Plaquette de Göbekli Tepe (Turquie) en chlorite (pierre verte), v. 9500 – 8000 av. J.-C. retrouvée à la base d'un des piliers de l'enclos C.
Plaquette de Göbekli Tepe (Turquie) en chlorite (pierre verte), v. 9500 – 8000 av. J.-C. retrouvée à la base d'un des piliers de l'enclos C.
Inventaire des signes gravés du menhir de la Tremblais à Saint-Samson-sur-Rance au début du IVe millénaire avant notre ère par Serge Cassen et Valentin Grimaud.
Inventaire des signes gravés du menhir de la Tremblais à Saint-Samson-sur-Rance au début du IVe millénaire avant notre ère par Serge Cassen et Valentin Grimaud.
Proposition de lecture du menhir de la Tremblais à Saint-Samson-sur-Rance (Côtes-d'Armor) au début du IVe millénaire avant notre ère. La figure représentée en jaune défi-nit un diagramme sacré. Les barques entourées en marron dessinent un chemin des morts (en bleu). Il part de la Terre (faces Nord et Ouest), identifiable au parcellaire agricole (en vert), en direction du ciel avec la barque solaire (face Est). Le signe dit du cétacé (en gris) est placé sur ce chemin.
Proposition de lecture du menhir de la Tremblais à Saint-Samson-sur-Rance (Côtes-d'Armor) au début du IVe millénaire avant notre ère. La figure représentée en jaune défi-nit un diagramme sacré. Les barques entourées en marron dessinent un chemin des morts (en bleu). Il part de la Terre (faces Nord et Ouest), identifiable au parcellaire agricole (en vert), en direction du ciel avec la barque solaire (face Est). Le signe dit du cétacé (en gris) est placé sur ce chemin.

Mégalithes et proto-écriture : une synthèse de signes gravés de l’Anatolie à l’Atlantique ?

L’éveil du signe : quand l'humanité commence à écrire ses mythes

Les signes gravés des mégalithes traduisent l'émergence d'une pensée symbolique codifiée porteuse de mythes. L’émergence d’une pensée symbolique structurée au début de l’Holocène (*) impose une réévaluation des systèmes de communication non verbaux, traditionnellement relégués au rang de simples expressions artistiques ou rituelles. Bien avant l'établissement des sociétés agricoles du Néolithique, les chasseurs-cueilleurs du Néolithique précéramique au Proche-Orient (Haute-Mésopotamie) maniaient déjà des systèmes de communication complexes.

De l’administration au sacré : les thèses de Finkel et Schmidt

La proposition récente d’Irving Finkel, conservateur au British Museum et expert mondial des écritures anciennes, concernant la « petite pierre verte » sur l'existence d'une proto-écriture dès le Xe millénaire av. J.-C. à Göbekli Tepe, et les recherches portant sur la culture mythologique des signes gravés du Néolithique atlantique, trouvent un point d'ancrage dans les travaux de l'archéologue Klaus Schmidt. En identifiant, au cœur du Proche-Orient (Sud-Est de la Turquie actuelle), ce qu'il a qualifié de « premier sanctuaire de l'humanité », Schmidt a ouvert la voie à une interprétation du site comme un espace de convergence où la fixation du sens par le signe devient une nécessité vitale. Ces approches postulent l’émergence d’une pensée symbolique codifiée dont les idéogrammes précèdent de loin l'apparition de l'écriture cunéiforme en Mésopotamie.

L'hypothèse du philologue Irving Finkel, centrée sur la nécessité logistique, postule que la monumentalité précéramique exigeait déjà un système de validation de l'information. L'analyse d'objets tels que la « petite pierre verte », interprétée comme un sceau-cachet, suggère l'existence d'une proto-écriture à visée administrative dès le début de l'Holocène. Dans ce modèle, le signe gravé fonctionne comme un outil de ratification et de planification, essentiel à la coordination des ressources.

Cette vision s'articule avec l'interprétation de Schmidt : un tel chantier, mobilisant des groupes dispersés autour d'un centre rituel, nécessite une architecture de la pensée. Pour Schmidt, les piliers de Göbekli Tepe constituent un dispositif d'énonciation symbolique où des idéogrammes (animaux, serpents, signes en « H ») interagissent selon une logique précise. Le signe y fonctionne comme un outil de coordination, tant pour la gestion des hommes que pour l'articulation des mythes fondateurs.

