"Les Lavandières de la Nuit" — Sydney RIME (Kontadenn)

Ancrée dans ses racines bretonnes, cette claviériste (piano, pianoforte, clavecin, clavicorde et orgue), musicologue, spécialiste des chansons populaires du Renouveau Celtique de la fin du XIXe siècle, a toujours cherché à tisser des liens entre musique traditionnelle et musique classique.

Fin juillet 2026, nous recevions une bien charmante et chaleureuse missive postale provenant… d’Irlande et émanant d’une « régulière lectrice de Culture et celtie, l’e-Magazine », fidèle à nos pages en ligne « depuis 2022 », période à laquelle l’auteure de cette plus qu’aimable correspondance « commençait un projet de recherche sur les chansons populaires celtiques ».

Jaquette du CD de Sydney RIME -  Kontadenn
Jaquette du CD de Sydney RIME - Kontadenn photographe

Outre le fait que nous étions, très sincèrement, touchés par un tel témoignage et intérêt, que, comble de bonheur, la lettre était signée d’une musicienne, également… chercheuse et ethnomusicologue.

De surcroît, notre assidue visiteuse était… d’origine bretonne !

Ancrée dans ses racines bretonnes, cette claviériste (piano, pianoforte, clavecin, clavicorde et orgue), musicologue, spécialiste des chansons populaires du Renouveau Celtique de la fin du XIXe siècle, a toujours cherché à tisser des liens entre musique traditionnelle et musique classique.

« Je suis tombée sur vos critiques sur des albums de Nolwenn MONJARRET et Philippe LE GALLOU, que j’ai eu la chance de rencontrer par la suite » (Voir nos chroniques sur les opus « An Arvor » (2020) , « Ar Roue Pri - Le Roi d'Argile » (2013) et « Son Elena - Ballades e Breizh » (2011), ajoutait, dans sa lettre, Sydney RIME, dont nous venions de découvrir l’alerte et gratifiante plume.

Nous tairons, ici, de fort encourageants autres mots reçus à notre endroit dont nous remercierons, en rougissant, notre bien magnanime visiteuse.

Ce très précieux feuillet que nous conserverons dans notre conséquent et intime livre d’or, non publié en ligne, accompagnait un Compact-Disc paru, certes, depuis novembre 2025, mais qui, nous précisait l’écrit, n’avait, suite à des problèmes de santé, pas été promu par la musicienne, comme il aurait du l’être, lors de sa publication.

D’autant qu’il s’agit, de plus, d’un premier enregistrement, événement, toujours autant stressant qu’excitant pour tout artiste.

Au tout premier regard, accueilli et capté par une superbe et élégante jaquette dont le visuel de couverture teinté de préraphaélisme, mouvement artistique né en Angleterre en 1848 qui tient de la peinture des maîtres italiens du XVe siècle prédécesseurs de Raphaël, a été réalisé au cours d’une journée pluvieuse en montagne irlandaise par la photographe

« spécialisée dans le récit d'amour », Smita DEBNATH (Voir site) , c’est avec une immédiate gourmandise que nous avons voulu écouter ce disque, titré « Kontadenn », comme « conte », en breton.

Ecoutant, livret en main, les premières notes de piano émanant de nos enceintes, nous apprenions que cet album était, effectivement, inspiré des légendes bretonnes. Le sous-titre figurant sur un double feuillet-livret interne ne laisse aucun doute, ni sur l’intention artistique, ni sur l’instrument solo narrateur : « Eight breton folk tales for piano - Huit contes populaires bretons pour piano ».

Sur ces huit pièces musicales constituant cet attractif, intime, esthétique et substantiel programme, vous découvrirez cinq d’entre elles écrites par des compositeurs, appelés « folkloristes », musiciens qui, dans la musique classique, ont intégré des mélodies, des rythmes et des danses populaires de leur région ou de leur pays, ici, la Bretagne, générant, ainsi, un mouvement qui a surtout marqué les XIXe et XXe siècles.

Vous serez, ainsi, invités à écouter des œuvres de DEBUSSY, CASSALONGA, ainsi que celles de trois compositeurs bretons, BOURGAULT-DUCOUDRAY, AUBERT et COLLIN.

