L?Institut culturel de Bretagne appelle au rassemblement de Carhaix
Communiqué de presse de Institut Culturel de Bretagne
Communiqué de presse de Patrick Malrieu

Publié le 26/11/13 12:07 -- mis à jour le 00/00/00 00:00

15 heures, sur le site des Vieilles Charrues à Carhaix-Plouguer Ce rassemblement se veut convivial et familial Depuis deux ans, de multiples démarches ont été faites auprès des pouvoirs publics pour les alerter sur la situation économique de la Bretagne. On se souvient des rencontres avec Nicolas Sarkozy d'Alain Glon, Jean Ollivro, Jakez Bernard (du groupe de réflexion « Bretagne 2032″) ainsi que de la manifestation déroulée au péage d?autoroute de la Gravelle à l'entrée en Bretagne. Mais les pouvoirs publics n'ont rien entendu, quelle que soit la couleur du gouvernement ! La manifestation de Quimper du 2 novembre a surpris tous les commentateurs par son ampleur, par son côté fédérateur, par la diversité des revendications, par son caractère populaire en l'absence d'une orchestration syndicale ou politique, et par son caractère breton affirmé. Son ampleur 20 ou 30 000 personnes rassemblées à partir d'un rendez-vous donné une dizaine de jours plus tôt si les acteurs politiques n'entendent pas, c'est grave ! Son côté fédérateur et la diversité des revendications Eh oui ! La coupe est pleine pour tout le monde ! · Pour les agriculteurs (1 suicide tous les 2 jours depuis plusieurs années), · Pour les employeurs dont le souci n'est pas de licencier pour délocaliser et gagner de l?argent sur le dos de la misère mais de ne pas mettre la clé sous la porte, · Pour leurs employés qui ont compris (ce que certains syndicats semblent avoir du mal à comprendre) qu'il faut avoir des entreprises pour avoir des emplois, · Pour le secteur culturel : les associations subissent des réductions drastiques des aides publiques. On en voit une conséquence immédiate sur les emplois associatifs en attendant une autre conséquence, à plus long terme mais encore plus préjudiciable, sur la société elle-même et sur l'économie générée par la culture. La vie associative, si forte en Bretagne, a un rôle social évident vis-à-vis des jeunes générations. Il en va du savoir vivre ensemble, de l'envie de maîtriser son avenir et non d'être un pion sur l'échiquier mondial. Prenons un seul exemple, le tourisme. Croyez-vous que ce domaine d'activité tient à la qualité omniprésente du soleil ou à l'offre culturelle exceptionnelle et originale propre à notre pays ? Qu'en sera-t-il quand l'activité associative et culturelle aura été détruite ? Pour les citoyens sur lesquels retombent d'une manière ou d'une autre tous les impôts et taxes, mais aussi qui ne supportent plus d'être dirigés par des menteurs Pour rester dans le domaine culturel qui est le nôtre, quelle confiance peut-on accorder à un Pouvoir qui s'était engagé (Promesse n° 56) à ratifier la Charte européenne pour les langues régionales ou minoritaires et qui s'empresse de l'oublier ou de trouver des arguties pour ne pas le faire, alors même qu'un avenir pour la langue bretonne est demandé clairement dans tous les sondages par 80% de la population bretonne ? Quelle confiance accorder à un pouvoir qui fait voter (à l'unanimité de son assemblée) une résolution pour la réunification administrative des 5 départements bretons et qui par la suite, sans doute prisonnier de son appareil partisan, ne fait rien pour y parvenir ? (Là aussi la réunification est demandée depuis longtemps par les deux tiers de la population des 5 départements). Et c'est ainsi que tout ce petit monde au bout du rouleau se met un bonnet rouge sur la tête et se sent solidaire Mais certains commentateurs formatés par le jacobinisme essaient de discréditer le mouvement en le qualifiant d'hétéroclite. Ils feraient mieux de s'inquiéter de son caractère pluriel ! Autrefois, le pouvoir central envoyait des missionnaires pour prêcher la soumission. Aujourd'hui, il envoie des universitaires. Selon ces grands intellectuels, les révoltes de « bonnets rouges » de 1675 n'ont rien à voir avec celle de Quimper. Elles n'étaient pas tournées contre le pouvoir royal, et autres balivernes. Grand merci à eux, nous n'aurions pas imaginé tout seuls que la société de 1675 n'était pas la même que celle de 2013 ! Quoi qu'il en soit, il n'en reste pas moins vrai que taxe sur le tabac ou le sel ou écotaxe, c'est la taxe de trop qui provoque l'explosion. Et que, même si les contextes sont différents, le symbole reste vivant dans l'esprit de la population : le refus de taxes considérées comme injustes et exorbitantes. Peu importe qu'il s'agisse de financer les guerres du roi de France ou la dette accumulée par des générations de partis politiques et de hauts fonctionnaires inconséquents ou/et incompétents. Son caractère populaire Cela rejoint le point précédent. Mais cela met en évidence la non-représentativité des porte-parole patentés (politiques et syndicats), figés dans leurs schémas, formatés par leurs dogmes. Tout naturellement, l'Etat essaie de leur redonner une place dans les rencontres qui se profilent. Reste à savoir si la population y trouvera la réponse qu'elle attend ? Son caractère breton affirmé Une marée de Gwenn-ha-du ! Et une revendication qui, bien au-delà de l'écotaxe, porte clairement sur la Gouvernance du pays ! Vivre-décider-travailler au Pays ! Tous les mots ont un sens ! Tous (employeurs, associations, citoyens) en ont ras-le-bol d'un centralisme étouffant, aveugle, niant les réalités locales qu'elles soient économiques ou culturelles, bloquant toute initiative dans un imbroglio administratif coûteux car multipliant les couches administratives Ce n'est pas un hasard si la question de la réforme territoriale et la volonté d'une réelle décentralisation sont apparues comme impératives pour assurer un véritable avenir à la Bretagne. Alors même que l'acte III de la décentralisation, tel qu'il nous est présenté aujourd'hui, a toutes les allures d'un acte manqué, c'est clairement d'un pouvoir régional moderne et autonome (comme en Catalogne, en Ecosse ou dans la quasi-totalité des autres pays d'Europe) que la Bretagne a besoin et qui est demandé. C'est pour toutes ces raisons que nous soutenons la manifestation de Samedi 30 novembre à Carhaix et appelons à y participer nombreux ! Patrick Malrieu Président de l'Institut Culturel de Bretagne (voir le site)

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Institut Culturel de Bretagne / Skol-Uhel ar Vro. Développement et diffusion de la culture bretonne à l'ensemble de la Bretagne. Colloques, conférences, journées de travail, publications.
Vos 2 commentaires
eugène le tollec
2013-11-27 10:06:44
Messieurs de l'institut culturel il serait temps de bouger et vous mêmes seriez vous présents à Carhaix,rappelez vous que la culture va de pair avec l'économie. ,ici,les revendications culturelles accompagnent les économiques.
Je dis les trois piliers d'une nation sont :
Économie
Culture
Social
Voilà le ciment d'une sphère de vie!
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patrick Malrieu
2013-11-27 10:35:51
Nous n'avons pas attendu votre mise en demeure !
Nous étions à Quimper comme nous serons à Carhaix.
Et nous avons appelé nos membres a participer à ces rassemblements.
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