Une filière économique autour de la galaxie foil décolle en baie de Quiberon

-- Economie --

Communiqué de presse de VinciCom
Porte-parole: Relations presse VinciCom

Publié le 31/03/17 14:58 -- mis à jour le 00/00/00 00:00

Berceau du foil, la baie de Quiberon est devenue le pôle d’attractivité de toute la galaxie foil d’Europe : École Nationale de Voile et des Sports Nautiques (ENVSN), basée à Saint-Pierre-Quiberon formant des cadres à cette nouvelle pratique, bureaux d’étude, entreprises du nautisme locales et coureurs se spécialisent dans ces ailes profilées placées sous les coques pour gagner en vitesse et voler littéralement sur l’eau. Jusqu’alors réservés aux usages sportifs - Coupe de l’America, Vendée Globe… - les foils révolutionnent le marché du nautisme et gagnent le marché des particuliers, s’invitant sur des petits catamarans, des équipements de voile légère ou même des bateaux à moteur.

La troisième édition de La Semaine Affoilante®, unique rassemblement national de dériveurs, surfs, planches, kitesurfs... se tient du 5 au 9 avril prochain en baie de Quiberon. Au programme, conférences et rencontres, expo d’équipementiers, fabricants et concepteurs de foils, essais sur l’eau, challenges sportifs inédits lors de runs mixant les différents engins à foils…

«Un jour tous les bateaux voleront… » avait déclaré Éric Tabarly, navigateur emblématique de la baie de Quiberon et premier marin à avoir doté en 1979 son bateau le Paul Ricard, des prémices du foil. Quelques années plus tard, les matériaux s’allégeant, Alain Thébault a repris les travaux de Tabarly avec le projet Hydroptère développé dans la baie de Quiberon.

Popularisés par les multicoques de la Coupe de l’America, puis cet hiver par certains voiliers du dernier Vendée Globe, les foils, ces ailes en matériaux composites placées sous les coques, permettent aux bateaux d’atteindre des vitesses extraordinaires en les faisant littéralement voler sur l’eau dès 5 à 8 noeuds de vent.

Aujourd’hui, c’est toute la planète foil qui se prépare sur la baie de Quiberon : des Moth, kite-surfs, planches à voiles sur foils, aux voiliers de course aux large comme Sodebo Ultim, le bateau de Thomas Coville, vainqueur cet hiver du Trophée Jules Verne, basé à La Trinité-sur-mer. Un plan d’eau apprécié de toutes les écuries adoptant les foils, tels le Team Gitana - qui y a mis au point les foils de ses bateaux - ou Groupama - qui s’y est entrainé pour optimiser ses foils en vue de la Coupe de l’America : «le plan d’eau est le nec plus ultra pour sortir le meilleur des foils».

Naturellement protégée des vents et de la houle océanique, la baie de Quiberon offre un plan d’eau taillé sur mesure pour planer sur mer plate et régulière pour les engins de glisse comme pour les géants des mers qui apprécient de pouvoir entrer au port de La Trinité-sur-mer à la voile et parfois sur foil, quelle que soit la marée !

Dans un marché du nautisme qui pèse en 2015 dans le Morbihan 573,2 M€ pour 696 entreprises - étude du Conseil régional de Bretagne et de la Fédération des Industries Nautiques (F.I.N) -, la filière foil, bien que difficilement quantifiable, est en pleine explosion gagnant la voile légère, la glisse et même des bateaux à moteur.

Les professionnels s’accordent pour dater le début de cet engouement pour le foil à la Coupe de l’America 2013 et sa nouvelle jauge autorisant enfin les ailes. «Il y a eu un avant et un après» confirme Benoit Tréguilly de chez Bic Sport, leader mondial de planches de glisse. «Les interrogations sur les foils ont été totalement balayées, et à partir de là, tout le monde a cherché à développer plus vite que les autres».

L’École Nationale de voile, tête de pont de la R&D foil en France

Locomotive de cette filière foil en France, l’École Nationale de Voile et des Sports Nautiques, installée à Saint-Pierre-Quiberon, lieu unique de préparation haut niveau en voile légère, a pris très vite le cap de la génération foil, contribuant au développement de ces supports en voile légère, kite-surf et surf. Formant des cadres à ces nouvelles pratiques, elle apporte son soutien aux projets sportifs sur foils dont celui de l’Équipe de France pour la Red Bull Youth America’s Cup, Coupe de l’America des jeunes. L’école dispose aussi d’un atelier de réparation de foils et d’un laboratoire de numérisation-modélisation où l’ingénieur de l’ENVSN teste des maquettes dans un bassin équipé d’une soufflerie. Son objectif ? Révéler les points de résistance, de fragilité des foils et les surfaces où au contraire la fluidité avec l’eau est idéale.

