
Saisie de la CEDH par Bretagne Réunie : au cœur du recours, le refus d’un débat sur une consultation locale malgré la pétition des 105 000 électeurs de Loire-Atlantique. Cinquante ans de mobilisations, la réforme des régions sans consultation, et désormais un agenda européen — de la CEDH à Strasbourg à la FUEN à Bolzano — structurent un dossier où s’entrecroisent droit de pétition, démocratie locale et cohérence culturelle et économique d’une Bretagne à cinq départements.
Strasbourg, le 17 octobre 2025. L’association Bretagne Réunie annonce avoir déposé un recours devant la Cour européenne des droits de l’Homme (CEDH) après le refus des juridictions françaises — jusqu’au Conseil d’État — de donner suite à la « pétition des 105 000 » électeurs de Loire-Atlantique. Les requérants estiment que le refus du Conseil départemental d’organiser un débat sur une consultation locale constitue une violation de la Convention européenne, notamment du droit de pétition. « Cette procédure est une nouvelle bataille pour la Réunification de la Bretagne », écrivent les coprésidents Philippe Clément, Alan-Erwan Coraud et Alain-Francis Peigné.
Ce que dit la saisine
La pétition déposée en 2018, signée par 105 000 électeurs (près de 10 % du corps électoral de Loire-Atlantique), demandait au Conseil départemental l’inscription à l’ordre du jour d’un débat sur l’organisation, par l’assemblée départementale, d’une consultation sur la réunification. Le refus d’y donner suite est présenté par Bretagne Réunie comme une atteinte au droit de pétition et, au-delà, comme un déni de démocratie.Après les rejets successifs des juridictions administratives, dont la décision du Conseil d’État du 30 avril 2025, l’association et deux co-requérants saisissent la CEDH.
Repères (1970–2025)
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Années 1970–2000 — Structuration d’un mouvement durable pour une Bretagne à cinq départements (Loire-Atlantique incluse). Mobilisations régulières, prises de position d’élus et votes symboliques en Bretagne.
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Années 2000–2010 — Manifestations à Nantes et en Bretagne ; la question du droit à consultation locale s’installe dans le débat public.
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2014–2015 : réforme territoriale — La carte des régions sous la présidence Hollande n’intègre pas la Loire-Atlantique à la région Bretagne. Les critiques portent sur l’absence de consultation directe des habitants et sur un processus jugé vertical.
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2016–2018 : la pétition des 105 000 — Bretagne Réunie rassemble 105 000 signatures en Loire-Atlantique pour solliciter un débat au Conseil départemental sur l’organisation d’une consultation.
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2019–2024 : contentieux — Recours administratifs successifs ; la justice estime qu’un département n’a pas compétence pour décider d’une modification des limites régionales, refermant la voie interne.
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30 avril 2025 — Le Conseil d’État confirme la position : pas de consultation décidée par le département sur ce sujet de périmètre régional.
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17 octobre 2025 — Saisine de la CEDH par Bretagne Réunie et deux co-requérants, au titre du droit de pétition et du respect de la participation citoyenne.
Déni de démocratie : les arguments
Pour Bretagne Réunie, écarter sans débat une demande portée par 105 000 électeurs revient à minorer une expression démocratique locale majeure. La saisine demande à la CEDH de constater la violation du droit de pétition et d’ordonner à l’État d’assurer un cadre effectif de prise en compte des initiatives citoyennes de cette ampleur.Les juridictions françaises, elles, ont jugé que la question des frontières régionales excède la compétence d’un département, ce que les requérants contestent désormais sur le terrain des droits fondamentaux.
Europe : Kenleur et Produit en Bretagne font entendre la Bretagne puissance 5
Strasbourg, 9 octobre 2025. À l’invitation de Loránt Vincze, président de l’Intergroupe « Minorités traditionnelles, communautés nationales et langues » du Parlement européen, et à l’initiative de Bretagne Réunie, la Confédération Kenleur et le réseau Produit en Bretagne ont présenté aux eurodéputés la vitalité d’une Bretagne vécue au quotidien à 5 départements. La délégation a été saluée, notamment par l’eurodéputée bretonne Isabelle Le Callennec, pour la cohérence culturelle et économique du modèle breton mis en avant.
