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Paul Molac défend la notion de peuple alsacien et de peuple breton à l'Assemblée nationale

Paul Molac
Paul Molac

Vifs débats hier lors des échanges autour du texte instituant la collectivité européenne d’Alsace, Paul Molac a défendu l’existence du peuple alsacien et du peuple breton face à certains députés de la majorité, pour lesquels le sujet est tabou. Ils défendent le concept d'un seul peuple français, un peuple phagocyte.

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la rédaction de l'abp

Vos commentaires :

Yann Vleiz
Jeudi 20 juin 2019

Mat tre! Sklaer eo!

Lucien Le Mahre
Jeudi 20 juin 2019

Excellente intervention - claire et précise - de Paul Molac, à laquelle j'applaudis des deux mains.

Quelle en sera l'efficacité, attendons de voir, mais au moins c'est dit sans ambages et calmement.

L'exemple ou plutôt le contre-exemple Valls a quand même dû donner matière à réflexion aux plus ouverts, du moins espérons-le. Au passage, les bi-nationaux bénéficient visiblement d'avantages sinon de privilèges que les peuples historiques de France n'ont pas : est-ce normal ?

On aurait pu aisément pré-écrire les deux réactions qui suivent tant elles sont fidèles au schéma jacobin qui s'impose à nous depuis deux siècles et ose encore soutenir que pour devenir parfaitement français, il faut quasiment se faire hara-kiri en tant que Breton, Basque ou Alsacien.

Et le tout en élevant hypocritement - sur d'autres tribunes - au niveau des valeurs universelles, l'hégémonisme interne de l'Etat-Nation français et le nationalisme obtus qui en découle trop souvent en lieu et place de patriotisme.

Beau tour de passe-passe, qui marche encore. Jusqu'à quand, on verra !

Mais plus c'est gros plus cela passe ! comme disait le grand propagandiste Goebbels que nous admirons tous !

Naon-e-dad
Jeudi 20 juin 2019

Il faut reconnaître que Paul Molac a un don remarquable (ou alors l'expérience et le métier) pour exprimer en quelques mots, de façon claire et synthétique - en maitrisant parfaitement son temps de parole - quelques vérités simples et fortes. Cela ne suffira pas à convaincre les obtus: on ne leur demande pas d'appartenir à tel ou tel territoire, de se sentir ceci ou celà, on leur demande seulement (ou plutôt on ne leur demande plus. Ne ra foutr-kaer petra e sonjoñt!) d'avoir le droit d'exister selon plusieurs dimensions. Pourront-ils jamais le comprendre? Pourront-ils jamais l'admettre dans leur tollé-raaannce?

Personnellement, et en écoutant les dires des durs-à-cuir de la république, je me dis que:

. je suis de la planète (plus qu'eux)

. je suis européen (plus qu'eux)

. je m'inquiète de ce que signifie pour eux être français (peut-être vaut-il mieux pas y regarder de trop près?)

. je suis breton (tiens au fait, notre langue bretonne à deux mots conceptuels pour ça: Breton (ez) enraciné(e) par l'origine, Breizhad(ez) habitant(e) de la péninsule. Est-ce trop compliqué à comprendre pour ces brillants esprits?

Breton on bet ganet, Breizhad ne oan ket er mare-se daoust din e deuet da vezañ (pe evel paotrig, pe kalz diwezatoc'h). Ha mad eo mod-se! Ha brav ha laouen !

Erig Girard
Jeudi 20 juin 2019

Très bon travail de Monsieur Molac à l'assemblée nationale, dommage que tous les autres députés bretons ne défendent pas nos intérêts avec la même conviction...

Dalc'h mat Paol

Lucien Le Mahre
Jeudi 20 juin 2019

Excellente intervention - claire et précise - de Paul Molac, à laquelle j'applaudis des deux mains.

Quelle en sera l'efficacité, attendons de voir, mais au moins c'est dit sans ambages et calmement.

