Youhadenn et Gilles Servat en concert au Pouliguen fin juillet (mises à jour)

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Dans le cadre de la fête bretonne estivale annuelle du Pouliguen (voir ABP 40127) , organisée par une équipe dynamique et cordiale de l'association " Ar Poulligwenn ", ont eu lieu, le dernier dimanche de juillet, l'après-midi, sur le port les deux concerts gratuits de Youhadenn (1) et de Gilles Servat (2) et ses musiciens.

Les organisateurs

En 2002 l'association Fête bretonne est créée. Elle comporte actuellement 50 personnes, toutes bénévoles.

(voir le site) de Ar Poulligwenn, page Qui sommes-nous ?

Voir sur leur site le reportage de la fête de 2015, avec photos et vidéos (voir le site)

" Les entrées étant libres, nous n'avons jamais compté le public. Je dirais 1.500 à 2.000 personnes ici... " évalua un organisateur.

Sur le port

On remarque tout de suite en arrivant le drapeau breton au coin du vieux pont - celui-là est à poste toute l'année. Dans la grand rue en face, rue général Leclerc en direction du Croisic, un magasin a pavoisé avec deux gwenn ha du. Pour la fête, le port est pavoisé de 8 ou 10 autres drapeaux bretons. On apprécie le grand pavois avec un grand gwenn ha du sur la chaloupe sardinière. De forme et mâture très proches du sinagot, elle a été reconstruite à l'identique d'un vieux gréement présent dans le port en 1890, pour participer aux fêtes maritimes de 1992 à Brest, sur la demande de la municipalité de l'époque. Elle y a gagné un prix du concours des vieux gréements reconstruits à l'identique par l'association Chasse Marée. Elle est entretenue, et pilotée pour des promenades en mer, par l'association La Chaloupe sardinière (3).

Des stands divers sont installés tout le long du port avec des objets artisanaux, des produits du terroir...

Des peintres exposent leurs oeuvres, comme Cel (4) et Tomy (5) (voir photos).

On remarque aussi le très long stand de l'association Bretagne Réunie (6) qui propose la pétition des 100.000 (7) à signer par les électeurs de Loire-Atlantique.

Du côté de la scène Gilles Servat et ses musiciens puis les Youhadenn font la balance : les réglages de la sonorisation.

Le public approche peu à peu. Le concert commencera à 15 h 30.

Nous pouvons prendre ensuite des photos des musiciens, en tenue de vacances ! Puis en tenue de scène.

À 15 h 30 pile, Éliane, l'organisatrice de choc, donne le signal du début. Accueillant le public avec une question " Vous êtes où ? "

Timides réponses " Ben... au Pouliguen... " Elle répète " Nous sommes où ici ? " Grands cris de " En Bretagne ! ", puis " Ouiiii, En Bretaaaagne ", répète-t-elle !

Et elle demande d'applaudir le trio Youhadenn.

Le concert de Youhadenn

" Mersi braz da vezañ degemeret ac'hanomp e Breizh ".

Merci beaucoup de nous avoir accueillis ici en Bretagne, dit Louis-Jacques Suignard, d'emblée.

" Nous venons du Trégor, une région aussi belle que chez vous, certains disent même plus belle..., il ne pleut pas, il n'y a pas de brouillard, les crêpes sont plus rondes... Il y a beaucoup moins de menteurs depuis qu'on est partis... (9)

Merci à Roger Hart pour les costumes, à Donald Cardwell pour le décor ". L'humour est de sortie !

1 - Et ils enchaînent sur une gavotte, " Tri gemener " (Trois tailleurs) bien rythmée.

" Le texte de notre gavotte est trad, la mélodie est de ma composition et l'arrangement de Youhadenn ", nous précisera Louis-Jacques le lendemain de la publication, par courriel. Merci à lui !

Dans un breton authentique, c'est un vrai régal, tant en rythme, en accompagnements qu'en langue.

" Ya, me m'eus desket brezhoneg da vihanañ gant va zad coz " nous répondra plus tard Louis-Jacques, en privé.

