Shipping Up To Boston — B.R.E.T.O.N.S. - (D.A.O.U.)
« D.A.O.U. », de B.R.E.T.O.N.S., un album de 13 titres, constitué principalement, de reprises puisées dans des registres très différents... toujours plus rock !
B.R.E.T.O.N.S., décliné en lettres majuscules, toutes suivies d’un point : Un acronyme ? Que nenni !

Il s’agit, de facto, d’un simple, spécifique et efficient effet graphique destiné à affirmer, imprimer, plus encore, une identité culturelle enracinée, revendiquée et promue par un vaste aréopage de musiciens et de chanteurs, fondateurs d’une formation musicale qui prend source, selon l’axe Nantes-Rennes, via le Pays de Lorient.
Un nom de groupe, en fait ?... Non plus ! Puisqu’au-delà d’un combo musical, nous sommes en présence d’un vaste collectif, issu de deux groupes, KERVEGANS et DIGRESK, l’un nantais et l’autre rennais, donc, tous deux bretons (44-Bzh), auxquels viennent s’adjoindre des figures emblématiques de la musique bretonne (Ex-E.V. et Soldat Louis)… soit, au total, pas moins de 14 musiciens et chanteurs !
Pour figurer au nombre de nos très fidèles et toujours plus nombreux visiteurs, vous connaissez, reconnaissez, à ce nom, B.R.E.T.O.N.S., et sa large et dense constitution instrumentale et vocale, sus-évoquée, cette fort énergique formation rock qui unit guitares saturées et héritage celtique, qu’il soit breton, écossais ou irlandais.
En effet, en mars 2023, nous vous avions présenté son premier album, tout aussi, efficacement, intitulé… B.R.E.T.O.N.S. ! (Notre chronique) .
Vous renvoyant à ce précédent « papier numérique », nous éviterons, ainsi, d’être, dans nos propos, redondants. Mais pour plus de facilité et quelques élargissements de pupitres, depuis la première publication discographique évoquée, nous nous permettons de vous rappeler, ci-après, la distribution du collectif, en suivant l’ordre alphabétique (ou presque, employé)… des prénoms qui est usité et notifié sur le pan interne de la jaquette du présent et nouvel opus.
C’est ainsi, que :
- Anthony MASSELIN (SOLDAT LOUIS), est à la cornemuse et à l’uillean-pipes,
- Anthony MOURIER (DIGRESK), à la batterie et aux samples,
- Brieuc VALLEE (KERVEGANS), à la bombarde et au chant,
- Jessica DELOT (KERVEGANS), au violon, chant et chœurs,
- Florian BRUNET (KERVEGANS), à la basse,
- Frédéric DALIBOT (DIGRESK), à la guitare électrique et aux chœurs,
- Frédéric SAUVAGE (KERVEGANS), également, à la guitare électrique et chœurs,
- Ghislain ROQUET (DIGRESK), à la cornemuse et flûte traversière.
- Gweltaz ADEUX (Ex-E.V... mais, aussi, auteur de 2 albums solo, dont, « Eyjafjallajökull » (Notre chronique) , au chant et chœurs.
- Julien MOURIER (DIGRESK), est à la guitare électrique et chœurs.
- Kevin COGEZ, (DIGRESK), au chant et chœurs.
- Kevin ASTRELLA (KERVEGANS), à la batterie, caisse claire écossaise et percussions.
- Nicolas TEXIER (DIGRESK), souffle dans la bombarde et le tin whistle.
- Xavier JAHAN (KERVEGANS), s’exprime au chant, banjo, bouzouki, guitare électrique et acoustique.
Ainsi, voici, la physionomie vocale et instrumentale de ce deuxième enregistrement réalisé par ce puissant et multi-talentueux collectif qui a, fort judicieusement et pragmatiquement, titré son nouveau projet… « Daou », comme, tout simplement, « deux », en breton !...
Mais là, aussi, pour demeurer graphiquement en complète homogénéité avec le nom de la formation, libellé en majuscules suivies des points derrière chaque lettre.
