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Vingt bougies pour Soldat Louis
Vingt ans après son standard "Du rhum, des femmes…" Soldat Louis est toujours sur le pont. Le pont d'un rafiot qui sent le vent et la mer, les chants de marin et l'amour d'une Bretagne vraie et enracinée
Anne-Edith Poilvet pour Armor Magazine le 9/07/10 8:16

Vingt ans après son standard Du rhum, des femmes… Soldat Louis est toujours sur le pont. Le pont d'un rafiot qui sent le vent et la mer, les chants de marin et l'amour d'une Bretagne vraie et enracinée. Pour tous les fans, et les autres, les musiciens lorientais signent un double cd et un dvd live de leurs plus grands succès. Un pur moment de plaisir. 

Tout le monde se souvient d'un refrain qui défraya la chronique audiovisuelle de cette fin de décennie 80. Un refrain qui sentait la mer, les horizons lointains, la Bretagne, le port de Keroman, les bordées avec les copains, la nostalgies des filles à bord de cargos improbables, l'amour du pays. Tout ça à la fois. Du rhum, des femmes... Âmes sensibles, grincheuses de tout poil, s'abstenir ! Avec cette chanson, on appareillait pour tous les caboulots marins et pour toutes les mers du monde. Une bouffée de grand air. D'air du large, d'une grande bleue mâtinée de gwenn ha du. 

Du tube à la première de Renaud

Soldat Louis venait de signer un "tube" ! Dans la foulée, le groupe, né de la rencontre des Lorientais Serge Danet et Renaud Detressan, alias Gary Wickman, allait transformer l'essai, voler de succès en succès avec sa musique populaire et chaloupée comme un thonier groisillon, à la lisière de la chanson trad, des chants de marin et d'un rock in Breizh revisité. Ça faisait longtemps qu'on attendait cela, à l'ouest du Couesnon ! Gary, petit-fils de Théodore Botrel, s'en souvient, comme si c'était hier : « Serge était déjà musicien. Moi je voulais faire de la sculpture. Mais j'avais commencé à chanter de la musique de variété ». Serge opine : « En fait, c'est grâce à Gary que je suis devenu chanteur. Au début, je l'accompagnais. Un jour il m'a demandé de chanter un de ses textes. Depuis, je suis resté le chanteur du groupe, qui a pris mon propre pseudonyme. Un petit nom que mes potes m'avaient donné au service militaire. » 

Vingt ans après le succès de la première galette vinyle, le groupe met toujours le feu aux planchers avec zèle, conviction et opiniâtreté. Avec plaisir surtout. Beaucoup de plaisir. Une sorte de fraîcheur jubilatoire qui fait que le contact avec le public passe. Comme si le temps s'était arrêté sur ces farfadets qui ont commencé leur carrière scénique en première partie du chanteur Renaud. Le pari était à la hauteur des enjeux. Difficile. « Au début, on était morts de trouille, se souvient Gary, on savait que tous les groupes qui faisaient la première partie de Renaud n'allaient pas au-delà de la deuxième chanson. Nous avons eu la chance de pouvoir en placer deux, puis trois, puis quatre… puis neuf ! Presque tout notre premier album ! Et il y avait des rappels. »

Un enregistrement live à Saint-Malo-des-Bois

Pour leurs fans, les Soldat Louis viennent de signer un double cd et un dvd live enregistrés au festival de Poupet, à Saint-Malo-des-Bois. En Vendée ! « On connaît bien ce festival, le public, les organisateurs », assure Serge. On y est un peu comme à la maison. D'ailleurs c'est grâce à la chaleur du public que le groupe existe encore depuis ces deux décennies ». Un gros coup de chance. Le dvd comme le double album ont été enregistrés en une seule prise et une seule soirée. « On était en plein air. Les caméras étaient dehors. Comme le public. Le gros risque, c'était la pluie. » Il doit y avoir un dieu pour les musiciens. Il ne pleut pas au soir fatidique.

Le résultat est à la hauteur de la prestation des musiciens qui y interprètent des morceaux extraits des six cd du groupe. Avec des standards comme du Rhum des femmes, Bobby Sands, Tirer des caisses, Pavillon Noir et bien sûr, C'est un pays, le titre qui s'est fait ostraciser sur une partie des radios françaises et censurer de la plus belle manière stalinienne par France Inter ! Nos valeureux soldats y clamaient en toute innocence que « l'idée d'indépendance ne les laisserait pas vraiment de glace !"

Une belle moisson de souvenirs

Il faut croire pourtant que ces propos iconoclastes ne choquent pas tout le monde. « La » République, celle que le monde entier nous envie, ne leur en veut que modérément, puisqu'elle les invite, en 1995, à se produire devant les bidasses de Vannes et de Lorient en mission à Sarajevo. Des petits gars qui reprennent en chœur tous les standards des musiciens lorientais, devant leurs officiers supérieurs ébahis ! Un grand souvenir pour nos soldats, bardés pour l'occasion, de casques lourds et de gilets pare-balles !

Autre grand souvenir de ces années de baroud incessant : une tournée triomphale au Québec où nos Bretons sont accueillis comme des messies ! « Mais ce qui est drôle, se souvient Gary, c'est qu'ils avaient changé la pochette du disque, jugée trop hard pour un public américain ! » Exit la sirène callipyge aux seins surdimensionnés. La créature de rêve est remplacée par la bobine des protagonistes. « Pourtant, ajoute Serge, on n'a jamais vu de sirène en soutien-gorge ! » 

C'est vrai. En revanche on n'a pas fini de voir Soldat Louis sur les planches. Ils viennent à peine de terminer une prestation à Bercy, en haut de l'affiche de la Saint-Patrick, qu'ils enchaînent concert sur concert. Six en une semaine. Et ce n'est pas fini. « On va sans doute retourner en Suisse, où on a un public fidèle. » Quant à l'écriture ? « Nous allons nous mettre à la composition du prochain album. Il faut qu'il sorte au printemps prochain. En général j'écris la musique, sur laquelle Gary fait les textes », dit sobrement Serge. L'aventure continue, dans la bonne humeur, pour nos farfadets lorientais, pas mécontents d'avoir stabilisé leur équipe, depuis 1996 ! 

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