Le Conseil d'État rappelle la loi d'origine coloniale : pas de tahitien à l'Assemblée de Tahiti, laquelle demande la modification de la Constitution

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Dépêche
Par Christian Rogel

Publié le 11/07/13 0:29 -- mis à jour le 00/00/00 00:00

L'Assemblée nationale a, depuis les allophobes Barrère et Grégoire, toujours persécuté les langues autres que le français dans leurs territoires historiques, alors qu'en 2006, le Sénat avait été plus sage (voir notre article).

On se souvient que le gouvernement avait promis que l'article 2 de la la Constitution n'empêcherait pas l'enseignement en langue régionale, tout en refusant de l'inscrire dans la loi Toubon.

C'est ainsi que le tahitien a été interdit dans les écoles primaires publiques de Tahiti et Diwan prié de ne pas vouloir être public.

Le 20 juin dernier, le Conseil d'État, appliquant la loi votée a décidé d'invalider deux lois prises par l'Assemblée de Tahiti, au motif qu'une partie des débats s'étaient déroulée en tahitien.

Il dit que, puisque le français est le langage officiel de Tahiti, le fait d'utiliser le tahitien altère la validité des lois.

Il faut préciser que l'Assemblée polynésienne a utilisé le tahitien, tout en fournissant une traduction simultanée en français pour les conseillers non maohiphones.

On dirait que, s'agissant des instittutions françaises, la maladie d'Alzheimer peut être collective, à moins qu'on veuille cacher du manteau de Noé le fait que des millions de conseils municipaux se sont déroulés dans d'autres langues que le français : breton en Bretagne, alsacien en Alsace, basque en Pays basque, bourguignon en Bourgogne, occitan en Occitanie, picard en Picardie et Artois, etc....

Il est d'ailleurs probable que dans quelques communes de Catalogne-Nord et de Corse, les conseils continuent d'être tenus, en partie, dans les langues de ces pays.

Et, l'interdire est évidemment en contradiction avec les conventions internationales signées par la France.

Vendredi 5 juillet dernier, à l'heure locale, l'Assemblée de Polynésie française, composée majoritairement d'autonomistes non indépendantistes (voir notre article), a voté (46 pour, 11 abstentions) pour demander au Parlement français de modifier l'article 74 de la Constitution, pour préciser que les collectivités autonomes d'Outremer peuvent légiférer sur les questions relevant de leur héritage linguistique et culturel.

Les mêmes qui ont reproché aux indépendantistes d'avoir obtenu que l'ONU place leur pays dans les territoires à décoloniser ont fustigé l'attitude néo-colonialiste de la métropole.

Cette offensive est parallèle à celle qui est menée par un groupe de députés socialistes pour amener François Hollande à tenir sa promesse de faire ratifier la signature de la Charte européenne des langues minorisées.

Le président s'était caché dans les plis de l'épouvantail que constituerait le Conseil d'État, qui n'a, pourtant, qu'un rôle consultatif avant le vote des lois.

Ce même vendredi 5 juillet, des conseillers de l'Assemblée territoriale corse sont allé rencontrer des députés européens. Ils ont fait leurs exposés en corse, une traduction simultanée étant assurée en allemand, espagnol et français.

Ils leur ont parlé du vote de l'assemblée territoriale corse de demander la co-officialité du corse et du français en Corse.

Ils ont été bien reçu par les députés appartenant à plusieurs groupes. La France sera invitée à venir expliquer son opposition.

Christian Rogel

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