L'exemple ou plutôt le contre-exemple Valls a quand même dû donner matière à réflexion aux plus ouverts, du moins espérons-le. Remarquons au passage que si cela semble poser un problème insoluble d’être à la fois breton et français, cela n’en pose absolument aucun d’être en même temps espagnol et français. On cherche la logique ...

On aurait pu aisément pré-écrire les deux réactions qui suivent tant elles sont fidèles au schéma jacobin qui s'impose à nous depuis deux siècles et ose encore soutenir que pour devenir parfaitement français, il faut quasiment se faire hara-kiri en tant que Breton, Basque ou Alsacien.

Et le tout en élevant hypocritement - sur d'autres tribunes - au niveau des valeurs universelles, l'hégémonisme interne de l'Etat-Nation français et le nationalisme obtus qui en découle trop souvent en lieu et place de patriotisme.

Beau tour de passe-passe, qui marche encore. Jusqu'à quand, on verra !

Mais plus c'est gros plus cela passe ! comme disait un propagandiste d'outre Rhin bien connu !

Venner yann
Jeudi 20 juin 2019

Bien vu ! Belle analyse

Boned ruz
Jeudi 20 juin 2019

Gourc'hemennoù aotrou MOLAC... Sklaer eo pezh zo la'ret ganeoc'h...ha ne vez ket klevet digant ar vretoned e penn an traoù peurliesañ...kalonek neuze... Hag un dra bennak a virfe deoc'h mont war ar renk evit an dilennadeg Vreizh?...

J. Christ. Siou
Vendredi 21 juin 2019

Merci à Paul Molac, toujours aussi juste et incisif, ses deux rigolos contradicteurs (contradictateurs?) font froid dans le dos, quelques millénaires de civilisation pour en arriver là… Petits esprits formatés par sainte Marianne de la République pétris d'ignorance crasse ; ouvrez les fenêtres ça sent le rance.

yvon OLLIVIER
Vendredi 21 juin 2019

Bravo Paul, c'est important ce travail...

Muzellec Alain
Vendredi 21 juin 2019

Bravo, Paul, et pour faire connaitre à tous ces positions que si peu de gens connaissent affichons pour l'été ce message de bienvenue: "Amis français et européens, bienvenue en Bretagne".

G Kerouanton
Vendredi 21 juin 2019

Bravo Mr Molac, vous sauvez notre honneur.

Léon-Paul Creton
Vendredi 21 juin 2019

Un Breton, Paul Molac, seul contre 576. Il va lui falloir des "petits bras musclés" en plus d'une ou deux, voire trois langues bien pendues! Il va certainement lui falloir, de toute évidence, bien plus que des ; Bravoooo! Bravooooo!...

Ce système politique antidémocratique,en l'état, non transformé, que l'électeur maintient en réanimation permanente, peut-il permettre que 100 Molac Bretons puissent un jour représenter une force de pression et d'évolution? Et/ou que 200 autres au moins s'y ajoutent,Corses, Occitans Flamands, Alsaciens, Dauphinois, Catalans, Niçois, Auvergnats et Berrichons, etc...fassent une majorité au moins dans quelques domaines et objectifs communs...Et les imposent?

Mais c'est rêver sans doute.

Ce serait aussi sauver, paradoxalement,"LE France titaniqué" qui soit se saborde en toute incohérence,ou est victime de "baraterie", et qui nous entraîne, malgré nous, au fond du fond! Tiens! Mon nombre anti-spam c'est juste 40 ...

Léon-Paul Creton
Samedi 22 juin 2019

L'on pouvait s'interroger, sans attendre le cas catalano-espagnol français de Valls, et méditer beaucoup depuis quelques années, bien des années déjà, sur les cas et parcours de la bi-nationale franco-géorgienne Salomé Zourabichvili en Géorgie, ou de Kofi Yamgnane le franco-togolais au Togo! Ex-maire de Saint Coulitz, beni soit-il(le saint)! (^0^)

Et sur ceux d'autres "réfugiés" qui même avec ou sans la nationalité française ont attendu que les peuples fassent le « nettoyage politique » dans leurs pays d'origine, comme un Petro Romane une fois les Ceaucescu mis hors d'état de nuire, au prix fort !