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Kenleur (Erell Lahuec) a ouvert la séquence par une plongée dans la Bretagne culturelle : danse, musique, langue, grands rassemblements populaires — « une Bretagne en mouvement, joyeuse et fédératrice » — citant Per Jakez Hélias : « Sans hier et sans demain, aujourd’hui ne vaut rien. »
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Produit en Bretagne (Anne-Claire Pons, Jean Coisnon) a témoigné d’une Bretagne économique entreprenante et solidaire : depuis 1993, 520 entreprises et 110 000 salariés fédérés autour d’une marque collective reconnue dans les 5 départements et au-delà. « La Bretagne puissance 5, c’est cinq forces qui se nourrissent : culture, économie, innovation, collectif, démocratie », souligne Jean Coisnon.
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Les parlementaires ont mis en avant quatre traits du modèle : culture vivante, économie locale performante, identité assumée, ouverture européenne ; et le rôle essentiel de la Loire-Atlantique au cœur de cette dynamique « déjà vécue » par les acteurs.
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Pour Bretagne Réunie, cette audition illustre la capacité de la Bretagne à faire entendre en Europe « une voix singulière conjuguant identité, créativité et coopération ». La délégation remercie Loránt Vincze pour l’invitation et évoque des contacts et collaborations à venir.
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Une parole de poésie civique pour conclure : « Celui qui n’a pas de terre n’a pas de racines », rappelait Anjela Duval — des racines cultivées ensemble, de Nantes à Brest, pour en faire un levier d’avenir, d’emploi et d’innovation.
Aussi à l’agenda européen : une motion à la FUEN le 24–25 octobre à Bolzano
Dans la continuité de ces démarches, l’Institut Culturel de Bretagne – Skol Uhel ar Vro et Bretagne Réunie présenteront, lors de l’Assemblée générale des délégués de la FUEN (Federal Union of European Nationalities — union des minorités nationales européennes), les 24–25 octobre à Bolzano (Italie), une motion sur le même thème de la réunification et de la participation citoyenne. L’objectif : porter la question bretonne dans un cadre européen dédié aux droits et à la reconnaissance des minorités nationales, et solliciter des soutiens auprès des réseaux partenaires.
Ce que (ne) ferait (pas) la CEDH
La CEDH ne redessine pas la carte des régions ; elle constate d’éventuelles violations et peut enjoindre l’État à y remédier. Un arrêt favorable n’imposerait pas la réunification mais pourrait contraindre à mieux garantir le droit de pétition, la motivation des refus et, potentiellement, l’examen public d’une consultation.
À retenir
Avec Strasbourg, Bretagne Réunie et ses partenaires replacent au centre la voix de 105 000 électeurs et l’affirmation, en Europe, d’une Bretagne “puissance 5” vivante et crédible. L’enjeu n’est pas d’« imposer » une carte, mais de faire reconnaître qu’une expression citoyenne massive et un projet culturel-économique cohérent doivent être entendus et instruits. La CEDH dira si, en l’espèce, le droit de pétition et la participation des citoyens ont été suffisamment garantis.
Documents liés
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Le communiqué
Source : Bretagne Réunie
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Le communiqué
Source : Kenleur
Commentaires (45)
Même si cette initiative risque de demeurer lettre morte, elle a le mérite d'exister, de tenter de faire bouger, de faire parler et de répéter qu'il est hors de question de cesser de combattre ceux qui sont d'abord les ennemis de la démocratie.
Je reste convaincu par ailleurs que ce genre d'initiative doit être accompagnée de manifestations à Nantes, de marches ou de grands rassemblements longuement préparés pour réunir les différents acteurs, qu'ils soient de la culture, de l'économie ou de simples citoyens.Car tous sont directement concernés. Chaque jour qui passe, depuis des dizaines d'années, la région administrative impose son lexique politique - tentant de faire changer de sens le mot 'ligerien'. Elle emploie des sommes faramineuses, de l'argent public, pour sa propagande en Loire Atlantique, j'ai pu ainsi récemment constater que des communes avaient à leur entrée des panneaux sans doute aussi coûteux que des panneaux routiers afin de promouvoir indirectement ladite région pour rappeler qu'elle soutient des projets communaux. Dans quelle région d'Europe existe-t-il ce genre de chose ?
La pression que nous devons également exercer doit être aussi régulière que diversifiée. Et pour cela nous devons être unis et combatifs dans nos combats juridiques autant que dans la rue.
C'est devant le Conseil départemental qu'il faut manifester. Il n'y a pas beaucoup de place, il ne faut pas tomber dans l'eau. Peut-être en étirant la manif sur le temps, en la relayant.
