FM » est une radio qui présente aussi plusieurs émissions totalisant onze heures trente de programmes en gallo par semaine. « Plum'FM » travaille également en partenariat avec « Radio Bro Gwened », avec qui elle échange des programmes en gallo.

Enfin, des émissions ponctuelles en gallo sont diffusées par d'autres stations de radio, comme Radio Rennes et son émission « Chemins de Terre ».

En conclusion, les survies du gallo et du breton sont malheureusement sur le fil du rasoir. La France s’est, en effet, employée à les éradiquer pendant plusieurs générations, grâce au nivellement par le bas et la mise en œuvre de sa politique de la terre brûlée.

Néanmoins, l’EMSAV ne doit en aucun cas céder à l’indicible tentation du « choix de Sophie », à l’instar de cette dramatique situation narrée par le romancier William STYRON dans son ouvrage éponyme.

Erwan LE GARLANTEZEC, Association de Lutte Contre les Violences Faites aux Bretons.

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Erwan LE GARLANTEZEC, président de l'ALCVFB.

Vos commentaires :

iffig
Jeudi 14 mai 2020

Le gallo, ou plutôt la série de patois autrefois parlés en Haute Bretagne dans le Maine et la Mayenne, n'est pas une langue au sens courant de ce mot. Pour qu'une "langue gallèse" puisse exister il faudrait une unification d'une langue standard et que l'on puisse y décrire tous les plis de la pensée dans tous les domaines, il faudrait qu'il y ait aussi l'équivalent du Barzhaz Breizh ; il faudrait qu'il y ait une plus grande différence avec le français et que le français ne soit pas la alngue littéraire naturelle de ces parlers non écrits. Ces patois sont juste bons pour des contines et des chansonnettes. Ils me font penser à une vielle grand-mère aux soins palliatifs qu'il faut laisser s'en aller dans la paix d'une vie après une société qui n'est plus (ruralité). Les 'gallos' n'ont jamais investi le champs religieux non plus : les prières étaient en français ou en latin dans les familles, pas en patois !

Enfin, et c'est le plus important, le breton a une vocation nationale pour toute la Bretagne : un peuple, une langue.

Vous commencez par dire qu'il y a deux langues en Bretagne : c'est vrai il y a le français et le breton en concurrence. Si l'on veut donner un avenir à notre presqu'ile, c'est le breton qui doit être le vecteur de la renaissance, sinon à mon avis, sans cette ambition politique, autant abandonner le breton qui a une vocation nationalitaire, je le redis.

J'ai pu parler avec le député Le Fur et à son époque à Cozan à propos des parlers "gallos". En fait c'est clair : ils ne pouvaient pas donner d'argent au breton sans en donner au "gallo". D'où la reconnaissance indue de 2004 au Conseil Régional B4. Donc toutes les avancées du "gallo" sont dues en fait à l'EMSAV, comme vous dites. Le "gallo" est donc un boulet pour le breton qui l'empêche de concurrencer le français. Il n'y a pas à mettre sur un pied d'égalité le ramassis de patois (allez comparer le parler de Pornic à celui de Pordic en supposant qu'ils existent encore !) "gallos" de Bretagne et à l'est de la Bretagne avec le Breton, mais à mettre sur un pied d'égalité le breton avec le français, dans un premier temps, puis à nous débarrasser du français dans un second temps. De toute manière ce débat devrait se faire dans notre langue nationale et non pas dans celle pour laquelle le 'gallo' est un allié objectif, un cheval de Troie. Pourriez-vous seulement mener ce fil en 'gallo'?!. L'EMSAV a une vocation nationalitaire et sa langue est le breton. Le 'gallo' combien de divisions ? Il reste néanmoins que parler un patois gallo peut avoir un intérêt familial avec ses grand parents, mais son avenir est fini, tout comme il est illusoire de vouloir maintenir des dialectes en breton parallèlement à une langue standard en breton, moderne c a d adaptée à notre époque. Y a-t-il Wikipédia en 'gallo'. C'est pourtant une initiative qui ne relève pas de l'Etat. En réalité il n'existe qu'une poignée de militants du 'gallo' et ce 'gallo' n'a pas suffisamment de 'capital historique' et ce dans TOUS les domaines, pour espérer perdurer. Il n'y a pas dans ce sujet du "gallo" de "violence faite aux Bretons". Les hauts Bretons savent parfaitement que la langue propre à la Bretagne est bien évidemment le Breton et que l'EMSAV a réussi, tout seul, sans l'Etat, à le hisser à la hauteur des autres langues modernes.

