Une nouvelle unité de production Batscap inaugurée hier à Ergué-Gabéric
Dépêche de Philippe Argouarch

Publié le 25/01/08 4:10 -- mis à jour le 00/00/00 00:00


De la BlueCar à la GreenCar

Cherchant des moyens de prolonger la vie des batteries qui vont équiper la future voiture électrique qui va être construite à Turin par Pininfarina et le groupe Bolloré, ( voir l'article ) les chercheurs de Batscap, une filiale du groupe Bolloré, se sont intéressés aux moyens de récupérer l'énergie perdue sous forme de chaleur lors du freinage des véhicules.

En zone urbaine, les freinages incessants, les stops aux feux, sont un gaspillage d'énergie considérable et une des principales sources de pollution des sociétés industrialisées. C'est là qu'interviennent les supercapacités. Elles récupèrent l'énergie qui, autrement, serait dissipée en participant au réchauffement climatique global. La beauté du système, l'électricité engrangée est remise ensuite dans le système de propulsion thermique ou électrique de la voiture.

Les supercapacités sont des super condensateurs. Comme les batteries, elles stockent de l'électricité. À la différence des batteries, elles peuvent être chargées en quelques secondes. Elles se déchargent aussi assez rapidement mais toutefois moins vite qu'un condensateur traditionnel qui, lui, se décharge en quelques millièmes de seconde. Les supercapacités ont des durées de vie pouvant atteindre plusieurs millions de cycles charges-décharges. Elles sont plus stables, ne chauffent pas, et contrairement aux batteries, ne polluent pas. Les coûts sont raisonnables et les gains d'énergie considérables.

Les bus et même les tramways peuvent être équipés de supercapacités. Un bus peut recharger ses supercapacités à chaque arrêt. L'énergie de freinage emmagasinée est alors restituée au redémarrage du bus. Il y a aussi des applications dans les ascenseurs et les systèmes qui ont besoin d'une alimentation sans interruption.

L'économie de carburant et la réduction des émissions de CO2 et de microparticules qui en résulte peuvent dépasser les 20 % affirme le groupe Bolloré dans son communiqué du 24 janvier. C'est grâce au savoir faire des technologies thin films du groupe, établi de longue date, que Batscap a pu se lancer dans la production industrielle des supercapacités. (voir le site) de Batscap.


Basse Bretagne et Hautes Technologies

"Nous pensons que ces usines en Bretagne sont en avance" —V. Bolloré


Vincent Bolloré, qui avait invité la presse dans le manoir historique sur les rives de l'Odet, où fut fondé le groupe il y a 130 ans ( voir l'article ), a annoncé que le constructeur automobile allemand BMW avait signé un accord avec Batscap pour utiliser ce système sur la nouvelle BMW Série 5..

Bolloré a confirmé que Batscap se lancera aussi dans la fabrication des batteries lithium métal polymère - les batteries qui, en conjonction avec les supercapacités, équiperont les voitures électriques. La pause de la première pierre de la future unité de production se fera en mars prochain prés de Pencarn, le centre de recherche de Batscap.

Vincent Bolloré a aussi confirmé que la voiture construite à Turin serait une voiture à 4 portes. Elle sera capable des mêmes accélerations en zone urbaine que toute autre voiture à propulsion thermique et devrait être moins cher que les voitures hybrides que les japonais sont en train de construire. Le premier véhicule devrait sortir en septembre 2009.

Les chercheurs et les ingénieurs de Batscap ont mis au point des supercapacités aux performances de premier ordre. Ces composants devraient donner un avantage à la voiture électrique Bolloré-Pininfarina avec une autonomie qui devrait approcher les 300 kilomètres.

La capacité de la nouvelle usine d'Ergué-Gabéric est d'un million d'éléments par an — pour commencer. Elle emploie une cinquantaine de personnes. L'investissement du groupe Bolloré est à hauteur de 36 millions d'euros.

Philippe Argouarch

Philippe Argouarch

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Philippe Argouarch est un reporter multi-média ABP pour la Cornouaille. Il a lancé ABP en octobre 2003. Auparavant, il a été le webmaster de l'International Herald Tribune à Paris et avant ça, un des trois webmasters de la Wells Fargo Bank à San Francisco. Il a aussi travaillé dans des start-up et dans un laboratoire de recherche de l'université de Stanford.
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