On verra ce que la CEDH pense du droit de pétition à la française : la loi demande de recueillir 100 000 signatures, afin que le Conseil départemental délibère sur l'objet de la pétition... sauf si le président de ladite assemblée délibérante n'inscrit pas la pétition dans l'ordre du jour. Malheureusement, cela n'a scandalisé personne !
Bretagne Réunie n'a jamais prétendu que le découpage territorial était une compétence des départements. Ceux-ci peuvent tout de même demander à changer de région. A ce titre, ils doivent pouvoir consulter leur électorat sur ce sujet.
Je n'ai pas observé que le Conseil départemental du 44 demandait à changer de région, au contraire.
La réponse de la session de décembre 2018 du CD44 était claire, à cet égard et je ne suis pas certain qu'il ait changé d'avis depuis, vu la débandade des manifestations sur le sujet depuis.
Vous écrivez ailleurs dans un commentaire que je ne passerai pas : "En France, la démocratie a débuté avec la révolution française, celle-là même qui a séparé le pays nantais / Loire-Inférieure de la Bretagne en 1790." Ah bon ? comment le 44 peut-il être séparé de la Bretagne alors que celle-ci n'existe plus ? La division du duché de Bretagne en 5 départements n'implique en rien une quelconque séparation. Pas plus que pour le Finistère ou le Morbihan.
Je persiste.
Le découpage de 1790 a rompu l'unité administrative de la Bretagne historique (de 851 à 1789)
Administrativement, la séparation est incontestable.
La revendication de rattachement administratif du 44 à la Bretagne au nom de l'histoire est bien le signe qu'une séparation s'est produite à un moment donné, en 1790 en l'occurrence.
Voir l'historique complet de la séparation https://abp.bzh/les-dates-essentielles-de-la-partition-de-la-bretagne-50035
Philippe Argouarch, je suis d'accord avec votre historique, ainsi qu'avec la conclusion de votre article du 27/04/2023 dans ABP intitulé "Qui a créé la région Pays de la Loire ?" :
"La région "Pays de la Loire" a donc été créée par la 4e République le 28 novembre 1956 ... Le président de la république est René Coty et le président du conseil est le socialiste Guy Mollet (SFIO)."
Une précision, que vous apportez dans votre article du 27/04/2023 : la préfecture régionale d'Angers
- ne comprenait pas la Vendée (rattachée à la préfecture régionale de Poitiers)
- comprenait l'Indre et Loire
La délimitation de la préfecture régionale d'Angers ne correspondait donc pas à celle des Pays de la Loire telle que définie dans l'arrêté ministériel du 28novembre 1956
Ce n'est donc pas Pétain qui a séparé la Loire-Atlantique de la Bretagne.
Il serait temps que le mouvement breton cesse d'utiliser cet argument pour justifier et rendre populaire la demande de rattachement administratif de la Loire-Atlantique à la région Bretagne.
Dominique David : faux archi faux. Vous mélangez les dates, signe d'une connaissance de l'histoire de Bretagne approximative ou d'une idéologie anti-bretonne qui conteste la volonté des bretons (5d) de maintenir l'unité de la Bretagne. Un breton ne confond pas la région B4 créée au milieu du XXe siècle par le France et la Bretagne, pays millénaire créé par les bretons, divisé en 5 départements en 1789. Il y a 150 ans entre le fin de la province de Bretagne politique et autonome (1789) et la création des régions administratives imposées dans les années 1950-72 puis 2015 sans demander aux citoyens.
La pétition doit porter sur une compétence du département (pouvoir demander à changer de région).
Comme le Conseil départemental de la Loire-Atlantique ne veut pas de la Réunification, faire voter la population serait un moyen de contourner les élus. C'est l'esprit du droit de pétition.
Ce n’est pas seul, le département de Loire Atlantique de voter, ce sont aux 5 départements de Bretagne et concitoyens de voter.
Si on part du principe que les PDL ne peuvent pas retenir le 44, alors la B4 ne peut le refuser.
Quant à voter à 5, ce n'est pas possible : on ne peut organiser un vote sur une circonscription qui n'existe pas encore.
L'exemple est sans doute mal choisi, mais même Poutine, quand il veut annexer des territoires, il ne fait pas voter toute la Russie.
On ne peut faire voter les gens que sur une circonscription électorale qui existe déjà.