Fañch ar Vilin
Samedi 16 mai 2020

Le gallo a beaucoup profité du combat mené pour la défense de la langue bretonne. Malheureusement le gallo est devenu de manière récurrente un prétexte pour faire barrage au développement du breton en Haute-Bretagne.

Hervé Thomas
Dimanche 17 mai 2020

Le gallo est au français ce que le flamand est au néerlandais ou le vannetais au breton: un de ses dialectes. La langue littéraire du gallo est le français. Vouloir mettre le gallo et le breton sur un pied d'égalité revient à rabaisser la langue bretonne au rang d'un dialecte: c'est ce piège tendu par Giscard et sa "charte culturelle" dans lequel l'Emsav s'est précipité...

Jean-luc Laquittant
Mardi 19 mai 2020

Demat ou Biawjou messieurs les censeurs, pouvez vous me dire quelle langue parlait Nominoë le fondateur de la nation bretonne, breton ou roman (gallo) ?

Si les hommes du moyen âge ne savaient ni lire, ni écrire (seuls les religieux étaient érudits) ils étaient tous, oralement, polyglottes. Si, en 830 quand il rencontra l'empereur Louis le Pieux, Nominoë parlait breton, c'était plutôt du vannetais, par contre il parlait sûrement comme tous les aristocrates de ce temps roman et latin. Car il était, sans doute, comme Conwoïon son fidèle conseillé, breton armoricain et non breton insulaire (venu de Grande Bretagne).

Ce qui pourrait expliquer, le choix de l'empereur et que toutes ses actions ont eu lieu à l'est du Bro Erec. Mais aussi pourquoi il fit la reconquête des Marches car c'était tout simplement son pays depuis toujours.

Alors piano, piano les censeurs sachez que toutes les langues ne sont que des mélanges, aucune langue n'est pure et toutes doivent être respectées le breton comme le gallo. Seules les langues de bois et de l'ignorance doivent disparaître.

Fañch ar Vilin
Mardi 19 mai 2020

@ Hervé Thomas.

Le piège est tellement gros que beaucoup sont tombés dedans.

Les « élites » ou « élus », font leur sale boulot de lèches-culs de Paris. Ils sont payés pour ça.

Ils ont toutefois réussi à disséminer dans la population de l'Est de la Bretagne une intolérance à la langue bretonne en utilisant ce fameux prétexte du gallo qu’ils ne parlent pas eux-mêmes, et dont ils se foutent complètement, l'objectif étant de contrer toute velléité des bretonnants à disposer des droits linguistiques dont bénéficient les autres peuples de l'Europe.

Erwan ar Menn
Jeudi 21 mai 2020

POURQUOI PAS « LE CHOIX DE SOPHIE » ?

Le Gallo, langue d’oil d’origine romane ne présente aucun risque pour l’Etat car il ne remet pas en cause, par sa structure, les modes de pensée de la civilisation française dominante. Peu différent des parlés de la Manche, de la Mayenne, de l’Anjou et du Poitou, elle ne marque pas une identité forte.

Il est vrai que le gallo est la seule langue d'oïl reconnue en tant que « langue régionale » par le ministère de l'Éducation nationale, les autres n'étant pas enseignées à l'école (de l’Armorique à la Wallonie). N’est ce pas étonnant ? Pourquoi une langue dont l’étendue territoriale est bien plus importante que celle du Breton, qui a participé à la création du français n’a pas obtenu le statut de l’occitan ?

Pourquoi les pratiquants du Gallo se réveillent-ils très tardivement pour défendre leur langue ?

Est ce par nostalgie du passé, le folklore ? Est ce pour suivre l’exemple de L’Emsav ? Est ce pour produire une pensée originale ou par goût de l’ethnologie ? Est ce initié par l’État ?

L’article « défendre la langue gallaise bec et ongles » paru dans ABP ne permet pas de comprendre pourquoi il faudrait que l’Emsav défende le Gallo. Être solidaire des Emsav Alsacienne, Basque, Corse ou d’autres minorités n’implique pas de les remplacer dans leurs luttes. N’est ce pas aux locuteurs de la langue gallaise qu’il revient de la défendre ?

Pourquoi reprocher à l’Emsav de miser sur le Breton ?

La langue et la culture bretonne (celtique) pose problème à l’État Français depuis la révolution française.

N’est-il pas judicieux pour fragiliser le breton et réduire son enseignement de donner partie des faibles fonds alloués aux langues « régionales » à une « seconde langue régionale » dans la même région ?  