Nous vous présentons, donc, « D.A.O.U. », de B.R.E.T.O.N.S., un album de 13 titres, constitué principalement, de reprises puisées dans des registres très différents, ce qui, comme le précise Xavier JAHAN , dit Guinou, reçu au micro d’ICI Loire-Océan, rend le titrage d’un disque plus difficile. Les morceaux choisis collégialement, pour leurs possibilités d’être enrichis de nouveaux arrangements, n’ayant pas, entre eux, une cohérence artistique évidente, c’est la cohérence et la poursuite du travail musical du collectif qui apporte une variété de couleurs à tous les morceaux, en leur donnant à ces derniers une continuité qui suscite, alors, plutôt l’appellation.
Nous dirons que cette option marque la 2ème étape d’un processus de translation, réinvention d’un patrimoine enraciné vers de nouvelles sonorités actuelles, ce qui assure, et nous ne pouvons que le saluer, sa pérennité.
Vous le constaterez, ce deuxième volet de rock celtique proposé par B.R.E.T.O.N.S., l’est, dans ses deux teintes, encore plus incisif, plus massif, voire, parfois, plus « heavy », que pour le précédent enregistrement.
Dès les premières notes, vous ressentirez, « physiquement », la différence, l’évolution dans la voie artistique, nous dirions presque éditoriale, choisie.
Les guitares sont, encore, plus saturées, les rythmiques plus profondes et les instruments traditionnels, cornemuse, uillean-pipes, biniou, bombarde, ne sont pas là pour justifier, simplement, le côté celtique. Eux, aussi, percutent, dialoguent et nourrissent le rock avec un engagement, sans réserve.
Au-delà des reprises, fonds culturel référentiel du collectif, il est à noter, que, taillé, avant-tout, pour la scène, « D.a.o.u. » propose aussi, 3 compositions originales, dont une signée de Gweltaz ADEUX.
De leurs côté, des voix solo interpellantes bien timbrées et de denses et harmonieux chants collectifs, portent des textes en français, anglais et… breton qui célèbrent la Bretagne, la mer, la fête, l’identité et une certaine idée de spécificité culturelle.
De vigoureux riffs de guitares saturées qui frappent les… 4 coups, un pétillant banjo, un violon endiablé, un chorus plus que musclé, l’album s’ouvre sur une reprise de « I’m Shipping Up to Boston », le plus grand succès du groupe punk celtique, irlando-américain, DROPKICK MURPHYS.
Les paroles de la chanson, écrites par le chanteur folk Woody GUTHRIE relatent l’histoire d’un marin qui a perdu une prothèse de jambe en grimpant sur la voile de hune et qui se rend à Boston pour retrouver sa jambe de bois.
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« I'm a sailor peg, And I lost my leg Climbing up the top sails, I lost my leg ! I'm shipping up to Boston - Way Oh (X 3) I'm shipping off... to find my wooden leg. » […/…] |
« Je suis un marin avec une jambe de bois, Et j'ai perdu ma jambe En grimpant aux voiles supérieures, J'ai perdu ma jambe ! Je pars pour Boston - Way Oh (X 3) Je pars... à la recherche de ma jambe de bois. » […/…] |
Inutile de vous dire que ce rock celtique et « maritime » est, d’entrée, explosif et préfigure à merveille, la tonalité globale du programme proposé en vous faisant, déjà, entrevoir, grâce à la qualité de l’enregistrement, sa mise en espace, la stratification des voix et instruments, ce que ce morceau peut donner sur scène !
Ce vigoureux, respectueux, mais personnel « cover » d’un titre appartenant au répertoire de l’un des groupes inspirateurs des membres de B.R.E.T.O.N.S., ouvre la voie… la voix, les voix, à d’autres emprunts, comme, en piste 6, « Sally Maclennane », du groupe de punk celtique anglais, The POGUES.
Ici, très joliment préfacé du tin whistle de Nicolas TEXIER, dont la légèreté est vite rattrapée par le déferlement des guitares, toutefois aéré des différentes voix intervenantes d’artistes invités comme Bert YATES de BOOZE BROTHERS, groupe de folk rock, originaire de Toulouse et Topher LOUDON, nord-irlandais, auteur, interprète, guitariste, venu de Belfast, en Ulster, mais posé en Bretagne, depuis plus de 35 ans et co-fondateur du groupe breton d’Irish Folk Rock, DORCHA COBS (Notre chronique), voici donc, « Sally Maclennane », composé par Shane MacGOWAN et figurant sur le deuxième disque du groupe, intitulé « Rum Sodomy and the Lash » (1985). Le texte est inspiré de la vie d'un bar que son oncle possédait et qui servait les ouvriers irlandais de l’usine automobile Ford, à Dagenham, ville située à l’est de Londres.