Quand les habitants de la Sarre ont voté via un référendum, en 1935 puis en 1955, s'ils voulaient faire partie de la France ou de l'Allemagne, on a demandé ni aux Allemands, ni aux Français de voter.
Quel est l'article de la Convention Européenne des Droits de l'Homme qui traite du droit de pétition?
Le droit de pétition fait peut-être partie de la Charte européenne de l'Autonomie locale. Le droit d'option en faisait partie.
Recours basé sur le respect de la liberté d'expression. Car la pétition a été réécrite : vote consultatif devenu décisionnel, organisation par le CD 44 transférée à l'Etat, électorat élargi au grand ouest.
Le service après-vente a été compliqué : une association concurrente, alignée sur les idées de Grosvalet, était la chouchou des media.
« une association concurrente, alignée sur les idées de Grosvalet » ?
Pouvez-vous préciser ?
Je répondais à un commentaire qui disait que Bretagne Réunie n'avait pas bien assuré le service après-vente de la pétition. Commentaire qui a disparu depuis.
L'association A la bretonne a volé la vedette à l'association organisatrice de la pétition des 100 000. Cette association répétait qu'il fallait prendre Grosvalet au mot. Consternant.
J'ai précisé, mais ma réponse s'est égarée.
Anne Merrien, merci pour votre réponse.
Il est clair qu'il y a en 44 une lutte entre les anciens, plutôt centre/droite chez Bretagne réunie et l'extrême gauche plus jeune chez A la nantaise, qui n'est que la vitrine militante de l'adjoint aux enjeux (en théorie) / intérêts (en pratique) bretons à la Ville de Nantes.
Un des terrains de jeux de cette lutte est l'ACB44 avec la perspective de prise de contrôle du projet Kejadenn dans les futurs locaux promis (sans appel à projets officiellement porté à la connaissance des citoyens) par l'actuelle municipalité nantaise.
Il n'y a pas que des jeunes autour d'ALB. Il y a aussi Patrick Mareschal. Quand il était à la tête du Conseil départemental, il n'a pas cherché à organiser un vote des électeurs de la Loire-Atlantique au sujet d'une demande de changement de région. Il demandait à Sarkozy de le faire. L'Etat aurait pu répondre que cela relevait des nouvelles compétences des départements (depuis 2005). Et le mouvement breton aurait pu le dire aussi, s'il avait pris la peine de lire les lois, au lieu de se fier à tel ou tel homme providentiel.
Ce clivage droite/gauche est erroné. Il y a encore bien des gens de gauche à Bretagne Réunie. La pétition n'était pas un coup de la droite, aussi hostile à la Réunification que la gauche au Conseil départemental. A Bretagne Réunie, l'objectif unique est la Réunification. Les gens d'ALB cherchent plutôt à mettre en avant la culture locale. L'idée, c'est peut-être (j'essaie de comprendre) qu'en cas de fusion B4+PDL, il sera bien clair qu'il y a 5 départements bretons, ce qui contribuera à faire partir les autres départements.
Un message a visiblement était séparé, du coup on ne comprend rien aux échanges. Beaucoup d'énergie quand même dépensée pour pas grande chose sur le sujet du découpage administratif. Jamais la France n'organisera un référendum sur ce sujet, ce serait reconnaitre l'existence d'un peuple breton, du droit à l'auto-détermination des locaux etc
Avec une fusion en 2014, nous ne serions pas dans des draps cousus de soie, mais les combats seraient clairs, les interlocuteurs clairs, il y aurait une dynamique. Là nous sommes dans un marasme de quémander pour consulter des habitants pour séparer le 44 de la Région PdlL (dont elle est le département capitale), avec des lois à changer pour cela, pour ne pas dire la constitution quasiment, juste pour consulter, sans absolument aucune garantie de résultat positif, et même en cas de résultat positif, il y a fort à parier que nous aurions pour conclure une fusion des deux régions ou quasiment une fusion (la Sarthe en moins)...tout cela et toute cette énergie pour cela ?
Juste pour rappel, les habitants du 44 ont dit oui pour un aéroport dans le 44. Résultat 2 ans après, ce projet de 40 ans a été enterré du jour au lendemain !!
Il n'est pas nécessaire de changer la Constitution pour que le Conseil départemental de la Loire-Atlantique consulte ses électeurs sur sa demande de changement de région. Le problème, c'est qu'il ne le veut pas.