Oui j'ai appris le breton tout jeune avec mon grand-père.

2 - Puis " Ar Fripon ".

Leur version est proche de celle chantée par Lomig Donniou, inspirée par un bal fisel (Louis-Jacques par courriel).

À défaut d'une page wiki pour ce grand chanteur qui a fait beaucoup pour le renouveau de la culture bretonne, notamment en Centre-Bretagne, voir celle de son compère Manu Kerjean pour constater le rayonnement Fisel du côté de Rostrenen (paragraphe Le renouveau culturel).

3 - Suit une chanson d'Irlande, en anglais : " Willy Taylor ", de Tony McCarthy (8).

" Pour nous la mer n'est pas une frontière, c'est une route ".

" On est heureux de chanter en Bretagne ".

Il raconte l'histoire de ce Willy et de sa jeune amoureuse qui allaient se marier mais il doit s'embarquer aussitôt dans la marine britannique. La jeune femme se déguise en homme et embarque pour le retrouver. Sur les bateaux sont interdits les femmes et les lapins. [Il ne faut même pas prononcer le mot. Cela vient du temps de la marine à voile où ces rongeurs, peut-être embarqués comme nourriture, s'en prenaient aux cordages].

Elle est découverte et raconte. Le capitaine lui dit " On a débarqué votre mari il y a quelques jours, il doit se marier avec une autre... je vous y emmène ". La femme, jalouse, les abat tous les deux avec ses pistolets...

" When the captain came to hear

Of the deed that she had done

He made her a ship's commander

Over a vessel for the Isle of Man " (10).

Quand le capitaine apprit l'acte qu'elle avait fait, il la nomma commandant d'un vaisseau de l'Isle de Man.

4 - " Merc'hed Keriti ", Les filles de Kérity, au pays de Paimpol, une complainte en breton.

C'est une très belle mélodie signée Philippe Ribaut (11). " Une mélodie si profonde qu'elle contribue à rendre la voix de Louis-Jacques Suignard éternelle " (Xavier Daniel sur Culture et Celtie - voir ci-dessous).

" Il n'y a pas de sépulture pour les noyés, les péris en mer partis à la pêche à la morue.

Au cimetière de Ploubazlanec, il y a des plaques avec le nom des navires disparus et leur nombre, mais aucun nom de marin... " dit Louis-Jacques Suignard, soucieux de présenter le contexte de leurs chansons (12).

5 - Une suite de jigs. L.-J. S. annonce qu'elles peuvent se danser en cercle circassien, et des amateurs se feront une large place dans le public. Il présente " À l'accordéon diabolique, Olivier Adelen, euh... diatonique ! " En effet quelle virtuosité ! Il accompagne au bodhran et Hug est à la guitare.

6 - " Bemdez bemnoz " (Chaque jour chaque nuit). Une complainte en breton.

" C'est un très beau et touchant poème que j'ai collecté auprès de Louise Gruiec de Trédarzec " (Louis-Jacques par courriel).

Trédarzec est une commune des Côtes-d'Armor, dans le Trégor.

Sur scène : " Collectée dans les brumes de notre pays du nord... ", précise-t-il !

" C'est l'histoire d'un gars qui a appris à lire et à écrire, ce qui était rare il y a 200 ans - se destinait-il à être clerc ? - et qui est tombé raide dingue amoureux d'une femme. Il décide d'écrire ses paroles d'amour sur les feuilles des arbres. On lui dit non, si tu écris sur les feuilles des arbres, elles tomberont avec le vent.

Alors sur le sable des rivières... Non encore, elles seront effacées par l'eau... Il vaut mieux les écrire dans ton coeur où elles resteront gravées à jamais ".

Voilà en substance comment la complainte a été présentée.

7 - Puis retour en Irlande avec " As I roved out " et le commentaire : " grâce à ce duo flûte irlandaise et d'un didgeridoo ronronnant qui finit par laisser le champ libre au percutant bodhran " (toujours Xavier Daniel sur Culture et Celtie). Hug est à la flûte aussi. Les danseurs, dans un grand cercle au milieu du public, exécutent un An Dro.