Le but n’est-il pas de faire disparaître la langue gênante, l’autre reste sans danger pour les jacobins et n’est ce pour eux qu’un moyen d’arriver à leurs fins ?

Le choix de Sophie 1 (choisir lequel de ses deux enfants sera tué) ne se pose-t-il pas ?

Vaut-il mieux condamner les deux langues (...les survies du gallo et du breton sont malheureusement sur le fil du rasoir) ou tenter d’en sauver une ?

Le choix du Breton ne doit pas être appréhendé comme une marque de supériorité vis a vis du Gallo. Selon quels critères, elles ont chacune des qualités et des faiblesses ?

Par contre le Breton est perçu hors de Bretagne comme fondamentalement original dans l’état français, au même titre que le Basque, le Corse ou l’Alsacien, cultures minoritaires de l’hexagone.

La langue et la culture bretonne ne posent elles pas un problème politique ?

Même s’il est moralement correct de vouloir défendre les deux, n’est-il pas bon d’estimer les forces en présence. La France a beau jeu de défendre des cultures lointaines chez les autres, n’a-t-elle pas montré et ne continue-t-elle pas sa lutte contre ses propres minorités ?

Nombre des défenseurs du Breton ont été et sont d’origine non bretonnante. Pour beaucoup ce n’était pas un choix passéiste mais au contraire une projection vers l’avenir.

L’Emsav a-t-elle à promouvoir aussi le Français et le Gallo, langues de Bretagne ?

L’Emsav a compris depuis longtemps que la force des bretons réside dans leur langue et culture celtique. N’est ce pas elle qui nous permet une vision différente et enrichissante pour l’humanité.

Avons nous la possibilité d’éviter le choix de Sophie ? Ne pas choisir, n’est ce pas faire le jeu de ceux qui ne veulent aaucune langue autre que le français ?

Kristof Bourdelier
Jeudi 21 mai 2020

Le Gallo est enseigne a Sion / Hezin-ar-Mengleuzioù / Sion-les-Mines

(voir le site)

Jo Kergaden
Jeudi 21 mai 2020

Hervé Thomas a raison de rappeler le piège de la mise en avant de deux Bretagnes.

Il a raison de souligner que le gallo, dans ses différentes formes localisées relève de la langue française, langue romane. C'est une forme dialectale d’oïl tout comme le français académique qui a réussi car langue du pouvoir. Ce français académique en est la forme écrite.

Peu de choses le distingue du patois normand, du patois mayennais ou de l'angevin qui ont pour standard, eux aussi, le français académique, même si naissent ça et là quelques élucubrations graphiques ou scripturales.

J'écoutais une émission en gallo sur Plum' Fm l'autre soir. Sans l'avoir appris je comprenais plus de 95% . Car la syntaxe (et le mode de penser et de décrire le monde) est rigoureusement la mêmes que celle du français que j'ai appris appris à l'école. Normal, c'est une variante d'une même langue. Seuls quelques mots pouvaient m’échapper. Je le comprenais en tous cas aussi bien que je comprends le trégorois ou le léonais alors que je suis vannetais. A ce propos, d'ailleurs, j'accepte très largement l'écriture "peurunvan" comme l'écriture standard du breton dans ses différentes formes dialectales . Il faudrait simplement l'améliorer sur certains points. J'aimerais particulièrement que le gwenedeg soit davantage retenu lorsqu'il s'agit d'enrichir le breton standard. Surtout quand il présente des archaïsmes syntaxiques et du vocabulaire précis que les autres dialectes ont perdus.

Tout ça pour dire qu'il faudrait que les locuteurs de gallo continuent de le parler mais qu'ils admettent que c'est un dialecte de type français et que leur standard d'écriture est le français officiel. Je ne comprends pas l'invention récente d'une écriture laborieuse "galaise" alors qu'il existe un standard qui ferait l'affaire. Et je trouve particulièrement idiot de voir de lourdes signalétiques "trilingues" en certains endroits: français standard, breton ET "gallo". Cela ne fait que ridiculiser tout le monde et qu'apporter de l'eau au moulin de nos adversaires jacobins de l'"Une et Indivisible" qui doivent bien se marrer.