La pierre comme support de langage : vers une grammaire mégalithique

Par sa parenté formelle avec les signes gravés de l’arc atlantique, cette « pierre verte » incarne la naissance d’une pensée codifiée où l'idéogramme devient le moteur d'une culture mythologique partagée, capable de fixer le sens et de structurer la civilisation bien avant l'avènement de l'écriture mésopotamienne. Cette dynamique rejoint précisément le concept de grammaire des signes appliqué aux mégalithes de l'arc atlantique. Bien que ces derniers appartiennent à un Néolithique plus tardif, ils héritent de cette même faculté de projection sémantique sur la pierre. Le sanctuaire n'est pas un lieu de conservation passive, mais un parcours sémantique où chaque gravure — hache, crosse ou barque — agit comme une unité syntaxique. Il ne s'agit pas de stocker des symboles, mais de déployer une trame idéographique dans l'espace. Là où le sceau de Finkel valide une intention contractuelle, et où le sanctuaire de Schmidt au Proche-Orient structure une cosmogonie par un agencement sémiotique, le signe mégalithique balise un « chemin des morts », transformant la pierre en un support de langage qui a servi de base à une culture mythologique partagée sur toute la façade atlantique au Néolithique.

Si l’on observe attentivement la petite pierre verte, on ne peut qu’être interpellé par la similitude de certains signes avec ceux de la façade atlantique. Les symboles hiéroglyphiques et pictographiques représentent un serpent qui monte, une figure humaine stylisée avec les bras levés, et un oiseau en envol. Ce type de représentation trouve des échos directs dans le corpus de l'arc atlantique :

• Le signe serpentiforme : On retrouve cette figure au cairn de Gavrinis (Larmor-Baden, Morbihan) ou sur la Grande Pierre Levée à Saint-Macaire-en-Mauges (Maine-et-Loire). Les tracés de lignes ondulantes ou brisées sont désignés comme des signes serpentiformes. Ils sont représentés toujours à plusieurs, le plus souvent à la base des menhirs. Les serpents présentent un renflement caractéristique pour la tête, comme sur l'une des stèles de Gavrinis (stèle 8) ou celle du tertre tumulaire de Manio 2. Dans l’alignement du plateau de la Bretellière (communes de La Renaudière et de Saint-Macaire-en-Mauges), au moins trois stèles sur un ensemble de huit identifiées comportent des signes de serpents en forme de zigzag, tous gravés dans un sens vertical : le menhir de la Bretaudière, celui de la Grande Pierre Levée dit de la Petite Bretellière et la dalle couchée de la Grande Bretellière (stèle 3). À Kermaillard (Sarzeau), ces tracés ressemblent à des rainures de ruissellement au sommet du menhir. À considérer ce signe comme un serpent, sa représentation à la base des menhirs correspond bien à l’idée d’un animal d’origine chtonienne.

• Les tracés anthropomorphes : Représentés avec de simples traits, ils sont souvent associés à des embarcations. Leur nombre renvoie peut-être à une évolution scénographique. À Saint-Samson-sur-Rance, la barque avec équipage part de la face nord de la stèle, à la base du menhir, et poursuit son chemin en diagonale vers l’est, au sommet. Quand ils sont au même niveau, le nombre de traits semble indiquer un cheminement, avec par exemple un nombre de traits plus important à l’ouest qu’à l’est dans la tombe de Mané er Groez de Kercado à Carnac. Le personnage en croix (analogue à la figure humaine de la pierre verte) peut être le signe de l’éveil ou de l’accomplissement. Il est représenté comme tel sur le menhir de Saint-Samson-sur-Rance.

• L'oiseau en envol : La plupart des oiseaux sont représentés en vol, souvent à l'horizon, seuls ou en groupes. Ce sont principalement des oiseaux marins. Par exemple, on trouve un oiseau en vol isolé sur le menhir de Saint-Samson-sur-Rance, tandis qu'ils sont superposés dans le dolmen du Mané Lud à Locmariaquer. À Gavrinis, ils se confondent avec les vagues.