8 - " Il y a d'autres langues minoritaires en Pays Celtiques, par exemple le Scots parlé dans les Lowlands ". C'est l'une des deux langues autochtones parlées en Écosse aujourd'hui, l'autre étant le gaélique écossais.

" Hug chante un chant en scots ". Rapidement Louis-Jacques l'accompagne et Olivier se met au clavier. Leurs voix sont belles, chaudes et fortes... (voir le site) pour les paroles.

La ballade " Braw burn the bridges " (13) a été composée par Roy Gullane (14), un des Écossais de The Tannahill Weavers, nous dit la pochette.

9 - " Flower " (?).

10 - "Ride on " (?).

11 - " Paotr an Tourtan "

Un rêve bizarre, une composition de L.-J. Suignard, arrangement Youhadenn.

" Les rêves d'un gardien de phare ou ar seizh hun, les sept sommeils, en Bretagne on compte en sommeils par nuit ".

" La sixième nuit il rêve que son phare a quitté sa place et s'est mis à naviguer parmi les bateaux amarrés...

La septième nuit, le phare a accosté sur une île, où il est resté ! "

Une complainte. " Un autre style de blues, où l'accordéon prend alors des couleurs de tango " (Xavier Daniel sur Culture et Celtie).

Nous nous mélangeons un peu dans nos notes, nos souvenirs et la liste des titres du groupe photographiée, avec leur accord...

Sachez que plinn, rond de Saint-Vincent, gavottes et An dro n'ont pas manqué.

Toujours en verve, Louis-Jacques : " Comme vous avez un super plancher souple... on va faire un faux bal plinn. Après on fera un vrai plinn. C'est une danse à tasser le bitume. Gardez vos forces " (15). Il explique les pas du plinn 1,2 ; 1,2,3. " Regardez les autres et faites-vous accepter dans la danse ".

Puis Louis-Jacques annonce une Gavotte (de printemps !) des montagnes. " C'est le coin des montagnes non ? J'ai vu plein de petites montagnes blanches en arrivant..." dit Olivier, qui a aussi le sens de l'humour !

Ils terminent avec un hanterdro "Riches Marchands " bien respectueux du rythme de la danse aussi. Les danseurs auront été comblés.

À la fin Louis-Jacques exprime la satisfaction de Youhadenn envers le public et les organisateurs :

" Merci pour votre attention, votre gentillesse, le partage de notre culture. Merci pour notre langue. Merci au comité qui a été 4 jours sur le pont. C'est rare d'avoir des gens si gentils, c'est des pantoufles qu'on a sur scène ! Et le son est super ! "

" Mersi braz da vezañ degemeret ac'hanomp e Breizh. Ha d'ar bloaz da zont marteze ".

Merci beaucoup de nous avoir accueillis en Bretagne. Et peut-être à l'année prochaine.

Voir, pour le compte-rendu de leur premier disque, qui s'est envolé "comme des petits pains" en dédicaces à la fin du concert : (voir le site) par Xavier Daniel sur le site Culture et Celtie de Gérard Simon, d'ailleurs présent au concert, où il a fait une moisson de photos des artistes : " Je privilégie les expressions ".

Voir aussi, ajoutées il y a peu sur son site, les deux pages de reportage en images aussi (18 photos chacune) : un paragraphe ici après chaque artiste.

Il émane de cette prestation un vrai fumet d'authenticité, de tripes si l'on peut le dire ainsi. Ces gars-là ont du coeur, de l'amour et du respect pour leur-notre culture, du sérieux dans leurs recherches de sources originales et dans leurs propres compositions. Oui, de l'authenticité ; et, à côté de trop de hurleurs guitareux, ça fait du bien de se plonger une heure et demie dans une telle qualité.

Pour écouter et voir Youhadenn comme si vous aviez été au Pouliguen dimanche 31

Pour retrouver leur pêche, leur coffre et leur rythme de danses bretonnes, si bien respecté !