Kristof Bourdelier
Jeudi 21 mai 2020

Bien au contraire Jo K/gaden c'est bien parce que la langue Bretonne est surtout le fait d'une grande moitie occidentale de la Bretagne(jusqu'a la moitie nord-ouest du Nantais + Nantes et son pays pour ceux qui souhaitent apprendre/parler/&c. le Breton) qu'il est important de donner au Gallo(parlers Romans de Bretagne donc oui Normand de Bretagne, Angevin de Bretagne, Mainiot de Bretagne, Poitevin de Bretagne &c. - Francais exclu) la place qui lui revient:') Les gens du Pays de Retz et de la moitie sud-est du Nantais plus largement ainsi que ceux du levant du Rennais ne sont pas forcement interesses par la langue Bretonne - pour un grand nombre d'entre eux, leur parler Roman(de Bretagne) - c'est leur langue(au moins jusqu'a la fameuse 'frontiere linguistique':') Quant a savoir ce qu'est une langue et/ou un dialecte, personne n'est reellement en mesure de dire aujourd'hui ce qui distingue fondamentalement une langue d'un dialecte:')

Burban xavier
Jeudi 21 mai 2020

La frontière linguistique Plouha Guérande est une vue de l'esprit , la Bretagne est francisée car nous avons renoncé à un patrimoine précieux la langue bretonne désormais unifiée comme le fut le français qui est en faite de bas latin dont la création a été organisée pour en faire un standard finalement récent avec la création de L'Académie française pour la cadrer . Avant la première guerre mondiale un parisien penait à comprendre un auvergnat ou encore un provençal ou pire encore un gascon .

La ligne Loth n'a plus de sens concernant le breton seuls les personnes vraiment intéressées apprennent le breton dans n'importe quel département breton ,, il n'y a pas plus d'efforts consentis à Lorient ou à Brest ou à St Nazaire ou Vitré ou St Brieuc... de la part des populations pour remettre cette langue en pratique publique . Evidemment les associations pour la défense de la langue bretonne sont très actives et ont un grand mérite de persévérer pour la sauver , sans cette langue il n'y a pas de "peuple breton" , l'énergie consacrée est colossale pour la faire progresser mais nous sommes loin de faire adhérer les populations à ce projet . Certes , il demeure une sympathie pour ce mouvement en sa faveur et pour son développement mais il y a danger pour -celle ci en dépit de progrès notables . Il convient aussi d'ajouter des hostilités marquées de nombre d'élus ou de la population" car le breton ne sert à rien " je cite . il vaut lieux apprendre l'anglais ,enfonçons les portes ouvertes ou le chinois pour les enfants : c'est à la mode ...

Posons-nous quant mm la question suivante en étant honnête ! Combien d'entre-nous ont un niveau d'anglais satisfaisant pour tenir une conversation de valeur et riche en anglais après 6 ans de pratique scolaire collège et lycée ?? J'imagine ce que doit être le niveau en mandarin ...

Pour apprendre une langue la meilleure façon c'est de se rendre dans un pays la pratiquant , anglais ou autre , j'admets que les générations actuelle bougent plus c'est vrai ...

Les français ne brillent pas pour l'apprentissage des langues c'est un fait par ce qu'ils sont persuadés que la leur est suffisante et forcément supérieure car internationale , au mieux l'allemand est un grognement à côté de la leur ... ect...

Pour ma part , je considère que la Bretagne est unique . Opposer Breizh lzel et Haute Bertayn est stupide car c'est un point de vue parisien vendu aux Breton(ne)s c'est à dire Bretagnes avec un S pour diviser alors que nous sommes minoritaires et fragmentés , la région administrative Bretagne utilise cette appellation honteuse pour montrer " des Bretagnes ouvertes sur le Monde" comme si les Breton(ne)s sont enfermé(e)s dans un carcan idéologique . La France devrait utiliser l'appellation Frances au pluriel pour sa gouverne pour ses minorités visibles et invisibles mais pourquoi donc ne le fait-elle donc pas ?

Le gallo existe comme langue parlée expression populaire au sens noble du peuple par contre vouloir comparer le breton et le gallo n'est pas possible ; le gallo est roman issu du latin , le breton est une langue celtique avec des dialectes locaux( vannetais ) comme peut l'être le gallo (vendelais) .

Si le breton se développe de nos jours , c'est qu'il s'appuie sur des écrits nombreux , des dicos , des grammaires éprouvées , pièces de théâtres , écoles plus nombreuses , formations et une demande plus forte ....C'est pourquoi, il se standardise , c'est un cheminement .

Le breton s'étend en Haute Bretagne " depuis quelques années car la population s'y intéresse . La démarche est difficile que vous habitiez à Nantes , Vannes , Quimper , Pontivy , Loudéac , Lannion , St Malo ou Rennes car le problème majeur c'est qu'il n'est pas parlé dans la vie courante et publique . Nous sommes dans l'entre-nous .

