Communiqué de l'Union Démocratique Bretonne du 10 avril 2013

Kemennadenn Unvaniezh Demokratel Breizh d'an 10 a viz Ebrel 2013

Le Conseil des ministres du mercredi 10 avril a rendu ses arbitrages sur le projet de loi de décentralisation. En premier lieu, l'Union démocratique bretonne exprime sa profonde déception. Les objectifs énoncés sont oubliés : pas de simplification ni de clarification. Le renforcement de la région en tant qu'institution stratège n'est pas au rendez-vous et surtout, la métropolisation supplante la régionalisation. Nous sommes loin, et de plus en plus, des engagements de François Hollande qui annonçait l'acte 3 de la décentralisation comme «la mère des réformes».

Pour l'UDB, le gouvernement n'a aucune vision d'avenir. Le premier ministre Jean Marc Ayrault confirme que la loi de décentralisation sera découpée en trois tranches. La première sera consacrée à la création des métropoles, la seconde aux régions et la troisième traitera des départements et des communes. Pour l'UDB, c'est un non sens et une aberration de réfléchir l'organisation démocratique de la république par tranches. Cela s'apparente à du saucissonnage alors qu'il faut une vision d'ensemble pour la cohérence de l'action publique. La nécessaire réforme de la fiscalité locale n'est pas évoquée alors que les collectivités locales sont au régime sec du fait de la baisse des dotations d'Etat.... sans moyens : pas de politiques publiques.

Pour l'UDB, la métropolisation annonce la fin de l'aménagement solidaire du territoire. Le gouvernement donne clairement la priorité à la création d'un statut de métropole, au profit des grandes agglomérations. En guise de simplification du millefeuille institutionnel, on crée un nouvel échelon, cherchez la cohérence ! Une dizaine de grandes agglomérations, dont Nantes et Rennes pour la Bretagne, se verront attribuer un statut de métropole, comprenant des compétences auparavant dévolues aux régions et départements. Paris, Marseille et Lyon auront un statut particulier de «super métropole».

La conséquence directe du choix du gouvernement se traduira inévitablement par le renforcement de l'attractivité des grandes agglomérations, au détriment du reste du territoire, alors que les inégalités territoriales ne cessent de progresser en France entre régions et à l'intérieur de certaines régions. Ce choix qui consiste à renforcer les riches au détriment des plus pauvres, n'est pas de gauche. Ce n'est pas celui de l'UDB qui prône au contraire le droit au développement pour tous les territoires et la solidarité par la péréquation. Parce qu'il n'y a pas d'égalité sociale sans équité territoriale, l'UDB refuse cette logique d'alliance entre centralisme et libéralisme, qui pourtant est en marche et se traduit par 30 milliards pour le «Grand Paris» et des miettes pour la «Province» !

Pour l'UDB, il faut un statut particulier pour la Bretagne. Ce que le projet de loi de décentralisation permet aux grandes agglomérations - un traitement différencié - doit être possible pour les régions. L'Union Démocratique Bretonne a toujours affirmé la prééminence de l'échelon régional dans le cadre d'une république fédérale et solidaire. Des régions fortes dotées de pouvoirs et moyens en capacité de porter le développement économique régional et d'être les garants des équilibres sociaux et territoriaux.

Malgré plus de 200 ans de centralisme, la France reste riche de sa diversité. C'est une chance, bien mal reconnue, voire niée, par l'uniformité administrative de la Vème république. Pourtant, dans chaque région, une réalité historique et humaine singulière prévaut qui doit permettre d'envisager des solutions différenciées en matière de gouvernance. C'est d'ailleurs ce que reconnaît le projet de loi du gouvernement en octroyant un statut particulier à 3 métropoles. Ce faisant, il reconnaît aussi, que rien ne s'oppose à un statut particulier pour une autre collectivité locale, en l'occurrence, une région.

Le Conseil Régional de Bretagne administrative a, sous l'impulsion des élus régionaux de l'UDB, adressé au gouvernement une contribution sur la décentralisation, dans laquelle il dit avec force son attente d'une vraie régionalisation et se porte candidat à l'expérimentation. Cette proposition est relayée aujourd'hui par plusieurs organisations bretonnes, partis politiques, associations et acteurs économiques.

Si le gouvernement est prêt à faire de Lyon le laboratoire expérimental des métropoles, l'UDB demande que la Bretagne soit le lieu de l'innovation de la régionalisation différenciée. En Bretagne, comme le disent de nombreux élus bretons, ici s'il y a une métropole, c'est la Bretagne elle-même. Si un statut particulier est possible pour Lyon, osons un statut particulier pour la Bretagne réunifiée, qui expérimente la capacité d'une région singulière à construire un développement équilibré entre trois grandes villes et un tissu de villes moyennes... entre proximité et innovation.

Pour l'UDB, la porte-parole, Mona Bras

Disponible sur le site de l'UDB : (voir le site)

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L'Union Démocratique Bretonne veut un statut particulier pour la Bretagne, dans une France fédérale, avec une politique de gauche et de développement durable.

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