À défaut de vidéos sur ABP, ce sont de belles illustrations du concert.

- Rappel : la page (voir le site) de Culture et Celtie, sonorisée avec un petit extrait, permet d'écouter un medley de trois titres extraits de leur album : "Willy Taylor", "Tri gemener" et "Riches marchands" (cliquer).

- (voir le site) de reverbnation pour 5 extraits et une vidéo.

- Et deux vidéos sur YouTube, mises en ligne par le groupe, "chansons enregistrées lors de notre passage à France 3 dans l'émission Bali Breizh le 7 décembre 2014" où le groupe a été invité par Thelo Mell.

Que nous donnons ici avec d'autant plus de plaisir que les émissions en breton de France3 le dimanche midi ne sont plus diffusées en Loire-Atlantique depuis plusieurs années (enième action de débretonnisation du 44... maintes fois dénoncée).

- (voir le site) 3'25 pour "Tri Gemener", un andro bien rythmé.

- Suivi par "Willy Taylor" : (voir le site) de 4'09.

- De plus - ajoutée le 7 sept. 2015 - des extraits de 5 chansons de leur premier CD sorti en novembre 2014 : (voir le site) de 5'11.

Le concert de Youhadenn sur Culture et Celtie

Un complément de qualité, avec 18 photos, dont nous donnons un extrait du texte :

(voir le site) , sonorisé avec un extrait de "Riches marchands".

[Ils] ont enthousiasmé le public qui n'a pas hésité à danser, sous un soleil ardent, au son de la musique de ces trois forts talentueux musiciens (…).

(…) nous avons, ce jour, été époustouflés par leur excellentissime et conviviale prestation, où la générosité des trois artistes n'était pas ténue.

Nous vous proposons de revivre, cette fois, en photos, quelques moments de leur abondante et, toujours, passionnante prestation. Bravo Messieurs !

Le concert de Gilles Servat

Extrait d'un article de Ouest France à Fouesnant où il est interviewé par Pauline Phouthonessy avant la première, en juin, dans cette ville :

Titre pour les moteurs de recherche : Gilles Servat présente 70 ans... à l'Ouest et y lire la suite.

- J'ai dû choisir seize chansons sur environ 200. Un crève-coeur. Le choix s'est fait entre autres en rapport avec les musiciens. C'est la première fois que je suis sur scène avec un violoncelle, un uillean pipes, des percussions indiennes. Il y a des couleurs inattendues pour des chansons connues, des nouvelles, d'autres complètement remaniées, parfois avec des couplets supplémentaires.

J'ai repris par exemple Yezhoù bihan en y intégrant des couplets en gallo de Bèrtran Ôbrée, des paroles plus virulentes. Je reprends aussi La Blanche Hermine comme la première fois, c'est-à-dire seul sans accompagnement. Cette couleur musicale peut aller avec les chansons douces et plus rentre-dedans comme La douleur d'aimer. Il y a un morceau instrumental que j'ai composé. Nous avons également fait un medley de chansons (enchaînement sans coupure).

Je chante toujours Les prolétaires. Il ne faut pas laisser la bourgeoisie s'accaparer des causes qu'elle va édulcorer. Je me sens en phase avec les gens, le peuple, une certaine façon de voir les choses qui sont méprisées.

Il y aura des choses jamais jouées, par exemple un morceau instrumental au milieu du concert, ou un mélange de chansons en français et en gallo. Je reprends aussi les chansons du début, La Blanche Hermine et Kalondour, mais je les reprends de façon particulière. Je dis aussi des textes d'humour noir.

Plus sur Gilles Servat sur ABP

Depuis la disparition des tags sur ABP, nous rappelons :

- Pour le reportage d'un autre concert de Gilles en août 2010, en Brière : (voir ABP 19363)

- Pour l'interview le même jour : (voir ABP 19330) où il est plus question de ses romans, moins connus...