Si nous basculions dans le grand ouest, vous dites que la Sarthe partirait. Suivie, il faut l'espérer, par d'autres départements, si bien qu'il ne resterait que la B5. C'est peut-être justement pour ça qu'on y a échappé, au grand ouest.
Le Conseil Départemental du 44 peut-il consulter ses habitants sur ce sujet, tout seul ? Nous n'en savons rien. Je n'en suis pas du tout sûr.
Concernant l'Aéroport, c'est une consultation organisée par décision du Président de la République. Pas du Conseil Départemental.
Du reste, vous parlez de consultation, mais il est régulièrement question d'un référendum. Or, pour que le 44 organise un référendum sur ce sujet, il y a à minima un problème de lois à changer, et au plus, la Constitution elle-même.
Une consultation, cela n'a aucune valeur ensuite, vous le savez bien. On en revient à celle sur l'Aéroport. Le Oui l'avait emporté à 52 % (avec une participation tout à fait honorable).
Depuis 2005, les Conseils départementaux peuvent consulter leurs électeurs sur un sujet relevant de leur compétence. Or les Conseils départementaux peuvent demander à changer de région. Si le Conseil départemental de la Loire-Atlantique le faisait, ce serait une révolution.
L'aéroport de NDDL relevait du Code de l'Environnement et non du Code général des Collectivités territoriales. Le fait que ce soit l'Etat qui ait organisé le vote n'a pas d'effet sur son caractère uniquement consultatif.
L'Assemblée nationale pourrait réunifier la Bretagne, sous réserve de l'approbation des électeurs de la Loire-Atlantique : une décision qui partirait d'en haut. La décision ne peut pas partir d'en bas, car les électeurs du 44 ne peuvent pas se substituer à l'Assemblée nationale (article 3 de la Constitution).
Je vous ai répondu, mais mon message s'est perdu quelque part.
Je doute que la CEDH rende son jugement avant l'expiration de la pétition (qui ne reste en vigueur que dix ans). Si par extraordinaire, cette cour jugeait que Grosvalet aurait dû inscrire l'objet exact de la pétition dans l'ordre du jour du CD 44, il faudrait alors refaire une pétition. Comme la loi a changé depuis, 50 000 signatures suffiraient cette fois. L'intitulé devra être plus explicite : il s'agit de demander à l'Etat de changer de région. (La pétition des 100 000 avait dû aussi s'adapter au droit d'option.)
La loi précise à présent que c'est le Conseil départemental qui doit décider s'il délibère ou non sur la pétition. Mais est-ce que cela règle le problème de l'ordre du jour ?
Après vérifications.
Consultation sur le projet de transfert de l'aéroport de Nantes-Atlantique sur la commune de Notre-Dame-des-Landes le 26 juin 2016.
Sur 966.017 inscrits, 51,08 % de participation.
Mon commentaire : vu le sujet et vu le caractère très local (un grand nombre d'habitants n'étant absolument pas concernés par les questions de survols ou de délocalisation des emplois) du sujet, ce taux de participation est absolument énorme. Surtout quand on compare à des élections politiques lambdas.
Résultats : 55,17 % en faveur du transfert vers Notre-Dame-des-Landes et 44,83 % contre
Mon commentaire :
Score net et sans bavure. A l'époque, une surprise puisque la plupart des médias (hormis OF il est vrai) nationaux prêchaient contre. Surtout il y avait fort à parier que cette consultation, dans un contexte d'impopularité monumentale de F. Hollande, n'avait que pour seul but d'enterrer ce projet et de trouver une porte de sortie.
Ma conclusion :
Avez-vous déjà vu une consultation ailleurs en France de ce type ? C'est de mémoire une première. Bizarrement, nous parlons ici même sans arrêt de référendum ou de consultation sur le découpage sans jamais rappeler cette consultation aéroportuaire pourtant bien récente et réelle. C'est étonnant, non ?
Le résultat pourtant clair, avec une forte participation, et avec à l'évidence un vote sur le fond et pas contre celui qui posait la question, s'est pourtant traduit 1 an après par l'enterrement de ce projet de nouvel aéroport nantais (au nord de la Loire) par décision présidentielle. Un Président qui ne s'oppose pourtant pas spécialement aux projets d'infrastructures ailleurs.
La consultation n'est donc absolument pas la panacée en terme de résultats concrets, nous en avons eu la preuve.