Je souhaite l'originalité des terroirs car ils reposent sur une histoire culturelle et une aire géographique poreuse , il n' y a pas de langue pure qui fait un peuple nul part . Seule la volonté d'utiliser une langue la maintient . Au Québec le français recul , les anglophone sont de plus en plus nombreux car c'est la langue des affaires , en Suisse les fracophone voit leur nombre augmenter grâce a des satistiques frelatées 23°/° des personnes sont francophones(au lieu de 19°/° en 1980) sauf que là-dedans les portugais , les "yougoslaves" sont inclus pour gonflés ses chiffres , les Africains francophones contribuent dans les cantons de Genève et de Vaud notamment qui connaissent un développement démographique et économique enviable ... L'Italien est passé de 13°/° à 8,5°/° de locuteurs en 40 ans . L'Allemand standard s'impose ailleurs partout y compris dans le Valais encore largement francophone(70°/°) au détriment des dialectes germaniques sauf le Walser ....

çà dépend de Nous Bretons de conserver notre patrimoine comme la musique , la dance ect ...

Si nous cédons à la seule fatalité ce sera difficile mais pas impossible !

Kristof Bourdelier
Vendredi 22 mai 2020

Merci pour votre message Xavier Burban:) Il est tres interessant:) Bien sur que le Breton peut etre appris partout en Bretagne(il peut meme etre appris hors de la Bretagne) - Mais pourquoi devrait-il en etre autrement pour le Gallo(compris comme l'ensemble des parlers Romans endemiques de Bretagne, a exclusion du Francais, langue vehiculaire)? Pourquoi opooser le Gallo au Breton? Les deux ont leur place partout en Bretagne:) Mais s'agissant du Pays Nantais(dont je suis originaire) au sud-est d'une ligne Colline de la Bretesche - Epoids, Bouin, exception faite du pays de Nantes(cad les communes voisines de Nantes et Nantes) la langue Bretonne(voire les marqueurs de Bretonnite) ne sont pas legion - Ancenis Saint Gereon: pas de Breton pour les enfants alors que la commune est peuplee de plus de 10,000 habitants - Clisson: Il y a eu il y a quelques annees de ca du Breton pour les enfants - il n'y en a plus ; il y a toujours un cercle celtique par contre a ma connaissance ; Saint-Antre-Treize-Voies: Pas un vote pour les candidats dits regionalistes en 2010 comme en 2015 ; Et quand on passe la Foret de Touffou en allant vers l'Ocean, la, c'est le grand desert Pornic est le seul endroit ou il existe quelque chose(signataire de Ya d'ar Brezhoneg et cercle celtique) malheureusement l'ecole Diwan creee la-bas il y a quelques annees n'aura pas fait long feu... Le Breton a sa place sur ces territoires - Le Gallo aussi. L'un peut meme "aider" l'autre et vice versa:) Ne soyons pas borgnes - L'Ecosse ne vit pas non plus sur la seule langue Gaelique:) Elle n'en est pas moins Ecosse et en voie d'acceder a l'Independance a plus ou moins moyen terme;)

Burban xavier
Vendredi 22 mai 2020

Bien évidemment , il faut maintenir partout des possibilités d'apprendre l'une ou l'autre si la demande le permet localement . Pour ma part , un breton est celui qui vit en Bretagne et il l'est d'autant plus si il consent à admettre la culture comme support de la diversité et de l'altérité c'est à dire de la reconnaissance d'autrui , ce qui ne m'interdit pas d'aimer les gens y compris hostiles à la Bretagne , ils ont une opinion (c'est leur droit) ," ils ne sont pas seulement cette opinion en tant que personne " , ils sont autre chose en tant qu'être humains et ils peuvent changer d'avis ce en quoi je place mon espoir pour Nous , ainsi la Bretagne se fortifie .

Oui, en Ecosse , le gaelique est une langue celtique , le scoteg ou germaneg est reconnu par le Gouvernement écossais et c'est juste , il y a désormais un appétit pour ces langues de la part des populations écossaises , elles font partie de la vie simplement .

