West Web Festival : Uber raconte tout, enfin presque
Reportage de Philippe Argouarch

Publié le 19/07/15 16:42 -- mis à jour le 00/00/00 00:00

Alexandre Molla, qui dirige l'expansion d'Uber en France, a présenté le service Uber lors du West Web Festival, jeudi et vendredi dernier, juste avant les Vieilles Charrues. Si l' expansion d'Uber en France a été coupée courte pour le moment, puisque l'application UberPop est désormais considérée comme illégale en France, Molla demande le droit à l'expérimentation et le droit à l'erreur.

Uber, anciennement UberCab, est une entreprise qui développe et exploite des applications mobiles de mise en contact d'utilisateurs avec des conducteurs réalisant des services de transport. Le principe est simple. Vous voulez aller de A à B, vous vous inscrivez sur le site de UBER, vous appelez de votre portable et la voiture licenciée UBER la plus proche vient vous chercher à A pour vous déposer au point B.

41 milliards de capitalisation

L'entreprise basée à San Francisco en Californie a été valorisée en 2015 à 41 milliards de dollars et ses applications sont commercialisées dans plus de 250 villes dans le monde. Elle est dirigée par un de ses fondateurs, l' Américain Travis Kalanick. Travis eut l'idée de créer ce service lorsqu'il attendait un taxi pour rentrer à Paris suite à son intervention en 2009 à la conférence "Le Web". A l'origine il y a donc un besoin : créer un lien entre une personne qui dispose d'un véhicule et de temps, et une personne qui n'a pas de véhicule et très peu de temps. Il s'agit d'"optimiser des ressources", d'"optimiser l'offre et la demande" en quelques clics avec une transaction dématérialisée.

Changements sociétaux

Lorsque les taxis sont arrivés, les chauffeurs de fiacres n'étaient pas contents du tout. Cela a mis des dizaines d'années pour que les fiacres disparaissent des grands boulevards, rapporte justement Jean Matouk dans son blog sur rue89. Il en sera sans doute de même avec les taxis, même si Uber a été interdit dans plusieurs pays y compris la France. Ce que l'internet a fait exploser avec des entreprises peer to peer (personne à personne) comme ebay, le Bon coin ou Uber c'est la nécessité d'avoir des intermédiaires dans les transactions. Ce que l'internet fait exploser avec les réseaux sociaux et les pure players, ce sont les médias institutionnels plus ou moins contrôlés, en tous cas financés, par les États. La BBC va licencier 1 000 personnes car les jeunes n'achètent plus de postes de télévision : ils regardent leurs émissions préférées sur leur smartphone en différé au moment choisi (voir le site) Les marchandises comme les contenus continueront à exister, ce sont leur distribution et leur contrôle qui sont en train de changer. Le logiciel periscope sera sans doute pour l'information ce que l'imprimante 3D est pour la marchandise. Le citoyen est devenu reporter d'événements et fabricant d'objets. Il est de plus en plus empowered pour reprendre un terme américain qui n'existe pas en français.

En Bretagne, on attend tous avec impatience que l'internet désintermédiarise la production de lait ou de porc. Et si un logiciel genre uber pop vous indiquait, alors que vous circulez en centre Bretagne, la ferme la plus proche pour y acheter un litre de lait, du lard et du cochon ou quelques kilos de tomates ?

Philippe Argouarch

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Philippe Argouarch est un reporter multi-média ABP pour la Cornouaille. Il a lancé ABP en octobre 2003. Auparavant, il a été le webmaster de l'International Herald Tribune à Paris et avant ça, un des trois webmasters de la Wells Fargo Bank à San Francisco. Il a aussi travaillé dans des start-up et dans un laboratoire de recherche de l'université de Stanford.
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