Toujours puisées dans les effluves de contes et légendes intrinsèquement issus de la tradition bretonne, viennent s’adjoindre à ces cinq picturaux exposés musicaux, deux compositions contemporaines respectivement écrites en 2025, par, au piano depuis ses six ans, avant de se passionner pour le clavecin et la période baroque, Zacharie BLIN, connu artistiquement sous le pseudonyme de TRELAIRE (Voir site) et par l’auteure compositrice-interprète et bassiste de jazz-pop, résidant à Cambridge, au Royaume-Uni, Jemily RIME (Voir site) , qui a commencé à jouer du piano dès l’âge de trois ans.

Comme une signature, comme un envoi, ce parcours musical se conclut par une improvisation, elle aussi, puisée dans le patrimoine légendaire armoricain et imaginée par la pianiste Sydney RIME, maîtresse d’œuvre de cette publication discographie aux multiples évocations chimériques.

  • Une artiste bretonne… vivant en Irlande !
  • Des pièces, toutes, puisant dans le légendaire breton, dont trois écrites par des compositeurs « classiques »… bretons !
  • Vous, amis visiteurs amoureux de la Bretagne et de sa très large palette musicale, par ailleurs, fins mélomanes qui, vous nous l’avez démontré par vos nombreuses visites et écoutes, appréciez le piano lorsqu’il raconte l’Armor et l’Argoat dans leur contexte ancestral ou contemporain, notamment, au travers d’un répertoire se situant aux confins de la musique traditionnelle bretonne, du jazz et de la musique symphonique, ciselé par le légendaire compositeur et pianiste breton, Didier SQUIBAN (Voir nos chroniques « Nina » , « Ydill » ), ou celui de « ses disciples », en piano solo, Dominique MARTIN (Voir nos chronique « Enez glaz » et « Enez Glaz saison 2 » ), Matthieu JUBIN interprétant, notamment, des œuvres de Louis AUBERT et Charles-Augustin COLLIN, compositeurs présents sur ce présent disque « Kontadenn » - (Voir notre chronique « En pays breton » ) ou encore, Caroline FAGET (Voir notre chronique « Bro ar Sklerijenn » )...

Toutes ces raisons ne pouvaient que nous conduire à vous proposer de découvrir cette première publication discographique de Sydney RIME, que la pianiste commence à présenter, en concert, en Irlande, dans l’hexagone… dont, très probablement en Bretagne !

Par ailleurs, dans ce cadre interceltique, il nous paraissait évident, d’attirer votre attention et votre oreille exigeante sur ce remarquable opus intégralement réalisé en Irlande et, gage de grande qualité, produit par le « Arts Council Irlandais » - en irlandais : An Chomhairle Ealaíon – (Voir site) , l'Agence Gouvernementale Nationale Irlandaise chargée de financer, développer et promouvoir les arts en Irlande.

Capté, mixé, masterisé au beau milieu d’une forêt des montagnes irlandaises dans le comté de Wicklow situé au sud de Dublin, plus précisément, perché au-dessus du sol et niché dans les arbres, aux Treehouse Studios (Voir site) par Brian CROSBY, l’enregistrement est baigné d’intimité, de chaleur sonore, de proximité interprétative qui fait quasiment entrer Sydney et son piano à queue Blütner 1920 dans votre salon – une similitude instrumentale avec Didier SQUIBAN qui possède un Blütner 1905, notamment, utilisé pour son album « Molène Saison II ».

Comme nous l’avait amicalement expliqué MONSIEUR Didier SQUIBAN, la principale particularité des pianos Blüthner réside dans leur système de cordes. Une 4e corde, légèrement surélevée, non frappée par les marteaux est ajoutée dans les médiums et les aigus et, créant un son plus chaud et, par sympathie acoustique, quelque peu, réverbéré.

Les BEATLES, avaient, notamment, enregistré « Let it Be » sur un piano à queue Blüthner.

Œuvre de musique classique atypique, au sein duquel certains morceaux s'inspirent de mélodies traditionnelles bretonnes, d'autres étant influencés par le jazz ou la musique de film, le programme de « Kontadenn » s’ouvre avec, extrait des « Préludes », Livre 1, « La cathédrale engloutie », de Claude Debussy, né Achille-Claude Debussy.

