Langue bretonne : l'urgence attendue est désormais là et les élus bretons de nouveau au pied du mur...

-- Politique --

Communiqué de presse de Parti breton
Porte-parole: Gérard Olliéric

Publié le 11/03/09 8:36 -- mis à jour le 00/00/00 00:00

Le rapport remis par Fañch Broudig sur l'état de la langue bretonne confirme ce qu'indiquait le Parti Breton en décembre 2004 à l'occasion de l'adoption, par le Conseil régional de la Bretagne administrative, d'un plan de promotion linguistique : la situation de la langue bretonne est critique et la diminution rapide du nombre de locuteurs est particulièrement inquiétante.

Le Parti Breton partage l'avis du président Le Drian sur l'importance primordiale de l'enseignement pour le développement du nombre de locuteurs et soutient sa proposition de création de bourses pour les futurs enseignants de et en breton. Il est cependant assez étonnant que cette initiative ne soit prise qu'à la fin de son mandat, soit 5 ans de perdus ; il est aussi bon de rappeler que le Rectorat demeure l'un des obstacles majeurs au développement de l'enseignement bilingue, avec sa gestion particulièrement déficiente du personnel qualifié en la matière.

Il n'en reste pas moins que les élus bretons ont la possibilité de faire un geste d'importance majeure pour l'avenir de la langue bretonne, sa pérennité et son développement : la création d'une télévision en langue bretonne ou tout au moins bilingue.

Car, si l'enseignement est fondamental pour l'avenir, il doit s'accompagner de mesures portant sur la présence sociale, culturelle et économique de la langue bretonne dans la vie quotidienne : pour résumer, que peut-on proposer actuellement à des enfants scolarisés en breton comme programmes réguliers télévisuels ? Quelques minutes avec « Mouchig Dall » le mercredi matin et encore faut-il que cette émission ne soit pas annulée pour telle ou telle raison ! La Bretagne est le seul pays sur la façade atlantique européenne dans cette situation : de l'Écosse à la Galice, tous ces pays multilingues disposent de leur propre chaîne dans leur langue. Cette situation en Bretagne est totalement inacceptable.

Or, si les principales collectivités bretonnes le voulaient réellement, il serait tout à fait envisageable d'obtenir la création d'une telle télévision, soit sur le modèle de la chaîne écossaise BBC Alba ou galloise S4C, soit sur le modèle corse Via Stella : la pérennité de la langue bretonne se joue là aussi. De plus, il s'agit non seulement d'un projet linguistique et culturel mais aussi économique, fournisseur d'emplois et porteur d'images fortes pour la Bretagne.

Le Parti Breton appelle une nouvelle fois les élus bretons à s'intéresser, enfin et sérieusement, à ce dossier, fondamental pour la langue bretonne à laquelle se déclare attachée plus de 80 % de la population des 5 départements bretons. En résumé, qu'attendent les élus bretons pour se mobiliser sur ce sujet ? Leur indifférence participe à l'affaiblissement de la langue bretonne, patrimoine commun de l'ensemble des habitants de ce pays et aussi, patrimoine de l'humanité.

Pour le Parti Breton, Jacques-Yves Le Touze, membre du Bureau national

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Vos 3 commentaires
Marcel Texier
Mardi 31 août 2010

Doit-on parler d'indifférence des élus bretons ou de lâcheté, servilité vis-à-vis du pouvoir parisien ?

Ólöf Pétursdóttir
Mardi 31 août 2010

En effet, la langue dépérit à l'ombre de la froide main mortifère du pouvoir central, auquel les élus bretons semblent bien vite s'assimiler, hélas. Indifférence, lâcheté, paresse, bêtise ou inconscience? Peu importe, il y a urgence, un changement radical d'attitude de leur part est nécessaire.

Maryvonne Cadiou
Mardi 31 août 2010

« Mouchig Dall » le mercredi matin... Oui... Il me semble important de préciser que le sort des enfants de "Loire-Atlantique" apprenant le breton est pire. Pas une seconde de breton sur FR3 dans ce département. Peut-on demander à nos enfants de se planter devant Internet pour regarder et écouter les émissions en breton ? Quel manque de confort...
Or parmi les 12.333 enfants des trois filières bilingues en Bretagne, voir (voir le site) , il y en a plus à apprendre le breton à Nantes qu'à Brest ou Lorient, ce qui est également vrai pour le public adulte.

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