Une Fédération démocratique alsacienne créée pour empêcher le PS de saborder l'Alsace

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Dépêche
Par Christian Rogel

Publié le 22/02/15 13:50 -- mis à jour le 00/00/00 00:00

Beaucoup d'Alsaciens veulent lutter contre le diktat de la réforme territoriale

Diverses manifestations avaient eu lieu en Alsace pour protester contre la disparition du pays que le gouvernement socialiste veut joindre dans une improbable région géante qui irait jusqu'à moins de 10 kilomètres de Provins, riante cité su Sud de la Seine-et-Marne, dans la Région Île-de-France.

Reniant les promesses faites aux Alsaciens, lors de la récupération par la France en 1918 et s'asseyant sur l'article 5 de la Charte européenne de l'autonomie locale, les députés socialistes alsaciens ont mis toute leur énergie polémique pour s'opposer aux amendements de la droite alsacienne (largement majoritaire chez elle) qui voulait empêcher la fusion.

Dans la même séance, les amendements qui tendaient à réunifier la Bretagne, injustement amputée en 1956 par le gouvernement socialiste (déjà !), ont été repoussés.

Une fédération démocratique alsacienne très diverse

Un entrepreneur de Sélestat, a pris l'initiative de fédérer les nombreuses organisations formelles et informelles qui ont appelé à manifester depuis juin 2014. Avec l'aide du maire de Dannemarie, Paul Mumbach, lointain successeur d'un maire, Eugène Ricklin, persécuté, et par le Reich et par la France. Jean-Michel Ritter vient de lancer la Fédération démocratique alsacienne ou d'Alsace, c'est selon (FDA).

De manière significative, le nom est traduit en allemand par Heimatbund (union patriotique), un mouvement qui fut créé en 1926 pour réclamer l'autonomie du pays (manifeste ici (voir le site) et dont les leaders furent poursuivis pour complot par le gouvernement français en 1928.

Outre Unser Land-Le Parti alsacien qui avait brillamment relevé le défi de maintenir une manifestation à Colmar (voir notre article), la FDA réunit de nombreux collectifs : Les Alsaciennes unies , Les « Alsaciens réunis, Les maires indépendants, Les Élus pour la langue et la culture alsacienne, Les Bonnets rouges frontaliers, Elsass Land, Heimtsproch un tradition, plus des animateurs de site ou de blogs comme Hopla.net www.hopla.net.

Un plan de lutte pour la dignité alsacienne

Les responsables de la FDA relèvent que l'État français est centralisé à outrance et qu'il est à bout de souffle. Ils protestent contre « un hold-up sur la démocratie locale ». Ils proclament que « le mot autonomie n'est pas un gros mot ».

Un plan de bataille pour « enterrer la réforme territoriale » a été préparé. Il comprend une campagne de pétition, une grande manifestation à Strasbourg le 14 mars prochain, un projet pour l'obtention d'un référendum local et un recours auprès du Conseil d'État, vers lequel, très bizarrement, le Conseil constitutionnel a semblé renvoyer le mistigri de la violation de la Charte européenne de l'autonomie locale. C'est pourtant ce même Conseil constitutionnel qui avait proclamé la supériorité des accords européens sur la loi française (1).

Les candidats autonomistes alsaciens à l'assaut des partis nationaux et du jacobinisme corrupteur

Par ailleurs, le parti centriste et écologiste, Unser Land, va présenter ou soutenir des candidats dans 23 cantons nouvelle manière, soit dans la moitié de l'Alsace. Pour trouver des candidats, elle a lancé un appel public qui a eu des résultats remarquablement rapides.

L'un des candidats, Olivier Boule, « engagé dans le combat pour sauver l'Alsace », intitule un texte : « Quand les élus ne pensent plus peuple… C'est le centralisme (ou le jacobinisme) qui corrompt nos élus » (voir le site)

Une nouvelle grande pétition ?

La pétition Alsace, arrêtons de subir ! Nous, Alsaciens, devons prendre notre destin en main, lancée en juillet dernier par le maire UMP de Mulhouse, a réuni presque 63 000 signatures (voir notre article), mais, pour obtenir que le Conseil régional d'Alsace organise un référendum demandant que l'Alsace reste une région, il faudrait 10% du corps électoral, soit 127 000 signatures d'électeurs.

(1) L'art. 55c de la Constitution française dispose que «les traités ou accords régulièrement ratifiés ou approuvés ont, dès leur publication, une autorité supérieure à celle des lois».

Christian Rogel

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