Vous le devinez, aisément, la pièce musicale s'inspire de la légende de la cité engloutie d'Ys, bâtie jadis pour la fille du roi Gradlon, la princesse Dahut, devenue l'épouse de l'océan...

Il s’agit de l’une des légendes les plus répandues en Bretagne, celle d'une prétendue ville, qui, à une époque inconnue, aurait été absorbée par la mer.

Pour rappel, le livret interne précise : « Certains croyaient que la princesse d'Ys était liée à l'Océan par un pacte : elle pouvait prendre autant d'amants qu'elle le souhaitait, à condition de les sacrifier à la mer. Ainsi, elle attirait les marins dans sa cité à la nuit tombée pour jeter leurs corps à l'eau à l'aube... jusqu'au jour où elle tomba amoureuse de l'une de ses victimes. Fou de jalousie, l'Océan engloutit la ville d'Ys et ses habitants, et Dahut devint une « Marie-Morgane » (une sirène bretonne) ».

Après un égrainement de notes, jouées en pianissimo, qui évoquent le son des cloches, dont un grand bourdon plongé dans les graves et des petits carillons, perchés dans les aigus, le vent se levant et dissipant la brume, le jeu s’amplifie en traduisant l’immersion dans les entrailles de l’océan, et dans toute sa majesté d’une cathédrale. Ce naufrage est accompagné d’une symphonie fracassante d’orgue et jeux de cloches. Enfin, la cathédrale disparaît de la vue et seules les cloches se font entendre, lors d'un pianissimo éloigné.

Comme pour prolonger la narration musicale de cette iconique légende bretonne, la note du livret conclut :

« Peut-être qu'un jour, en vous promenant sur les côtes de Cornouaille, vous entendrez son chant envoûtant ainsi que les cloches de la cathédrale engloutie ? ».

N’hésitez pas à écoutez à bon volume, la qualité de la prise de son et du mastering le permet, cette pièce, où vous ressentirez, d’autant, toute la picturale dramaturgie de l’œuvre de DEBUSSY, portée par l’implication et la maîtrise du jeu dans la nuance de la part de la pianiste.

Après cette abyssale évocation, en totale rupture de rythme et d’ambiance, la pièce de Marguerite CASSALONGA (1865-1935), titrée « La danse des Korrigans », nous entraîne au cœur d’un facétieux et sautillant bal mené par de minuscules créatures « parées de myosotis dans les cheveux et vêtues de robes faites de mousse des bois »… Les légendaires korrigans !

Dans la tradition bretonne, le korrigan est un esprit féerique et apparenté au nain. Le mot « korrigan » signifie « petit nain »,

« korr » correspond à nain, « ig » étant un diminutif et le suffixe « an » une marque d’affection, de familiarité.

On peut le rapprocher de la petite créature humanoïde légendaire du folklore européen, le gnome ou, comme mentionné dans le livret, au leprechaun, petit être à la silhouette humaine, issu de la mythologie irlandaise, comparable à un lutin ou à un farfadet.

Emporté par le fort agile jeu pianistique de Sydney RIME, vous voici rendus, au terme du Sentier des Korrigans de la forêt de Brocéliande, sur le cercle d'herbe brûlée, seule trace qui subsiste après la danse nocturne de ses espiègles personnages.

Tout comme dans la danse bretonne, le piano semble « frapper du pied sur le sol ».

En piste 3, tout comme nous, vous apprécierez largement le séduisant Andante de cette littéraire « Romance » – Op.2, écrite, en 1897 et publiée en 1902, par le compositeur pianiste et critique musical breton et malouin, Louis François Marie AUBERT (187-1968).

Le livret nous indique :

« Amours non partagées, suicides, sacrifices : les histoires d’amour, dans la littérature bretonne sont souvent tragiques... celle-ci ne l’est pas. Ou peut-être n’est-ce que le début de l’histoire ? ».

Le Fortissimo intervenant à mi-pièce peut nous suggérer une conclusion dramatique, mais l’apaisement final nous laisse, plutôt, espérer une issue heureuse…

« An Hollaïka » est un chant traditionnel breton de Cornouaille, également connu sous le titre de « Chant des Pâtres » ou

« L'appel des pâtres ».