Les sociétés néolithiques, marquées par leurs migrations, ont probablement évolué dans un contexte maritime. Cette immersion dans l'environnement océanique pourrait expliquer l’importance majeure du signe du cachalot ou des animaux marins dans le corpus atlantique, marquant l'adaptation du mythe aux réalités des peuples qui ont migré avec leurs céréales et leurs troupeaux aux confins de l’océan.

La convergence du sens : une narration lapidaire

Au-delà de la question d’une filiation directe avec la petite pierre verte, l’essentiel réside sans doute ailleurs. Ces signes gravés, qu’ils ornent la façade atlantique ou les sanctuaires lointains, témoignent avant tout d’une volonté commune de codification. En investissant les dolmens et les lieux sacrés, ce système graphique semble traduire une tentative de fixer un récit propre à une culture mythologique, transformant le signe en un véritable langage du sacré, par-delà les distances.

La jonction de ces approches définit le signe précéramique et néolithique comme l’émergence d’une pensée codifiée à base d’idéogrammes, vecteurs et moteurs de civilisation. Que le code serve à organiser le sacré en Anatolie ou à codifier le rite post-mortem en Europe occidentale, il témoigne d'une même volonté de projeter une syntaxe complexe sur la pierre.

Ainsi, si l’écriture semble naître d'un besoin comptable immédiat à Sumer, elle est également l'aboutissement d'une longue pratique du signe syntaxique, initiée dès les premiers sanctuaires du Proche-Orient. Les monuments eux-mêmes — qu'il s'agisse des piliers anatoliens ou des orthostates armoricains — deviennent alors les supports d'une narration lapidaire, porteurs des mythes fondateurs de la civilisation.

De l'outil comptable à l'amulette spirituelle et protectrice ?

Alors le sceau-cachet de la petite pierre verte de Göbekli Tepe ne serait-il pas davantage un artefact ou une amulette voire un ex-voto ? L'agencement vertical des signes — l'homme au bras levé vers le ciel, le serpent tourné vers les cimes et l'oiseau en envol — dessine une trajectoire qui dépasse la simple identification de propriété. Cet ordonnancement offre un écho saisissant à la célèbre pierre de Saint-Samson-sur-Rance, dont une interprétation pourrait être celle d’un chemin des morts. Cette pierre, loin d'être un simple ornement, semble avoir agi comme un viatique spirituel. Peut-être cette pierre symbolique protégeait-elle le défunt lors de son ultime voyage vers l'au-delà.

Le contexte de la découverte de la petite pierre de Göbekli Tepe semble aller dans le sens de cette hypothèse . Cette plaquette a été exhumée dans l'Enclos C, l'un des cercles monumentaux les plus emblématiques de ce premier temple. Découverte dans le remblai de remplissage, au cœur d'un espace sacré peuplé de piliers monumentaux sculptés de sangliers et d'oiseaux, elle appartient à la stratigraphie du Niveau III, la phase la plus ancienne et la plus pure de ce sanctuaire (entre 9600 et 8500 av. J.-C.).

Cette petite pierre verte, anodine pourrait bien réécrire l'Histoire....Elle pose en effet les questions du sens du sanctuaire de Göbekli Tepe et des origines de l’écriture dans le Croissant fertile au Proche-Orient.

Mikaël Gendry

Professeur d'Histoire

Professeur de culture bretonne

(*) Du grec holos (« entier ») et kainos (« récent »). L'Holocène est l'époque géologique débutée il y a 11 700 ans, caractérisée par un réchauffement climatique stable qui a favorisé la sédentarisation et l'essor des premières grandes architectures symboliques.

Bibliographie :

  • Gendry, Mikaël, Dolmens, Menhirs et signes gravés de Bretagne, La Geste éditions, 2025.
  • Gendry, Mikaël, Une culture mythologique des signes gravés des mégalithes au Néolithique : la grammaire atlantique d'un "chemin des morts", site Agence Bretagne Presse : Une culture mythologique des signes gravés des mégalithes au Néolithique [72928]
  • L'interview source (Vidéo) : La base de toute cette discussion est l'entretien : « Irving Finkel: Cuneiform, Ancient Mesopotamia, and the First Ghosts » sur la chaîne YouTube de Lex Fridman. La partie sur Göbekli Tepe se situe vers la fin de l'interview. C'est là qu'il détaille l'anecdote de la "petite pierre verte". Controversial theory about Göbekli Tepe | Irving Finkel and Lex Fridman

Finkel, Irving. The Ark Before Noah: Decoding the Story of the Flood. Londres, Hodder & Stoughton, 2014. (Traduit en français sous le titre : L'Arche avant Noé, JC Lattès, 2015).