Dernier élément : j'ai toujours pensé (et cela n'a été dit par aucun média, nulle part) que cette consultation en Loire-Atlantique et pas ailleurs, avait un lien avec la Bretagne réunifiée. Le but : noyer le poisson, discréditer peut-être même s'être procédure et la réunification bretonne.
Nous étions en 2016, soit 2 après la force hollandaise, et le récit cousu de fil blanc d'un Le Drian faisant véto à la fusion Ayraultienne. Il n'y a aucun hasard là-dedans.
Ces 51,08% sont à mettre en parallèle des 10% récoltés, sur le même territoire, par Bretagne réunie pour sa collecte de signatures pour demander une consultation des électeurs sur le rattachement de la Loire-Atlantique à la Bretagne.
Collecte qui a duré deux ans et demi, d'avril 2016 à novembre 2018.
90% des électeurs n'ont pas signé. Qu'en concluez-vous?
2 % des électeurs français avaient signé une pétition contre la privatisation d'Aéroport de Paris. Doit-on en conclure que 98 % y étaient favorables ? Comment comprendre alors l'abandon du projet ? Plus récemment, une pétition contre la loi Duplomb a mobilisé 4 % de l'électorat, ce qui a été considéré comme une performance. Les 10 % de Bretagne Réunie ne sont pas à prendre à la légère, d'autant qu'il s'agissait d'une pétition papier. C'est d'ailleurs la loi qui avait fixé ce seuil de 10 % donc on s'est arrêtés là.
J'en conclue un énorme engouement autour de la pétition autour d'une association locale finalement peu connue du grand public.
Citez moi une pétition en France qui recueille 10% des signatures physiques ou même, en ligne, du corps électoral ?
Vous reprenez l'argument de Grosvalet pour rejeter la pétition des 100 000 : ce ne serait qu'un vote consultatif. Or il n'y a pas moyen de faire autrement, constitutionnellement parlant (sauf si la Réunification est votée préalablement par l'Assemblée nationale). En vérité, même consultatif, ce vote, il ne voulait pas en entendre parler. Car un vote consultatif peut être convaincant.
A propos de NDDL, la consultation avait permis de constater que les riverains du projet d'aéroport y étaient très opposés, tandis que les riverains de l'actuel aéroport n'étaient pas tant que ça favorables au transfert. Les résultats sur l'ensemble du département n'étaient pas si pertinents, car on aurait pu tout aussi bien faire voter les électeurs de la B4 et des PDL.
Peut-être, mais l'argument est potentiellement à retourner contre une consultation sur B5 dans le 44 du coup.
Qui sont les premiers impactés par la réunification ?
Les personnels administratifs situés à Rennes et Nantes...je doute que vous souhaitiez n'interroger que ces personnes là ! (et je connais d'avance le résultat...) !
Et logiquement vous devriez également demander l'avis des habitants de l'ensemble des PdlL et de B4 qui sont concernés en premier chef par un changement important des limites de leurs régions.
L'Aéroport, les clients sont majoritairement des habitants du 44 pour Nantes-Atlantique tout de même.
Il s'agissait de l'aéroport du "grand ouest" donc logiquement, consulter B4 et PDL.
Pour l'instant, seuls les électeurs de la Loire-Atlantique ont demandé à donner leur avis à propos de la Réunification. Mais ils n'ont pas été entendus par leur Conseil départemental.
Si par extraordinaire le Conseil départemental de la Loire-Atlantique consultait ses électeurs sur sa demande de changement de région (la pression exercée sur ledit conseil est proche de zéro), le Conseil régional des PDL se risquerait-il à solliciter le soutien de son électorat dans sa demande à l'Etat de ne rien changer ? Les électeurs du 44 voteraient deux fois. On remarquera aussi que les PDL ne peuvent exercer de veto, la décision appartenant à l'Assemblée nationale. Il y aurait plutôt tout un tas de manœuvres en coulisses, pour qui sait comment fonctionnent les rouages de l'Etat.
Juste un point quand même : La carte date d'il y a 10 ans, les limites du 44 à l'Est ont changé depuis (et sont facilement perceptibles).
A l'occasion des 75 ans de la CEDH, j'ai appris que son Président s'appelle M. Guyomar.
Du vieux breton uuin-ho-march, "digne d'avoir un bon cheval".
Erratum : uuiu-ho-march
La réunification de la Bretagne est un sujet politique installé dans les revendications bretonnes désormais , les associations bretonnes dédiées ont réussi à la porter malgré les élu(e)s qui passent et les partis nationaux hostiles localement à cette idée en général place que émis par des gens du peuple .