Publié, pour la première fois, en 1839, par Hersart de La VILLEMARQUE dans son célèbre recueil, le « Barzaz Breiz », l’appellation de ce morceau vient des cris « Hollaïka ! », lancés à pleine voix par les pâtres et bergères qui le chantent en gardant leurs troupeaux.

C'est l'histoire d'un jeune homme qui parle de sa bien-aimée, de leur première rencontre alors qu'ils avaient douze ans (Voir, notamment, pour les paroles la page du site de référence Son ha ton ).

Le compositeur, claveciniste, par ailleurs héraldiste, Zacharie BLIN, reprend, ici, le thème de ce chant traditionnel sous le titre

« Bugal Noz », que nous pouvons traduire par « Le berger de la nuit ».

« associé aux ténèbres, il apparaît dans la plupart des contes bretons comme une créature menaçante », précise le livret.

Evoluant successivement, et parfois ex abrupto, entre traditionnel, quasi hard rock, musique prospective, jazz, symphonique, baroque et pop, insufflés par ce créatif compositeur quadragénaire, l’interprétation de Sydney nous fait percevoir l’étendue de son très large registre interprétatif.

A l’écoute de cette pièce, figurant en piste 4 de « Kontadenn », au-delà d’une reprise vocale de la part d’une des belles et féminines voix de Bretagne, nous verrions bien un groupe de rock celtique, comme le collectif B.R.E.T.O.N.S. reprendre, dans un tempo ad hoc, ce thème traité de manière très contemporaine.

Le voyage en terres armoricaines des légendes et des contes, à présent, se poursuit en rejoignant les finistériens Monts d’Arée.

Avec « Dans la lande », composition du nantais et breton, Louis-Albert BOURGAULT-DUCOUDRAY (1840-1910), c’est sur les touches « gwen ha du » de son Blüthner, que Sydney RIME nous emmène, par la lande, aux portes de l’enfer, à Yeun Elez, parfois orthographié « Keun Elez », ou après déformation, comme ici notifié sur la page du livret… « Qeun Glez ».

C’est en ce lieu d’une célèbre et mystique dépression marécageuse, située au cœur des Monts d'Arrée, que dans la culture et la tradition bretonne, on a cultivé les croyances les plus sombres, faisant référence aux portes d'entrée du royaume des morts et au domaine de l'Ankou.

On pourrait s’attendre, liée à l’endroit, à une mélodie ténébreuse et inquiétante ; il n’en n’est rien ! Nous écoutons plutôt, sous de jolis déliés, un « phrasé musical panoramique ».

Une nouvelle fois, le commentaire du livret nous éclaire sur les intentions du compositeur, en ces termes :

« Toutefois, ce morceau évoquerait plutôt l'histoire de voyageurs s'égarant dans les landes brumeuses en suivant des feux follets, pour finalement retrouver leur chemin au retour du soleil. ».

L’ensoleillement cristallin des dernières mesures semblent corroborer cette analyse.

Nous retrouvons, en piste 6, une contemporanéité narrative, avec la « Balade des fées des Houles », composée, en 2025, par la chanteuse, bassiste et compositrice, sœur de Sydney, Jemily RIME.

Les fées des houles sont des créatures légendaires de la tradition de Haute-Bretagne et des Îles Anglo-Normandes qui peuplent les grottes creusées par la mer le long des falaises de la Manche, appelées… des « houles » !

Référons-nous, une fois nouvelle, au livret :

« Dans la plupart des récits, elles sont immortelles et passent leurs journées à cuire du pain, à carder la laine, à chanter, à danser au clair de lune et à instruire les enfants. Le sel est censé les rendre mortelles, ce qui est fâcheux pour des fées associées à la mer. ».

Servi par l’alerte musicienne, l’exposé pianistique de la compositrice se révèle, dans un premier temps, assez sombre, évoquant, nous pouvons supposer, les grottes, puis s’illumine de la présence des fées, discours musical devenant, même, pétillant, nous semblant traduire leurs multiples activités susmentionnées.

En piste 7, Sydney RIME interprète « La légende de Saint Ronan », composée en 1914, par le briochain, Charles-Augustin COLLIN ( 1865-1938) qui a, notamment, travaillé avec l’organiste et compositeur belge, naturalisé français, César FRANCK.

