Une main électronique pour la victime d'une grenade explosive dans un rassemblement de Bonnets rouges en novembre 2013
Dépêche

Publié le 1/09/14 17:37 -- mis à jour le 00/00/00 00:00

Mikael Cueff est un jeune ouvrier carrossier de 34 ans qui, comme de nombreux Bretons excédés par l'imposition de l'écotaxe mortelle pour l'économie de la Bretagne, souhaitait que le portique de détection de camions de Pont-de-Buis soit neutralisé comme d'autres (le premier avait été celui de Guiclan, le 2 août 2013) ( voir l'article ).

Le samedi 26 octobre 2013, pour la troisième fois plusieurs centaines de manifestants (agriculteurs, artisans, ouvriers, professionnels du transport) faisaient face, certains en famille, aux forces de l'ordre.

Celles-ci envoyèrent des grenades explosives sur un groupe de personnes inactives et ce qui pouvait arriver, arriva : le jeune Mikael, soucieux de protéger une famille, ramassa une grenade pour l'envoyer plus loin. Mal lui en prit, car celle-ci explosa lui arrachant la main droite. Il dut être transporté en urgence à l'hôpital et être amputé à 5 cm au-dessus du poignet. Lors de sa convalescence, il laissa son père, René, expliquer sa situation : « Mon fils a ramassé cette grenade qui n'explosait pas, il voulait protéger une famille dans son dos et ses copains qui l'entouraient. Et malheureusement, elle lui a explosé dans les mains et mon fils n'a plus sa main. L'emploi de fumigènes aurait largement suffi, surtout que eux n'avaient que des ½ufs dans les mains ». Il ajoutait : qu'on (avait) tiré (sur les manifestants) comme des lapins mais avec des calibres pour éléphants'. Mon fils n'avait pourtant que des ½ufs dans la main. »

Mikael s'est donc retrouvé au chômage, alors qu'il était venu pour tenter de l'éviter à ses camarades de Lampaul-Guimiliau, où est situé l'abattoir Gad qui allait fermer quelques mois plus tard, malgré des manifestations imposantes de Bonnets rouges qui avaient inauguré leur couvre-chef, qui fera la une des médias, justement, ce samedi-là à Pont-de-Buis.

Pour retrouver une qualité de vie minimale et, donc, un travail, il fallait collecter une somme de 60 000 euros et faire appel à la solidarité légendaire des Bretons et de bien d'autres personnes dans le monde. Lors de la manifestation de carhaix, le 30 novembre, une première somme importante a pu être récoltée en vendant aux enchères des morceaux du portique écotaxe de Guiclan qui avait été, curieusement, abandonné par son propriétaire.

Ce lundi 1er septembre, la nouvelle main de Mikael a été mise en place et une nouvelle vie s'ouvre devant lui. Il a déclaré n'avoir rien à regretter d'un geste qui était fait pour protéger.

Toutes nos newsletters et tous nos agrégateurs sont gratuits ! Abonnez-vous ! (voir le site)

Christian Rogel

Voir aussi :

mailbox
imprimer
Christian Rogel est spécialiste du livre, de la documentation et de la culture bretonne.
Vos 1 commentaires
Ed du
2014-09-02 23:04:14
Mikael Cueff, un nom à retenir.
(0) 
ANTI-SPAM : Combien font 4 multiplié par 5 ?
Cet espace est un lieu de débat. Les attaques personnelles ne sont pas autorisées. Le trolling est interdit. Les lois contre le racisme, le sexisme, et la diffamation doivent être respectées. Les pseudos sont tolérés mais ne sont pas encouragés.
MERCI DE RESPECTER LA LANGUE DE L'AUTEUR de l'article et donc des lecteurs. Les articles écrits en français doivent être commentés en français, les articles écrits en breton doivent être commentés en breton. Cacophonie ? Merci de ne pas mélanger les langues dans le même commentaire, sauf pour la traduction intégrale du commentaire.