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« Well, Jimmy played harmonica in the pub where I was born. He played it from the night time to the peaceful early morn. He soothed the souls of psychos and the men who had the horn. And they all looked very happy in the morning. » […/…] |
« Jimmy jouait de l'harmonica dans le pub où je suis né. Il en jouait de la nuit jusqu'au petit matin. Il apaisait les âmes des fous et de ceux qui possédaient cet instrument. Et au matin, ils avaient tous l'air heureux. » […/…] |
Emprunté au répertoire des grands standards de la chanson et de la culture irlandaise, vous trouverez, en 10ème piste de « D.a.o.u. », une interprétation de la légendaire ballade irlandaise « Foggy Dew ».
De nombreux artistes ou groupes ont colporté ce titre, dont, The DUBLINERS, The CHIEFTAINS, la regrettée compositrice-interprète et musicienne irlandaise, Sinéad O'CONNOR.
En France, une autre célèbre version de « Foggy Dew » a été enregistrée, en 1972, lors se son mémorable concert à l’Olympia, par Alan STIVELL. Annoncée sur scène, par le harper breton, comme « une chanson sur la révolution irlandaise », et, en quelque sorte, introduite par un texte chanté en breton, « Telenn Gwad »,cette séquence a été, très amplement, rythmée et applaudie, ce soir là, par un public conquit.
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« As down the glen one Easter morn to a city fair rode I, There armed lines of marching men in squadrons passed me by. No pipe did hum nor battle drum did sound its loud tattoo, But the Angelus Bell o'er the Liffey's swell rang out through the foggy dew. » […/…] |
« Un matin de Pâques au pied de la vallée encaissée, Tandis que je me rendais vers Dublin, Là, des lignes armées d'hommes qui marchaient en escadron me dépassèrent. Aucune voix ne fredonnait, aucun tambour de guerre ne résonnait ? Mais la cloche de l'Angélus carillonnait crescendo au-dessus de la Liffey jusque dans la rosée brumeuse. » […/…] |
A noter que l’auteur de la chanson précédemment évoquée, « Sally Maclennane », et chanteur du groupe The POGUES, Shane McGOWAN, interprète, en duo, avec l’iconique musicien breton, ce même « Foggy Dew », en 4ème piste de l’album « Again » d’Alan STIVELL, paru en 1993.
B.R.E.T.O.N.S. nous en offre, ici, une version textuelle plus étendue, que celles des artistes précités, toute proche de celle du groupe de musique irlandaise qui tire son nom, The WOLFE TONES, du patriote irlandais Theobald WOLFE TONE, l’un des chefs de la rébellion irlandaise de 1798.
Gardant l’esprit de la ballade, le « heavy » du collectif s’estompe et, sur banjo et whistles, les guitares tracent de bien belles lignes mélodiques.
La voix solo et les chœurs suivent une rythmique, malgré tout, bien marquée où les cymbales sont assez présentes, donnant de l’ampleur aux phrasés.
Au-delà d’une simple reprise, voici une très belle et personnelle version à écouter avec attention.
Un morceau à redécouvrir, habilement et esthétiquement plus que correctement transcrit, mais remarquablement transposé par la richesse des arrangements signés B.R.E.T.O.N.S..
Jusque ici, nous avons, abordé les reprises néo-celtique « anglo-saxonnes » que le collectif transcende et « passe », mais, B.R.E.T.O.N.S., comme son nom l’indique c’est, la Bretagne ; celle des 5 départements, avec, comme, dans son opus « Back to Breizh », le chante STIVELL, dans une cohérence des racines et une dynamique générationnelle, ses îles, mais, aussi, ses villes de verre, citons pour exemple, les préfectorales cités, Nantes, Rennes, Vannes, Saint Brieuc et… Brest, Brest, Brest ?
« Est-ce que désormais tu me détestes,
D'avoir pu un jour quitter Brest.
La rade, le port, ce qu'il en reste,
Le vent dans l'avenue Jean Jaurès.
[…/…]
[…/...]
Le Recouvrance que l'on délaisse,
La rue de Siam, ses nuits d'ivresse.