Charles-Augustin COLLIN a été l’organiste de l’église Notre-Dame de Rennes et, impliqué dans la culture musicale et dansée bretonne, Président d’honneur du Cercle Celtique de Rennes, « Kelc’h Keltiek Roazhon », en breton, « Cercl Celtiq de Rennes », en gallo… puisque la capitale bretonne est de tradition gallo-romaine et gallèse !

Ronan naquit en Irlande au VIème siècle de parents païens et devint évêque.

Débarqué au pays de Léon, il vécut d'abord à Saint-Renan.

Un jour un ange lui apparut et lui ordonna pour sauver son âme d'aller habiter en Cornouaille où il s'installa non loin du bourg actuel de Locronan, qui a porté le nom de Saint-René-du-Bois.

La note du livret ajoute :

« On raconte qu'il traversa la mer en marchant sur l'eau et qu'il ressuscita des enfants morts. ».

On retrouve le thème, ici joué, dans « Buhez Sant Ronan », noté, en 1867, dans le Barzaz-Breiz, par Théodore HERSART DE LA VILLEMARQUE ; vous pouvez sur cette page du site Tob.kan.bzh , écouter un court et même extrait de la partition.

Nous arrivons au terme de ce voyage enchanteur qui nous a mené à travers les terres mystiques de Bretagne, avec, cette fois, la signature musicale intégrale de Sydney RIME, intervenant, pour ce final en tant que créatrice et interprète, puisque, non pas composé, mais improvisé, l’artiste nous propose « Les lavandières de la nuit ».

Mais qui sont ces lavandières qui inspiraient tant de craintes aux voyageurs nocturnes et aux imprudents qui avaient le malheur de croiser leur chemin ?

« Les Lavandières de la Nuit », ou « Kannerezed Noz », en breton, sont des créatures fantastiques et funestes issues, elles aussi, du légendaire breton.

Ce sont des spectres ou des revenantes, des femmes maudites après leur mort pour avoir commis des fautes de leur vivant.

Elles apparaissent la nuit près des rivières, des étangs, des lavoirs ou des endroits sauvages, comme les Monts-d'Arrée ou le Val sans Retour, en forêt de Brocéliande.

Elles accomplissent une tâche macabre imposée. Durant toute la nuit, elles lavent, tordent et étendent des suaires et du linge taché de sang, en chantant.

Les toutes premières mesures sont effectivement lugubres, inquiétantes, puis la mélodie et le jeu semblent épouser le geste de l’alternance de l’immersion et du retrait du linge dans et de l’eau ; une courte pause rythmique et la lancinante et pénible chorégraphie semble reprendre en amplifiant et accélérant son rythme.

Pour ce dernier morceau, Sydney a enregistré trois improvisations différentes et a choisi celle qu'elle préférait.

Que ce soient, les traditionnels, biniou, bombarde, souvent sonnés en couple pour faire danser, les accordéons diatoniques qui « festoù-noz ou deiz », les cornemuses et les caisses claires d’un bagad qui, solennellement, ouvre une marche en cortège ; entre racines et modernité, les acoustiques ou électriques harpes celtiques, les celtisantes guitares acoustiques, voire électro acoustiques qui, utilisées en accord ouvert, racontent de leurs vibrantes cordes la Bretagne maritime ou celle des terres, les guitares électriques des groupes de rock celtique plus ou moins « hard » qui « granitent la lande », ou, encore, nous l’avons évoqué à l’orée de notre chronique, les pianos aux couleurs du drap aux neuf bandes de Morvan Marchal, qui soufflent leurs profondes tempêtes sonores sur l’Iroise ou font sautiller sur leurs plus hautes notes cristallines les espiègles korrigans de Brocélainde ou Huelgoat, sans oublier les grandes orgues qui, parfois, en réponse au puissant souffle du talabarder, portent leur notes spirituelles vers les spires d’une céleste celtie jusqu’aux portes du Tír na nÓg…

… et les plus belles voix de Bretagne, féminines et masculines qui « kan ha diskan » ou badigeonnent de « pop », les traditionnels jusqu’à, respectant l’essence racinaire, parvenir à la création originale…

Nous le constatons, par votre intérêt marqué pour nos pages en ligne, toute expression musicale qui « chante » la Bretagne, comme pour nous-mêmes… vous « enchante » !

