-- Europe --

La République européenne en Marche

Ulrike Guérot
Ulrike Guérot

On ne peut pas tomber amoureux d'un marché commun, on peut tomber amoureux d'une République__Jacques Delors (cité par Ulrike Guérot)

Lors de sa conférence tenue en novembre dernier et organisée par l'Institut TEDxMÜNCHEN de Munich, la politologue allemande Ulrike Guérot explique comment et pourquoi on doit passer de l'Union Européenne à la République européenne. Deux-tiers des Européens veulent une nouvelle Europe, plus démocratique, nous explique-t-elle.

Vers une Europe des régions constituée en République

Ulrike Guérot reprend son thème déjà exposé en 2015 mais qui prend force aujourd'hui à la lumière du Brexit ou du séparatisme en Catalogne ou en Écosse, voire du cas de l'Ulster vis-à-vis du Brexit. Ses idées font résonance à la vision prophétique de Gilles Martin-Chauffier (voir notre article) en expliquant comment compléter le projet européen.

Elle propose de garder le Parlement basé sur la démographie mais de lui donner en plus le droit d'initiative, d'ajouter un Sénat des régions et un président élu qui choisira un gouvernement. Sans l'expliciter, on comprend aussi qu'elle propose la suppression de la Commission et du Conseil de la Communauté Européenne.

Les trois principes fondamentaux de la future République seront : l'égalité devant la loi pour tous les citoyens européens, l'égalité de taxation et l'égalité des droits sociaux. Le tout dans le respect des identités. Oui pas moins que ça, mais c'est la base de tout état démocratique.

Ulrike Guérot pense que cette révolution sera une solution, à la fois aux «régressions nationales» et aux séparatismes, car nous ferons tous partie de la même nation. La nation, elle la redéfinit bien sûr comme un projet politique, comme Ernest Renan l'avait fait en son temps, mais sans le citer.

Europe is not about integrating states, Europe is about uniting people__Jean Monet (cité par Ulrike Guérot)

Qui est Ulrike Guérot ?

Ulrike Beate Guérot, née en 1964 à Grevenbroich en Allemagne, est une politologue allemande établie à Berlin, fondatrice et directrice du European Democracy Lab (Laboratoire de démocratie européenne), un think tank dédié à l’avenir de la démocratie en Europe.

Ulrike Guérot a été nommée professeure de politique européenne et d'étude de la démocratie à l'Université du Danube à Krems. Elle dirige par ailleurs le département de politique européenne. Auparavant elle a travaillé pour le Conseil de l'Europe et au Conseil Allemand des affaires étrangères. Elle a enseigné en Allemagne et en Amérique du Nord. Pour ceux qui comprennent l'allemand, voir son interview récente (voir le site)

Voir aussi :
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Philippe Argouarch est un reporter multi-média ABP pour la Cornouaille. Il a lancé ABP en octobre 2003. Auparavant il a été le webmaster de l'International Herald Tribune à Paris et avant ça, un des trois webmasters de la Wells Fargo Bank à San Francisco. Il a aussi travaillé dans des start-up et dans un laboratoire de recherche de l'université de Stanford. Voir le site et Voir le site

Vos commentaires :

Lucien Le Mahre
Lundi 25 decembre 2017

Tout cela va dans le bon sens puisque l'UE cesse d'être bicéphale en évacuant son influente Commission nommée par les Etats-nations, pour y substituer un Sénat des Régions comparable sur le plan européen au Bundesrat, le Sénat des Länder allemands.

On diminue donc ainsi, du moins dans le principe, la toute-puissance des Etats en matière de compétences internes et de transferts de souveraineté, en augmentant le rôle des Régions réputées plus près de la réalité des populations et des nations, ainsi qu'en développant le rôle du Parlement.

Ces propositions rejoignent une discussion entendue il y a une vingtaine d'année sur une radio internationale, tout bêtement entre Bill Clinton et un Premier Ministre canadien dont j'ai oublié le nom. Devant la progression de par le monde des poussées des nationalités mal mariées au sein d'états découpés par le hasard de l'Histoire, le Président américain en déduisait alors que si d'une part les revendications régionales devaient être entendues, l'émiettement à l'infini de micro-états d'autre part ne constituait pas non plus une perpective positive à généraliser en toute occasion.

Restait la solution des fortes autonomies attribuées d'un commun accord aux Régions après discussion des deux parties, dans tous les domaines nécessaires au développement désiré, ces contrats devant éponger un nombre non négligeable des demandes régionales.

La Suisse bien sûr, mais aussi l'Allemagne fédérale, la Belgique et quoi qu'on en dise en ces temps de polémiques : l'Espagne post franquiste se sont engagés sur cette voie. Evidemment, restent les cas limites, comme l'Ecosse hier et la Catalogne aujourd'hui dont les revendications, soit de plus grande autonomie ou carrément d'indépendance (totale ou à l'intérieur de l'UE) doivent être rendues possibles par le jeu démocratique.

Pour les trois égalités réclamées par notre démocrate allemande, elles sont évidemment toutes légitimes, mais les deux dernières devront sans doute attendre que les économies se rapprochent un peu plus pour que les droits sociaux et fiscaux puissent s'harmoniser. Quant à l'intégration des diverses monarchies démocratiques dans la nouvelle République d'Europe, il va falloir de l'imagination.

Enfin, dernière réflexion : le dire c'est déjà bien car il est évidemment primordial de définir et de préciser les projets avant de trouver les moyens nécessaires pour y parvenir politiquement.

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