Beaucoup d'entre ceux bi, tri, ou non, qui ont beaucoup appris en, avec et par la France ce qu'est un pays démocratique et œuvrent pour lui et son idéologie,devraient se sentir dès maintenant l'obligation, le « devoir » de rentrer "au pays" pour l'y implanter. Ce qui bien entendu ne serait pas obligatoirement une action "progressiste" même formulée ainsi, ni le résultat éventuel un "progrès" apprécié de certaine populations…

Non je ne crois pas comme P.Molac que toutes les personnes vivant en Bretagne doive-t-être considérées (ou ne se considèrent elles-mêmes) bretonnes, donc très liées à cette identité, sinon pour beaucoup très superficiellement, souvent.

Quant à "kroazh-hent" devenant "croissant" dans la signalisation routière et/ou la prononciation est un exemple que j'ai déjà utilisé dès 1970, sur les thoniers senneurs en Afrique (avec équipages sénégalais).

Je le faisais pour sensibiliser mes « compatriotes pêcheurs », comme moi, concarnois notamment qui l’utilisaient très souvent quand il parlaient de chez eux, et pour illustrer la "désinvolture" de l'administration française concernant la langue bretonne dans les noms de famille, les prénoms, les noms de lieux et toutes dénominations qui soient bretonnes ( Prononciations :Croissant Kergos, Croissant Bouillet, Croissant Tinaouet…Lorsqu’ il n’y a qu’un C ou G au lieu du K, c’est déjà moindre mal ).

Près de Douarnenez, à Pouldergat, il y a vingt ans environ à une petite "croisée des chemins", ou je m'en suis rendu compte en ce temps-là, y a été implantée, par des élus qui ont voter cela,c’est un magnifique panneau "Croissant Kerzergat"! Je ne sais si c’est toujours le cas. Et Dieu sait qu'il y a bien des Bretons brittophones par là!

Avec un sourire je me dis aujourd'hui, dans un pays où vingt pour cent de la « population » portent le nom de Mohamed, plus personne ou si peu ne semble étonné que le croissant remplace le croisement (sauf entre bonnes âme et sexes, indifférents bien entendu), qui est normalement toujours un carrefour en croix.

Le symbole du "'virage», aussi bien culturel, escamote dans nos esprits celui de la croix et représente, sans doute aucun, toute la richesse des apports de l’altérité.

Office ar Brezhoneg est-il au courant ? Encore utile pour la langue ? Alors, après toutes ces années et ces discours de supplétifs élus par de bons Bretons, vous pouvez imaginer ce que je pense aussi, par ailleurs, de « l’indignation » de Le Drian !

Mickaël Cohuet
Mardi 25 juin 2019

Nous sommes un peuple ???... Insuffisant.

« (…) Nous sommes un peuple distinct de celui de la « France ». On progresse.

Nous sommes un peuple, certes, mais nous sommes beaucoup plus que cela, nous sommes UNE NATION ! Excellent.

Cette incapacité à nommer par le Breton lambda, ce dont il fait partie et ce qu’est vraiment la Bretagne est certainement le fruit d’un tabou [1]. Tant qu’il ne tombera pas et que cette conscience ne sera pas présente de façon transversale dans la société bretonne, il n’y a rien à espérer.

Tant que nous ne serons pas capables d’affirmer que nous sommes une nation, le plus naturellement du monde dans une conversation avec des membres de sa famille, des amis, des collègues, des inconnus dans la rue ou sur internet, la Bretagne pourra continuer de crever.

C’est aussi concret et pragmatique que cela.»