Pour ce qui concerne le pays Nantais , il est breton , son influence est forte en Bretagne , en Bas Poitou c'est à dire Vendée et Deux Sèvres mais aussi en Maine et Loire et Mayenne sud Chateau Gontier et Craon (Kraon) , la Mayenne est un un département attiré par l'Ille et Vilaine et il partage largement la culture gallo avec lui . Les frontières administratives ne reflètent pas toujours la réalité locale pour preuve les nouvelles communautés de communes en Loire-Atlantique ; Loire Auxence , Sèvres et Moine ont mis de façon implicite plusieurs communes en Bretagne comme ce le fut autrefois évêché de Nantes quant aux Marches de Bretagne en Vendée , elles ont toujours existé soient pour des avantages fiscaux ou économiques : Nantes étant le moteur économique , commercial et culturel .... un exemple actuel la communauté de Montaigu comprend Rocheservières , les Landes - Génusson , St Hilaire de Loulay (une zone d'activité s'appelle les Marches de Bretagne ) , Cugand ...Gran' Landes( autre communauté) ... par contre les blasons ont été modifiés des croix en lieu et place des hermines .... Ce qui indique un malaise( je ne sais pas pourquoi cela figure sur le blason communal selon les conseils municipaux locaux ?) ou une affirmation Vendée ???

Ce qui me fait dire que les gens cherche une identité , le hasard administratif a mis les unes en Vendée les autre en Loire-Atlantique à la révolution , rien n'est figé pas plus que peut-être des projets éducatifs à Pornic ou ailleurs .... Qui sait ???

Il ne viendrait pas à l'esprit de mettre aujourd'hui le pays de Retz en Vendée en dépit de l'échec de Diwan là-bas . Les tuiles dans le paysage sur les toitures ne fait pas l'esprit pour ceux qui cherchent à s'instruire et à connaître ....Les matériaux utilisés sont ceux extrait du sol en général , les couts , la praticité et les transports .... Les tuiles sont un aspect entre autres ...

Ne nous opposons pas , construisons patiemment , donnons un avenir à la Bretagne armoricaine , elle le vaut bien , nous y sommes attachés et nous l'aimons ,sans détester nos voisin(ne)s .

La Bretagne n'attire pas seulement pour ses paysages mais aussi pour sa culture et sa diversité , soyons accueillants tout en préservant nos trésors les langues en particulier .

Le Magazine "YA" est le seul journal en breton , j'y suis abonné , pour la langue , pour la qualité des articles historiques , géographiques , scientifiques , les correspondants qui s'informent sur les minorités de toute la Planète elles sont en grand nombre , je les découvre avec plaisir , les projets des jeunes , maraiçhages , technologies nouvelles , herboristerie ..ect...

De plus un article est dédié au gallo que je lis et m'efforce de comprendre fait par Fabien L'Ecuyer , c'est très bien et j'apprends quelque chose de nouveau chaque fois , je vous le recommande ce journal "Ya" fait par l a seule force des bénévoles ! Quel courage!

Ken emberr ha devezh mat d'an oll ! Bezomp bev !

Kristof Bourdelier
Vendredi 22 mai 2020

Ya a lennan ivez:) Plijour a ra din kalz:') Oui vous avez raison:') Pour ce qui est des hermines sur les armes de telle ou telle commune de la frontiere zonale entre France et Bretagne oui je pense qu'il y a une vraie difficulte a se dire Breton(pour ceux qui le souhaitent bien sur - pep hini 'zo lib') Je connais bien "le coin" - j'ai grandi la-bas:) Les exemples sont multiples - La Garnache dont le territoire est au moins a 40% contenu dans celui des Marches de Bretagne(donc a la fois en Bretagne et en France dans cette partie de son territoire) a vu la creation d'une association de sauvegarde de son chateau qui s'appelle "les Pierres du Bas-Poitou" - Le Marais Breton qui comme chacun sait tient son nom de l'ancienne Baie de Bretagne a ete rebaptise par le CD du departement de la Vendee(Marais Breton-vendeen(sic)) appellation qui fait son chemin puisque meme cote Breton on l'adopte(entreprise a Sainte-Croix en Machecoul par exemple) aide en cela par la confusion malheureuse entre Vendee le departement et Vendee le territoire contre-revolutionnaire - Cette confusion fait d'ailleurs des ravages puisque pour une raison que je n'arrive pas a m'expliquer il semble tres difficile de se dire Breton sur les territoires de ladite Vendee militaire du cote Breton (?) ainsi un restaurateur de la Benate m'a confie que beaucoup de gens du pays considerent la Bretagne comme une contree exotique(alors meme que la Benate a laisse dans l'Histoire de la Bretagne le nom d'une des places fortes-cles de la Bretagne a la fin du 15eme siecle et que Charette etait Breton &c &c &c) De meme a Saint Etienne du Bois - difficile de trouver les hermines dans la chapelle de la Tullevriere - y sont-elles seulement toujours? Idem cote Breton a Villeneuve en Retz ou Jean Mounes avait installe une plaque en Breton sur le mur du Musee de Bourgneuf et qui a ete retiree pour n'etre jamais remplacee &c &c &c Mais ne perdons pas espoir:) La decennie qui s'annonce bientot verra je l'espere la Reunification de la Bretagne tant attendue par au moins 6 personnes sur 10 dans le 44 et la creation de plusieurs sites d'enseignement du Gallo(des Gallos?) et du Breton dans le Nantais et au-dela en Bretagne:) Ken ar c'hentan/Peurchene

burban xavier
Vendredi 22 mai 2020

Kristof ,

Novezh vat deoc'h !

