Un grand compositeur breton, Didier Squiban, et un Orchestre de Bretagne qui secoue les formes musicales

-- Cultures --

Reportage
Par Christian Rogel

Publié le 26/07/14 13:47 -- mis à jour le 00/00/00 00:00

L'Orchestre symphonique de Bretagne (OSB), car, tel est son nouveau nom, étend ses concerts d'été vers l'Ouest en venant jouer à Quimper et à Douarnenez avec deux programmes différents.

Hier soir, 26 juillet, il se produisait au festival «Le Cornouaille», sous la direction d'Ariane Matiakh, accompagné d'une petite phalange de musiciens invités, pour jouer les compositions de la 'guest star', Didier Squiban, le célèbre pianiste de Ploudalmézeau.

C'est sa nouvelle symphonie, la troisième et intitulée «Le Ponant», créée en décembre 2013, à Brest, qui était le morceau principal, mais, deux mouvements de sa symphonie «Bretagne» ont été d'abord joués et deux des trois rappels ont permis d'écouter un extrait de la symphonie «Iroise».

Si on joue au petit jeu des références, on peut dire que Didier Squiban est le Bela Bartok des musiques bretonnes et le Sibelius qui aurait écrit «Brittania» au lieu de «Finlandia».

Son écriture musicale est incontestablement moderne, d'autant qu'il est, principalement, un pianiste de jazz. On le perçoit quand, à des nappes sonores chargées de violon qui évoquent les envolées des meilleurs bagadoù succèdent, sans rupture, des montées de trompettes qui évoquent le «free jazz». Les familiers de la musique bretonne reconnaissent telle ou telle mélodie, extraite ou pas du «Barzaz Breizh», comme «Ar Re C'hlaz», une pépite musicale rendue encore plus poignante par le ralentissement du tempo.

L'orchestre semble prendre de plus en plus de plaisir à interpréter une telle farandole aux multiples facettes instrumentales, qui autorisent des solos de trompette et  de percussions avec tablas (Jérôme  Kerihuel), le tout étant orchestré par l'excellent trompettiste, Geoffroy Tamisier.

L'orchestre y gagne un nouveau public, attiré par la notoriété d'un Squiban, dont les disques font des ventes respectables, et qui, même s'il n'est pas familier du rituel qui mesure au plus juste les applaudissements des finales, s'est montré enthousiaste et chaleureux, la direction concentrée et précise d'Ariane Matiakh et les adresses pleines de simplicité de Didier Squiban y contribuant pour beaucoup.

Demain, 28 juillet, c'est un tout autre programme qu'exécutera à Douarnenez, à l'occasion de «Temps Fête sur Douarnenez», qui, pour rappeler le grand passé maritime du grand port de pêche et de plaisance, explorera le thème de la mer par un choix de compositeurs anciens et contemporains (de Rimski-Korsakov à Benjamin Britten en passant par Bellini).

Les enregistrements de l'Orchestre symphonique de Bretagne se retrouvent sur son site et sont disponibles via Spotify :  (voir le site)

Le site de Didier Squiban : (voir le site)

Ariane Matiakh, 34 ans, est une chef d'orchestre française, dont la carrière internationale prend, depuis quelques années, un volume étonnant. Germanophone, elle a été formée à Vienne et dirige, souvent, des formations symphoniques allemandes. (voir le site)

Christian Rogel

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