- À Paris au Jardin d'acclimatation, autre interview où il raconte entre autres le vrai début de La Blanche hermine chez Ty Jos, le rendez-vous des Bretons à Montparnasse : (voir ABP 30220)

- Un concert en 2011 à Bourg-de-Batz, relaté avec talent par Culture et Celtie : (voir ABP 22859)

Le concert

Éliane présente " Un grand chanteur breton et son groupe". Ovation quand Gilles Servat entre après que les musiciens aient interprété le début de Kalondour.

Il arrive alors, tout en blanc et pieds nus, et chante " Kalondour " une chanson de son premier album, en 1971, vous savez, celui où il porte un ciré jaune sur la pochette (15).

Son nouveau spectacle : " 70 ans… à l'Ouest " est émaillé de courts récits, de son enfance et de sa famille, sur Cholet où il a vécu, sur sa jeunesse.

" Je suis né à Tarbes le 1er février 1945. Puis mes parents ont quitté la zone libre pour revenir en Bretagne, en Loire-Inférieure. Mon arrière grand-mère est née à Fay-de-Bretagne. Ma mère vécut à Sainte-Reine de Bretagne en Brière. Elle avait dans sa jeunesse un instituteur nommé Cadou. Ils ont eu un fils, René-Guy ".

Puis vient " Le moulin de Guérande "

Il nous a dit un jour qu'avoir fait du théâtre l'a aidé à mieux bouger sur scène. En effet dans cette chanson on voit tourner les ailes des moulins ! (il joua le rôle du roi Arthur dans les remparts d'Hennebont avec la troupe de La Chimère dans Les Chevaliers de la Table Ronde de Jean Cocteau au début des années 80 et plus tard, son disque Le Fleuve de 1989, donna lieu à un spectacle).

" Plus tard ma mère m'a dit : Un poète vient de disparaître..."

Et c'est " Liberté couleur des feuilles ", un poème de René Guy Cadou, mort à 31 ans, en 1951, mis en musique par Gilles Servat (album En public, 1981).

Ensuite " Une chanson que j'ai écrite quand ma femme a eu 50 ans, où j'évoque aussi ma jeunesse, quand j'avais 17 ans ".

C'est " En 62 quand elle est née " où le public est invité à reprendre le refrain.

Par Gérard Simon, qui le dit beaucoup mieux que je ne l'aurais fait : " Gilles ressort sous nos yeux des " photos " balayant un demi-siècle d'histoire à rebondissements, à la manière d'un récit autobiographique, d'un inventaire d'événements, de circonstances ou de comportements sociaux qui ont jalonné, comme pour nous-mêmes, les cheminements de Rozenn et de Gilles qui, in fine, se sont, dans la vie, rejoints ".

Extrait de (voir le site) de Culture et Celtie, page de l'album C'est ça qu'on aime vivre avec, nov. 2013.

Puis c'est " Eleanor ", une complainte d'amour déçu. Il assiste au mariage de celle qu'il aime... En chantant il va s'asseoir sur un coffre sur la scène. On le sent encore tout ému au rappel de ces souvenirs certainement vécus...

Il continue avec " La douleur d'aimer ", la chanson qui a donné son titre à l'album de 1985.

Calum Stewart, l'Écossais (17), qui vit aussi en Bretagne, fait des merveilles au Uilleann pipes, la cornemuse irlandaise.

" Pour aller toujours à l'Ouest..., j'allai dans l'estuaire du Saint-Laurent (avec l'accent : du Sé Laurrrein !) et là je me suis trouvé à l'Est des États-Unis et j'ai pris un avion vers l'Est pour revenir dans mon pays, à l'Ouest ".

C'est " Le Pays "

Ses déracinements, que nous savons, dont celui de Paris, où il prit vraiment conscience de sa bretonnitude et où naquit La Blanche hermine...

Un thème familier et douloureux aux expatriés... très bien poétisé par Gilles.

" Est-ce par espérance

Ou est-ce par désespoir

Tu as quitté ta terre

Pour travailler ici

Maintenant tu découvres

Dans tes soirs de solitude...

