Le président de l’Irlande prend la défense du breton

-- Langues de Bretagne --

Dépêche
Par La rédaction

Publié le 30/08/21 8:12 -- mis à jour le 31/08/21 17:47

Dans l’introduction de son discours du 26 août 2021 à Dublin adressé à Emmanuel Macron, le président de l’Irlande Michael Higgins a pris la défense de la langue bretonne, la comparant au gaélique et affirmant qu’elle était partie intégrante de la culture française.

Monsieur le Président, nous affirmons dans notre Constitution, Bunreacht na hÉireann, que la langue irlandaise - la langue maternelle de cette île - est une source et un élément fondamental de notre culture. De même que le breton est une partie importante de la culture française – et un lien avec la nôtre – de même, en France et en Irlande, nous partageons une appréciation de la contribution de la langue à la diversité, à une culture vivante, une appréciation qui doit incontestablement être au cœur de notre avenir européen commun.

We in Ireland understand this well. We have in daily use two languages, of which English is by far the dominant one. However, in the special sense you spoke of, Mr President, we affirm in our Constitution, Bunreacht na hÉireann, that the Irish language – the native language of this island – is a fundamental source and element in our culture. Just as Breton is an important part of French culture – and a link to our own – so we, in France and in Ireland, share an appreciation of the contribution language, in its diversity, makes to a living culture, an appreciation that must surely be at the heart of our common European future. - John Higgins

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la rédaction de l'ABP
Vos 11 commentaires
Alan-Erwan Coraud
Lundi 30 août 2021

la langue irlandaise est-elle une partie de la culture britannique ?
Bon, on ne va pas bouder cette intervention en faveur de notre langue du Président irlandais.
Merci à lui.
D'autant que d'écouter le président actuel de la France donner des leçons au pouvoir irakien au sujet du respect des minorités ... ça manque pas de sel ... de Guérande !

Anne Merrien
Lundi 30 août 2021

Lu au détour d'un entretien accordé par le député Yannick Kerlogot au Poher le 28 juillet 2021 :
"Au niveau international, la position de la France est très mal comprise sur [la question de l'enseignement immersif] et elle risque d'être stigmatisée."
On aimerait en savoir plus... sans se faire beaucoup d'illusions non plus.

Lucien Le Mahre
Lundi 30 août 2021

J'ai cru une seconde qu'il s'agissait du Président du Conseil de Bretagne administrative.
Mais je me suis vite rendu aux réalités. Comme chacun le sait, le sort alarmant de la langue bretonne concerne évidemment le Président irlandais et non le Président breton !

penn kaled
Lundi 30 août 2021

J'ignore quelle a été la réaction de Macron ,suite à l'allocution du président irlandais ,mais en une toute condescendance bien française il devait se dire ,toi le petit ,cause toujours .Je suis tout à fait de l'avis de Monsieur Coraud en ce qui concerne l'Irak .Sans compter que les malheurs de l'Afghanistan , sont une opportunité pour Macron lui permettant de conforter une posture régalienne ,honteux .

Yann L
Lundi 30 août 2021

Pleasant news!

Killian Le Tréguer
Lundi 30 août 2021

"De même que le breton est une partie importante de la culture française"
Le fait que le président (fonction honorifique) de l'Irlande parle de la langue bretonne à Macron était touchant et réconfortant dans un premier temps.
Mais quand même cette phrase, venant de la part d'un irlandais, n'a non seulement aucun sens (la France s'en remettra de la disparition du breton et pour cause...) mais semble la preuve d'une certaine ignorance sur notre situation, quasi insultante. C'est la parole d'un pays qui a bien plus d'estime pour la France que pour la Bretagne. Avec ce genre d'alliés on peut mourir tranquille " French Cornwall for future"
Le vrai modèle pour nous, c'est le pays de Galles.

Krys44
Lundi 30 août 2021

La langue anglaise est une partie de la culture irlandaise ! On ne peut réécrire l'histoire .
"...We in Ireland understand this well. We have in daily use two languages, of which English is by far the dominant one..."
Nous , en Irlande comprenons très bien cela . Nous avons deux langues en usage journalier . Desquelles l'anglais est de loin la langue dominante ...
Si tout n'est pas traduit , le sens n'est pas respecté .
Le Président , Docteur Higgins , est souvent venu à Lorient et manifeste ainsi sa solidarité , sa connaissance du problème typiquement français de l'altérité !

