-- Europe --

BREXIT : La pêche bretonne ne serait pas affectée

Un envoyé de l'ambassadeur du Royaume-Uni en France a fait le déplacement à Lorient pour rencontrer élus et armateurs. Quelles que soient les conditions du Brexit, accords ou pas, les zones de pêches situées dans les eaux territoriales britanniques feraient très vite l'objet de négociations pour en continuer l'accès aux pêcheurs bretons. «Il y a deux scénarios. Le premier, c’est celui d’un accord avec Bruxelles avant le 29 mars. Dans ce cas, il y aura une période de transition jusqu’à fin 2020 où le cadre juridique restera le même avec des quotas de pêche renégociés chaque année. Les flottes bretonnes pêchent au large de l’Écosse et déposent le poisson sur place, ce qui créé des emplois. Alors personne ne veut d’un scénario de No deal, mais si cela se produisait, il faudrait négocier rapidement.» a déclaré Olaf Henricson lors d'une interview publiée dans le quotidien Le Télégramme.

46803_1.pngUn enchevêtrement maritime

Les pêcheurs bretons affectionnent particulièrement la Mer celtique entre la Bretagne, le Cornwall et l'Irlande, dont la moitié se trouve en zone britannique mais aussi les zones à l'ouest et au nord de l'Écosse. Environ 20% de la pêche française se fait dans les eaux britanniques, mais pour les pêcheurs bretons c'est au moins 50%. Les bateaux bretons débarquent souvent directement leur pêche dans des ports écossais avant qu'elle se retrouve très vite à Boulogne. Il est à noter que si l'Ecosse devenait indépendante et rejoignait la CE, le problème ne se poserait plus pour la pêche bretonne et pour la pêche écossaise qui représente 58% de la pêche britannique.

Néanmoins, les pécheurs bretons restent inquiets pour plusieurs raisons. Après le BREXIT, les pêcheurs britanniques n'auront plus de quota de pêche ce qui leur donnera un avantage sur les tonnages pêchés. D'autant plus que la pêche bretonne est en difficulté depuis des années. Dernier soubresaut : La coopérative ARCO-BREIZH, basée au Guilvinec et composée de 11 navires, a été mise en redressement judiciaire le 31 janvier dernier. Pire, des armateurs bretons auraient été contactés par des Britanniques afin de les racheter. L'argument ? Avec des armateurs britanniques, les pêcheurs bretons n'auraient aucune difficulté à pêcher dans les eaux territoriales britanniques et à y débarquer du poisson.

Du côté britannique, les inquiétudes persistent surtout que 2/3 de la pêche britannique est débarquée et vendue sur le continent. Comme le rapporte The Guardian (voir le site) les pêcheurs britanniques ont peur d'un blocus français et envisageraient de débarquer leur poisson dans d'autres ports européens si les choses ne se régularisent pas assez vite après le Brexit, deal or no deal..

Pour les écologistes, le problème sera réglé en 2050 puisque d'après une extrapolation basée sur la disparition de certaines espèces, en 2050, il n'y aurait plus de poissons à pêcher en dehors des élevages. 30% des stocks halieutiques ont déjà disparu. Voir le document (voir le site) des Nations Unies pour l' Organisation pour l’alimentation et l’agriculture (FAO)

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©agence bretagne presse

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Philippe Argouarch est un reporter multi-média ABP pour la Cornouaille. Il a lancé ABP en octobre 2003. Auparavant il a été le webmaster de l'International Herald Tribune à Paris et avant ça, un des trois webmasters de la Wells Fargo Bank à San Francisco. Il a aussi travaillé dans des start-up et dans un laboratoire de recherche de l'université de Stanford. Voir le site et Voir le site

Vos commentaires :

Pierre Robes
Dimanche 10 fevrier 2019

On doit rappeler qu'il n'y a aucun lien juridique entre la Bretagne et la France, si ce n'est le traité de Nantes de 1499.

Les pécheurs Bretons pourraient très bien discuter directement (en se rassemblant) avec les autorités britanniques d'un accord entre l'Angleterre et la Bretagne. Si un différent intervenait avec la France, il y a de nombreux avocats aux Pays Bas qui se feraient un plaisir d'intervenir en faveur des pécheurs Bretons auprès d'une cour de justice Européenne.

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