La réunification de la Bretagne n'est pas une vue de l'esprit , c'est un processus lent depuis des décennies avec des seuils : le nombre manifs réussies de 2014 à Nantes mais aussi l'information auprès de la population avec l'aide des assos comme Bretagne Réunie , le collectif 44= BZH , Bretagne B 5 , Breizh diawell , produit en Bretagne ..... Chacun apportant sa pierre avec ses moyens et prises de paroles concourent à celle-ci .

Lorsque celle-ci se fera prochainement le problème ne sera pas tant pour le pays Nantais qui a une identité bretonne et multiple marquée et une dynamique perceptible , en revanche nous verrons sur les différentes Marches les populations qui se détermineront en faveur de la Bretagne à coup sûr c'est à dire se tourner vers une région qui à un avenir en tant que telle : visibilité , économie , écologie , culture et modération .... Il n'y aura pas besoin d'expansionnisme nullement de notre part à quelque point de vue que ce soit pour que cela se fasse .....

Pour ma part , je suis optimiste de façon raisonnée car rien n'a pu nous gommer de ce monde si complexe soit-il , nous avons + de 1000 ans d'existence sur les cartes de géographie , la Bretagne est tel un aimant sur les populations qui y résident ou qui y migrent . Ce phénomène est presque indescriptible .

En Loire-Atlantique 105 000 personnes ont signé la pétition en faveur de la réunification de la Bretagne , c'est énorme , le personnel politique ne peut pas ignorer ce fait c'est à dire du désir de Bretagne .

Il est évident que lorsque les Breton(ne)s le veulent , ils font exister la Bretagne aux yeux de tous , c'est une liberté , c'est un choix délibéré il suffit de prendre cette voie .

Il y a des défis qui viennent économiques et financiers , sociaux et environnementaux cruciaux , ils nous faudra nous adapter comme toutes les populations de la Planète car nombreuses seront les changements qui vont poindre dans les mois prochains . La coopération sera essentielle entre les individus , les sociétés les plus équilibrées ou qui le tendent sont celles de tailles moyennes démographiquement : Danemak , Norvège , Finlande , Slovénie , certes des problèmes subsistent , je ne le nie pas non plus dans ces sociétés modestes au plan internationale mais souvent exemplaires en matière de pratiques démocratiques .

Le Monde dans lequel nous vivons est fragile et vulnérable , la nature nous le rappelle de façon sporadique mais pressante en remettant en cause les acquis . La nature , le mouvement amènent l'impermanence des situations sont valables pour toute société forte ou faible . En 50ans le breton faillit être balayé mais des femmes et des hommes décidés ont mis en oeuvre l'école "Diwan" pari audacieux alors que la courbe était défavorable à son audience . Ce sont les Breton(ne)s qui ont cru à son devenir , les faits lui donne raison , le chemin est ardu mais les progrès sont réels . C'est un espoir fou qu'il faut accompagner autant pour le breton que le gallo !

Spian a reomp evit ar sevenadur , hor yezhou , hor sonerezh , hon korolliou , hon dilhadou hengounel , hor c'hoariva .... Pinvidik omp !

Ken emberr . Me a oar un dister traou ez-wir !

Jacques
Mardi 26 mai 2020

"L'EMSAV doit aussi défendre la langue gallèse..."

Il y a une erreur dans l'énoncé de la problématique soulevée...

L'EMSAV serait-il limité à un territoire, ou à un groupe particulier de personnes? C'est ce que l'on pourrait croire...

Moi, il me semble que l'EMSAV représente l'ensemble des Bretons qui à diverses degrés ont pris le chemin de la décolonisation et du retour à la souveraineté.