Mickaël Cohuet, le 09/01/2016 (voir le site) et le 25/05/2018 (voir le site)

En effet, ce que nous devons retenir :

« Le mot nation lui-même, appliqué à la Bretagne, devrait cesser d’être un tabou (…) »

Michel Denis Le Peuple breton n° 527, Décembre 2007, p. 27. [Argouarch Philippe, « On parlait déjà de nation bretonne 400 ans avant la Révolution », www. abp.bzh, 02/10/14].

« (…) Pour moi, LE PROBLÈME n'est pas le "régionalisme"... mais plus LE FAIT D'AFFIRMER UN DISCOURS RÉGIONALISTE QUAND ON EST UNE NATION...

Car le régionalisme en Bretagne est un mensonge (sauf à parler des régions de Bretagne).... au point même que pour maintenir ce mensonge le mouvement breton se refuse d'enseigner l'histoire à ses propres enfants... (…) »

Jacques, Mercredi 25 octobre 2017. (voir le site)

« (…) Celui qui craint d’affirmer ce qu’il est comme s’il se sentait illégitime, celui-là a perdu la guerre avant même que de l’avoir livrée. (…) »

Georges Bensoussan (né le 17 février 1952 au Maroc, historien français spécialiste d'histoire culturelle de l'Europe des XIXe et XXe siècles et, en particulier, des mondes juifs.

L’utilisation du mot « peuple » à la place du mot NATION pour évoquer ce que nous sommes est une forme de ménagement pudibond à l’égard d’interlocuteurs qui n’ont aucuns scrupules, aucuns complexes, qui n’éprouvent aucune honte… à nous nier [2]. En effet, je reste convaincu que plus nous serons timorés, plus ils seront agressifs. De toute façon, si on veut être un peu objectif, la situation de la Bretagne ne peut pas être tellement pire que ce qu’elle est actuellement (amputation territoriale qui perdure malgré des dizaines de manifestations, non-respect de la loi française pour permettre une modification territoriale, attaques en tous genres contre la langue bretonne (prénom, enseignement, toponymie, panneaux etc.), gestion fiscale de B4/5 insignifiante etc. Nous n’avons rien à perdre.

Nous sommes la plus ancienne nation [3] d’Europe l’ouest avec l’Écosse mais la plus aliénée de toute… [4]

La distinction que nous devons marteler est celle et qui doit se faire entre « nationalité » et « citoyenneté », sciemment confondues en « France ».

Comme le fait très pertinemment remarquer Jean-Pierre Le Mat (le 18/06/2019. (voir le site) :

« La différence entre citoyenneté et nationalité est admise un peu partout en Europe. Les citoyens britanniques peuvent être de nationalité écossaise ou galloise, et personne ne leur conteste cette double identité. Il est vrai que, outre-manche, la différence existe dans le vocabulaire. Le mot folk se réfère à la nationalité ou à la culture. Le mot people se réfère à la citoyenneté. Les Français n'ont qu'un seul mot, le mot peuple ; d'où leur handicap pour penser l'identité. (…) »

Au-delà ce ces remarques, reconnaissons à Paul Molac le mérite qui est le sien : celui de se différencier quasiment seul, de tout une classe politique dont l’allégeance mentale et le formatage idéologique jacobin (totalitaire donc) n’a d’égale que sa persévérance surannée dans la crétinerie.

Mk

Notes :

[1] Tabou (ou déni) qui relève de l’ethnopsychiatrie et qui est une conséquence de l’ethnocide perpétré contre les Bretons.

[2] P’tit rappel : (voir le site) Quand les Bretons auront le courage de regarder la République française (Républictature) pour ce qu'elle est vraiment… tout ira tout seul.

[3] La période 843-850 en Écosse et la période 845-851 en Bretagne sont très analogues. Elles correspondent à la formation de deux nations parmi les plus anciennes d’Europe de l’ouest.

[4] Voir les excellents commentaires de « Jacques » ici : (voir le site) (Et le mien en date du 25/12/2017 (voir le site)

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