Ce n'est pas par manque de politesse
Juste l'usure des nuages et de tes caresses »
[…/…]
Vous aves, bien évidemment, reconnu, les paroles de ce standard contemporain enraciné Bretagne, que le brestois, Christophe MIOSSEC a publié sur son 5ème album, « 1964 », celui de la consécration, paru en 2004.
B.R.E.T.O.N.S. nous en propose, en piste 8, une émotionnelle, mais vivante, celtisante, presque dansante version, avec une rythmique plus appuyée, plus enlevée que la version originelle, avec, notamment, l’uillean-pipes d’Anthony MASSELIN qui l’introduit, puis, au cours de l’exposé musical, nous fait, rejoint par le délicieux violon de Jessica DELOT, « passer l’Iroise »…
Sans trahir l’original, voici une bien plaisante, novatrice transcription, issue de celles qui pérennisent le patrimoine, fut-il contemporain, en donnant aux racines… de nouvelles ailes.
Piste 5 du CD enregistré en public à Bobino et au festival de Kertalg, en 1973 (Le Chant du Monde LDX 2741081 – M 65- 1973), par les Sœurs GOADEC, le plinn « La garde-robe du mari défunt » ?
ou
Plage 3 du premier album « Dañs An Diaoul » publié, en 2007 (Vinyle FZM LP012 par LES RAMONEURS DE MENHIRS, le même plinn, « à la sauce », celtic-punk-rock, le volcanique « Dañs Gwadek 1 » ?
Aucun doute possible pour la version reprise et nouvellement arrangée, par B.R.E.T.O.N.S., même, si comme l’indique la jaquette, les auteurs restent le plus que légendaire trio costarmoricain de chanteuses bretonnes treffrinoises, dénommées, en breton, « Ar C'hoarezed Goadeg ».
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« Hag eñ lâre laket e dog, Mez bremañ an intañvez lak stal ar ribod. Hag eñ lâre laket e chupenn, Mez bremañ an intañvez lak al livitenn. Hag eñ lâre laket e roched, Mez bremañ an intañvez lak ar chemizet. » […/…] |
« J'avais l'habitude de mettre ma chemise, Mais maintenant la veuve met la jupe. J'avais l'habitude de mettre mon pantalon, Mais maintenant la veuve met la robe. J'avais l'habitude de mettre mon chapeau, Mais maintenant la veuve met la chemise. » […/…] |
Issue du traditionnel, la musique est créditée Eric GORCE, Laurent KALTRAKAZOS, Maurice JOUANNO et Richard BEVILLON, actuels ou anciens membres des RAMONEURS qui ont apporté, c’est le cas de le dire, leurs pierres à l’édifice !
Dans « D.a.o.u. », c’est, bien évidemment, l’arrangement de B.R.E.T.O.N.S. que vous entendez, dans, nous semble t-il, un style « un doigt plus rock », que le punk brut initial des « Danseurs du diable », avec, notamment, de riches interventions guitaristiques.
En tous cas, c’est le cas de le dire, « ça… décoiffe » les traditionnelles coiffes costarmoricaines des trois sœurs !
Et dire que Maryvonne, Eugénie, et Anastasie, qui entretenaient avec l’un de leurs plus fervents admirateurs, Alan COCHEVELOU, devenu professionnellement, STIVELL, de fort amicales et fréquentes relations étaient, néanmoins, dubitatives, voire très réservées, sur l’électrification des traditionnels bretons !...
L’évolution des générations se faisant, fille de Job EBREL et, justement de… l’une des Sœurs GOADEC, Eugénie, la très regrettée chanteuse bretonne Louise EBREL, de son côté, n’hésitait pas à associer sa voix traditionnelle avec les guitares « très branchées » des RAMONEURS DE MENHIRS ou de RED CARDELL, étant persuadée, comme elle nous le confiait lors d’un concert avec le groupe de rock Quimpérois, « qu’une culture qui n’évolue pas, meurt ».
Le tout est que l’évolution soit finement portée, comme ici, par B.R.E.T.O.N.S., dans le respect et l’authenticité structurelle de ses racines.
Les deux groupes, DIGRESK et KERVEGANS composant le collectif B.R.E.T.O.N.S., étant déjà, individuellement concernés par les courants et événement sociaux, il n’est pas étonnant, qu’en novembre 2024, célébrant les 100 ans de la révolte des Penn Sardin de Douranenez, l’entité artistique et musicale « consolidée » ait publié un single, titré « Penn Sardinn », qui reprend fidèlement mélodie et texte de la chanson écrite, en 2008, par l’auteure, compositrice interprète concarnoise Claude MICHEL (Voir site) sur une musique de Jean-Pierre DOVILLIERS.