Naon-e-dad
Mardi 31 août 2021

Ce qui est certain, dans ce que dit M. John Higgins, c'est que le breton est "une source et un élément fondamental " de la culture en Bretagne.
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En revanche quand M. John Higgins énonce que "que le breton soit une partie importante de la culture française", il transpose trop évidemment et directement la perception du gaélique irlandais en Irlande au cas français.
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On peut quand même remercier le représentant du seul pays européen – la république d’Irlande - disposant d’une langue celtique officielle (avec l’anglais, « by far dominant » !) de rappeler, par l’exemple, que l’on peut être un état moderne et protéger sa ou ses cultures natives.
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La vraie question serait: la France peut-elle accepter une diversité culturelle sur la base de langues régionales, réduites à ce que l'on sait? Jusqu’à présent, nos politiciens ont répondu non. Tant, ils restent arc-boutés sur une formule auto-bloquante - « Une et indivisible » - mal comprise (par eux-mêmes), ou alors une formule qu’il faudrait retoucher et préciser.
Curieux énoncé qui heurte frontalement la pensée systémique, si fondamentale pour aborder la sophistication du monde moderne. Décomposer des systèmes en sous-systèmes, et ceci jusqu’à obtention d’un schéma satisfaisant et opérationnel. Un ancien président - Valéry Giscard d’Estaing - avait tenté de mettre cette dynamique en musique sur un plan politique (Est-ce un hasard si la Bretagne lui doit la « Charte culturelle bretonne » ?) Que l’on me pardonne ce petit écart pédagogique, en plein dans le sujet, mais j’ai souvent l’impression que nos politiciens sont loin de cette pensée systémique qui irrigue tous les domaines de l’activité humaine évoluée, partout sur la planète.
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Cet énoncé, ou alors la lecture qu’en font nos politiciens, génère en pratique des blocages malencontreux. La formule – aux yeux ou aux oreilles des gouvernants - implique une incompatibilité avec la diversité et un refus catégorique de l’altérité. En prétendant être universel on s’enferme dans un ego ravageur. C’est ainsi qu’ils ont réussi à presque étouffer les cultures autochtones (les fameuses « langues régionales »).
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Mais le vent est peut-être en train de tourner, de manière durable. Emergence d’une conscience politique française plus mature ? Il serait temps, car il y a urgence à sortir d’un carcan idéologique suranné! Facteur déclenchant : la dynamique démographique en cours.
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Je prends le pari que nos politiciens ne réussirons pas à détruire les cultures allogènes d’importation récente, lesquelles prennent appui sur le « fait religieux »– l’Islam et ses courants, principalement mais pas seulement - et aussi sur des états constitués qui souvent restent un support d’influence (médias captés par antennes paraboliques) voire un support tout court (double nationalité transmissible aux descendants)…
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Dans ce contexte, deviennent encore plus inaudibles ceux qui s’obstinent à détruire l’élément allogène intérieur (les « langues régionales »), dans le moment même où, dans les faits sinon par principe, l’on accueille et favorise l’élément allogène extérieur.
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Bref, c’est le rapport de l’individu au système qui est en jeu. A chacun de cultiver ou de retrouver, voire de choisir ses racines. Des non-bretons installés dans la péninsule, ou parfois des ressortissants étrangers, apprennent la langue. Et c’est très bien.
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Ceci témoigne du potentiel de dynamisme d’une langue plus que millénaire, capable de se développer et de perdurer, d’insuffler et/ou d’accompagner la vie. Au fil des siècles et des circonstances.
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Gouestl eo ar brezhoneg da dreuziñ ar c’hanvejoù o tont. Ha da lakaat buhez e-barzh hon c’halonoù.

Breton fier
Mardi 31 août 2021

Seul la force fait bouger les ligne dans tous les pays. C'est pas en manifestant avec des individus de 60 et 16 ans en mode bisounours que vous ferez évoluer les choses...

Anne Merrien
Mardi 31 août 2021

La formule "une et indivisible" n'est pas dans la Constitution de la Ve République (seulement "indivisible"), mais ils n'ont pas l'air d'en tenir compte à Paris. La force de l'habitude, sans doute.
Il paraît même que cette république est "décentralisée".

Alter Écho & Ego machin
Mercredi 1 septembre 2021

Quoi qu'il en soit et qu'on en pense, le fait qu'un Président d'Irlande, d'un pays celtique, intervienne pour la BRETAGNE auprès du président français est il me semble une très grande première!? Un grand geste qui doit être honoré; et sa valeur reconnue.
Ce n'est pas banal de s'adresser ainsi au président français; et de fait aux élites parisiennes sur la question bretonne! Pour sa langue.
Ce Monsieur Michaël HIGGINS mérite une plaque portant son nom dans chaque villes et village de BRETAGNE.
Notamment à Pont l'Abbé...
Vous avez toute ma considération, celtique et bretonne, à "MONSIEUR MICHAËL HIGGINS"? - JOHN HIGGINS?

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