Il est là, là, il est en toi, en toi, le pays

Et tu dis, c'est sûr, je reviendrai,

Là-bas, si je peux,

Oui

Tu écoutes des musiques

Et des chansons de là-bas

Coeur serré tu les chantes "

Puis le medley, trois chanson enchaînées :

- 1 " Me Garje bout ", ou J'aimerais être, ce magnifique poème d'Anjela Duval qu'il a eu la chance de rencontrer chez elle à Traon an Dour - il y a une photo connue (début 70's ?) où il est avec l'écrivain Yann-Ber Piriou, Loïc Kervoas (alors conseiller municipal de Lannion) et le poète Paol Keineg : chercher sur la page, sous Mémoire d'ici. Pauline sur les pas d'Anjela Duval : (voir le site) de Le Tregor.fr.

- 2 " L'hirondelle ". Il esquisse un andro sur scène.

Manifestement le public la connaît car le refrain est bien repris :

" Mon beau pays par l'hiver soumis

Quand reverrons-nous l'hirondelle

Noire et blanche, noire et blanche

Quand reverrons-nous l'hirondelle

Blanche au ventre et noire aux ailes "

- 3 " La route de Kemper " écrite après l'ouragan de l'automne 1987 qui ravagea bien des forêts en Bretagne mais aussi dans le sud-ouest de la Grande-Bretagne (Kew Gardens, par exemple...).

" Je file je roule sur la route de Quimper

Où le monde est celtique

Où les canards sont bleus

Sur les herbes jaunies du mont Frugy

D'autres feuillages poseront leurs ombres "

Avec un couplet en breton.

Gilles présente alors les musiciens avant de les laisser enchaîner avec un instrumental de sa composition :

Patrick Audouin à la guitare, Philippe Turbin au piano (clavier), Jérôme Kerihuel aux percussions, l'Écossais Calum Stewart au uilleann pipes et à la flûte et Mathilde Chevrel au violoncelle, au violon et chant.

Suite de son récit, son enfance à Cholet :

" Ce n'est pas rien de quitter Tarbes... Il faut trouver du boulot... Mon père en a trouvé aux Batignolles... Pas celles de Nantes, mais à Cholet.

Nous habitions le quartier des Calins, j'y ai passé de la maternelle au collège. Je me souviens que Dix neuf (?) nous chassait de son champ avec sa fourche... ".

Et c'est " Cholet d'mon enfance ", acclamations...

" On recommence. Je suis tellement ému de savoir qu'il y a des Choletais dans la foule ".

Extrait de (voir le site) du Courrier de l'Ouest (8 janv. 2015).

Dans cette chanson j'ai mis quatre couplets, un par saison, dans lesquels je parle de ce que nous faisions avec des expressions et des mots choletais. Je parle aussi des lieux que nous fréquentions...

Une nouvelle chanson, dont les paroles ne sont pas encore publiées sur internet...

Nous glanons toutefois :

" Cholet de ma jeunesse

J'ai passé le bac sur d'autres rivages

Et j'tai gardé dans mes bagages "

" Les prolétaires "

Gilles : " Une chanson que j'ai écrite quand vous n'étiez pas nés et je ne pensais pas que ce serait encore pire maintenant ".

" Y'a des pétroliers super

Qui foutent le deuil sur l'onde.

Avec 10 hommes d'équipage,

On s'en va au bout du monde.

Avant, il en fallait 30,

C'était pas rentable,

En voilà 20 au chômage!

Les prix seront plus supportables.

Mais de tous ces matelots,

Qu'est-ce qu'on va en faire ?

Ils s'en iront à la ville la la la la lair

On les mettra à l'usine.

On manque toujours de prolétaires "

(Album La Blanche Hermine, 1971).

" Yezhoù bihan "

Il introduit ainsi cette chanson en breton (avec des couplets ajoutés en gallo de Bèrtran Ôbrée)

" Langues, que l'on dit petites

Vous êtes pareilles aux étoiles

Qui brillent dans la nuit

Que serait la lune sans vos éclats

Dans l'espace vide..."