Schmidt, Klaus. Le premier temple : Le mystérieux sanctuaire des chasseurs-cueilleurs du Néolithique (9500 - 8000 av. J.-C.). Traduit de l'allemand par Éric Lesec. Paris, CNRS Éditions, 2015.

 

Traduction de l'article en anglais :

The small green stone of Göbekli Tepe and the megaliths of the Atlantic coast: a shared mythological culture of engraved signs ?

Megaliths and proto-writing: a synthesis of engraved signs from Anatolia to the Atlantic ?

The awakening of the sign : when humanity began writing its myths

The engraved signs of megaliths reflect the emergence of a codified symbolic thought that carries myths. The emergence of a structured symbolic thinking at the beginning of the Holocene (*) necessitates a re-evaluation of non-verbal communication systems, traditionally relegated to the status of mere artistic or ritual expressions. Long before the establishment of Neolithic agricultural societies, the hunter-gatherers of the Pre-Pottery Neolithic in the Near East (Upper Mesopotamia) were already handling complex communication systems.

From administration to the sacred : the theses of Finkel and Schmidt

The recent proposal by Irving Finkel, curator at the British Museum and world expert on ancient scripts, regarding the "small green stone" and the existence of a proto-writing as early as the 10th millennium BCE at Göbekli Tepe, and the research concerning the mythological culture of engraved signs in the Atlantic Neolithic, find a focal point in the work of archaeologist Klaus Schmidt. By identifying what he termed "humanity's first sanctuary" in the heart of the Near East (Southeastern Turkey), Schmidt paved the way for an interpretation of the site as a space of convergence where the fixing of meaning through signs becomes a vital necessity. These approaches postulate the emergence of a codified symbolic thought whose ideograms far precede the appearance of cuneiform script in Mesopotamia.

The hypothesis of philologist Irving Finkel, centered on logistical necessity, posits that Pre-Pottery monumentality already required a system of information validation. The analysis of objects such as the "small green stone," interpreted as a stamp seal, suggests the existence of a proto-writing for administrative purposes at the very start of the Holocene. In this model, the engraved sign functions as a tool for ratification and planning, essential for the coordination of resources.

This vision aligns with Schmidt's interpretation: such a construction site, mobilizing groups dispersed around a ritual center, requires an architecture of thought. For Schmidt, the pillars of Göbekli Tepe constitute a device for symbolic enunciation where ideograms (animals, snakes, "H" signs) interact according to a precise logic. The sign functions as a coordination tool, both for the management of men and for the articulation of founding myths.

Stone as a medium of language : toward a megalithic grammar

Through its formal kinship with the engraved signs of the Atlantic Arc, this "green stone" embodies the birth of a codified thought where the ideogram becomes the engine of a shared mythological culture, capable of fixing meaning and structuring civilization long before the advent of Mesopotamian writing. This dynamic precisely aligns with the concept of a grammar of signs applied to the megaliths of the Atlantic Arc. Although the latter belong to a later Neolithic period, they inherit this same faculty of semantic projection onto stone. The sanctuary is not a place of passive conservation, but a semantic journey where each engraving—axe, crook, or boat—acts as a syntactic unit. It is not about storing symbols, but about deploying an ideographic framework in space. Where Finkel's seal validates a contractual intention, and Schmidt's sanctuary in the Near East structures a cosmogony through a semiotic arrangement, the megalithic sign marks a "path of the dead," transforming stone into a medium of language that served as the basis for a shared mythological culture across the entire Atlantic coast during the Neolithic.

