Yves Pelle prend la tête du Parti Breton
Reportage de Philippe Argouarch

Publié le 14/11/10 23:25 -- mis à jour le 00/00/00 00:00

Créé en 2002 à Nantes, le Parti Breton est un parti politique breton nationaliste démocrate et européen qui cherche à regrouper les hommes et les femmes s'engageant dans le combat pour la reconnaissance pleine et entière de l'identité nationale du peuple breton et proposant un corpus de solutions globales aux problèmes des Bretonnes et des Bretons via la création d'institutions politiques bretonnes propres.


Le parti Breton, qui aurait, d'après son porte parole, 600 membres cotisants, a tenu son 5e Congrès aujourd'hui à Langueux près de Saint-Brieuc et a renouvelé son bureau national composé de 24 membres d'où est issu son bureau politique.


Dans un communiqué daté du 9 novembre le Parti Breton avait réaffirmé avec force la nécessité d'un pouvoir breton, déclarant : La renaissance d'un pouvoir breton est devenue une nécessité absolue. Les droits fondamentaux des Bretons, comme nation constitutive à part entière de l'ensemble européen, sont toujours bafoués, leur territoire est brisé, leur langue et leur identité en voie d'élimination. De plus, les intérêts économiques, sociaux, environnementaux sont plus que jamais subordonnés aux décisions d'un pouvoir central totalement fermé à toute idée d'évolution institutionnelle et arc-bouté sur des schémas archaïques plaçant la population sous la domination et l'exploitation d'une petite caste technocratique méprisante.

Le ton était ainsi donné pour un congrès que le bureau sortant annonçait comme une étape décisive.


Gérard Ollieric, le président sortant, qui avait conduit le parti lors d'élections cantonales, législatives, européennes (30 000 voix) – et régionales avec la liste "Nous te ferons Bretagne" – et avait déjà accompli deux mandats, ne se représentait pas.

Yves Pelle a été facilement élu nouveau président du Parti Breton. Membre de ce parti depuis plusieurs années et premier adjoint au maire d'Erquy sous cette étiquette, Yves Pelle est ressenti par les militants comme un espoir vers une plus grande crédibilité sur l'échiquier politique breton. Le Parti Breton s'est aussi doté de deux vice-présidents, il s'agit d'Émile Granville, adjoint au maire de Redon et de Claudine Perron, commerciale et responsable d'association culturelle à Guidel. Gérard Guillemot reste secrétaire général et Jacques-Yves Le Touze responsable des relations extérieures.


Ayant eu une longue carrière au sein d'une société de Conseils, Yves Pelle connaît bien le monde de l'entreprise. Il est aussi responsable du réseau "Diaspora économique bretonne" à l'Institut de Locarn, un projet qui a pour objectif de faciliter l'export pour les entreprises bretonnes. Yves Pelle a aussi siégé au CESR (Conseil économique et social régional).


Lors de la conférence de presse, Yves Pelle a déclaré que la Bretagne ne pourra peser politiquement sans une économie forte, prospère et endogène (produisant ses propres richesses). Ce qui ne peut se concevoir sans le pôle Nantes Saint-Nazaire, précise-t-il.

Adoptant clairement les concepts de développement durable et les traditions bretonnes de solidarité et de consensus, il prévient toutefois clairement qu'il nous faut ménager l'agro-alimentaire, lui donner le temps pour qu'elle devienne une industrie propre. Si elle venait à disparaitre, nous serions condamnés à devenir une "réserve d'Indiens", "une région à touristes et à retraités sans aucun poids et donc sans aucun futur" a déclaré le nouveau président.

Comparant la Bretagne avec ce qui se passe en Écosse ou en Catalogne, Yves Pelle a dénoncé "l'anomalie française". Il dénonce aussi la nouvelle loi sur la réforme territoriale comme une forme de recentralisation. Le nouveau président a déclaré que le Parti Breton "se situe en opposition à cette réforme".

Citant la clause des 12,5 %, soit 20 % des votants pour participer au 2e tour des régionales, Yves Pelle a dénoncé "le marchandage des deux clans". Le Conseil régional ne représentera plus les territoires mais les deux grands partis (UMP et PS) qui ont "marchandé" ces accords pour verrouiller ces élections à leur profit et pour en exclure des partis comme le Parti Breton.

"Le compte n'y est pas" a déclaré Yves Pelle. La démocratie non plus.

Le prochain objectif du Parti Breton est les élections cantonales. Le PB présentera des candidats, mais uniquement dans les cantons où il compte obtenir plus de 5 % des voix.

Philippe Argouarch

Philippe Argouarch

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Philippe Argouarch est un reporter multi-média ABP pour la Cornouaille. Il a lancé ABP en octobre 2003. Auparavant, il a été le webmaster de l'International Herald Tribune à Paris et avant ça, un des trois webmasters de la Wells Fargo Bank à San Francisco. Il a aussi travaillé dans des start-up et dans un laboratoire de recherche de l'université de Stanford.
Vos 2 commentaires
Paul Chérel
2010-11-15 11:42:51
Je salue l'arrivée de ce nouveau président tout en déplorant que Gérard Olliéric ne se représentait pas. Son allocution mérite réflexion même si l'on aurait pu se passer de quelques "tartes à la crème" du genre développement durable, solidarité et autre "langue de bois".... Institutions politiques propres , OUI ! mais comment fait-on dans ce système verrouillé à l'extrême ?
Par contre tout à fait d'accord pour une «économie forte, prospère et endogène qui passe nécessairement par l'adhésion du pôle Saint-Nazaire-Nantes » au nez et à la barbe des élus des deux côtés de cette frontière inepte. Et cela nous pouvons le faire si nous le voulons avec l'adhésion des entreprises industrielles et commerciales des deux côtés qui, elles, disposent déjà d'un pouvoir important, celui de l'argent, si nous leur donnons confiance. Et c'est en donnant à l'économie une place prépondérante que nous pourrons éviter que la Bretagne devienne «une réserve d'Indiens, une région à touristes et retraités sans aucun poids et donc SANS AUCUN FUTUR » Paul Chérel
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Burban Xavier
2010-11-15 16:02:48

Demat d'an oll ,
Je serai reconnaissant au 1er Adjoint au Maire d'ERQUY dont la signalisation billingue des entrées de la commune n'est pas encore réalisée d'obtenir à minima ce changement . ERQUY / ER C'HI ER MOR , ce serai une réappropriation initiale et locale intéressante .
Trugarez /Merci
Burban Xavier
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