" Sur la montagne de Brasparzh "

A été composée en 2001 pour les Vieilles Charrues, de Carhaix.

Parue en 2005 dans l'album Sous le ciel de cuivre et d'eau.

Source Wiki : elle prolonge le thème du traditionnel Marig ar Pollanton et évoque le Gorsedd des druides de Bretagne dont il a fait partie ainsi que l'univers légendaire du Mont Saint-Michel de Brasparts, une montagne qu'il aime beaucoup.

Avant de remercier les organisateurs, Gilles présente le technicien sono : Philippe Guillo, qui est dans une équipe de trois personnes.

" Merci aux organisateurs d'avoir pensé à moi. C'est vraiment un grand bonheur de venir ici ".

Après la sortie des musiciens, il raconte :

" La première fois que je l'ai chantée, c'était à Ty Jos " [à Paris, à Montparnasse]. " Je faisais la manche ". Il parle du pêcheur qui, nous avait-il raconté ailleurs, en pleurait.

" Quand je suis rentré dans ma chambre j'avais les poches pleines de pièces de 10 centimes de francs... "

Et seul, a cappella, c'est :

" La Blanche Hermine "

Très connue - on dit que c'est le deuxième hymne national breton - le refrain est repris par le public. Beaucoup la connaissent même en entier !

" La voilà la Blanche Hermine vive la mouette et l'ajonc

La voilà la Blanche Hermine vive Fougères et Clisson ! "

Puis, pour finir, comme à chaque concert, sa très belle chanson d'adieu à son public, écrite sur les pentes du Mont Ventoux pour son départ d'un festival où il avait été très très bien reçu, et en remercier des organisateurs. Le Festival de musique et humour se déroule chaque année en juillet à Solliès-Pont.

Faisant un grand geste vers le port proche : "Quand j'ai écrit cette chanson, il aurait été impensable de voir tous ces "gwenn ha du" comme sur le port ici. Je me souviens d'une tournée en 72, sous un chapiteau, à Surzur ? Interdiction du préfet... Un paysan a prêté son champ. Le soir les gendarmes ont relevé les numéros de toutes les voitures... C'est fini tout ça, c'est fini..."

" Je vous emporte dans mon coeur "

Refrain :

" Je vous emporte dans mon coeur

Par delà, le temps et l'espace

Et même au-delà de la mort

Dans les îles où l'âge s'efface

Et même au-delà de la mort

Je vous emporte dans mon coeur... "

Les musiciens reviennent pour le salut final.

Puis Éliane vient remercier Gilles et ses musiciens ainsi que l'assistance. Ensuite les membres de l'association qui ont aidé à cette fête, deux jours plus deux soirées, quatre jours sur le pont , comme a dit Youhadenn, viennent aussi sur la scène. Ovations pour tous !

C'est cette photo (n° 32) que nous aurions voulu pouvoir mettre en page d'accueil...

Le concert de Gilles Servat sur Culture et Celtie

Un complément de qualité, ajouté récemment, dont nous donnons un extrait du texte : (voir le site) , sonorisé avec un extrait de "Sur la montagne de Brasparzh", de l'album Sous le ciel de cuivre et d'eau (2005).

Le légendaire chanteur breton nous a présenté, sous une voûte estivale d'or et d'azur et non pas Sous le ciel de cuivre et d'eau, son tout nouveau spectacle " 70 ans… à l'ouest ! ", au travers duquel, il retrace les grands moments de sa vie et les influences majeures qui ont inspiré et nourri ses 50 ans de carrière.

Pour ce programme, les chansons très connues ou plus intimistes, choisies par l'artiste, fusionnent, avec subtilité, humour, émotion, poésie, engagement et insouciance.

L'excellence de ce brillant et ample concert, où la voix et le regard de Gilles, sur scène, pieds nus et de blanc vêtu, étaient intenses.

Voici quelques clichés qui retracent ces moments d'émotion, de poésie et de communion que nous a offerts un très généreux Gilles Servat (18 photos).