Ce n'est jamais le moment pour s'interroger sur les demandes populaires ainsi ils sont fidèles au jacobinisme parisien maladif pour conserver le modèle en place dont ils vivent .
Vont -ils scier la branche sur laquelle ils prospèrent ? C'est leur métier , leur ressource pour être adouber pour une élection future .
La pétition de Bretagne réunie de 2016 à 2018 en faveur d'une consultation montre l'intérêt de Breton(ne)s de la Loire Atlantique pour le sujet mis sous le boisseau par nos représentants locaux des collectivités concernées et pour cause , la démocratie c'est eux , le bon sens , et le droit et la fameuse Raison....
Peut-on réformer ce qui est déjà parfait selon leurs dires ? Non ! Nous sommes en France où chacun sait que les cercles de la Raison tiennent à leurs prérogatives quittent à nuire au débat démocratique et populaire , venu de cette populace qui pense mal ou qui ne sait pas ce qui est bon ou utile pour le pays . Dans d'autres domaines c'est idem , c'est pour cela que la France va si bien en 2026 .
C'est ainsi que la France fait , ne sachant pas rendre heureux le ou les peuples qui la compose .
Mais la situation présente invite à la réforme car le réel est en train d'appauvrir le pays et la note va être salée . Quant on voit le spectacle offert à l'Assemblée Nationale depuis 2022 et au peu de courage pour voir la réalité crue . C'est affligeant !
Mais le pire , c'est de constater qu'au niveau local c'est identique en B 4 ou CD de la Loire Atlantique , on ne prend pas de responsabilité sur un sujet comme celui-ci pour être conforme à son appareil centraliste . Regardons ailleurs car peut-être un d'entre nous à une carrière à faire à Paris ? Qui sait ?
Quant aux opposant à la réunification de la Bretagne avec le pays Nantais car Nantes est bien en Bretagne , je n'ai jamais vu de manifs depuis des décennies pour maintenir les boiteux PDL , encore moins de pétition , ni aucune démarche autre .
Il faut le dire ceux qui nous gouvernent localement accepte ce que l'on impose venu de Paris car l'idée mm de le contester est sacrilège sans doute pour eux .
Le conformisme , la rigidité politique du système les freinent car ils admettent la praticité convenable du pouvoir parisien depuis toujours .
En outre , le Centre Val de Loire début cherche un nom "gentilé " en langage châtié pour ses habitants :" je propose ligérien "au nom de la longueur du fleuve (plus grande) qui traverse cette belle région de France car volé par son voisin PDL .
Dominique David est opposant c'est son droit , ce que je regarde depuis l'origine de l'annexion par la France de la Bretagne c'est que nos droits sont bafoués au regard du Traité d'Union arraché par la force en 1532 et abolis par une Révolution de 1789 et depuis lors par des principes piétinants le droit international sans vergogne . Le Droit de choisir pour un peuple son cadre administratif , ses institutions au regard de la liberté de le faire sans pression . La Nouvelle Calédonie est l'exemple typique en 2026 du Droit à le demander ( résolutions de l'ONU ) . L'autodétermination est un principe onusien .
Quant à elle : la Bretagne c'est une colonie sans statut politique , sans existence en France .
La Corse à une institution"Collectivité de corse" reconnue de nos jours par l'Etat français pour la Bretagne ce serait un progrès si elle l'obtenait .
Du chemin reste à faire , Mr Borloo est visionnaire en 2026 sur biens des sujets , Charles de Gaulle en son temps le fût en proposant la décentralisation en 1969 . Hélas , hélas !
Le "Droit de choisir pour un peuple son cadre administratif" est clairement bafoué en France, le pire étant que nos concitoyens ne s'en rende pas compte. Aucune consultation populaire n'a jamais validé les contours de nos régions, c'est tout de même fort de café. Les habitants du bade et du Wurtemberg votèrent en leur temps pour valider leur fusion ; les habitants des communautés autonomes espagnoles créées après Franco ont tous approuvé par référendum les périmètres de leurs territoires. Certes, les Belges n'ont pas pu voter en ce sens (le "clichage" des limites administratives fut validé par le parlement, pas par un vote de la population), mais en Europe occidentale, la France fait tache. En matière de découpages internes, elle est gérée comme la Chine populaire, cqfd.