Or actuellement, la langue gallèse se défini sur un territoire identifié représentant environ 50% de la Bretagne. Sauf à croire que l'EMSAV n'est pas présente sur ce territoire, ou que la population de ce territoire s'estime absolument pas concernée par la démarche de l'EMSAV, ce titre n'a pas vraiment de sens... Il me semble qu'il traduit une image véhiculée selon laquelle la renaissance de la Bretagne ne serait que le fruit d'une Bretagne agissant contre une autre Bretagne... Une division qui étrangement ne se retrouve pas dans les 1500 ans de la Bretagne or époque contemporaine. On doit donc se poser la question : A qui profite cette présentation clivante et récente?

Erwan LE GARLANTEZEC est parti d'un sentiment respectable, mais il me semble qu'il a choisi une tournure pour initier le débat dont l'origine se situe hors de nos frontières.

Pour en revenir gallo vs breton!

Comme il a déjà été dit : Le gallo existe hors de Bretagne, sur un territoire au minimum aussi étendu que celui localisé en Bretagne. Or il n'y a qu'en Bretagne que la question de la préservation du gallo se pose. Il me semble qu'on ne peut faire l'impasse sur cette réalité et surtout sur ce qu'elle implique!

De plus, il est intéressant de noter l'emploi du terme ''langue'' pour le Gallo, alors que linguistiquement et historiquement il s'agit d'un ''parlé'' (dialecte) de la langue d'oil, une langue qui a disparue au profit de l'un de ses dialectes qui initialement n'était parlée qu'à Paris, voir même uniquement par les rois de France et leur cour (ce qui est probablement unique au monde). Étrangement, personne ni en Bretagne ni en France ne songe a sauvegarder la langue d'Oil sous une forme unifiée, chacun se satisfaisant de l'officialisation du ''français'' (le parlé parisien des rois de France).

On fait le constat que défendre le gallo semble être une problématique limité territorialement à la seule Bretagne, sans aucune remise en question de la disparition de la langue (Oil) au profit d'un autre parlé (Français) historiquement limité à un minuscule territoire.

On peut donc légitimement penser que cette volonté de préservation du gallo est liée à une problématique géopolitique purement bretonne. Et cela est d'autant plus évident, qu'historiquement le gallo est devenu une réalité en Bretagne seulement depuis 1000 ans (en gros consécutif à l’invasion de Viking, car avant cette période l'essentiel de la population bretonne parlait breton et se situait sur un territoire qui parlait breton. La volume actuel d'une majorité de population localisé en haute Bretagne et un phénomène récent. Le gallo était donc une réalité limité au sein de la population et surtout très en écart de la réalité actuelle). Or pour une immense partie de la population bretonne (c'est mon cas), il n'existe aucun lien avec la langue gallèse... alors qu'à l'inverse, pratiquement toute la population bretonne possède une histoire (même si elle remonte pour certains à 1000 ans) avec la langue bretonne.

=>En conclusion :

Vouloir faire de l'égalitarisme (langue Bretonne = la même chose que la langue gallèle) revient à réécrire l'histoire et l'importance de ces 2 langues et donc à réécrire l'histoire de Bretagne.

Il me semble donc logique que la langue bretonne dispose d'un capital patrimoniale infiniment plus dimensionné que la langue gallèse. Par contre, il appartient aux bretons ayant un lien patrimonial avec la langue gallèle (et à eux seul) de mener ce combat de préservation mais en respectant l'ensemble des autres bretons qui à leur différence n'ont pas cette relation avec cette langue... tout comme il appartient à ces autres bretons, de respecter et soutenir la démarche de préservation du gallo.

Donc à titre personnel, je suis favorable à soutenir la préservation du gallo... mais j'aimerai que l'on respecte l'histoire linguistique de Bretagne et aussi l'histoire de tous ceux qui comme moi n'ont aucun lien patrimonial avec cette langue, tout en gardant le recul intellectuel pour s'étonner que ce débat n'existe qu'en Bretagne alors qu'il est absent de France (pays dominant la Bretagne) là où pourtant il serait au moins aussi légitime qu'en Bretagne.

TY JEAN
Samedi 30 mai 2020

Il serait plus juste de parler de langues vernaculaires ( langues locales ) que de patois qui a une connotation péjorative.Les bretons sont bien placés pour le savoir.De par mes origines je devrais être en théorie parfaitement trilingue :breton,gallo et français par obligation.

Un petit témoignage entendu de par un habitant de Loudéac:

Il y avait autrefois une crêperie dans cette ville ou chacun devait apporter son beurre pour le repas de crêpesou de galettes.Les trois langues se cotoyaient dans ce commerce,loudéac étant pratiquement à la frontière linguistique.Cela se passait dans un esprit bon enfant et d'échange de vocabulaire pendant le repas.

ANTI-SPAM : Combien font 3 multiplié par 5 ?
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