If one observes the small green stone carefully, one cannot help but be struck by the similarity of certain signs with those of the Atlantic coast. The hieroglyphic and pictographic symbols represent a rising snake, a stylized human figure with raised arms, and a bird in flight. This type of representation finds direct echoes in the corpus of the Atlantic Arc:

• The serpentiform sign : This figure is found at the Gavrinis cairn (Larmor-Baden, Morbihan) or on the Grande Pierre Levée at Saint-Macaire-en-Mauges (Maine-et-Loire). Undulating or broken lines are designated as serpentiform signs. They are always represented in groups, most often at the base of menhirs. The snakes feature a characteristic bulge for the head, as on one of the stelae at Gavrinis (Stele 8) or that of the Manio 2 tumulus mound. In the alignment of the Bretellière plateau (communes of La Renaudière and Saint-Macaire-en-Mauges), at least three stelae out of a set of eight identified feature zigzag snake signs, all engraved vertically: the Bretaudière menhir, the Grande Pierre Levée (known as the Petite Bretellière), and the recumbent slab of the Grande Bretellière (Stele 3). At Kermaillard (Sarzeau), these lines resemble runoff grooves at the top of the menhir. Considering this sign as a snake, its representation at the base of menhirs fits well with the idea of an animal of chthonic origin.

• Anthropomorphic outlines : Represented with simple strokes, they are often associated with vessels. Their number may refer to a scenographic evolution. At Saint-Samson-sur-Rance, the boat with its crew starts from the north face of the stele, at the base of the menhir, and continues diagonally toward the east at the top. When they are at the same level, the number of strokes seems to indicate a progression, with, for example, a greater number of strokes to the west than to the east in the Mané er Groez tomb of Kercado at Carnac. The cross-shaped character (analogous to the human figure on the green stone) may be the sign of awakening or fulfillment. It is represented as such on the Saint-Samson-sur-Rance menhir.

• The bird in flight : Most birds are represented in flight, often on the horizon, alone or in groups. These are mainly seabirds. For example, an isolated bird in flight is found on the Saint-Samson-sur-Rance menhir, while they are superimposed in the Mané Lud dolmen at Locmariaquer. At Gavrinis, they merge with the waves.

Neolithic societies, marked by their migrations, likely evolved in a maritime context. This immersion in the oceanic environment could explain the major importance of the sperm whale sign or marine animals in the Atlantic corpus, marking the adaptation of the myth to the realities of peoples who migrated with their cereals and herds to the edges of the ocean.

The convergence of meaning : a lapidary narration

Beyond the question of a direct lineage from the "little green stone," the essential truth likely lies elsewhere. These engraved signs, whether adorning the Atlantic coast or distant sanctuaries, testify above all to a shared drive for codification. By occupying dolmens and sacred sites, this graphic system appears to reflect an attempt to fix a narrative specific to a mythological culture, transforming the sign into a true language of the sacred, across vast distances.

The intersection of these approaches defines the Pre-Pottery and Neolithic sign as the emergence of a codified thought based on ideograms—vectors and engines of civilization. Whether the code serves to organize the sacred in Anatolia or to codify post-mortem rites in Western Europe, it bears witness to the same desire to project a complex syntax onto stone.

Thus, while writing appears to have been born from an immediate accounting need in Sumer, it is also the culmination of a long practice of the syntactic sign, initiated in the earliest sanctuaries of the Near East. The monuments themselves—be they Anatolian pillars or Armorican orthostats—then become the supports for a lapidary narration, carrying the founding myths of civilization.

From accounting tool to spiritual and protective amulet?

Might the stamp seal of the small green stone of Göbekli Tepe then be more of an artifact, an amulet, or even an ex-voto? The vertical arrangement of the signs—the man with arms raised toward the sky, the snake turned toward the peaks, and the bird in flight—draws a trajectory that goes beyond simple identification of property. This ordering offers a striking echo to the famous Saint-Samson-sur-Rance stone, one interpretation of which could be that of a path of the dead. This stone, far from being a simple ornament, seems to have acted as a spiritual viaticum. Perhaps this symbolic stone protected the deceased during their ultimate journey to the afterlife.

The context of the discovery of the small stone at Göbekli Tepe seems to support this hypothesis. This tablet was unearthed in Enclosure C, one of the most emblematic monumental circles of this first temple. Discovered in the backfill, in the heart of a sacred space populated by monumental pillars carved with wild boars and birds, it belongs to the stratigraphy of Level III, the oldest and purest phase of this sanctuary (between 9600 and 8500 BCE).

This small, seemingly harmless green stone could well rewrite history... It indeed raises questions about the meaning of the Göbekli Tepe sanctuary and the origins of writing in the Fertile Crescent of the Near East.

Mikaël Gendry

Professor of History

Professor of Breton Culture