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- Communiqué de presse -
Le CPE: un pas de plus dans la dépossession de nos destinées.
Le 14 juillet, devant ses deux présentateurs télé habituels, le Président de la République déclara voici trois ans « il faut que les Français s’habituent à changer de métiers plusieurs fois dans leur vie professionnelle ». On pourrait avant tout remarquer qu’il n’a pas donné l’exemple, même s’il aura changé
Pascal Dazin pour alphabet du respect des enfants le 24/02/06 11:05

Le 14 juillet, devant ses deux présentateurs télé habituels, le Président de la République déclara voici trois ans « il faut que les Français s’habituent à changer de métiers plusieurs fois dans leur vie professionnelle ». On pourrait avant tout remarquer qu’il n’a pas donné l’exemple, même s’il aura changé très souvent de discours au cours de la sienne. On pourra aussi noter que les journalistes muets et lui totalisaient à eux trois plus de cent ans des mêmes façons de très bien gagner leur vie…

Mais pour la masse des gens, qui n’ont pas eu la chance d’être du bon côté de la caméra, les insécurités, toutes les insécurités, habitent maintenant leur destinée.

CPE, CNE et autres CDD et même CDI font partie des outils de gestion des gens, afin d’adapter ce que l’on appelait jadis « la main-d’œuvre », et plus exactement à ce jour « le salariat » aux besoins économiques d'un système plus qu'à l'épanouissement des populations.

La seule différence entre les anciens CD-D/I et les C-N/P-E, c’est le flou qui va permettre l’immixtion de tiers libéraux dans les problématiques du travail.

Demain, si tout continue à vau-l’eau, un intermittent du salaire aura affaire à un cabinet d’avocats "spécialistes du droit du travail" (sic), exactement comme aujourd’hui le salarié est assuré. Le syndicalisme est très malheureusement moribond dans notre pays. D’ailleurs, les syndicalistes sont tous en contact avec des cabinets d’avocats, et les rapports de force sont précairement tranchés par des tribunaux, vaguement instrumentalisés, vaguement intéressés, et accumulant des bottés-en-touche et des reculer-pour-mieux-sauter par l'intermédiaire des "vices de forme".

Aujourd’hui, le principe de solidarité veut encore qu’un salarié victime de licenciement soit pris en charge par la collectivité. Demain, les tribunaux trancheront pour savoir si ce même salarié va gagner ou perdre. Bien sûr, au total, il y perdra, que ce soit en termes de protection solidaire, ou en termes de chance de retrouver un autre emploi (car l’immixtion du judiciaire dans la vie de travail gâche définitivement les rapports sociaux entre des partenaires, qui deviennent des adversaires, exactement comme dans la vie de famille). Cet homme qui vient de "gagner" une somme d'argent à l'issue d'un procès pour CNE surexploité par son patron n'aura plus grand chose après frais judiciaires, et va se traîner le boulet d'être "procédurier"...

Ce qui m’apparaît, ce n’est pas qu’il faille se battre exclusivement contre le projet de CPE, effectivement bien plus Contrat de Première Exclusion que d’Embauche, mais qu’il faut de toute urgence commencer à organiser la vie civilisée pour travailler moins et mieux, pour que plus de gens travaillent, pour créer de nouveaux services publics dont nous avons le plus grand besoin et en urgence (aides aux parents, aides aux enfants, aides aux vieux et aux handicapés, protection drastique de la nature, etc), pour socialiser dans le respect de la République tout ce qui a été conflictualisé pour servir la loi de la jungle organisée.

Les craintes habitent tous ceux qui regardent la télé, et qui voient deux journalistes à la mode entériner sans broncher les propos objectivement cyniques d’un chef d’Etat, ou un homme gagner des millions alors qu’ils sont des millions à avoir gagné le RMI.... Ils sont praticiens de toutes les incertitudes, perdus dans toutes les révoltes inexprimées. Que vont faire leurs enfants, que se passera-t’il pour eux et leurs petits-enfants après divorce, paupérisation et exclusion parentale (car il faut savoir que l’union parentale est devenue un CDD), combien de temps vont-ils garder ce métier si fragile, comment éduquer la jeunesse aux valeurs de fraternité et de respect de l’autre quand les institutions font si souvent la leçon dans l'intérêt de leur chapelle sans donner l’exemple républicain?.

Ce que je pense, c’est que rien ne se fera si les victimes de cette machine à broyer qu’est devenue la société ne sont pas intimement convaincues que le respect de l’autre demande des efforts, et même des sacrifices, pour ne pas céder à cette compulsion de la gagne, qui est venue polluer les cerveaux, et en premier lieu ceux des trois protagonistes de ce discours de 14 juillet abracadabrantesque.

Pour Alphabet du respect des Enfants

le porte parole et Preesident

Pascal DAZIN

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