Le Finistère lance aussi sa marque, aux frais des contribuables et des PME
Point de vue de Philippe Argouarch

Publié le 22/09/11 23:27 -- mis à jour le 00/00/00 00:00

Le Finistère, jaloux de la région administrative Bretagne qui a lancé sa marque BRETAGNE en grande pompe fin 2010, va lancer à son tour une marque le 27 septembre prochain. Dans le contexte actuel c'est tout simplement surréaliste.

Alors que

– le rapport Attali a préconisé la suppression des départements ;

– la crise économique et les emprunts toxiques font qu'on se dirige vers des réductions dramatiques des budgets des collectivités ;

– la réforme des collectivités territoriales de 2010 prévoit justement la mutualisation des services avec la région et même des élus territoriaux uniques dès les prochaines élections régionales en 2014 ;

– la simplification du millefeuille administratif va devenir une exigence que le FMI et l'Europe vont exiger de la France si elle ne le fait pas ;

– l'État a décidé le gel des dotations aux collectivités pour 4 ans ;

– il y a une demande croissante des allocations de solidarité comme le RSA ;

– le département a dû emprunter 40 millions pour clore son budget,

le Finistère ne trouve rien de mieux que de dépenser vos sous dans des études d'images et la construction d'une marque appelée à disparaître de toutes façons.


Nous rappelons que la marque Bretagne a coûté en tout et pour tout 450.000 euros d'après la Gazette des Communes du 27 janvier.

Pour la marque FINISTÈRE la seule promotion coûterait 100.000 euros. Le coût total de la marque et de ses études n'est pas connu. Il fait partie des 11 millions dépensés en 2011 pour l'attractivité du territoire. Le slogan trouvé est : « Tout commence en Finistère ».

Nous pensons, nous, que quelque chose est en train de finir, et que même beaucoup de choses sont en train de mourir. En particulier les départements, les conseillers généraux et tous les gaspilleurs qui vivent grassement de vos deniers feront partie de la prochaine charrette de l'Ankoù.

Philippe Argouarch

Philippe Argouarch

Document PDF 23253_2.pdf Département du Finistère. Le budget 2011.. Source : Département du Finistère
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Philippe Argouarch est un reporter multi-média ABP pour la Cornouaille. Il a lancé ABP en octobre 2003. Auparavant, il a été le webmaster de l'International Herald Tribune à Paris et avant ça, un des trois webmasters de la Wells Fargo Bank à San Francisco. Il a aussi travaillé dans des start-up et dans un laboratoire de recherche de l'université de Stanford.
Vos 3 commentaires
Thierry Jolivet
2011-09-24 22:57:37
L'opportunité d'une marque territoriale se discute, c'est vrai...mais le problème de fond est le développement socio-économique de la pointe bretonne ou du moins éviter son "décrochage", son isolement, lui donner une image attractive et des aménités, tant pour ses propres habitants, que les autres bretons (qui peuvent la dénigrer ou l'ignorer) que l'extérieur: attirer des investisseurs, ....Au sujet de la marque Bretagne, elle est théoriquement ouverte au 44 mais il y a actuellement peu d'utilisateurs de cette marque en Loire-Atlantique ...ses promoteurs (Agence économique) ont ils vraiment démarcher et communiquer vers les nantais ? sachant que la techno-structure du CR B4 est aussi peu ouverte à l'Unité bretonne B5 que celle du 44 (collectivités et autres structures), on peut douter du résultat... vive le formatage B4 et PDL des esprits...!?
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Jak le Dreuzic
2011-09-26 12:37:16
Le rapport Attali, c'est un concentré d'experto-cratie, imposé comme une option miracle et une évidence au gouvernement... L'équipe actuellement au pouvoir a au moins fait une bonne chose, c'est d'avoir mis ce rapport à la poubelle. Les départements sont toujours utiles de nos jours, plus encore maintenant que l'Etat se désengage de tout.
Si quelque chose doit sauter du millefeuille, c'est l'empilement illisible entre pays, communautés de communes, cantons et arrondissements (+ les syndicats intercommunaux)... il faudra trancher dans le vif.
En revanche, la pertinence de cette nouvelle marque est discutable et risque de brouiller la marque BRETAGNE, qui elle, est plutôt une bonne chose, si et seulement si elle s'impose à celles déjà existantes et les supplante, en donnant du corps à l'identité à cinq départements de la Bretagne historique.
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Louis Le Bras
2011-09-26 19:51:47
Je ne vois pas l'intérêt d'une marque "Bretagne".
La Bretagne n'est pas une marque. Quel intérêt de se banaliser vulgairement ainsi ?? Les entreprises écossaises, basques font référence à leur appartenance basque ou écossaise sans qu'il y ait une "marque" Ecosse ou pays basque... si c'est pour le tourisme, on appelle ça de la communication, et cela en reste là.
En plus cette marque est à l'instigation du CR B4 uniquement, où est le plus-value ? où est Nantes et sa région, le territoire le plus dynamique économiquement ?
Comme pour le ".bzh" c'est un coup d'épée dans l'eau, car les changements de fonds n'ont pas eu lieu. Le ".cat" est une conséquence de l'autonomie catalane...où est l'autonomie de la Bretagne réunifiée ?
Au ".bzh" nous aurions eu ensuite un ".fin" et un point ".pdl" ...
Sinon le Finistère est un peu gonflé dans le sens où la "marque Bretagne" (il suffit de voir le logo rappelant la pointe finistère sur le E) s'appuit grandement sur le département 29...plus que tout autre.
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