Par conséquent, ce très attractif, original et substantiel premier enregistrement discographique « Kontadenn » imaginé et joué par Sydney RIME avait, sur notre, votre site « Culture et celtie, l’e-MAGazine », toute sa légitime place, d’autant que notre lectorat et auditoire, nous le remarquons au fil de nos divers échanges, se révèle être d’une grande qualité culturelle.

Nos fidèles et connaisseurs visiteurs ne peuvent que, parfaitement, s’accorder avec les belles et solides références musicales de l’artiste qui a commencé sa carrière de pianiste et professeur de piano, depuis ses 18 ans, tout en étudiant au conservatoire et à l’université les lettres modernes, l’histoire de la musique, le piano, la technique d’accompagnement.

En évitant de paraphraser nos primes notations mentionnées en début de chronique, nous complétons, ici, les quelques mots survolant trop hâtivement les étapes du cursus suivi par Sydney par quelques précisions, à savoir qu’elle a étudié le piano forte et le clavecin aux conservatoires de Versailles et La Haye (Pays-Bas).

Egalement organiste, Sydney RIME a été, notamment, instrumentiste titulaire des églises de Blessington et Ballymore-Eustace, en Irlande.

Son doctorat sur les chansons populaires celtiques a été obtenu à l'université de Maynooth.

Ce très riche parcours musical l’a conduit à devenir enseignante musicale et conférencière à l’université et à l’international.

Ouvrant, plus encore, notre vision musicale de la Bretagne, en nous présentant, notamment des œuvres de compositeurs bretons « classiques » ou émanant d’autres créateurs « folkloristes », rejoignant, ainsi, la démarche du pianiste parrainé par Didier SQUIBAN, Matthieu JUBIN, dont nous vous avions, sur nos pages en ligne, présenté l’enregistrement, Sydney RIME développe, de plus, au travers de ses véloces, nuancées et sensibles interprétations, une idée thématique très représentative de la Bretagne, celle des contes et légendes.

Avec « Kontadenn », la pianiste apporte sa propre lumière musicale pour nous… conter ce pays qui « regarde la mer ».

« Kontadenn », de Sydney RIME… un album pétri de « morceaux bien choisis » à vous procurer, sans hésitation, via la boutique en ligne de cette artiste accomplie : ICI .

Gérard SIMON

Cette chronique a été entièrment réalisée avec l'IA (Intelligence Artisanale).

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Illustration sonore de la page : Sydney RIME - Album "Kontadenn" : "Les Lavandières de la Nuit".

  • Improvisation de Sydney RIME - Extrait de 00:59.

Le site officiel de Sydney RIME : sydneyrimedekertanguy

D'autres extraits sur culture et celtie, l'e-MAGazine

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Les titres du CD "Kontadenn"

01. La Cathédrale Engloutie - Claude Achille DEBUSSY (1862-1918) - 05:56.

02. Danse de Korrigans - Marguerite CASSALONGUA (1865-1935) - 02:17.

03. Romance - Louis AUBERT (1877-1968) - 04:07.

04. Bugul Noz (An Hollaïka) - Zacharie BLIN (1987- ) - 04:28.

05. Dans la Lande - Louis-Albert BOURGAULT-DUCOUDRAY (1840-1910) - 03:35.

06. Balade des Fées des Houles - Jemily RIME (1998- ) - 03:42.

07. La Légende de Saint Ronan - Charles-Augustin COLLIN (1865-1938) - 06:08.

08. Les Lavandières de la Nuit - Sydeney RIME (1993- ) - 02:52.

Durée totale : 33:05.

CD de Sydney RIME "Kontadenn".

Parution : novembre 2025.

Réf : PUM1125/1.

Production : Arts Council Irlandais - An Chomhairle Ealaíon (Voir site) .

Disitribution : Entertainment and publishing company PUMPLESTONE.

En vente sur la page officielle de la Boutique officielle de Sydney RIME (Voir site) .

© Culture et Celtie

Gérard SIMON

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