Notes

(1) Youhadenn (voir le site)

Avec des extraits de leur premier album ainsi que les 7 titres de démo enregistrés en automne 2011, à écouter en cliquant sur la bannière.

C'est la première fois qu'ils viennent en Loire-Atlantique depuis 2012 qu'ils tournent : (voir le site) : page de l'agenda.

(voir le site) : très intéressante page, avec les paroles et le résumé de quelques chansons.

(voir le site) sur facebook, accessible sur inscription.

contact [at] youhadenn.com

(2) Gilles Servat a titré son nouveau spectacle " 70 ans…..à l'Ouest ! " (voir le site)

(3) (voir le site) de l'association La Chaloupe sardinière.

(4) Cel, artiste peintre : (voir le site)

(5) Tomy, plasticien récupérateur, ou

Michel Tourtier

1 bis rue Laënnec

56230 Questembert

06 85 20 99 12

(6) Bretagne Réunie (voir le site) le site en reconstruction et, sur facebook (voir le site) et sur wikipédia : (voir le site) où le logo n'est toujours pas à jour.

(7) La pétition des 100.000 : (voir ABP 39968)

(8) Tony McCarthy : originaire de Cork, au sud de l'Irlande, il vit en Bretagne depuis 20 ans : (voir le site)

(9) Allusion à un dicton, qu'il a adouci pour les Trégorrois qu'ils sont :

Pizh evel ul Leonad : Avare comme un Léonard ;

Traitour evel un Tregeriad : Traître comme un Trégorrois ;

Feuls evel ur C'hernevad : Brute comme un Cornouaillais ;

Sot evel ur Gwenedad : Bête comme un Vannetais.

Il y a des variantes.

(10) (voir le site) pour les paroles.

(11) Philippe Ribaut : Voir la photo et la discographie de ce Trégorrois : (voir le site) de Tamm Kreiz.

(12) (voir le site) pour la présentation détaillée du cimetière de Ploubazlanec avec le Mur des disparus.

(13) Braw burn the bridges paroles : (voir le site)

(14) Roy Gullane : (voir le site) des Tannahill Weavers, sa page.

(15) " C'est une danse à tasser le bitume " : allusion à la fonction du plinn, un petit piétinement serré, qui était pratiqué par la communauté pour tasser dans les fermes l'aire neuve, l'espace de terre battue où l'on battait le blé après sa construction ou sa réfection. L'aire à battre, en glaise (pri), devait être très unie. Les sabots étaient utiles alors.

(16) (voir le site)

Kalondour sur l'album La Blanche Hermine.

(17) Calum Stewart, l'Écossais de 34 ans. Il vit depuis 8 ans en Bretagne. " J'avais envie d'un changement, pour découvrir la culture bretonne, la musique bretonne et d'autres musiciens. J'ai vécu d'abord à Kemper, et maintenant je suis en sud Loire. Je rentre souvent en Écosse pour y travailler aussi " nous dit-il rapidement, dans un très bon français, avant d'aller diner avec les autres et les organisateurs,

Calum Stewart né en 1982 à Moray, en Écosse.

(voir le site) de Calum.

(voir le site) pour les dates de ses spectacles. Dont plusieurs encore en Bretagne.

12/08/16 Le Faouët, Bretagne ;

14/08/16 Fêtes d'Arvor, Vannes, Bretagne ;

17/08/16 Erdeven, Bretagne ;

20/08/16 Pont-l'Abbé, Bretagne.

Voir aussi : Gilles Servat - "70 ans à l'Ouest !!!" par Culture et Celtie
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Vos commentaires :

Jamy
Mardi 23 aout 2016

J'ai vraiment beaucoup apprécié ce concert. Gilles Servat, bien sûr - qui pourrait se lasser de l'écouter...

Mais la découverte de Youhadenn m'a emballée. La première fois qu'ils venaient en Loire-Atlantique, dites-vous ? Ils y reviendront, ces Trégorrois. Il faut qu'ils y soient invités... Une belle leçon d'authenticité, comme vous dites.

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