Un laboratoire précieux qui a permis à la startup SEAir de réaliser ses premières mesures au tout début de son installation. Bureau d’études et équipementier, elle optimise et fait voler des bateaux déjà existants en les équipant de foils ou en modifiant les systèmes existants des Moth, Mini, Imoca ou tout type de monocoques et de multicoques. Il y a quelques semaines SEAir a fait voler un Mini 747 transformé et modifié dans le chantier AMCO Concept, un autre acteur de la filière foil de la baie de Quiberon. Réputé tant pour la réalisation de foils que de puits de foils, le chantier a réalisé ceux de Virbac Paprec et de Maître Coq engagés dans le dernier Vendée Globe. De son coté, Heol Composites qui a réalisé certains foils des voiliers du dernier Vendée Globe, a déposé un brevet pour un procédé de fabrication sans assemblage pour améliorer la résistance des pièces.

Des prototypes aux modèles de série

Dans la lignée de la course au large, aujourd’hui tout l’univers de la glisse et de la voile légère adopte le foil. Question de vitesse et de sensation, mais aussi de possibilité de pratique plus large : 7-8 noeuds de vent suffisent pour s’amuser en kite-foil contre 20 noeuds minimum en kite-surf classique. Un argument imparable et les engins volants de série commencent à apparaître. Bic Sport qui réalise 80 % de son chiffre d'affaire à l’export avec les planches à voile, surfs, kayaks et stand up paddle fabriqués à Vannes, vient de développer un foil de planche à voile qui est commercialisé depuis février dernier.

Important fabricant de surfs, kite-surfs et planches à voile, basé en baie de Quiberon, Erwan Le Gallic de Surfactory est également dans les starting-blocks. Après avoir créé et vendu en 20 ans 36.000 planches, tous flotteurs confondus, il se lance aussi dans le foil. «Incontestablement, le foil va envahir toutes les disciplines de la voile au cours des prochaines années. Nous travaillons actuellement sur des prototypes qui devront allier sécurité et performance, avec un cahier des charges très exigeant», explique Erwan Le Gallic.

Réservés jusqu’ici à la voile de compétition, les foils commencent aussi, peu à peu, à équiper les coques des bateaux destinés au grand public. À La Trinité-sur-Mer, JPS Production qui a travaillé entre autres sur les foils de Sodebo, conçoit et fabrique en ce moment Easy To Fly, un catamaran à foils en série de 26 pieds commercialisé par Absolute Dreamer, l’entreprise du navigateur Jean-Pierre Dick. «Nous l’avons mis au point en 2016 et le prototype a été si concluant, que nous lançons cette année la construction de 10 bateaux» précise Nicolas Groleau de JPS production. «Le foil représente 50 % de notre chiffre d'affaire cette année et notre carnet de commande 2017 est plein».

L’AFPA d’Auray labélisé Centre Stratégique National Nautisme et Maritime qui réalise des formations très spécifiques pour les industries nautiques et composite haute performance, suit aussi de prêt le phénomène foil. «Nous nous intéressons à cette révolution qui est en marche, participons à des rencontres professionnelles et nous tenons prêt à développer des modules de formation spécifique» indique Fabrice Parat, directeur du centre.

Bateau à moteur sur foil plus écologique

Le foil gagne peu à peu toutes les coques flottantes de la baie de Quiberon, y compris celles des bateaux à moteur tel le prototype mis au point par JM Koncept piloté par l'ingénieur naval Jean-Mathieu Bourgeon, qui a travaillé 11 ans sur le voilier Hydroptère. Équipé de foils rétractables, le canot HY41 se met à voler pour un confort accru, une vitesse optimale et surtout une économie d’énergie non négligeable. Libéré des contraintes de glisse des parties immergées de la coque, il devient plus écologiques : «Le bateau consomme 25 à 30 % de carburant en moins dès qu’il est sur foil» précise Jean-Mathieu Bourgeon. Mieux, les puissances des moteurs sont quasiment divisées par deux : il est propulsé par deux moteurs de deux fois 250 CV pour atteindre 45 noeuds sur foils, alors que pour atteindre cette vitesse avec un bateau classique sans foils, il aurait besoin de deux fois 400 CV de puissance.

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