Transcrivant, alors, les propos de B.R.E.T.O.N.S., AZTEC Musique rappelait, alors les faits évoqués dans ce chant, par cette présentation :
« France, 1924 : les Femmes prenaient l'initiative d'une grève, bloquant la production des usines sardinières de Douarnenez. On les nommera les Penn Sardin. Cet évènement marque une étape importante dans l'histoire de l'émancipation féminine aura un retentissement national important du fait de l'implication de la ville et de la réaction et violente du patronat. La grève a débuté le 21 novembre dans une seule usine. Trois jours plus tard, le 24 novembre, toutes les usines de Douarnenez (principal port sardinier de France, à cette époque) étaient bloquées. Le 6 janvier, le patronat cède et les ouvrières obtiennent gain de cause. C'est à ce mouvement, et à cette victoire que nous voulons rendre hommage en proposant 100 ans plus tard, notre version de cette chanson écrite par Claude Michel et Jean-Pierre Dovilliers ».
Ce titre publié individuellement, spécifiquement, est repris, en piste 3, de « D.a.o.u. », avec, alternant, se répondant ou fusionnant, les reconnaissables voix solo de Jessica DELOT, Brieuc VALLEE, Kevin COGEZ, Gweltaz ADEUX et l’ensemble des choristes.
C’est rythmé, dense, convaincu, le violon de Jessica virevolte, les cornemuses « survoltent », la flûte se fraye un chemin, les batteries et percussions empruntent le tempo de la frappe des sabots sur le sol, une très belle fresque mémorielle qui « rocke », parfois, par le chant masculin, presque « rape » en s’accordant parfaitement avec les respirations mélodiques portées par la très jolie voix de Jessica.
[…/…]
« Tant qu’y a du poisson, il faut bien s’y faire
Il faut travailler, il n’y a pas d’horaires.
À bout de fatigue, pour n’pas s’endormir
Elles chantent en chœur, il faut bien tenir.
Malgré leur travail, n’ont guère de salaire.
Et bien trop souvent vivent dans la misère.
Un jour toutes ensemble ces femmes se lèvent
À plusieurs milliers se mettent en grève ».
[…/…]
REFRAIN final
« Ecoutez l’ bruit d’ leurs sabots
Ç’en est fini de leur colère
Ecoutez l’ bruit d’ leurs sabots
C’est la victoire des sardinières. »
Nous ne passerons pas sous silence, l’ intégrale composition, texte en breton et musique, que le légendaire Gweltaz ADEUX, a écrits, spécialement, pour l’album., avec « An holl a gevret », que l’on peut traduire par « Tout le monde se connecte ».
C’est, toujours, un plaisir de retrouver la voix hautement portée du leader de l’ex E.V. qui a, après la cessation de la formation, publié, en solo, deux opus « Ehan » (2012) et « Eyjafjallajökull » (2018).
La partie, en français rapée, qui intervient à mi-morceau, éclaire, pour les non-locuteurs, le propos du sujet, dont :
[…/…]
« Y a pas de bon concert,
Sans faire de mélanges.
L’amour est universel,
Tant pis pour ceux que ça dérange.
Pour tous les imbéciles.
Sache qu’il est encore temps,
Pour voir enfin la vie,
Autrement, qu’en noir et blanc. »
[…/…]
« Jamais assez », de DIGRESK et « Idiocratie » de KERVEGANS, figurent, respectivement en pistes 4 et 12 du programme qui se clôture par le traditionnel pilé-Menu « Les filles des forges », alors pressé en 1ère plage face A du 1er Vinyle du groupe nantais des « 3 Jeans », « An Naoned », paru en 1972.
Pour les plus anciens, vous vous souvenez ? :
« Digue, ding don, don, ce sont les filles des forges
Digue, ding don, don, ce sont les filles des forges
Des forges de Paimpont, digue ding dondaine
Des forges de Paimpont, dingue ding dondon. »
[…/…]
B.R.E.T.O.N.S. nous en livre, ici, une version vocalement, intentionnellement, légère qui rappelle l’original, car le propos reste, structurellement badin, avec, néanmoins un habillage instrumental guitares/cornemuses/batterie, finalement, assez « heavy » et conforme aux couleurs particulièrement rock, du disque.
Avant de « rendre la plume », nous évoquerons, parmi les deux et seuls instrumentaux composés originellement par le collectif pour « D.a.o.u. », en piste 11, « Farandolenn », infernale spirale celtique dansante, avec ses effluves du célèbre « Pop plinn », du « couple » Alan STIVELL / Dan AR BRAZ qui nous le faisait découvrir, en public, lors du mémorable et fondateur concert du 28 Février 1972, donné à l’Olympia, célèbre music-hall de Paris.
Quelle réussite avec cette magnifique persistance des cornemuses, ses guitares déchirées, ses percussions plus que têtues, pour un morceau, certes, massif… mais qui ne manque pas de subtilités, avec ses moments de respirations qui préfigurent, toujours d’intrépides relances.
Dans l’attente, ou pour prolonger l’indispensable prestation scénique pour laquelle l’intégralité des morceaux de « D.a.o.u. » ne sont pas simplement conçus, mais très soigneusement élaborés, que vous soyez aficionados de rock ou amoureux de musique bretonne et celtique, les deux styles n’étant pas, comme pour nous, incompatibles, loin s’en faut, procurez-vous, au plus vite, ce dense et riche enregistrement qui, par ailleurs se révèle fort bien produit, avec une qualité d’enregistrement et du son remarquables.
C’est très bien mis en place, en espace, finement stratifié, pour une perception optimale des interventions de chacun des quatorze musiciens et musicienne - immense bravo, à Jessica, qui allie la beauté de ses cordes instrumentales et vocales ! -
Rendons hommage au travail technique de Lionel RIGAUDY, au studio nantais (44-Bzh), « Le Batiskaf » (Voir site) , rejoint par Clément BAYSSE au studio dourdannais de l’Orangerie (Voir site) , pour « Jamais assez ».
Sans oublier, Nicolas MOREAU et Pierre LE GAC, au studio rezéens (44-Bzh), Le Garage Hermétique (Voir site) , pour « Penn Sardin ».
Dès le premier CD éponyme, que nous vous avions présenté, on percevait bien que les membres de B.R.E.T.O.N.S. avaient grandi entre le Festival Interceltique de Lorient et Les Vieilles Charrues.
Au travers de cet opus, ils le confirment en transcendant les deux inspirations racinaires de leur musique.
Réarranger des titres clefs traditionnels ou celtisants, parfois même, un peu oubliés, ou méconnus des nouvelles générations, sans les dénaturer, dans un pluralité stylistique et linguistique, les plonger, franchement dans une sauce rock fortement épicée, punk, parfois rap, ceci au delà d’un simple « revival » et dans une continuité artistique ascendante, B.R.E.T.O.N.S. entreprend un travail de fond qui ne peut que garantir, nous le répétons, la pérennité patrimoniale.
Une belle perspective, prospective, pour l’opus « Tri »… qui ne s’appellera, sûrement pas, ainsi, mais que nous attendons, déjà !
Gérard SIMON
Illustration sonore de la page : B.R.E.T.O.N.S. - "Shipping Up To Boston" - Extrait de 01:02.
D'autres extraits sonores sur le site Culture et celtie, l'e-MAGazine : ICI
Le site officiel de B.R.E.T.O.N.S. : bretons-legroupe.com
Les titres du CD de B.R.E.T.O.N.S. : "D.a.o.u." :
01. Shipping Up To Boston (Dropkick Murphys) - 02:33.
02. An Holl A Gevret - 03:59.
03. Penn Sardin - 02:53.
04. Jamais Assez - 03:33.
05. Dans Gwadek - 04:08.
06. Sally Mac Lennane - 03:07.
07. Mil Nozvezh Karantez - 03:54
08. Brest (Miossec) - 02:57.
09. Cofaidh & Lionn - 03:49.
10. Foggy Dew - 04:16.
11. Farandolenn - 03:46.
12. Idiocratie - 03:19.
13. Les Filles des Forges - 02:51.
Durée totale : 45:05
CD de B.R.E.T.O.N.S. "D.A.O.U".
Parution : 10 avril 2026.
Réf : CM5170.
Production : Marzelle et AZTEC Musique (Voir site)
© Culture et Celtie
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